CIMETIÈRE DES CHRÉTIENS
est le cimetière des chrétiens. 11 n'est pas clos : les tombeaux sont fort simples; ils ne consistent qu'en une dalle de pierre placée à quelque pouces au-dessus du sol, sans aucune espèce d'ornement. Sur ces tombes on lit plusieurs inscriptions écrites en diverses langues de l'Europe; quelques unes le sont en anglais. Nous nous sentîmes attirés par un instinct secret vers une rlace où la terre paraissait fraîchement remuée. C'est là que reposait notre pauvre ami Bradford. La veille, nous avions trouvé parmi ses papiers le commencement d'une lettre qu'il écrivait à sa mère en Amérique, pour la préparer à la nouvelle de sa mort. Hélas! la force ou le courage lui avait sans doute manqué : la lettre était restée sans signature ! Peut-être sera-ce une consolation pointa famille d'apprendre que, quoique mort dans un pays éloigné , sans un seul ami à ses côtés , un modeste tombeau a été élevé à sa mémoire par ceux de ses compagnons de voyage qui lui ont survécu *.
11 ne reste plus aucun vestige de la « ville de David t ; » cependant ses limites sont encore visibles
* Voyez Appendice, n° 16.
f Dans les prophètes et dans le style poétique elle est souvent désignée comme Jérusalem même.
VALLÉE D'ENKON. 117
dans la direction de l'aqueduc qui de Bethléhem conduisail l'eau à Jérusalem. Elle devait sa force tant vantée, d'une part, à un ravin profond qui l'entourait à l'est, au sud et à l'ouest, et de l'autre à une haute et épaisse muraille flanquée de tours et qui l'enfermai t de tous côtés. Ce ravin, qui, partant de la piscine supérieure de Gihon, un peu à l'ouest de la citadelle de la ville, court le long des murailles à l'occident, est appelé la vallée de Gilion ou de Rephraïm ; mais le mot fossé ou tranchée en donnerait une idée plus exacte. A mesure qu'il se développe en serpentant le long de la base méridionale du mont Sion, il s'élargit et prend le nom de vallée d'Ennon. Le fond est un roc recouvert d'une légère couche de terre que l'eau a entraînée des montagnes environnantes. Ses côtés sont taillés à pic, comme si autrefois il avait servi de carrière à l'ancienne ville. Sa largeur est d'environ cinquante yards (à peu près 150 pieds) et sa profondeur d'environ vingt, à partir du fond du ravin jusqu'à la partie la plus élevée du mont Sion. On ignore quelle est la personne qui a donné son nom à celle vallée. Un torrent d'hiver coule dans le milieu et va se perdre dans le Kédron.