SOCIÉTÉ DE JÉRUSALEM
Le vin blanc qu'on sert aux étrangers n'est pas potable : il a un goût sulfureux et est en outre très-capiteux. Les voyageurs, qui le pourront, feront dene bien de se pourvoir d'un peu d'eau-de-vie. Mêlée en petite quantité avec de l'eau, c'est une boisson qu'on regarde comme très-saine dans les pays chauds ; elle donne du ton à l'estomac, et par conséquent à tout le corps, qu'affaiblit souvent une transpiration trop abondante. La grande cuisine du couvent, où l'on prépare journellement le repas d'un si grand nombre d'internes et d'externes (les pauvres y viennent, chaque jour, prendre leur nourriture), mérite d'èlre visitée. Contre notre attente, nous trouvâmes cuisiniers et ustensiles d'une propreté remarquable.
Les soirées d'hiver doivent être nécessairement fort tristes à Jérusalem ; car il n'y existe rien qui ressemble à ce qu'on appelle société. Dans la belle saison où nous sommes, nous pouvons, en revenant de notre promenade du soir, nous reposer sur la terrasse de notre appartement, d'où la vue s'étend sur toute la ville. Les supérieurs du couvent viennent quelquefois nous rendre visite. Le père Augustino *,
* Voyez Appendice, n° 18.