CHAPITRE VIII
ConclusioH de la topographie de Jérusalem. — Torrent dit Kédron. — Jardin de Gethsémani. — Sépulcre de la Sainte- Vierge. — Mont des Oliviers. — Vue panoramique de la cité. — Eglise de l'Ascension. — Vallée de Josaphat. — Tombeaux modernes des Juifs. — Sépulcres des Patriarches. — Mont des Offenses. — Village de Siloan. — Nuit passée dans l'église du Saint-Sépulcre. — Chambre des antiquités.
Jérusalem, 22 août. — Eu sortant de la ville par la porte orientale, ou porte de Saint-Etienne, anciennement appelée « porte des Troupeaux, « nous descendîmes sur les bords du Kédron* par uu sentier rapide et raboteux. Dans celte saison, ce torrent est à sec; mais à en juger par son lit large et encombré de rochers, il paraîtrait qu'en hiver, après de forles pluies ou la fonte des neiges, c'est un torrent dan^e-
* Ecrit quelquefois CéJron, mol hébreu qui signifie « obscurité ou tristesse. »
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roux. On le traverse sur un pont d'une seule arche, nui conduit au jardin de Gethsémani *, nom que l'on donne encore aujourd'hui à une plantation d'oliviers qui se trouve dans un bas-fond, clos d'un mur en pierres sèches, qui s'étend entre le Kédron et le mont des Oliviers. Ces oliviers, au nombre de sept ou huit, sont d'une extrême décrépitude. Le sol intermédiaire est nu, sans fleurs, sans plantes potagères, sans verdure d'aucune espèce. Un sentier, séparé des autres parties du jardin par un mur, le parcourt dans une direction oblique. On regarde ce sentier comme maudit; car c'est, dit-on, celui par lequel Judas s'approcha de son divin Maître pour le trahir par un baiser. Dans le haut du jardin est un banc de rochers nus, sur lequel dormirent Pierre, Jacques et Jean. Les limites exactes de ce jardin, le plus intéressant et le plus sacré qui fût jamais, sont inconnues et il est assez peu nécessaire de les connaître; en effet, comme l'Evangile nous apprend que « Jésus s'en alla avec ses disciples au delà du torrent de Kédron, où il y avait un jardin, » ( Saint Jean, xvm, 1.) et que ce jardin était situé sur le mont des Oliviers, nous ne
* Aulro mot hébreu qui signifie «pressoir. »
JARDIN DE GETHSÉMAÎU. 157
doutâmes nullement que nous ne fussions sui' le sol qu'avait foulé Notre Seigneur, et que les arbres qui nous couvraient de leur ombrage ne fussent les rejetons de ceux-là mêmes sous lesquels il se reposa souvent, le soir, entre autres, où il fut arrêté. On montre encore la grotte où il se retira ce jour-là, et où, <* dans l'agonie de son ame, tombant à genoux et suant comme des gouttes de sang, il fut fortifié par un ange. » (Saint Luc, xxn, 43, 44.) Cette grotte est en grande vénération; elle est creusée dans le roc vif; on y descend par quelques marches grossièrement taillées. A l'intérieur , elle est de forme circulaire, et a environ quinze pieds de diamètre. Elle reçoit le jour par une voûte percée dans le milieu et supportée par des pilastres. Dans les côtés on remarque encore quelques restes d'anciens tombeaux. A quelques pas au nord de cette grotte est un bâtiment en pierre, ressemblant au dôme d'une église ; il est presque de niveau avec le sol, et il est orné d'une porte d'entrée gothique, de style pointé. On croit qu'il couvre le sépulcre de la Sainte-Vierge. Sa construction , comme celle de plusieurs autres grands monumens de ce pays, est attribuée à la pieuse mère de Constantin. On y descend par un large et