‹ Voyage en Palestine et en SyrieChapitre 11 sur 68 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Ytlle de Beirout. — Ses antiquités. — Son commejce. — Comparaison des usages de l'Orient et de ceux de 1 Europe, — Eicnnion dans les montagnes ayec le capitain Cbesney.— • District habité par les DruMi.'— Bramâna. — Deir-el-KhaUt. -«-Béliflott dea Dnuci. — Ccofent do Mar-Hiaoak.— Slioiuar. -~ ZéMj. ^ Solima. — Raf el-lliltyM. «— Les DroMt.» Lrar taospilalité. — AtriTée à Deir-él-EuuBar. -^Indispofittott tabHe de ranitear.

BmcwT, 90 tepiembre ÎBBÙ. La Tille moderne

de Beirout, l'ancicoDe Berytus, est située à Textrénilé ocddentale d'une pomie de terre, en forme de

triangle, qui s'avance dans la mer, à quatre milles

enTiron en-dehors de la ligne de la côte. Elle est

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bâtie sur une petite élévation» près da rivage, et

peut avoir trois milles de circonféreDce. Les murailles qui l'entonrent du côté de terre ont été récemment construites ; elles sont peu solides, n'étant qu'en pierre friable, e.t flanquées seidement à intervalles de tours carrées. Généralement parlant, les rues de la ville sont étroites cit irréguliéres; dans quelques endroits où il n'y a pas de bouliqucs^ elles ont une apparence excessivement triste. Un trottoir un peu élevé, destiné aux piétons, les borde de chaque Gùté, et dans le milieu coule un ruisseau qui contribue essentiellement à la propreté de la ville, à laquelle il donne un air de fralcbeuc, surtout pendant les chaleurs de Tété. Beirout ne renferme aucun édifice public important; le petit nombre de ceux qui bornaient autrefois tombent en ruines- aujourd*bui. Les bazars, surtout celui où l'on vend la soie, sont vastes et trés-fréquentés par les babitans des montagnes voisines. La majeure partie de la population est maronite; le reste se eompose de cbrétienti-grecSy de juifs et de quelques turcs.

Je trouvai à Beirout ce que je m'attendais peu à rencontrer dans ce pajs, je veux dire une excellente auberge, tenue par un Maltais nommé

BBiaOUT

Giuteppe. C'est» m*a-(-on dit, le mqI élablîMemeDt

dans toule la S^ric, qui eo mérite le nom. Quoique je fo«e alors déjà asset endvrci aux privations Inséparables de la vie errante que j'avais volontairement embrassée, cependant» en revenant à mes anciennes habitudes, je ne pus m'empôcher d'établir une comparaison entre les avantages que cellesci présentaient sur celles que j'avais adoptées; telles par exemple qu'on excellent salon» orné de divans, en place de la terre nibe au pied d*ttn arbre; un lit moelleux» garni de draps blancs, au lieu d'dn petit tapis avec un sac de voyage pour oreiller; un dtner composé de plusieurs plats et servi sur une table couverte d'une nappe damassée» au lieu d'une simple jatte de pillau» mangé avec une cuillère de bois. Le résultat de ces comparaisons et de quelques autres dont il est inutile de parler ici, fut nécessairement, comme on peut se Timaginer» pour le moment en faveur de ce qii*on appelle la « vie civilisée.» Mais, dans cet heureux climat» où Ton rencontre chaque jour quelque nouvel objet du plus haut intérêt, l'esprit est trop occupé pour se livrer à de pareilles bagatelles. Les objets qu'un voyageur européen regarde en partant comme indispensables» tels

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qu'uo lit» des teotes, de9 canliaes, etc.» sont bient6t mis de côté , à cause de PembaiTas qa'occasiomie leur transport d'un lieu à un autre, et l'on s'habitue ' * aisément à s'en passer. Je rejoignis ici mes corn* pagnons de vojagc, MM. de BreuYery et de Cadal- Tène, qui s'y étaient rendus par mer de Saint-Jeand'Acre. Ce dernier est encore dans un état de santé fort délicat» et se propose de profiter de la première occasion pour retourner en Europe.

Peu de temps après man arrivée, je me rendis ehei V M. Abbott, consul britannique^ dont la résidence officielle est à Beirout» bien que sa juridietion s'étende sur toute la Syrie. Toutes les autres puissan- ,ees européennes ont également ici leurs représentans, car la ville est assez comme'n^nte et peut être considérée comme le port de Damas» dont elle est éloignée dé qualre-Tingl*dix milles. Les exportatiens consistent en vins» noix de Galles» azala ^ garance gomme, soie écme et filée qu'on récolte dads les montagnes» et en huile que fournissent les oliviers qui eronsent dans la plaine située entre ^eirout et Sidon. On regarde celte huile comme la meilleure de la Syrie. Les importations consistent en ' mousseliocSf cotons ûlés» toiles blanches et impri-

BSIAOUT.

WÊéBê, éUift» qqliicaillarie, draps ei articles de Tinde eceîdeiiUle. Le commerce, quoique aujourd'hui peu éteadaj prend chaque jeur de Dovveaiix déTcloppe* mens. 11 se tnrave déjà ici une douzaine de maisons emopéenaes. Les vojagauis £sront bieB» en arrivant à Beiront, d'y régler lenn arrangemens financiers pour le temps qu'ils se proposent de rester dans Tintérievr du pays; car elle est du petit nombre des villes de la Syrie où Ton peut faire escompter une lettre de change sans beancoop de perle ou trop de dilEenlté. Lespaiemensse font ici comme dans tont le reste des provinces turques, en piastres de Turquie et d'Espagne ;quinxe des premières sont égales a une des dernières* La piastre turque se divise en

9$ leplemirs. — Beiront ne renferme pre«3que ancnn objet qui vaille la peine que l'antiquaire s'j arrét^ car, quoiqu'elle occupe remplacement de

ramâginé Berytus on n'y trouve presque aucune

A * A l'époque du yoya^e de l'auteur la livre glerlin^ râlait >*BoIxan(e-dix piastres. On assure que, par suite de la délérioralion toujours croisssote des monnsies torques , elle s'élève matnteiMot à eent. ^ v (

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trace de« sièclefi passés, i^e port est fonné par uoe petite baie, dont l'entrée est défendue par deux tours carrées. Une de ces tours est bâtie sur un rocher isolé) et présente une ruine pittoresque. L'autre est liée à. la terre par. uo môle formé d'arches d'inégale dimension, à travers lesquelles passe la mer. Le revélemeot de celle jetée est presque entièrement composé de fragmens d'anciennes colonnes. Sur le rivage» vers Touesl, on remarque les restes d'uo pavé en mosaïque, d^un assez bon goAt, mais qui est anjourd'hui presque recouvert par les eaux de la mer* Dans plusieurs endroits de la ville, on trouve des cilerues el des puils creusés daus le roc, ainsi que quelques autres constructions souterraines. Dans le nord de la ville, on voit quelques légères traces de ' * l'ancien théâtre construit par Hérode Agrippa. Bei* rout a évidemment beaucoup soufferl des tremble mens de terre, mais bien plus encore des désastres de la guerre, auxquels elle a élé si souvent exposée. En l^ll» elle fut enlevée aux Sarrazins par Bau- • douiu 1, roi de Jérusalem, et reprise en 1187. Dix ans plus tard, les cbréliens s'en emparèrent de nouveau, et elle fut fréquemment ravagée durant les croisa- ' ' des. pQslérieucemenl^'cUe tomba au pouvoir des

SBIROUT.

Oruses, anzqaeU elle fut enlevée par les Turcs, q«i en sont les meitres aujourd'hui. Dans des temps plus paisibles^seshabiUuis se consacrèrent à Télodey surtout à ceHe da droit civil; vers l'époque où là religion chrétienne commença à être publiquement piAliqoée. Justinien Tapp^e la k mère et la nourrice de la loi. »

Cest encore maintenaiit une rille fort agréable. La beauté de la situation, la salubrité du climat et la riche régétation des environs font que les voyageurs y prolongent souvent leur séjour au-delà du temps quib âTaient fixé pour leur départ. Quant à moiy .ajant reçu de M. Abbott l'invitation de passer quelques jours à sa msison de plaisance, située dans les montagnes, je remis jusqu'à mon retour le soin de mieux étudier et connaltrè ses ressources. Ën conséquence, cette après-midi, nous loaâmes des mulets et nous partîmes pour Brumàna; c'est ainsi que se nomme le village où M. Abbott demeure pendant Pété. Le capitaine du génie Chesne^ *, dont j'avais Dût la connaissance depuis peu, était de notre société. Un grand nombre de petites

* Voyez Appendice, a" 2.

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