PREMIÈRE VUE DE TRIPOLI
nique à Tripoli pendant cinquante ans. il mourut eo 1747.
De là, à Tripoli la route passe à travers des plantations d'olmers qui sont une continuation de celles dont j'ai parlé. Ces plantations occupent les pentes inferieures du Uban. Le coup-d'OBil dont jouit en cet endroit le voyageur qui vient de Tintérieur est vraiment magnifique. La vue s*étend sdr une Teidoyante plaine, de forme triangulaire, dont le point le plus éleyé forme un promontoire, applati vers la mer. Au bas de ce promontoire apparaît la jolie et compacte ▼ille de Tripoli» dont l'étendue, du nord au midi, est d'environ un mille, à partir de la montagne rocheuse où nous sommes. Une Terdoyante ceinture d'orangers et de mûriers , qui s'étend jusqu*à une assez grande distance dans la plaine, l'entoure de trois côtés. La TiUe elle«méme a sa part de rerdure. Des cours et des jardins attachés presque à chaque maison, s'élèvent un grand nombre de cyprès au feuillage vert foncé, qui soulagent la vue et donnent un air de fratcbeur à cette ville, dont l'aspect serait autrement fort monotone, car elle est à peu près uniformément bâtie en pierres d'une couleur grisAtre. En foce, une ligne de tours isolées borde la côte ; au sud de ces
AERIVÉE A TRIPOLI.
tours, on découvre le port de Tripoli, kn nord-nord-
est du port, s'élend un groupe de pcliles îles dont la plus éloignée est à environ dix milles de la terre fermç. Au nord et à nos pieds, se déploie la profonde vallée de Kaditlia, cou?erte d'une très-riche végétation, et qui présente l'aspect le plus pittoresque qu'on puisse imaginer. C'est vraiment un des panoramas les plus enchanteurs qu*offre la S} rie; aussi est-ce le rendez-vous favori des habitans de Tripoli, les jours de leurs fêtes respectives.
Le château est un ancien bâtiment sarasiu , dont on fait remonter la construction au temps des croisades. iNous nous gardâmes bien d'y entrer. Les soldats turcs sont la partie la plus détestable de la population , et Ton doit, autant que possible, éviter leur rencontre.
£n descendant de la hauteur où nous étions ^ nous entrâmes au bout de dix minutes à Tripoli , et nous nous rendîmes chez M. Katziflis, agent consulaire de la grande Bretagne, pour lequel M. Barker d'Alexandrie nous avait donné des lettres d'introduction. M. katziflis, ainsi que son frère, est grec d'origine; Tainé venait de succéder à son père dans les fonctions
consulaires. La bienveillance et l'hospitalité des ]>• 6
M. KATZIFLIS ET M. GUTS.
membres de cette famille pour les voyageurs sont trop bien connues pour qu'il soit nécessaire d'en faire ici l'éloge ; mais ce que peu de personnes sayenty c'est que M* Katzillis ne reçoit aucun traitement du gouvernement anglais, n'étant qu'un simple agent 9 nommé par le consul général qui réside à Gonstantinople. Toutefois, ces sortes de fonctions sont trés-recherchées par les marchands du Levant > à cause dos immunités et des privilèges qui j sont attachés. Le gouvernement français a ici pour consul officiel M. Guys, savant antiquaire, et qui, de même que son frère Henri, à Beirout, se montre très-libéral pour les renseignemeos que lui demandent les étrangers.