‹ Voyage en Palestine et en SyrieChapitre 24 sur 68 · TRIPOLI · texte numérisé non relu

TRIPOLI

les indigènes firent, par corruption , Tarabolos *. La ▼ille actuelle est bâtie au pied des coUioes les plus basses du Liban » à environ ane demi-heure de chemin du bord de la mer. La rivière deKadîsha («attire], autrement dite ^lahr-Abou-Ali , la traverse et la partage en deux portions inégales, dont celle du sud est la plus considérable. Elle est entourée d*un mur peu élevé, et incapable d'opposer une grande résistance. Les dehors sont couverts de jardins plantés d'orangers, de citronniers et de mOriers qui s'étend ent A quelque distauce dans ia plaine. Le voyageur n'a pas plus tôt pénétré dans la ville, qu'il est frappé de la propreté et de l'élégance qu'il remarque partout , comparativement aux autres places de la côte. Les maisons, construites en pierres grises, sont bien bâties À rintérieur comme Al^exlérieur. Elles ont presque toutes des toits en terrasses. Cest là que les babitans, mais plus particulièrement les femmes, se retirent le soir pour respirer la brise qui soulile de la merf, que Ton découvre de presque toutes les

• • On l'appelle TaraboIos-el-Sham, ou le Tripoli oriental, ponr la dIsUnguer de Tripoli en Barbarie que l'on appelle TaraboIos-cl-Gharb, ou le Tripoli occidental.

t Le veut qui règne sur cette côte est celui qoe les ancieni grecs appelaient Zi^9ff (sépbjra).

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naisoDt. Tripoli ne reofeme aaeim édifiée reMr-

quable.

Les buara sont Yatles et bieD Courais de oMureliftii-

dises de l'étranger et du pa^s. Aous y vimes une Msci grande qaanlilé de quiocaiUerie» priocipalement de fabrique anglaise; cette branche de coinmerce 9 bieo conduite 9 manque rarement d'enricbir dans ces contrées le marchand qui s'y livre. Les prin* cipaux objets d'exportation consistent en soie qu'on tire des montagnes Toisines. Elle est de (lualité inférieure y et s'expédie , soit brute » soit fabriquée en mouchoirs de poche et en châles qui se vendent aux Mogrebins des eûtes de la barbarie ; ceux-ci vienoeut les acheter ici et donnent en échange des denrées co^ loniales qu'ils tirent de Malte. I^s autres marchandises d'exportation sont les éponges qu'on péehe en grande quantité dans la mer le long du rivage; des noix de galles qu'on tire des montagnes d'Anzejr j ; de la cire jaune d uuo belle qualité que Ton récolte dans le Liban; de la garance de Uoms et d'Uamah, et un peu de tabac. Celui-ci s'envoyc en Égyptc où il est fort estimé. On voit partout d'énormes piles de savon exposées en vente ^ même dans des boutiques où partout ailleurs on ne chercherait pas cet article;

86 NAHE KABI8HA.

mais les Tendeurs en retirent yraîsemblablement un

droil de commissiou. Il exisle un vaste kban où l'on fiibrique le saTon pour Texporlation. On Fexpédie principalement sur les côtes de Karamanie et d'Ànatolie, ainsi que l'alcali que Ton emploie dans sa fabricalioo. On tire ce dernier du désert, situé à Torient.

11 y a ici plusieurs mosquées que Ton piétend avoir été anciennement des églises, et il paraîtrait égale* ment 9 d*après les arcades gothiques qui couvrent les modernes bazars, qu'eux aussi faisaient jadis partie de monastères et de couvons de religieux. Parmi les nombreux restes du temps des croisades que Ton trouve dans cette ville, je remarquai des croix sculptées CD relief au-dessus de la porte d'entrée de quelques maisons, et en d'autres endroits des calices.

La Kadisha fournit, dans son passage à travers la

ville, l'eau nécessaire, non-seulement aux conduits des rues , mais encore à la consommation particulière des maisons qui, pour la plupart, ont une fontaine dans la cour, et souvent mémo dans le salon ou chambre de réception. La rivière fournit également l'eau des bains, qui sont fort nombreux ici.

eomme dans tons lei lieux où la population musulmane prédomine^ et d'une beauté remarquable. Cette rÎTière méfite donc bien le nom de « Sainte » * qu'oD lui a donné, car elle contribue puissamment à la santé, à la furopreté et a«x agrémenf de la Tille* La population de Tripoli s'élève à environ dix-sept mille Âmes» dont trois mille feulement sont chrétienB (grecs catholiques). Les Turcs passent pour être trés-£suiatiques. lis sout gouvernés par un Mutzellim» dépendant du pacha d'Acre.

21 octobre. — On trouve toujours à la porte qui conduit à la « Marina • desenfans avec des ânes tout sellés, prêts à conduire dans la plaine ceux qui le dé* sirent. En moins d'une demi-heure, nous atteignîmes Ëi-Mjna. C'est ainsi qu'on appelle le port de Tripoli, oà les bàtimens viennent décharger leurs cargaisons,.

* Le bain est one des principales voluptés cbes les Orien-^ taai. Les personnes opulentes en ont pour Tordlnalre dans leurs propres' demenres, ce qoi n'empêche pas qu'elles n'aineot souvent aox bains publics, soit pour passer quelques momeus de loisirs, soit pour y rencontrer leurs amis. Les bains s'ouvrent le malin pour les bommes et le soir poor les femmes. Pour plus de détails sur ces établiiseniens, voye^la Note Addittonelle A.

88 COTES DE TBIPOLI.

el en prendre de nonvelles. 11 se trouve à Tangle le

plus avancé du promonloire du c6lé du nord. Le port est formé par une ligne de petits rochers qui , de la pointe du Mj na, s'avaoccnl dans la mer vers lo nord. La rade offre an mouillage peu sûr ; le fond est un banc de rochers qui usent et coupent les cables des navires. Le port , qui est lui-même une petite ville, est principalement habité par des mate* lots grecs el par des constructeurs de vaisseauzr A en juger par les restes de murs et les fondations de mai* sons qu'on voit un peu au-dessus du port actuel, il est évident qu'il occupe l'emplacement d'une ville plus ancienne, peul-èlre de l'une des trois villes, à la* quelle celle de Tripoli doit son nom.

On dit que la mer, le long de celle cùLe, abonde en poissons et en erustacées excellens, particulièremenl eu hiver, quand ils s'approcbenl du rivage pour s'y abriter. En éié, lorsqu'ils se retirent dans la haute mer, les pécheurs du pa}s sont trop indoleus pour prendre la peine d'aller les chercher si loin. Le poisson devient alors chose assez rare> excepté lorsque l'époque de quelque jeûne pour les Grecs vient stimuler leur activité. Les Turcs ne sont pas grands amateurs de poisson >

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