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la manière 9odI ils raccommodenl est pourtant excellente*
L'air du Myna est homide ; mab il est toutefois
plus sain que celui de Tripoli par les raisons que j'ai déjà, indiquées. D'Ël-Mjna à Tembouchure de la Kadisha, il exisle une ligue de six lours carrées» cloi« gnées Tune de l'aulre d'environ dix minutes de ehemin , et qui semblent avoir été bâties pour défendre le |>ort. Elles sont situées au bord de l'eau, et paraissent être l'ouvrage des Sarrasins. Les indigènes ont donné à chacune d'elles un nom particulier. Aux environs de ces tours et dans la mer, gisent éparses un grand nombre de colonnes de granit» d'environ quinze pouces de diamètre. La Kadisha n'est pas navigable» même pour les petits bateaux» et n'est pas non plus guéable en cet endroit. Nous la traversâmes un peu plus haut » sur un aqueduc supporté par des arches et qui sert de pont. L'eau qui prend nai^ San ce au pied du mont Liban » à environ huit milles de TripoK, est conduite le long des flancs de . la montagne par un canal qui longe le bord septentrional de la rivière» jusqu'à un mille et demi de la ville» là elle traverse la vallée sur un aquéduc de quatre arches» longues de cent trente pas » et larges
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de sept ou huit pieds. On appelle cet aquédoc Kon-
taret-cl-BriDs, nom qui semble indiquer une origine fraoqiiB , et qa'oo lui a donné peut-être à cause de son fondateur.
Nous continuAmes notre promenade pendant encore une demi-heure, en suivant la route qui passe au nord vers Lalakia « afin de TÎsiter le tombeau du Sheik-el-Bedawy , ou pour mieux dire> la fontaine A laquelle il a donné son nom. Cette fontaine est entourée d'un mur, et contient une grande quantité de poissons de l'espèce des Iruiles que les Turcs de Tripoli regardent comme sacrées» et qui sont nourries tous les jours par le gardien du tombeau. Ces poissons sont si accoutumés A ce traitement, que» dé» qu'une personne s'approche du bord, ils arrivent en foule , et s^élévent presque hors de Teau pour saisir le pain qu'on leur présente. Personne n'oserait en tnen Cette fontaine est à deux milles au nord de Tripoli.
Ici se trouve une vaste plaine qui s'étend au nord
jusqu'à Torlosa, et qui, ouverte du côté de la mer à l'ouest, est bornée à Test par les monts Anzeyry. Ces monts, qui sont une ramification du bas Liban, sont moins connus que la plupart des
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autres parités de celle célèbre montagne; ils sont habités par une race d^horomes turbulens, qui n'ont jamais été entièrement subjugués par aucun des pashasile gouvernement a été obligé de se contenter d'un tribut dont la pcrceplion est confiée à un des principaux babilans, qui rafferme moyennant une redevance annuelle. Il existe une grande diyergenee d'opinion parmi les écrivains concernant Torigine de ee peuple. Sa religion, si toutefois il en a une» ce qui est assez douteux *, est égalemenl enveloppée d'un profond mystère. Il est possible qu'il soit comme les Druses, une secte de Mahométans, et. que, de môme que Ions eeux qui se séparent d'une religion-mère, ces sectateurs se soient subdivisés entre eux au point de ne plus savoir eux-mêmes ce qu'ils sont. Buifcbardt fttit mention de cette subdivision des Anzeyrys en sectes qu'il nomme kelbye » Sbamsye et Mokladjye ; mais il ajoute : « on n'en connaît rien que les noms. » La principale raison de l'ignorance l'on est resté à cet égard vient de ce que, parmi les Ânzeyrys, de même que parmi les Druses, il n'y a que peu dMndividus qui connaissent les mystère»
* Voyez Appendice, n^li.
DE TRIPOLI A LATAKU
les phis importons et les plus sacrés de leur religioD; le vulgaire se contente généraicmeut des pratiques extérieures; lliiterprétatioa des mjstëres n'appar* tient qu'à tin petit nombre d'adeptes.
Mais laissoDS-là celte digression. La plaine dont je parlais tout-à-l'heure se nomme Djami, c'est-à-dire la plaine par excellence. Elle doit sa ferlililé à ua grand nombre de cours d'eau qui descendent des . montagnes et la traversent en se rendant à la mer. On passait jadis ces rivières sur de beaux ponts de pierres; mais la plupart de ces ponts tombent aujourd'hui en mines; de sorte que, dans la saison des pluies^ ce n'est pas sans danger que l'on passe les rivières à gué. La première que l'on rencontre» eu s'avançant vers le nord^ est le ISabr-el-Bered, ou « la rivière Froide, jd à trois heures au moins de Tripoli : près de ià^ est un khan pour les voyageurs. À deux lieues au-delà de Nahr-el-Bered est le Nahr^Akkar : trois«-quàrts d'heure après, on trouve un troisième cours d'eau appelé Nahr-Âbrosh» ou « la rivière du Lépreux, » et à environ une demi>heure de ce dernier le Nabr-el-Kebir, ou Grande rivière» que Ton sup- I ose être Pancien Eleulherus. Après avoir traversé le Mahr^el-Kebify on atteint, au bout d'une heure.
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l'Ayn-e1-Hye» on « fontaine du Serpent» » auprès de
laquelle on remarque des traces considérables d'aocîens édifices 9 ainsi que plusieurs ruines et des sépulcres, qui prouvent qu'il existait jadis là une ▼nie, peut-être TEnydra de Strabon. Un peu plus loin, et à environ une lieue du rivage, est l'Ile de Ruad, que Ton suppose être PArrad, TArped, ou l'Arphad de rEcrilure, TAradus des Grecs et des Romains» autrefois puissante république maritime. Elle ne contient aujourd'hui qu'un petit nonabre d'habitans. Du côté oriental de l'ile, en face de la terre ferme, est une espèce du port qui sert d'abri dans les mauvais temps; il est formé par d'anciennes jetées qui s'avancent dans la mer. C'était, sans doute, le principal port de Tile. A une heujre d'Ajnél-Hye, après avoir traversé un torrent considérable, on atteint Tortosa, que les naturels appellent Tartous, anciennement Ortbosia, située au bord de la mer, et entourée de tous les autres côtés {iar uno plaine spacieuse. C'était jadis une place forte trèsconsidérable, et Ton y voit encore quelques restes fort intéressans, d'un temps plus prospère. A une heure et demie de Tortosa,ou trouve i\ ah r- Hussein. Quatre heures et demie plus loin» est l'emplacement
DE TRIPOJLl A LATÂKIA.
d'une aucienoe ville appelée Baneas, que Ton suppose être le Balanea de SlraboQ et la Valania du moyenâge. De là à Jebilée, ou compte qualrc heures de marche. Dans Tintenralle qui sépare Tortosa de cette dernière ville, ou reucoutre les ruines de plusieurs anciens élablissemens et d'un grand nombre de châteaux. Jebiléc, raacieoue Gebala, s'élève au bord de la mer : elle est entourée d'une vaste et fertile plaine qui produit priucipalement du coton et du tabac. Les ruines les plus remarquablesqu'elle offre sontlesrestes d'un beau théâtre romain. On compte quatre heures démarche deJehilée ài.atakia. Â en juger parles ruines nombreuses de châteaux et d'anciennes villes qu'on rencontre dans le chemin qui conduit de l'une de ces villes à l'autre, particulièrement entre Tortosa et Jebilée, ce district était autrefois couvert d'une nombreuse population. Aujourdliui, il est presque désert et cultivé seulement par les Anzeyrjs^ qui habitent les montagnes voisines.
Comme j'avais apporté quelques provisions dans ma valise, au lieu de retourner dîner en ville, je m'assis â cOté de la fouuine» et je partageai mon maigre repas avec le gardien du tombeau. J'avais également un peu de vin dans un flacon; mais je
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m^absUns d'en boire en sa préseDce, dans la crainte
de l'offenser. Le soir, je retournai à Tripoli.
22 odobre. — Après avoir déjeùné avec M. Guys, consul de France, qui partage avec M. Katziflis le plaisir de recoToir & sa table tout bomme comme il faut <iai voyage, quelle que soit la nation à laquelle il appartienne, je partis pour Damas, me proposant de suivre la route qui traverse le Liban et la plaine de BaHlbec"*. J'étais accompagné de mon guide maronite, et d'un domestique de la même secte. Le muletier et son assistant étaient Mnsalmans. Nous convînmes par écrit, en présence de M. Katziflis, du prix xle louage des mulets, du nom des endroits que je désirais visiter, et du temps que devait durer le voyage. U fut convenu, en outre, que l'argent serait déposé entre les mains de M. Katziflis, qui ne le remettrait que sur une lettre de ma part, annonçant mon arrivée à
* De Tripoli, Il y a Iroif roolM poor >e rendre à fiailbeo, qol tontes traversent la tiglon dn Liban. Le première pasie M nord de la montagne ; la plus courte, qol va droit i l'est de
Tripoli, est celle de Kanobin et des Cèdres ; elle fraoctiit le scHDinet de la mcotagoe; la truisiéoie la traverse eo venant de DjebaXl.