‹ Voyage en Palestine et en SyrieChapitre 38 sur 68 · ARCHITECTURE DANS LE UAOURAN · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE DANS LE UAOURAN

conservation. Il y a huit portes, dont chacune aune chaussée pavée de la même manière et cooduisant dans rintérienr de la ville. Les quatre grandes rues conduisent aux portes qui regardent les points cardînaur. Ces portes ont trois issues : une grande et deux plus petites de chaque cùté pour les piétons.

Ici» comme dans tout le Haoïiran, les maisons sont hàlies en pierres : on y pénètre par une petite porte qui conduit à iino cour» autour de laquelle sont les apparlemoiisi les portes en sont ordinairement trèsbasses et serrent de fenêtres dans le jour, A cet effet, on les laisse ouvertes. Quelquefois il se trouve une petite ouverture au-dessus de la porte. L'intérieur des chambres, dont la hauteur dépasse rarement neuf ou dix pieds» est constnut de larges pierres carrées qu'on laisse découvertes, et qui, |^ar leur couleur noire» donnent à ces chambres une apparence entièrement sombre. Un seul arceau traverse le centre; il a, en général» deux A troi» pieds de large» et supporte le toit. Cet arceau s'appuie de chaque côté de la chambre sur des piliers très-bas» et quelquefois il part immédiatement du plancher : le toit pose dessus. 11 consiste en lames de pierre, larges d'un pied, épaisses de deux

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pouces, et longues à peu près comme la moitié de la

chambre. Elles reposent par ua bout sur de petites saillies de pierre dans le mur^ et de Tantre sur le faite de l'arceau. Ces lames sont, en général, jointes les unes aux autres. On trouve pem de meubles dana ces maisons.

Le genre de vie» les mœurs et les manières des

Turcs et des chrétiens qui habitent le Haouran diffèrent peu de ceux des Arabes« La seule difiérence» c'est

que les premiers ont une résidence plus fixe, demeurant dans des maisons , tandis que les autres vivent sous leurs tentes, qu'ils transportent où bon leur semble. Dans les classes pauvres, une natte jetée sur le plancher est le seul coucher usité : les plus riches se servent d'un tapis, mais jamais de matelas. Jamais» non plus, ils ne se déshabillent. La batterie de cuisine se borne à un chaudron pour cuire le bourgoul, et à des bouilloires pour faire le café. La provision annuelle de froment et d'orge se garde dans des réservoirs (Aowara), qui ont cinq pieds de haut sur deux de diamètre. Us sont faits de terre glaise et de paille hachée, durcies au soleil. Dans cepays, où la conservation de sa propriété est si incertaine» on ne trouve ni boutiques ni bazars» Les habi-

SALEIM.

Uns achètent ce dont ils ont besoin dans les voyages iftt'ilji font de temps en tempi à Damas, ou bien à des colporteurs dont nous rencontrâmes un grand nom* bte sur la roote. Cet derniers font aussi un commerce important avec les Bédouins» dont ils obtien* nent toute protection. Ce seraient d'exceliens guides pour les Européens désireux de visiter les tribus arabes.

8 fioeemftrs. — En quittant Shobba* par la porte de l'est» nous remarquâmes sur le penchant et la crête dHue colHne deux réservoirs circulaires pavés en pierre, et de cent pieds de diamètre.

Après être descendus à Ayn-Mourdouk et avoir suivi les sinuosités de la route sur le ilanc de la montagne » nous arrivAmes à Saleim, petit viUage à une lieue de distance de la source. Nous nous y arrêtâmes un moment pour admirer un petit temple qui était sans doute, autrefois, d'une belle arebiteeture; il a soixante pieds sur quarante-cinq hors muvre. On arrivait , par des defçrés , à une porte carrée, À Textérieur de laquelle se trouvaient» au moins, deux colonnes corinthiennes, avec enta»

* Yoyei AppcndioSi a* 91.

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blement, corniche, etc., correspondant avec les

autres belles colonnes qui entouraient l'édifice , et qni sont presiine tontes tombées. Il paraU aroir en un fronton sur le côté des murs , avec une bordure étrusque, qui: Tornait en partie. Au coin du bâtiment, dans rinlérieur, il j avait quatre rangs d'arcades, sur lesquelles reposait le toit de pierre qui, s'éianl écroulé, a entraîné dans sa chute les corniches, une grande partie des murs supérieurs, les colonnes, etc. La feuille des chapiteaux des co« tonnes était plutôt l'égyptienne que la corinthienne. Ce bâtiment, richement sculpté, se nomme Hour- Meraf. Nous vimes encore un réservoir et les ruines d*un autre temple graudement endommagé , puis quelques inscriptions grecques. Les ruines de Saleim peuvent avoir un mille de circonfi6rence. Elles occu|)enl le flanc est et le pied d'une colline, et sont en partie habitées.

Dfi là nous gravîmes une montagne pierreuse , couverte en partie de chênes nains qui nous ré* jouirent la vue, car il n'existait rien de pareil dans la plaine. Au bout d'une heure et quart de marche» nous atteignîmes la ville de Kanouat, assise en penle sur les bords de la profonde wadj de ce nom , qui

KANOVAT

aoi

passe au milieu de la yiUe. La campagne envîronnauie est belle comparalivemenl au resle du pa^s, el la vue est très-éleodue.

A la partie supérieure de la villc^ vers le bud, sont les prioeipales ruines ; ce sont» suivanl toute apparence, celles d'uQ palais. On y voit encore de grands apparlemens ornés de colonnes. On arri?e à celui du sud par ufi escalier qui conduit à une belle porte sculptée. Celui du nord, qui avait soixante-sept pieds de large, et dont la façade était un peu plus profonde, possédait un rang de colonnes» distantes du mur d'environ douze pieds. 11 ne resle plus que celle du coin» qui est appujée contre un arc*boulaol carré. Au faite était une corniche avec une bordure étrusque» sur le mur du fond, à moitié de sa hauteur» était une projection semblable à celles de Shohba. Près de l'angle, une porte de quatorze pieds de large» située à dix-sept pieds de l'encoignure» s'ouvre sur une colonnade d'ordre corinthien, dont il reste huit colonnes qui ont huit pieds et demi de circonférence, et six et demi d*entre-colonnement. Parallèle à cette façade regardant le nord» et à huit pieds en arriére , se trouve le second grand appartement» dont la façade est à trente-cinq pieds en

KAKOVAT

arriérera premier, et qui a aoixante-onze pieds neuf pouces de loug , sur quaranle-sepi de large. Les portes ont douze pieds d'ouyerture. Elles sont carrées par le haut et remarquablement belles. A sept pieds des jambages et siir la même ligne, sont denx colonnes à la môme distance» formant corridor; tout autour du mur , règne un rang de colonnes qui ne sont dI toscanes , ui doriques, et surmontées d'une corniche unie; elles ont sept pieds et demi de eîrconfêrenee et six d'entre-colonnement. Immédia* tement derrière, et joint à cet appartement, il s'en trouve un autre de même dimension, avec une galerie de pareilles colonnes, des arcades courant de l'une à l'autre, des arêtes joignant le mur oriental aux colonnes, et une niche de vingt-six pieds de large de ce côté. Ces galeries paraissent' avoir été couvertes à Tiatérieur. Au-dessus de Tappartement, on voit les traces des deux planchers en pierre qui s'appuyaient sur les arcades, mais qui se sont écroulés dans l'espace qui est au centre. Au sud-ouest était une galerie large de dix pieds , parallèle au mur du fond, sur chaque eôté de laquelle, est et ouest, se trouvaient des appartemens, aujourd'hui en ruines , qui donnaient sur une magnifique cour

KAMOUAT.

paTéo* La route est auMi pavée de ces mêmes belles pierres. Vers le sud^ à environ trois cents pieds de distance » il existe un petit temple avec une porte d'un travail exquis^ ouvrant au nord. Sur la même ligne que les jambages de la porte, sont deux colonnes corinthiennes soutenant le portique intérieur, qui a trois pieds de lai|fe, à Pextérienr duquel sont quatre aulres colonnes corinlhieoncs qui ont dix pieds de circonférence et six pieds et demi d'eolre-coLonnement ; lu distance qui sépare les deux colonnes intérieures est de sept pieds et demi. Une belle corniche taillée régne tout autour. Ce temple a cinquante pieds de large, et quarantequatre pieds neuf pouces à l'intérieur, qui est encombré de fragmens de colonnes plus petites, avec une frise supportant soit un toit entier sur des arcades, soit une galerie couverte autour des murs. Devant le temple , était une grande cour bien pavée, avec une citerne en dessous, dont la couverture était soutenue par des arcades, k Pest, est un mur en pierre de taille , d'environ sept pieds de haut avec deux appuis carrés faisant saillie > et assez soBdea pour avoir supporté des statues ou autres orucmens. Ua peu à Touest, est une partie des murs de la

AATYL.

▼nie» élevés de douze pieds, droits, perpendiculaires et d'un st^le parfaii. k cent toises environ, dans la direction de INiaest-sad-ouest , se tronre nn antre temple formé de deux rangs de colonnes corinthiennes, parallèles les nnes aux antres ; celles de lin* térieur sont plus petites que celles de l'extérieur , et posent sur une plate-forme élevée de huit pieds et demi , qui se trouve dans l'intérieur de la première ligne.

De Kanouat» nous descendîmes la montagne dans la direction de l'ouest, et, une heure après, nous arrivâmes à Àatjl , petit village druse au milieu d'un bols. Les ruines qu*on y voit ont ft peu près un mille de circonférence. Les bàtimens sont anciens, encore debout en grande partie, couverts de toits.en pierre et habités. Au couchant, se trouve une arcade d'une belle architecture , ayant fait partie d'un temple de petite dimension , où se rendaient peut-être des

oracles* Quelques fragmens de colonnes , de frises

et de bordures étrusques gisent çà et là dans son enceinte.

Sur nn monticule au sud et hors de la ville, est nn

petit temple semblable à celui de Saleim , avec un portique de quatre colonnes, à dix ou douze pieds

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du mur du fond , qui se tennine aux angles par des pilastres d'ordre coriailiieu. La porte est carrée par le bant, et supérieurement sculptée tout au« tour. IVous ne vîmes pas l'intérieur qui était habité.

Delà, prolongeant notre course au snd-sud-est, nous arrivâmes^ après une demi-lieure de marche, à Soueida, assise sur un terrain élevé sur le penchant du Djebcl-Haourao. Le Kelb-Haouran, ou le pic le plus élevé de ces montagnes, est an sud-est de cette ville. Âu nordt et tout près de là» descend le profond wady Ëssoueda, qui vient des montagnes où plur sieurs autres se réunissent à lui. C'est de ces nombreux torreos qui sortent du DJehei-Uaouran , les sources étant très-rares dans la plaine » que les hahitans du Uaouran tirent leurs moyens d'existence et le succès de leur agriculture. 11 est traversé par un pont solide et bien bâti, et fait tourner cinq ou six moulins prés du village.

Soueida est considérée comme la première ville druse du Uaouran ; elle est la résidence du principal sheikh. Ce titre, quoique héréditaire dans la famille de Hamdan , n*est pourtant pas soumis à la loi de primogénilure. A la mort du chef, celui de la famille qui jouit de la plus haute estime, par ses richesses et

SOUllDA.

800 caractère peiaoûnel » est élu el confirmé par le paella * ; néanmoins, les Druses paraissent rechercher la protection des Arabes plutôt que celle de ce pacha. Quoique charges de la défense de leurs villages» quand ce dernier est en guerre ayec quelque tribu, ils prennent pour base de leur conduite le Bjstéme du « laisser faire » ou de la neutralité; car il existe entre eux un traité tacite qui leur assure rinviolabilité de leurs propriétés personnelles. Cette conniyence leur attire, comme de raison, la haine des fellahs ou cultivateurs. U semblerait que cette politique anti-patriotique existe depuis très-long* temps; car nous lisons que, sous Auguste, le gouvernement de cette contrée, qui s'appelait alorsTrachonitis, fut transféré de Zénodore àHérode , roi de Judée , en conséquence de l'encouragement que le premier avait donné aux incursions déprédatrices des Arabes du désert voisin*

Soueida était jadis une des plus grandes villes du pays; set raines ont ait motos quatre milles de tour. On y remarque entre autres une rue courant en droite ligne pendant environ un quart de mille et

* Yojez Barckhirdt» page 303.

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dont les maisons do chaque c6té soot eneore debout. L'espaee intennédiaife est extrêmement étroit et ne laisse de passage que pour une seule personne ou une béte de somme. De chaque côté se trouve un trottoir étroit^ et en plusieurs endroits il j a des salles voiktées et ouyertes, qu'on suppose avoir été' des boutiques. Cette rue commence à Texlrémilé supérieure de la ville > prés d'une grande porte voûtée construite en travers. Plus bas, nous vîmes un élégant édifice, vis-à-vis d'une ionlaine, qui eat en forme de croissant; sa façade présente une espèce de niche dans Tintérieur de laquelle sont trois autres niches de moindre dimension. Autour du toit 9 qui est plat, il y a une inscription grecque que je ne pus copier parce que j avais le soleil dans, les yeux. Non loin de là, est un ancien monument de cent cinquante pieds sur quarante à rintérieur» traversé d'arcades posant sur des colonnes irréguliérei. Il sert aujourd'hui de mosquée.

Au bout de la grande rue et en dehors de la ville» est une tour de quatre-vingts pieds d'élévation , et de vingt-cinq pieds en carré à la base, avec des fenêtres dans le haut, dont deux côtés se sont écroulés, sans doute par suite d'un tremblement de terre.

SOUBIBA

Près de la miiison da sbcikb» sur le sommet de la

montagne, est un vaste temple dont il reste huit belles coloones oorintbienDes, ainsi que l'entablement et le cella qui sont entiers. En mesurant ce dernier avec un cordeau, nous trouvâmes qu'il était irrégulier, sans aucun accident dans le terrain sur lequel il est bâti qui justifiât ce manque de précision. Quand on se dirige du commencement de la rue, vers le sud , on trouve un vaste bâtiment en ruine appelé, paries habitans,EI-Kenisset (l'église). 11 toucbe à un autre édiiice qui parait avoir été un couyenl. L'église a cent trente pieds de long sur quatre-vingt-neuf de large. La principale entrée, qui a deux portes yoùtées de chaque côté, regarde le couchant. Âu nord, à l'étage supérieur , sont sept croisées, et à Textrémilé orientale il y aune grande nicliu de trente et un pieds de large , avec deux plus petites de chaque c6té. 11 parait quMl y ayait autrefois des colonnes ajant des feuilles de lotus à leurs chapiteaux, et formant une galerie tout autour de l'édifice. Anjourd*hui il n'y a plus de toit. Autour des portes latérales, il y a quelques belles frises; on a efflicé les croix qui les dominaient, ce qui a eu lieu probablement quand on en a fait une mosquée.

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Ku haut d*une montagne» au novd-ouest, nir Paulre

rive du ^ady, est uo bâliment en pierre^ carré, et tombant en rnine» que les habîtans nomment Donbeis. Il a trente pieds en tous sens, avec six demicolonnes terminées par une frise 9 une cornicbe, etc.» de chaque côté. Ces colonnes ont trois pieds et demi d'enlre-colonnement » ayec un diamètre de deux pieds six pouces et une hauteur de vingt-six pieds. L'édifice est massif à l'inlérienr» et il parait que le toit se terminait en forme de p^rainide, où sans doute se trourait la place d'un tombeau. Les quatre angles, et non les c6tés, regardent le levant, le couchant , le nord et le midi* Du cùté du nordest» prés de Pencoignure, on lit une inscription grecque en beaux caractères. 11 y en a également une en hébreu que je ne pus copier d'une manière satisfaisante, à cause de mon ignorance de la langue

* L'anleor de ce voyage ifa point Iranscril ici les nombreuses inscriptions qa'il avait copiées, parce qu'à son retour il a reconnu que la plupart avait déjà élé données par Burckhardi. Il saisit celle occasion i>oiir récianjcr l'indulgence de ses lectrtirs j-.our les détails irrliilccloniques dan^ lesquels il ▼ lent d i nlrer. On voudra hien remarquer que son ouvrage est le premier qui les fournisse, car Burckbardl, qui voyageait comme Musolman» ne ponvatt pas se permettre de prendre pabliqoemenl des mesores

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