‹ Voyage en Palestine et en SyrieChapitre 48 sur 68 · UF · texte numérisé non relu

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ce qo'enfia on nom dit clair et net qa'on préfé-

.rait la disposition de noire chambre à ragiémeDt de notre sodélé. If ons étions d'autant mieux [disposés à recevoir celte déclaralion que notre position dans le medhafé, où tout étranger est admis^ était loin d*étre agréable. Nous nous retirâmes donc vers nne colline en dehors du village» y laissant Constantin négocier pour notre escorte* Ce n'était pas un point de mince difficulté; car nos finances , par suite des [difiérens yols qui nous avaient été faits et de nos .dernières dépenses à Djerash, se trouvaient presque épuisées. Il nous fut réellement impossible d'accéder aux extravagantes exigences de notre li6te » si toutefois on peut .lui donner ce nom. 11 avait compté sur un riche buUn> et fui bien mortifié du désappointement qu'il éprouvait. A la fin, par l'Intercession de Mustapha, et le sacrifice de mon turban , nous parvînmes 4 obtenir nne escorte de six hommes armés de mousquets : à chacun desquels » nous devions payer cinq piastres par jour, pendant tout le temps que nous aurions besoin de leurs services.

Nous partîmes à midi. La première parti» de notre route » pendant environ une heure et demie

1« aOVW A QADAÏA. 279

jA» marche, pafMit A tniTen une épai§M forêt de

.magniiiques chênes. Dans toute autre circoDAtance, rien DVivraît pu nous élie plot a^préable que derofager sous leur ombrage, mais cette forôt élait connue comme un repaire de gêna mal diapoaéa. D'aillemv, nous avions toutes sortes de raisons pour souprunner la fidélité de notre prétendue escorte. Tandis que je renfermais en moi-même ces sinistres présages, quatre ou cinq caTaliers , que nous n'avions pas encore aperçus, s'élancèrent hors du bois et, se penchant en avant arec leurs lances dans nne attitude hostile, galopèrent vers nous. Sachant bien qu'un Arabe tue rarement un ennemi qui ne résiste pas, j'avais déjà mis un pied à terre, et l'autre élait . encore dans Tétrier, quand nous reconnûmes que c'étaient des amis, hahitans du même village que nos guides. 11 parait que» nous vojant venir» ils s'étaient cachés derrière quelques arbres, pour mettre ainsi notre courage à l'épreuve; aussi l'attitude que j'a* vais jugé prudent de prendre fut, pour tout le monde, la source de nombreuses plaisanteries. Après quatre heures de marche depuis Souf, nous atteir gnimes le village de Tebney. iVotre réception en cet endroit forma un agréable contraste avec celle qu'on

DB SOUF A OADABA.

nous aratt faite en dernier lieu. Nous nous aperçûmes que nous sortions pea à peu d'embarras Nous filmes la connaissance d*un jeune Israélite de Damas» qui nous rendit de grands services, particulièrement en nous apprenant le yéritable état du pays où nous venions d'entrer» sa position et le caractère de ses babitans. La perception du miri ou l'impdt territorial du Haouran est entre les mains des banquiers juifs ou 9Êraf$ du pacba, qui prélèvent une commission sur le montant de la recette.

S6 nùwrnhre, — A midi, nous sommes partis avec notre jeune ami» et après quatre heures de route à travers un pays parfaitement cultivé, nous avons ftiit balte à Tayeby, où nous avons augmenté notre escorte de quatre hommes pour aller visiter les ruines de Om-Keiss. Le pays que nous avons traversé pendant toute cette journée est de la plus grande beauté; il est légèrement ondulé , tandis que la cime et les flancs des collines sont couverts de ces magnifiques cLiêDes pour lesquels eu dislrict, Tancien Basan, est encore, comme il Tétait jadis, justement célèbre. Si ce n'eût été le turban de mes compagnons et l'absence des maisons de campagne détachées» je me serais souvent cru en Europe. Nous arrivàmea

0X-UM8 OU fiAAMU.

au coucher dn foleil à Faoory où nous soapâms

chez le sheikh. Les habilaos soat tous musulmans, lis paraient mal disposés à noire égard, soopçonneiUL

et désobligeans. La place où nous passâmes la nuit était ane grande caverne creusée dans le roc» somhre

et sale» et ajant plutôt Tappareoce d'un repaire de brigands qae de la demeure d'hommes ci?iUsés. Ces cavernes sont très-nombreuses dans cette partie du pays, il est évident qu'elles ont été creusées A «ne époque très- reculée.

SSÏ novembre, — Nous nous sommes mis en route avec le soleil» après avoir passé une nuit exlrôiuement désagréable» et nous avons marché pendant environ deux heures à travers un pays montajçneux et de chétiye apparence» pour arriver à Om-Keiss» dénomination sons laquelle on désigne aujourd'hui l'ancienne cité de Gadara» située sur la cime de la chaîne de montagnes bordant la vallée dn lac Tabaria et ayant le Jourdain à l'est. Les principales raines, qui sont trés-dégradées, se trouvent sur une montagne la plus élevée des environs. Sur les cOtés exposés à l'ouest et au nord» sont les raines de deus grands théâtres entièrement construits en pierre noire. Le premier est le mieux conservé; les mur^

283 OH-KBISS OU «AlUIA.

61 ime grande partie des fradins sobsisteDU La forne

de l'arèoe élait semi-circuiaire et elle avait quatrevingts pieds dé diamètre. Au bas des gradins, est une galerie de six pieds et demi de large qui les partage en denx parties inégales ; six rangs en dedans et quatorze en dehors. L'autre théâtre, qui est tout-à-fait ruiné, était très-profond et bâti sur nne partie de la pente la plus raidc de la montagne. Le siège le plus élevé se trouvait à quarante pieds de distance du plus bas. L'arène au-dessous des gradins était comparatiyement petite. Sur le devant de ce théâtre règne une longue rue qui se dirige vers Pouest ; elle était probablement la principale de la ville; le pavé existe encore. Les deux côtés sont garnis d'une énorme quantité de fûts et de colonnes. A Textrémité de la Tille se trouve un bâtiment très-solide. A Test de la montagne, on rencontre un grand nombre de grottes taillées dans le roe calcaire. Une quantité considérable de sarcophages gisent à l'entour. Us sont tous de pierre noire et ont neuf empans de long et trois de large; ils sont ornés de bas-reliefs représentant des génies, des festons, etc., mais d'un travail très-grossier : ils ont tous été ouverts. La ville n'est point habitée. Le pajs qui l'environne est fort dangereux.

SHBRIAT-BL-MANDHOUR. 283

Pendant que nous yisitions les mioes, un de nos guides avait ¥olé et caché sous sa selle une partie des habits de Ghesney. Gelm-ci, à son retonr, déeouyrit le voleur, et reprenant son bien, il lui appliqua, dans un moment àp colère bien justifiée par son action, Pépithète de Wamt (voleur). Ce dernier dirigea tout de suite son^ mousquet contre mon ami et Taurait infailliblement tué, si je n'eusse été là pour m'interposer entre eux. Les autres musulmans qui formaient notre escorte furent de même si irrités de cette liberté de la part d'un djaour, que j*eus beaucoup de peine à les apaiser et, réellement, en coasidérant l'isolement du lied où celte scène se passait, je suis étonné que leurs menaces n'aient pas été immédiatement suivies d'exécution.

Au nord d'Oms-KeisSi et à peu de distance de ce lieu, il y a un profond wady appelé Sheriat-el-Mandhour; c'est le Hiéromax des Grecs et le Jarmouk des Israélites. Sur sa rive droite, il y a plusieurs sources thermales que nous désirions ardemment de visiter; mais nos guides refusèrent de nous y accompagner, quoiqu'on les vit de la place où nous étions, craignant, disaient-ik, de rencontrer les Arabes du Ghor ou de la vallée du Jourdaiu. iVous retournâmes à

284 MAIAABIB OU ASHTABOtH.

Taycby par une vallée moÎDs éleTée, appelée Wadj- el-Araby extrêmement fertile, mais très-peu cultivée.

2B novembre. — Chesney, ayaut complété ses visites aux ruines qu'il désirait le plus de voir de ce e^té-d du Jourdaio, ne voulut pas retourner à Damas par la roule directe, dans la crainte de rencontrer quelque membre de la tribu des Beni-Szakbr. Conséquemment, il se procura deux guides pour Tabaria et nous nous séparâmes* A midi» j'atteignis une caravane de quatre-vingts à cent chameaux, allant vers le nord. Je me joignis à elle jusqu'au coucher du soleil quand nous nous arrélAmes à Hebras, principal village du district de kefarat et l'un des plus importans de ces pays ; j'y lus traité avec cordialité par une famille chrétienne-grecque. A une lieue et demie au nord-est de ce village se trouvent les ruines d'Abil» l'ancienne Abila, une des villes du Décapolis; mais on m'a dît qu'il n'y reste ni édifices ni colonnes, quoiqu'on y rencontre quelques rCils brisés.

99 novemàre» — A deux heures du matin, la caravane se remit en mouvement,parce qu'on jugea prudent de voyager de nuit, pour éviter les Arabes qu'on disait infester les environs. Au point du jour, nous atteignîmes Mezareib ; c'est le nom du premier cbà-

MBZARBIB OU ASHTAKOTH. 285

teau sur la route du Hadj de Damas; il fut bâli par

le grand sultan Selim. Sa forme est un carré de cent pas sur chaque fiice. A rintérieur est une cour découverte, aulour (le laquelle il y a une rangée de magasins où Ton dépose les proTisionspour le Uadj* Ces provisions se composent de froment, d*orge, de biscuit, de riz et de tabac ; on y met aussi les tentes et les bamais des cheyaux', les bAts des chameaux, les cordes, les munitions, etc., le tout exclusivement résenrépour IHisage du pacha et de sa suite immédiate. Jusqu'à Médine , chaque station est pourvue d'un château semblable rempli d'objets du même genre. Les toits des magasins forment une terrasse protégée par le parapet du château. Dans Tintérieur, il 7 a une mosquée. On ne voit point de maisons à Pentour du château. Là se réunissent les caravanes de pèlerins qui se rendent à la Mecque, et là le pacha ou Emirel-Hadj établit son camp pendant dix jours» afin de ramasser les traînards et de payer aux différentes tribus la somme accoutumée pour le passage de la caravane à travers le désert. Tout près et au nordest du château» il y a plusieurs sources dont les eaux se réunissent à peu de distance de là en un grand étang ou lac, qui peut avoir à peu près un mille et

BS'ftIANAMBIir

demi de tour. An miyeiiy il y a me lie. L*eaii j est

claire et le poisson abondant. Ces sources se nom» ment Buslie. On pense qae Mezareib occape laplaee d* Ashtaroth qui était la résidence d'Og, roi de Basan.

A iroia lîeoee plut loin» nous atteignîmes ^lemskein , où je m'arrêtai un moment pour reprendre le peu de bagage que j*j avais laissé quand nous allâr mes, pour la première fois, nous joindre aux Béni- Szakhr. Quatre heures après, j'arrivai À^Es-âzana* meio Oes deux idoles), ville très-considérable sur la route du Uadj, avec plusieurs anciens édifices et des tours, mais très-peu peuplée» La réception qu'on m*j fit fut loin d'élre agréable. Le sbeikb et ses hôtes, qui étaient tous de dév6ts mabométans, nous permirent de passer la soirée dans le medbafé, sans adres* ser une seule parole à Constantin ou à moL Les habitans des villages, sur la roule du Hadj, surpassent tous les autres mahométans en fanatisme*

30 noi)embre. — • Après une heure de marche en quittant Es-Szanamein» nous atteignîmes le village de Didy, et une heure après celui de Ghabarib, où se trouve uo château en ruines, et sur le cOté de la route un birket ou réservoir de pierre avec une source abondante. Sur toute la roule du Hadj jusqu'à

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