CHAPITRE XXVI
Dcteription de la Tille <le Denaf. — Son apparenee' to«t orieniale. ~ Sa pepiilalioii mélanfée. » Haiioiiii roea, boBliqiiaa, baun , Uhum» moiqiiéea et eaOa. — CooNnerce et manufictnrca. — Jardini et en? irooi. — ClioMt de Damas, — Ses lUttoira asdeoM et Bodenie. — Sea amlquitéa.
QoaDd on Texainme de pins près, Damas ne, répond pas enlièrement à Tespoir que fait naître son apparenee extérieure. Les idées de splendeur et de magnificence qu'on s'en forme de loin disparaissent bientôt après qn'on est entré dans ses murs; car, quoique Tune et Taulre puissent exister dans les palais des grands et les maisons particulières des riches, il est certain qu'on ne les rencontre nuHe part hors de ces demeures privilégiées. De plus» les
rues sont étroites et irrégulières : le premier défaut n. 19
est GOiDDian à tous les pajs chauds où l'ombre et la
fraîcheur sont recherchées ; quaut à leur irrégularité, elle tient aux villes turques en général» où tous les or Démens d'à rchi lecture sont relégués dans des monumens isolés ou dans l'intérieur des maisons particulières; celles-ci s'offrent rarement à l'œil du public. Mais le principal charme de Damas» celui qui captive le Yojageiir européen à son arrivée, et reste gtavé dans sa mémoire long-temps après qu'il l'a quittée, c'est son aspect tout-à-fait oriental. En se promenant 5 soit dans la ville soit aux environs, il ne rencontre rien qui lui rappelle sa patrie , à moins que ce souvenir ne lui soit suggéré par le grand contraste qui existe entre tout ce qu'il a sous les yeux et ce qu'il a toujours vu jusqu'à ce moment. Excepté le matin et le soir, on ne rencontre presque personne dans les rues ; une espèce de silence mystérieux régne dans toute la cité. De temps en temps, en passant sous la fenêtre treillissée d'une maison turque , le faible son d'une conversation A voix basse ou quelquefois les notes mourantes d'une mandoline viennent frapper son oreille. Si la curiosité pousse le voyageur A passer le seuil de la porte, qui généralement reste ouverte , il se trouve dans une
eoiir plantée d'arbras, entourée 'd'afeades et ornée au centre d'une fontaine qui coule par petiteft gouttes : mais personne ne s'avance pour le saluer, et le mémo silence, la même trauquiliilé existent an-dedans comme an-dehors des murs. Estril attiré par le bruit de Tindustrie dans le voisinage des bazars? Il entre et les tronre remplis d'une pop«lalion dont les traits sont aussi variés que le costume, celui de chaque individu dillérant par quelque particularité de forme ou de couleur. Econte-t-ll les conversations? Aucune des langues qui s'j parle ne lui est familière. S'il examine les marchandises exposées en vente, c'est à peine si son esprit peut deviner leur utilité, et moins encore leur destination. Des bazars, il se rend dans les cafés : dans ceux d'Ëurope, les soucis et les réflexions, résultats soit d'un désappointement soit d'une vive espérance, se [^ignent sur les traits de tousceux qui les fréquen» tent , quel que soit lenr â^e. Ici tout est grarité, patience et iodoience. Mais , si je continuais à détailler les contrastes qu'on peut remarquer entre les ma* nières et le caractère personnel des Orientaux et des Européens, je me verrais insensiblement conduit à établir une comparaison des résultats de ces
802 Hamas.
contrastes slir l'état de la société; sojet qui» bien
qu'inléressanl en lui>mÔme, esl étranger au but de cet oitvràge , ainsi que je l'ai .déjà observé dans l'introduclion. Je vais donc conliouer la description de la viUe» telle qu'elle se présente, en ayant soin d'éyiter , autant que possible y de faire naître le plus léger soupçon d'exagération.
A Damas, les maisons, jusqu'à quelques pieds seulement de leurs fondations, sont bâties en pierre; le reste est en briques séchées au soleil et recouvertes d'un crépi de chaux. Des habitations constmites avec des matériaux aussi légers doivent nécessairement durer peu, ce qui explique le petit nombre d'antiquités qu'on trouve dans la ville. Mais cette objection n'est pas la seule qu'on puisse faire à cette manière de bAlir : les rues sont pleines de poussière quand il fait du vent , et de boue après la pluie. L'aspect de lougs murs rarement percés de fenéirës du cété de la rue est triste et monotone : de temps à autre cependant, les rues sont animées par les couleurs brillantes qui décorent l'extérieur des édifices publics. Du reste la magnificence qu'offre l'intérieur de quelques unes des maisons contraste singulièrement avec leur apparence de pauvreté.
Une porte liaMe s'ouvre sur une cour quadrangur
laire, généraicmenl pavée de marbre et aj'aot, dans le aîlîea,Qne petile fontaine qui jaillit constamment ; pendant li*s chaleurs de l'été, on y étend avec des cordes qui ?ont d'un côté dp princspal mur à Tautre» une espèce de tente qu'on peut ployer ou déployer à volonté Autour de la cour» so.nt des arcades ouvertes, élevées de quelques pieds au-dessus dm sol et auxquelles pu arrive par des degrés* Les planchers de ces réduits sont couverts de riches ta* pis sur lesquels se trouve une rangée de lits étroits ou sophas, placés le long des murs, avec des coussins en velours ou en damas, et qui servent de sièges pour la compagnie. C'est là que le maître de la maison reçoit ses visites et expédie ses affaires. Sous les arcades sont des portes qui s^ouvrent dans des appartemens intérieurs. L'entrée de ces appartemens est réglée sur le degré de parenté on d'intimité qui existe entre le propriétaire et la personne qui vient le voir y ou sur l'honneur qu'on veut faire à cette personne. Le Harem ou appartement des femmes se trouve en général placé dans la partie la plus éloH
r Vojfçz Appendice, a» 2d.
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gaée de la porte d'entrée , et t^omre sw uoe autre
cour inlérieure plantée d'arbres toujours verts.
Cette manière de bàlir, générale dans le Leyant , semble s'èlre continuée depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours y. sans changement et sans aucune tentative d'améltoration. Les maisons du genre de celle que je yiens de décrire se trouvent dans un quartier retiré, ap{^lé communément le quartier turc» et loin des bazars. Çaellà, on rencoatre quelques rares charrettes (les voilures sont inconnues à Damas) et de temps en temps une iile de chameaux chargés attachés les uns aux autres par une corde; mais comme les Turcs sortent peu» si ce n'est le matin et le soir» le plus grand silence règne à midi. £n se promenant dans les rues, il est rare de rencontrer un habitant, et on a de la peine à se croire dans la capitale de la ^rie. Les autres rues sont également étroites, et les boutiques qiù en garnissent les cOtés ont une chétive apparence.
Mais les bazars font bientôt oublier l'impression défavorable que les rues et les maisons produisent sur l'étranger à son arrivée. Ici, comme par touirO* rient, chaque genre de marchandises a ses bazars particuliers. Tanlùt ils bordent les côtés des rues
l»AIIAf ^&
ouverles; iaulM ils sont fermés et abrités |iar des
arcades qui les gaiantiâsent du soleil, pendaut l'été» de la pluie et du froid» en hiver. Plusieurs des baiars de cette dernière espèce sont de très-beaux édifices, et iburaissent une agréable promenade à l'étranger désœuvré qui y passe généralement ses matinées, se retirant le soir dans les cafés, il y a des rues entières de boutiques où l'on ne yend que des boites, des souliers et des pantoufles; d'autres où des bardes sont exposées avec goût pour tenter l'étranger qui passe ; d'autres enfin où l'on ne vend que des objets de sellerie et d'équipement militaire. Les orfèvres sont relégués dans un quartier particulier ou khan qui paraît avoir été autrefois vne église chrétienne. Là» les marchands, presque tous Arméniens, sont en même temps fabricans et détaillans. Le bruit produit par le marteau des ouvriers occupés à travailler les métaux précieux est réellement assourdissant; il parait néanmoins que les affaires n'en sont point interrompues.
fia général , les bazars de Damas sont bien pourvus. Les manufactures particulières à la ville sont en petit nombre .; elles connstent principalement en une élolTe de soie et de coton extrêmement solide ; un peu
d'ébéDislerie ùii» de beau bois inccuslé d'ivoire el de uacre de perle , et des peau]( jaunes el rouges pour boites, souliers el mules. La manuÛK^Iure de lames de sabre, qui fil si long-temps el à si juste titre la réputalioo de Damas» o'exisle plus^ elle fui Iranslérée à Kborassan, eoPerse, après l'ioTasion deTamerlan. 11 parait qu'oQ les fabriquait avec des lames Irés-minces d'acier et de fer soudées ensemble, de ma* uièrc à joindre une grande flexibiblé à un tranchant très-vif* Celles qu'on y fabrique aujourd*bui sont d'une qualité inférieure.
Les produçtions du pays sont la soie grége, la. garance , la gomme, la noix de galle et l'opium. Les importations sont, à ce ^u'ii paraU, le fer , l'étain, la quincaillerie, les denrées coloniales, Tindigo, les mousselines, les cotons filés et les toiles blancbes el imprimées. De Irès-belles étoffes pour manteaux de femmes el d'aulres d'une qualité plus commune pour yétemens d'bommes y seraient d'un prompi débit, pourvu qu'elles ne fussent pas cbères.
De chaque côté des bazars sont des rangs de petits réduits autour desquels les objets en Tente sont étalés d'une manière engageante ; sur .le devant de ces réduits, sont de petites plates-formes garnies de
tapia et de coussins pour servir de siège aa chaland.
Çc dernier ne s'esl pas plus tôt assis que le marchand commence à remplir une pipe qu'il offre à sa pratique, faisant signe en même temps au kavedji , qui est continuellement de service , d'apporter deux tasses de café. Vient ensuite un échange mutuel de complimens qui ne signifient rien, et n'ont pas grand hut. Ces préliminaires» qui sont de rigoeury une fois remplis y les parties commencent à parler de leur affaire» mais jamais auparavant. Les boutiquiers forment une classe d'bommcii bien mis» a^anl un air de santé et extrêmement polis avec les étrangers.
Quand le travail du jour est fini, ce qui a lieu généralement vers VÀir (trois heures après midi)» ils fermenl leurs boutiques et se retirent chez eux. Les bazars sont clos la nuit par des portes de fer, et il n'y reste que quelques gardiens pour prévenir les vols et donner l'alarme en cas d'incendie.
Non-seulement les rues de Damas ne sont pas éclairées le soir, mais encore toute circulation est en quelque sorte interdite à cette heure; car, à chaque bout de rue, il ^ a une barrière en bois qui la ferme, apparemment dans la vue d*empécber des moûvemens insurrecliunnels ; de sorle que, pour visiter un
PAMAS.
ami» fèl-C6 mém dans le ToiaiDage, on est obligé de
se faire accompagner d'une personne portant un falot et armée d'on bâtoo poar frapper aax difiérentes barrières par où l'on veut passer.
Outre les bazars» il existe plusieurs grands khans oo eanyanfléraiis » où les marchands en gros ont leurs comptoirs et leurs magasins. Il y en a un qui les surpasse tous : son entrée donne dans un des bazars voisins de la grande mosquée. Un superbe partique, terminé en ogive et décoré d'une grande quantité de sculptures, conduit à une spacieuse cour carrée, pavée de larges pierres plates bien polies et admirablement jointes ensemble; sur les quatre côtés» il y a des arcades pour les marchandises» au-dessus desquelles et dans toute leur longueur règne une galerie ouverte dont la partie extérieure est distribuée en bureaux ; le tout est couvert de dômes élevés. La maçonnerie est en pierres noires et blanches» réunion qui forme un des principaux traits de Tarchitticlure sarrazine dont cet édifice offre un admirable modèle.
Les mosquées de Damas sont à la fois nombreuses et superbes» et ne sont surpassées en magnificence que par celles de Conslantinople. Plusieurs d'entre
DAHAS
elles étiient aalrefois des églises chrétieones. La principale esl à peu près au centre de la ville. Célail anciennement la cathédrale : elle était dédiée à Saint Jean de Damas , et est regardée comme le plus bel édifice qu*ait produit le zélé des premiers ohré* tiens dans ce pays. Je ne me hasardai pas à péaétrer au-delà du porche : vue ainsi, elle parait avoir de grandes dimensions et produire un effet imposant ; -mais elle a été déjà minutieusement décrite par des voyageurs plus heureux que moi Elle a six cent cinquante pieds de long et cent cinquante de large, avec une belle cour de marbre ornée d'un bassin d'eau et de colonnes de granit d'ordre corinthien, soutenant deux rangs d*arcades, dont celles du haut sont de moitié plus élevées que celles du bas, et qui forment un double cloître. Pendant mon séjour è Damas, j'appris que quelques chrétiens, étrangers à la ville» avaient été punis de la bastonnade, pour s'être seulement arrêtés, comme j'avais fait moimême, pour regarder dans la cour.
Les cafés d'une ville d'Orient étant les lieux de réunion habituelle (ou pour mieux dire les seuls) de ses
* Vo3'cz i|4)pendicc, u»
habilans, figurent génénilemeDt parmi les édifices les plus remarquables. A Damas, ils sout Dombreux et élégans: la plupart soot bùtis dans le genre des kiosques, en bots peint de différentes couleurs, parmi lesquelles le Terl et le bleu dominent, et sont ouyerts sur les c6lés, excepté là où des piaules grimpantes s'élèveut le long des colonnes élancées qui sou* tiennent le loit. Du divan est dressé tout autour de l'intérieur, et, de distance en distance, on y place des coussins contre lesquels s'appuient les personnes qui s'y rendent. Mais leur extérieur pittoresque n'est pas plus digne de remarque que l'beureux choix de leur positicm. Us sont généralement silués au bord de quelque ruisseau d'où Ton aperçoit une jolie cascade, avec des vergers el des jardins sur la rive opposée; site bien choisi pour un peuple contemplatif et indolent comme le peuple turc ; l'oreille étant agréablement caressée par le murmure des eaux, tandis que roril repose avec délices sur un massif de feuillage nuancé de mille teintes différentes, au milieu desquelles on distingue celles du frêne, de Torme, du sjcomore el du saule dont on ne peut assez admirer la vigoureuse végétation dans ces heureux climats. Les ralraichissemeus que l'on sert dans ces élablisse-
mens consisteut eo différentes espèces de sorbelt, en café el en eaux glacées. La pipe dool on 8e serl à Damas est, à pea d'exceptions près, le 90x0^, espèce de nargileh, qui ne diffère de celui-ci que parce qu^elle est pins portative. Elle se compose d'une écale de noix de coco qui renferme l'eau, et à laquelle esl fixé un roseau droit» long d'environ dix-huit pouces, au-dessus duquel on met le tabac (<om6efcJ et le charbon allumé. Ce tube perpendiculaire est tenu par le fumeur, tandis que la famée, raffralchie par son passage dans Teau» est aspirée au moyen d'un tuyau semblable, qui va du globe à la bouché. Les tubes et le vase lui-même sont quelquefois en argent et richement sculptés.
Les jardins, ou plutôt les plantations closes, qui entourent la ville de tous les cétés et qui s'étendent à plusieurs milles dans la plaine, forment une ceinture verdoyante d'une richesse et d'une étendue qui se rencontrent rarement ailleurs. Dans la saison des fleurs, ces jardins doivent avoir un attrait tout particulier, car le pays est justement eélèbre pour la variété, l'abondance et l'excellence de ses fruits; l'arbre qui produit la prune de Damas tire son nom de la ville. Cependant, tout altrayans que ces fruits pa-
raîâsent à l'élnmger, il doit M garder d'en ûiire un
usage immodéré : ils ont été plus d'une fois funestes aux Eorofiéaiis, et particiilièreineat l'abricot et la mûre blanche. Tous les ans, on exporte à Constantlnople et aulrea parties du Levant de grandes qaaii«lilés de fruits secs qui sont la source d'un revenu considérable pour les habitans.
La ville moderne ne renferme pas un seul objet d*an1iqiiUé de quelque intérêt; mais on montre encore au YOjageur chrétien divers lieux que la tradition a conservés et .qui se rattachent à la résidence» dans le voisinage, de ce Sattl qui, par un zèle outré pour les observances de la loi de Moïse» s'était montré un féroce persécuteur de l'église naissante du Christ» jusqu'à ce qu'éclairé enfin par la révélation du Sei* gneur, il se réveilla d*nn songe de cruauté et d'erreur» devint le plus laborieux de ses apOlres» et celui qui eut le plus de succès. Dans une rue, qui court de Test à l'ouest» d'environ un mille de long et l'une des plus fréquentées de la ville» la mémo probablement qui est désignée (Actes des Apôtres ix» 11) sous le nom de «rue Droite» » est une petite grotte ou caveau contenant un autel chrétien et un lieu de prière pour les Turcs : on dit que c'était là la maison de Judas» où
Ananie orivrîl les yeux à Safil 4 son retour d'Arabie, à Saiil devenu le disciple du Cbrût, et sur le point de remplir les doToirs de sa cbarge apoatolîque.— (Gai. 1, 17.) A un quart de mille enviroo de la p<»le orieotide de la Tille» il y a nue place que l'on désigne comme ayant élé le lieu de la scène de sa miraculeuse coDTersIoD ; elle est marquée par des tertres de gravier et de terre , tombeaux de quelques dévols cbrétiens quiy sont enterrés. LeSS janvier de chaque année, en mémoire de cet événement, les cbrétiens de Damas se rendent processiounellement en cet endroit, sous la protection d'une garde que leur fournit le pacha; ils j lisent Thistoire de la converaîbn de l'apôtre. Non loin delà, on nMntre de même la partie de la muraille d*où Paul, ainsi que Tavail fait fiaab dans l'affaire des espions, se fit deecendre dans «ne corbeille pendant la nuit, afin d'éviter la persécution des Juifs qui Tattendaient A la porte pour le tuer, à cause de son changement de religion. (Actes, ix, 25.)
Une partie de la ville de Damas est fermée par un mur de peu d'élévation, et qui parait être de fraîche ■ date 9 quoiqu'on différons endroits il ait été évidea» ment construit avec les matériaux et sur les fondations d'un plus ancien. A peu près au centre de ia
dOk DAMAS.
▼nie est un enclos de construction semblable, et défendu de distance en distance par des tours, il sert de citadelle et est la résidence babitnelle du gouverneur de Damas.
La population totale de Damas est estimée à cent vingt ou cent cinquante mille ames, dont douze mille chrétiens de différentes sectes et' dénominations, deux ou trois mille juifs, et le reste mahométans. Ces derniers sont depuis long*tems renommés pour leur superstitieux attachement à l'islamisme, ainsi que pour leur haine et leur persécution contre toute autre religion. J*ens pour mon propre compte l'occasion peu désirable d'en ressentir les effets , même avant d*élre entré dans ses murs *.
Damas est regardé comme une ville de la plus haute antiquité; il en est dit mention pour la pre« mière fois dans la Genèse, xiv, 15. Joséphe lui donne pour fondateur l'arriére-petit-fils de Noé * nommé llz, dont le père Aram, fils de Sem, avait possédé la Syrie^qui en avait reçu le nom d'Aram. lls'ensuit que le nom de Es-Sham, qui est donné par les babitans é la province ainsi qu'à sacapitale, dérive, à ce qu'ils
* Tojes page 155.
supposent du nom du ûls de IVoé. Le nom hébreu de la ville éUil Damaiek on Deaiesk, nom qu'elle eoosenre encore aujourd'hui, et d'oâ dérive le Damascas des Grecs et des Latins. Elle était primitivement gouvernée par ses propres rois, maïs elle fut prise par David» et plas tard par Jéroboam, roi d'Israël; elle subit ensuite le joug des Assyriens, des Babyloniens, des Perses, des Grecs et des Romains. 11 parait que, du temps de Saint-Paul, elle était sous la domination d' Arétas, roi de TArabie Pétrce etbeau-père d'Hérode Aiitipas. Pendant quelque temps, sous la dynastie des Ommiades, Damas fui la capilale de l'empire sarrazio, oukalifat, dont les monarques avaient quitté Médina pour celle ville, dans le septième siècle, à peu près quarante ans après la mort de Mahomet. Ëlle est maintenant la capitale d'un pachalic de l'empire ottoman.
Cette ville a été plus heureuse que la plupart de
celles qui ont fleuri à la même époque; car, quoiqu'elle n*ait jamais atteint le degré d'élévation et
de célébrité de quelques-uues d'eutrc elles, elle n'est cependant jamais tombée aussi bas que les autres.
Gomme toules ces villes, elle a élé souvent prise et
plusieurs fois démolîe; mais elle a toujours reconquis D. SO
PAMAS
son importonce, à canae des avantages attaohéi à
SUD heureuse situation*; et ces avantages étant d*aoe nature pemaneote, tout annonce qu'elle continuera à jouir long-temps encore de cette prospérité.
* L'empereur Jalien avait donné à Hamas, eapilale de la CcBlé-Syrie, à came de rimportanea de sa poaiUon, le tamoas
d'OEil de l'Orient.