POPULATION
sait un sentiment de froideur et d'animosité qm dure
pendant des années. Les amusemens d'Âlep ne paraissent consister qu'en réunions dont la conTorsaiion fait lous les frais. Pendant le carnaval que j'y passai, on essaya de donner quelques bals et quelques concerts; mais malgré le grand plaisir que les habitans semblaient y prendre» ils me parurent, à moi
étranger, d'une monotonie insupportable.
La population d'Alep ne passe pas 8oixante*dix mille ames. Les habitans sont sobres et de mœurs régulières , ils ont la réputation d*étre doux et pacifiques excepté quand iU sont animés par des que* relies religieuses, une grande partie d'entre eux étant shérift, c'est-à-dire descendans réels ou prétendus du prophète. Pendant les trois mois que j'y passai, il n'y eut pas un seul exemple de tumulte populaire ; cette tranquillité leur était inconnue sous le despotisme remuant des janissaires.
L'habit européen se montre quelquefois dans les mes d'Alep, mais seulement chez les hommes. Toutes les femmes portent le costume syrien, avec quelque légère différence dans la forme du turban dont les plis sont raides, cousus fortement ensemble et couverts d'une grande profusion de perles et d'autres
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ornemens plos ou moios riches » •ni?anl le rang et
la condition de celle qui le porte.
La laogoe que parlent les habitaos est Tarabe vulgaire» mais leur manière de le prononcer se distingue par quelques particularités locales. Ce fut dans cette ville que Burekhardt étudia lorsqu'il se préparait à remplir sa mission dans Tintérieur de l'Afrique. Presque toute la classe élcTée apprend aussi le turc, qu'on parle presque exclusivement dans les pays au nord d*Alep. Les Européens ou Francs se servent communément dei*italien.
Les jardins d'Alep» qui se trouvent au sud-est de celle ville, quelque beaux qu'ils puissent paraître aux. jeux des habitans, n'offrent^ en réalité» rien de ce qui pourrait leur valoir cette qualification chez les Européens. Ce sont simplement des morceaux de terre cultivée» enclos de haies ou de murs de pierre peu élevés qui s'étendent sur les deux rives d*un petit ruisseau, auquel ils doivent toute leur fertilité. Ces dos sont plantés d'arbres fruitiers qui croissent sans ordre» entremêlés de quelques plantes légumineuses, mais rarement de fleurs. Ce sont des retraites agréables pendant les chaleurs du jour, ou, la nuit» pour entendre le cbaot plaintif du bulbul (rossignol);
CniBTliBBS.
mais j'épronyai un grand désappointement par Taspect qu'ils m'oiTrirenl à celte époque de Tannée et par 1 absence totale de goût dans leur distribution.
Sur quelques terrains élevés à l'est et au sud-est de la ville, où le sol est singulièrement pierreux et aride, se trouve une plantation assez considérable de pistachiers. La fi$tuk ou pistache se plall dans une terre sèche. Autrefois ce pays était renommé pour la culture de ces arbres, mais ils ont beaucoup diminué depuis quelques années.
A Touest et au sud-ouest de la ville, les pentes des collines qui bordent les deux rives du fleuve sont plantées de vignes, d'oliviers et de figuiers. Ces différentes plantations sont les seuls endroits agréables que Ton rencontre dans le voisinage immédiat d'Alep. Partout ailleurs, l'œil, dans quelque direction quMl se porte, ne rencontre que des plaines arides'et des montagnes stériles. Les cimetières euxmômes, qui entourent celte ville de tous côtés, sont privés des bosquets de cyprès et antres arbres funéraires, embellissement ordinaire de ceux des vHles d'Orient; et comme il n'est jamais permis de déplacer les restes d'un musulman, quel que soit le temps depuis lequel il est enterré , le nombre des pierres
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tumulaires 8*e8t prodigieusement augmenté et a fidt perdre un grand espace de terrain précieux.
A environ dix-huit milles au sud-est de la ville se trouve la yallée de sel» ou le lac salant, qui fournit aux besoins du pajrs à plusieurs milles à la ronde. La vallée, qui peut avoir cinq milles de long sur deux ou trois de large, est bordée en partie par une cbatne de montagnes basses et rocheuses, tandis que le surplus s'étend à perle de vue vers le désert. Les pluies qui tombent pendant l'hiver, jointes à la rivière de Hahab et aux petits torrens qui descendent par-ci par-là des montagnes environnantes, se réunissent aux sources qui jaillissent dans la vallée elle-même, pour former un lac peu profond mais trés-étendu, dont les eaux, en s'évaporant lentement en été» laissent à la surface, et séparée du sol, une croûte de sel cristallisé qui s'étend sur la vallée, et dont l'épaisseur varie d'un à deux pouces. On le recueille au mois d'août, on le met dans des sacs et on le porte au village voisin de Jiboul, où on le garde en magasin jusqu'à l'époque de la vente.
 environ six lieues au nord-est d'Âlep et au nord de la route, se trouve le couvent en ruines de Saint- Simon Stjlite qui, au sixième et au septième siècles, D. 23
YALLI^K D£ SEL
éUH Célèbre par les honnean qne Ton rendaU à ce saint, et par la grandeur et la magnificence de ses bâlimeiis* On montre encore aux pieux pèlerins quelques restes de la fameuse colonne sur laqueDe Saint- Simon Vécut pendant tant d'années. Un nombre considérable de villages en minei se tmnre dans cette direction.