‹ Voyage en PatagonieChapitre 1 sur 100 · PAKIS, 79, BOULEVARD S A 1 N T-GE R H AI N · texte numérisé non relu

PAKIS, 79, BOULEVARD S A 1 N T-GE R H AI N

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A IIENR Y DE LA VA ULX

JOTAIT-CE en 1S6Î ou en JS63? — L'histoire est si ancienne qu'il ne m'en souvient plus.

En ce temps-là^ quelque.^ jeunes hommes se rencontraient deux ou trois fois la semaine dans un petit rez-de-chaussée obscur et bas de la rue d'Amsterdam, C'était le bureau de rédaction de la Revue Française y revue de grand format comme la Bévue des Deux Mondes^ à couverture jaune comme la Bévue de Paris, mais d'une minceur aussi modeste que son tirage et sa notoriété. Un bruit courait^ que le Directeur, gros garçon blond^ blême et grave, qui fut depuis secrétaire général de je ne sais quelle préfecture^ laissait volontiers courir. On se chuchotait mystérieusement à Voreille que Monsieur le Duc de Broglie inspirait la revue. On laissait même entendre quil la commanditait. Je dois ajouter que tous tant que nous étions^ nous n'y écrivions que pour r honneur^ ou plutôt pour le plaisir de nous voir imprimés. C'est là. dans ce lieu san.s lumière^ que,

pour la première fois, f entendis le beau poète Armand Silve^tre réciter ses premiers Sonnets Païens, magnifiques et voluptueux. Jules Claretie y fit ses premières armes de plume. Quant à moi, je confesse y avoir publié quelques médiocres sonnets, mal venus et mal bâtis, à rimes incorrectement entrecroisées, dont Théophile Gautier, avec sa bonhomie gouailleuse, paternelle et magistrale, daigna me dire : « — Comment ! Si jeune, et tu fais déjà des sonnets libertjfns! » — Et c'est pourquoi je n'en fis et n'en ferai pi us jamais de tels.

Tout chemin, suivant le commun proverbe, mène à Rome; aussi ne vous étonnez pas, mon cher La Vaulx, que la rue d'Amsterdam nous serve de transition pour aller en Patagonie.

Or donc, en ce bureau de la Revue Française, à travers un nuage de fumée toujours plus épais et jamais dissipé, apparaissait par fois un homme olympien, fatal et barbu. Et cet homme était éloquent et bavard. Il nous contait maintes aventures extraordinaires à lui advenues, maintes merveilleuses prouesses par lui accomplies aux pays d'outre-mer, sur le versant des Andes, dont les sommets les plus abrupts, les précipices, les vallées et les plaines lui semblaient être familiers.

Et lorsqu* il parlait, en de méchants termes d'ailleurs, des Chiliens, ses ennemis, qui l'avaient détrôné, son front chenu se ridait, ses yeux Jetaient des éclairs, son nez se courbait en bec de condor, un rire mauvais crispait sa bouche et, hérissant ses moustaches, se prolongeait en ondes frémissantes tout le long de sa longue barbe noire. Mais je m'aperçois que f ai négligé de vous présenter, avec la pompe due, Sa Majesté Orllie- Antoine /•% roi d'Araucanie et de Patagonie !

On m'a affirmé depuis, qu'en son état civil, il se nommait tout uniment M, de Tounens ou Tonneins et qu'il avait été avoué à Périgueux. C'était un grand hâbleur et, à vrai dire, un gascon truffé. Quoi qu'il en soit, il nous étonna et nous divertit. Il nous caressd fort, Claretie et moi, et nous pria, en notre qualité d'étudiants en droit, de vouloir bien collaborer à la Constitution qu'il comptait octroyer à ses peuples^ aussitôt après son retour de l'île d'Elbe, qu'il jugeait prochain. D'ailleurs, il prodiguait les titres honorifiques et transformait royalement les constellations aus^ traies en crachats décoratifs. On l'accusa même d'en trafiquer. Je dois reconnaître qu'il nous créa tous Grands Officiers et quelques-uns Grand'-

Croix de la Croix du Siid^ gratuitement. Me sachant poète lyrique^ il me promit le gouvernement de la Terre de Feu qu'il devait conquérir. A Claretie qui^ n'écrivant quen prose., lui semblait plus sérieux., il offrit, avec les Sceaux Patagons., la présidence de Son Grand Conseil Araucan. J'acceptai naïvement. Plus subtil, Claretie prit prétexte de ses goûts casaniers et déclina tant d'honneurs^ se réservant pour des destinées moindres mais plus sûres. Cela dura quelques mois. Un jour ., le Boi ne vint pas. On ne le vit plus. Bref, je crois quil mourut sur la terre d'exil, c est-à-dire en France où il était né.

Ce Tartarin de Périgord était, paraît-il., un précurseur. Vous lavez vous-même constaté.

Orllie-Antoine eut le sentiment ou, pour dire mieux, le pressentiment de notre politique actuelle d'expansion coloniale. On le crut fou. Il n'était que hanté par une idée fixe, comme tous les hommes de génie, La Fortune le trahit, A la plupart des aventuriers, pour ne paraître point ridicules ou insensés, il ne manque souvent que d'avoir été heureux jusqu'au bout ; et le rêve de royauté Patagone de V ex-avoué de Périgueux n'est pas relativement plus extravagant que la

tentative d'empire Mexicain où fut alorsr même entraîné le clievaleresque et infortuné Maximilien de Habsbourg,

Aussi aventureux quOrllie-Antoine, vous avez été plus sensé» Les Normands, vos ancêtres, avec rinstincl conquérant et le sang impétueux qui pousse aux entreprises lointaines, vous ont légué la prudence avisée qui les conduit à bien. Aussi, navez-vous pas tenté de fonder un royaume.

Vous vous êtes contenté d'aller chercher du nouveau, au bout du monde. Vous y avez goûté des sensations fortes, des plaisirs singuliers; entre autres, celui d'être impunément sacrilège et quelque peu cannibale, Et vous l'avouez ingénument^ sans honte et sans remords, La passion ethnographique excuse tous les forfaits. En ce siècle de lucre, il est beau de n'être criminel que par amour de la science et par désir de gloire.

J'ai lu vo(re livre. Il se recommande autant par ses défauts que par ses qualités. Les uns comme les autres n'ont rien de vulgaire. Il est, à mon gré, trop concis, mais il est très vivant. Les tableaux que vous nous présentez ont du relief, un je ne sais quoi d'immédiat et d'instantané; mais ils défdent sous nos yeux avec la vélocité du

cinématographe. Je ne puis m'empêcher de regretter et vos lecteurs (que je vous souhaite innombrables) seront tous de mon sentiment^ que vous n'ayez développé davantage^ au risque de mener parfois la vérité jusqu'aux limites de la fiction^ certains épisodes de votre odyssée patagone, ainsi que Gabriel Ferry Va fait pour le Mexique, Gabriel Ferry ^ dont Gustave Aimard que vous daignez louer ne fut qu'un imitateur grossier^ ' n'est pas seulement un adroit conteur d'aventures. Nul na su plus artistement disposer de belles histoires amoureuses^ picaresques ou tragiques dans le cadre éclatant et sauvage des forêts^ des savanes et des déserts mexicains quil avait longuement battus de la corne de son mustang.

Vous aussi y tel que le prudent Ulysse^ vous avez vu des choses et des êtres étranges. Je demeure émerveillé à suivre sur la carte à l'aide des lignes de points noirs qui le marquent, le chemin que vous avez pa,rcouru durant les seize mois que se prolongea votre exploration. Du Rio Negro à la Terre de Feu^ que de solitudes traversées^ que de hauts plateaux arides, que de plaines à r infini y que de fleuves aux noms barbares^ franchis^ remontés ou descendus, que de lacs pullu-

lant de vie venimeuse et vénéneuse^ que de Cordillères escaladées derrière quelque Indien douteux ou stupide^ avec la troupe des chevaux fourbus que conduit tristement la jument marraine ! C'est le chariot qui se rompt ou s'enlize^ le fleuve débordé^ le guide qui s'égare^ les chevaux qui se débandent, la faim, la soif le pampero glacial soufflant en tempête^ l'imprévu^ les accidents^ les joies, les désespoirs du voyageur isolé qui a tout à redouter^ aussi bien des forces aveugles de la nature que de la bête et de V homme. Vous avez vu et pratiqué tour à tour l'émigré Européen, le Créole de race blanche, le Gaucho brutal et hardi, VAradcan trapu^ belliqueux, ivrogne et sournois, le beau Tehuèlche à la taille élancée et souple, d'âme naïve et généreuse. La lutte, le souci continuels, les hasards de la vie errante exaspèrent les personnalités. Votre livre abonde en figures originales. C'est votre écuyer fidèle, le Gaucho Juan Gonzales qui lace les perdrix au vol; cesl Namuncura, V héritier vaincu des vieux chefs Araucans, de Cacique devenu colonel Argentin, qui, assis devant sa hutte^ ■regarde la vaste terre et murmure pensivement: « — Jadis toute la pampa était à moi »; — c'est nhsaisissable Asencio, ce brigand solitaire

qui^ toujours invisible, vous escorte, dont les feux trompeurs s'allument chaque soir sur la sierra^ et qui ne se nourrit que des langues de chevaux qu'il vole et tue. Et Popper, qui s'intitulait aussi roi de Patagonie, battait monnaie avec l'or recueilli dans les alluvions, épouvantait Punta-Arenas de ses orgies et laissait couler tous ses millions dans un fleuve de gin, de tafia et d'eau ardente! J'en passe et de meilleurs et de pires.

Mais il ne faut pas non plus que j'oublie les bêtes. L'homme primitif en est encore proche, il vit au milieu d'elles, il en vit, et, comme elles, il est sauvage et vagabonda

Vous avez chassé, mangé, disséqué, empaillé, collectionné tous les animaux qui vivent sur ce versant des Andes : le guanaco, le cerf, le puma ou lion d'Amérique, le nandou que l'on nomme vulgairement la petite autruche, les divers tatous qui, sur la braise, cuits dans leur carapace, sont un mets succulent, le lièvre patagon qui n'est, à ce que vous assures, qu'un simple agouti, le renard et r aigle des pampas, toutes les variétés de canards, de sarcelles, d'outardes et de flamants qui peuplent les eaux, les scorpions qui rampent sur le sol, les insectes et les papillons qui volent dans l'air.

Et partout y vous avez passé, forçant obstacles et mauvais vouloirs, grâce à votre ténacité normande, à votre joyeuse humeur et à la vaillance de votre estomac. « // faut avoir le cœur solide pour assistera un festin indigène ». Vous Vaffwmez, et certes on n'en saurait douter après avoir lu les scènes vraiment effroyables que vous vous plaisez à décrire.

Le Cacique Araucan Saihuéqué vous reçoit. Il allume pour vous faire honneur des feux sur les montagnes. Ses femmes, le visage peint en rouge, vous accueillent. Elles portent à leurs manteaux des broches plus larges que des couvercles de casseroles et des étriers d'argent en guise de boucles d'oreilles. On égorge un mouton. Les intérieurs tout crus et fumants encore vous sont servis dans une écuelle graisseuse. L'hospitalier Cacique vous présente un morceau de choix, la fressure. Après une courte hésitation, votre conscience d'explorateur remporte sur vos dégoûts de civilisé. Vous avalez cette pâte saignante qu assaisonne un œuf d^ autruche fécondé, et votre hôte ravi vous déclare que vous êtes le premier homme pâle qui n'ait point boudé à sa viande. Dès lors, il vous tient en estime. Cette fête dure trois jours. Votre eau-de-vie coule

à flots. La tribu entière^ aux sons du ràli et dt ta iroutouka^ se tivre à des danses lubriques^ et tandis que te Cacique^ ivre-mort^ repose sous ta tente de peaux ^ vous^ soucieux de votre mission anthropotogique, vous mensurez ses femmes et ses fiites. Ettes ont te crâne petite ta gorge haute et ta chute des reins targement dévetoppée. Il est fâcheux qu'ettes se bornent^ pour tout soin de toitette^ à s^oindre te corps^ du sinciput à Vorteil^ avec de ta graisse de jument.

Plus toin, marchant vers te Sud^ vous parvenez au campement du grand chef Tehuelche Salcamata. En r absence du maître qui chasse dans tes vattéesde ta Cordittère^ sa première femme^ bette et forte Patagone^ vous offre sa tente. L'accueit est si gracieux que vous attendez non sans inquiétude te retour du chasseur. E)ifin^ le voici. Revêtu du manteau formé de treize peaux de guanacos mort'nés^ cousues ensemble et peintes à l'envers du poil, te Cacique ouvre l'audience par ces paroles cordiales : — « Que la Divinité favorise ton voyage. » — Il vous traite en Souverain voyageur et vous convie à un Trapumaï d'honneur , grande chasse aux guanacos et aux autruches.

Il en est fait un furieux massacre : soixante-

seize autruches et quatre-vingt-^nze lamas ou guanacoSy sans compter d* innombrables autres bestioles. On déjeune sur place^ sur le pouce y avec les poumons^ les cœurs^ les foies cruSy tout chauds. Les carcasses servent de plats.

Sakamata vous aime. Vous l'avez conquis^ fort immoralement d'ailleurs y par r eau-de-vie. Sa femme aussi vous aime. Votre peau rose et blanche a charmé la Peau-Bouge. Dès l'aube^ elle vous vient éveiller en vous apportant une tasse de maté parfumé. Un jour y vous lui faites un petit présent de sucre. Elle vous remercie, frotte câlinement sa Joue contre votre Joue et s'étonne que vous ne V embrassiez pas. Vous affir» mez vous en être tenu avec votre hôtesse Patagone aux menus Jeux de la petite... autruche. Je veux bien vous croire sur parole^ mais vous avez fait preuve, dans les festins indigènes^ d'un tel estomac, qu'il serait peut-être permis de vous soupçonner de n'avoir pas manifesté, dans les choses de cœur, un moins intrépide courage.

Sur le rio Senguer, chez Mangèkéké — ces Caciques ont vraiment des noms de gens habitués à coucher en plein air — vous assistez au Huecoun-Rouka. Le Chef donne cette fête pour celé-

brer la puberté de F une de ses filles^ qu'il avança, dites-vous, afin de faire coïncider la solennité avec votre séjour sous ses tentes. Le Huecoun- Rouka est une cérémonie religieuse, avec invocalions au Soleil, chants et danses sacrés^ qui s'achève, suivant Vusage, en une ivresse générale et par une prodigieuse boucherie de juments et de vaches. La plaine est jonchée de viandes, de membres épars, de têtes et de viscères amoncelés.

Ce Mangékéké est, semble-t-il, d'un naturel exubérant^ d'une familiarité que j'oserais qualifier d'importune. Au festin de gala, il se couche sur vous, se renverse en arrière jusqu'à mettre ses pieds sous vos narines offensées, et s'obstine à vous offrir la côtelette saignante dans laquelle il vient de mordre. C'est un ivrogne fieffé. Vos moyens d'action, ici comme ailleurs, sont les mêmes. Vous enivrez le Cacique, vous fascinez ses femmes, afin qu'on vous laisse libre de courir à votre aise le pays, en quête d'anciens cimetières et de sépultures fraîches. L'anthropologie fut, à vrai dire, votre unique passion. Elle vous tient, vous obsède, vous possède et vous pousse aux actes les plus répréhensibles. Vous profanez la terre des morts, vous violez leurs tombeaux, sans

scrupule aucun, à la terreur des Indiens qui vous tiennent pour sorcier et quelque peu vampire.

— « Moi qui n'en suis plus à un sacrilège près »

— dites-vous cyniquement après avoir déterré le fils. de Lipitchoun enseveli avec sa pipe, une botte d'allumettes et du tabac ; et vous contez de façon fort plaisante la visite que vous fit un sien cousin attristé du sort réservé à ses restes et que vous renvoyâtes satisfait des consolations spiritueuses que vous lui aviez prodiguées. — « Mes collections ont augmenté considérablement », ajoutez-vous. Vous veniez en effet de les enrichir d'un petit enfant couché dans son berceau, pièce rare. Mais de toutes vos trouvailles, la plus belle, la plus abominable et la plus heureuse fut celle du géant Patagon.

Ses parents, désolés de sa mort récente, avaient inconsidérément vanté devant vous la force et la taille extraordinaires de cet homme exception^ nel. Vous vous faites aussitôt indiquer sa tombe. Aidé d'un indigène tenté par l'attrait des liqueurs fortes, vous déblayez le sol, vous fouillez la terre, vous découvrez le linceul, un cuir de cheval bariolé, vous l'arrachez, vous vous efforcez de tirer hors de la fosse le corps putréfié. La puanteur

est telle que V Indien épouvanté s'enfuit. Ne pouvant à vous seul transporter ce cadavre gigantesque^ avec un méchant couteau, vous le taillez, vous le désarticulez, vous le disséquez. Des lambeaux de chair adhéraient encore aux os. Il fallut le feUy Feau et la marmite de campement pour en venir à bout. Je cite textuellement : — € Comme la marmite était bien petite, je ne puis faire cuire qu'un morceau à la fois. » — Enfin^ vous fîtes bouillir la tête...

Aujourd'hui y suivant le mot du poète des Fleurs du Mal, vous jouissez en paix, mon cher La Vaulx, du fruit de tant de crimes. Votre mission fut à la fois fructueuse pour la science et glorieuse pour vous. Une des belles salles du Muséum abrite vos collections zoologiques, entomologiques,paléontologiques et anthropologiques. Des cartes, des photographies, des milliers d'instruments de pierre et de silex^ plus de cent crânes d'indigènes, préhistoriques ou modernes, les complètent et les expliquent. Là, au centre de la grande vitrine, dépassant de tout ce qui fut sa tête ses neuf compagnons d'exil, se dresse, haut de deux mètres, le squelette du pauvre géant

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Patagon^ impitoyablement arraché à la terre qui l'avait vu naître^ vivre et mourir et où son corps et son esprit sauvages auraient dû trouver ^ auprès des ancêtres^ le repos éternel dont vous l'avez privé.

Reverrez-vous cette terre de Patagonie que vous avez si bien vue que vous nous la faites voir? Qui le sait ? Mais si vous y retournez jamais, ce ne sera point par les voies ordinaires que vous avez autrefois suivies. Vos ambitions nouvelles d'explorateur sont plus hautes. La vapeur, Vélectriciié même ne vous suffisent plus, car la science a dépassé la chimère.

U irréel se réalise. Aujourd'hui, rêver c'est déjà vouloir, c'est presque pouvoir. Et vous rêvez d'utiliser l'Air, la plus insaisissable des forces de la Nature, et, de toutes, la plus irrésistible : le Vent! Quelque soir, un grand souffle du Nord vous emportera suspendu aux flancs d'un sphéroïde énorme ou caché sous la cape d^un monstrueux cigare ailé. Les mers, les continents fileront sous vos pieds, vertigineusement. Vous passerez les Andes y parmi la neige et les nuées, plus haut que les condors ; vous descendrez vers le Sud; vous franchirez le détroit fameux qui relie

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