‹ Voyage en PatagonieChapitre 100 sur 100 · RETOUR EN FRANCE · texte numérisé non relu

RETOUR EN FRANCE

meorois-je transporté dans quelque pays enchanté.

Je passe là trois journées délicieuses au milieu de gens qui me traitent avec toutes sortes d'égards. Je leur laisse en garde mes collections et je me dirige sur Gallegos pour y rejoindre le Villarino qui doit me ramener à Buenos-Ayres.

Le 19 Mai, nous levions Tancre et nous voguions vers la Terre de Feu, pour de là revenir à la capitale de la République Argentine.

Mon voyage avait duré seize mois ; j'avais parcouru en tous sens Tun des pays les plus curieux et les moins connus du monde. Je revenais enchanté des résultats de ma mission. J'avais accompli à cheval un trajet de cinq mille kilomètres et je rapportais des documents inédits sur ces races de TAmérique Australe, race^ qui tendent à disparaître du globe sous la poussée civilisatrice et barbare de l'alcool.

Je souhaite que d'autres aillent visiter cette région lointaine. Ils y trouveront des ressources sans nombre et y feront de curieuses découvertes.

Je sais, maintenant, que la Patagonie n'est pas ce pays aride au climat desséchant que les dictionnaires de géographie prétendent inhabitable. On peut la comparer à la plus fertile de nos colonies, et je suis certain qu'elle réserve d'agréables

surprises à ceux (jui ne craindront pas d'aller rexplorer à leur tour. Il y a là une vraie mine à exploiter tant au point de vue agricole qu'au point de vue industriel. Le climat tonifiant qui règne dans ces contrées convient particulièrement à nos races de TEurope septentrionale et le jour n'est peut-être pas très éloigné où ces immenses territoires, aujourd'hui déserts et incultes, seront une source de richesses prodigieuses pour le gouvernement qui aura sa y implanter son autorité, et y déverser un torrent migratoire.

Je crois avoir dans cet ouvrage suffisamment indiqué les points où pourrait se porter l'activité des colons et je pense avoir donné un aperçu véridique des mœurs et coutumes des habitants des terres australes. Si par les renseignements que l'on vient de lire j'ai pu quelquefois intéresser ou instruire j'en serai heureux et ne regretterai point ^Ji; les dures étapes qu'il m'a fallu parcourir. Mon but était d'être utile. Puissé-je l'avoir atteint!

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