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PRÉPARATION DU FESTIN

Il y a quelques années, les gauchos argentins eux-mêmes ne portaient que cette chaussure, qui faisait le désespoir des cordonniers de Buenos- Aires.

La fête continue, — on appelle cela une fête ! — n'est-ce pas plutôt une boucherie?

Dès que les animaux sont dépecés, on les coupe par quartiers. Des broches peu compliquées sont plantées en terre et bientôt c'est dans la pampa une immense rôtisserie.

Saïhuéqué, que je n'ai pas vu depuis quelques instants, vient me rejoindre. Ce diable d'homme adore ma société. C'est flatteur, mais c'est aussi quelquefois très ennuyeux.

Il me prend par le bras et me raconte des histoires ridicules. Je l'observe bien pour voir s'il ne se moque pas de moi, mais il est très sérieux.

— Dans certaines kamaroukos, me dit-il, d'un air grave, un taureau sauvage est lassé par les jambes de devant, et par celles de derrière. Le corps de l'animal est alors maintenu par huit hommes à cheval. Au moment des offrandes, on arrose la bête de lait, d'alcool ; on la saupoudre de yerba et de farine. Le taureau doit alors demander lui-même à Geunetchen * de lui faire la grâce de ne jamais

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