‹ Voyage en PatagonieChapitre 56 sur 100 · RETOUR DE JUAN · texte numérisé non relu

RETOUR DE JUAN

grande quantité de maras, le lièvre de Patagonie. Ces animaux ont une façon bizarre de courir.

Leurs pattes de devant sont courtes et ils avan cent en sautant comme le kangourou.

Je reste une couple de jours dans cette vallée. Je vais avec Garcia fouiller un ichenque * situé de Tautre côté du rio Teca. Tout en marchant, je songe à mon pauvre Juan Gonzalès. Bonifacio a prétendu qu'il ne reviendrait pas. Je ne sais pourquoi j'ai le pressentiment du contraire.

Après avoir fouillé le tombeau indien, je reviens avec Garcia à mon campement, quand, de loin j'aperçois un homme qui, précédé de quelques chevaux, se dirige vers nous.

C'est Gonzalès, mon guide fidèle; je le reconnais à sa silhouette; j'accélère le pas de ma monture pour lui donner une bonne poignée de main, puis je l'emmène sous ma tente. Juan est maintenant guéri et semble tout heureux de pouvoir continuer l'expédition avec moi. Il vient de franchir seul, avec une rare énergie, une distance de mille kilomètres dans une contrée en partie aride et sans route. Il n'avait même pas de boussole et il a dû, pour se diriger, suivre mes traces de campement en campement.

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