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UNE GRANDE CHASSE INDIENNE

collines que Galchalpera m*a indiquées l'autre jour. Me voilà sau^é ! Je me lève et, sautant sur mon cheval, je le pousse au galop vers ce point. Je suis enfin dans ma route. Quelques heures après, j'arrive chez le vieux métis. Mon cheval est fourhu et j*ai une faim de loup. Cette petite aventure me rendra à l'avenir plus prudent.

25 Février. — Galchalpera a tenu sa promesse et organisé la grande chasse dont il m'avait parlé. Je retrouve là mon vieil ami Mangekéké et les indigènes de Ghoiquenilahué. De tous côtés on ne voit que des chiens hlancs, noirs et roux.

Galchalpera me prête un cheval — car le mien est hors de service — et, escorté de mes deux fidèles lévriers Lindo et Brasilera, je prends la tète du détachement. Je me figure être un Peau- Rouge et, les boleadoras en mains, je dois en avoir l'aspect avec mes cheveux longs, mon foulard noué autour de la tète et mon chiripan. La troupe est nombreuse; nous sommes environ une quarantaine. Nous partons chacun dans une direction différente et au bout de plusieurs kilomètres, nous convergeons tous vers un point central, poussant devant nous des bandes de lamas et d'autruches. Peu à peu, le cercle se rétrécit

et le gibier se trouve ainsi retenu prisonnier.

Plus de cent autruches et autant de lamas se débattent dans un espace d'environ trois cents mètres. A un signal donné par Galchalpera, les Indiens, excitant les chiens de la voix, se lancent sur leur proie. Les malheureuses autruches, dans leur émoi, se jettent sur les lamas qui les culbutent. C'est une vraie cohue de gibier, au milieu de laquelle il n'y a qu'à frapper. Les boleadoras sifflent et s'abattent avec un bruit mat sur les têtea, les flancs ou les croupes des bêtes. Les chiens rivalisent avec leurs maîtres de férocité et de sauvagerie terrible, et bientôt c'est une hécatombe. Le sol est rouge de sang.

Quand le massacre est terminé, les Indiens mettent pied à terre et dépècent leurs victimes avec une habileté et une prestesse que leur envieraient les bouchers européens. En un tour de main, ils enlèvent la peau des guanacos, vident les autruches encore pantelantes, puis ils attachent à leurs selles ces sanglantes dépouilles. Avant de regagner le campement, on sert une petite collation qui ne manque pas d'originalité.

Les Peaux-Rouges brisent les os de leurs victimes, en enlèvent la moelle et l'avalent gloutonnement. Ceci n'est qu'une entrée. Quelques secon-

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