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REPAS APRÈS LA CHASSE

des après, ils mélangent des poumons, des cœurs, des foies encore chauds, les coupent en morceaux et après les avoir saupoudrés de sel, en un clin d'œil les absorbent ; les carcasses encore fumantes servent de plats. C'est écœurant. On se croirait à un repas d'anthropophages.

Après cet hallali. d'un nouveau genre, on fait la sieste ; la chasse ne reprendra que vers le' soir, car la chaleur est terrible et les chiens ont besoin de repos ; nous avons encore deux chasses en perspective et deux collations dans le genre de celle que je viens de décrire.

26 Février. — Le total des trois chasses a donné le respectable tableau suivant : soixante-seize autruches et quatre-vingt-onze lamas ou guana-

cos.

Dans l'après-midi, je reprends le chemin de Ghoiquenilahué et mes chiens, très excités par leurs précédents exploits cynégétiques, poursuivent toutes les bètes qu'ils aperçoivent. Ne trouvant plus ni lamas, ni autruches, ils se rabattent sur les renards, très nombreux dans la région que nous traversons.

J'ai beau appeler Lindo et Brasilera. Aussitôt qu'ils aperçoivent un animal quelconque, ils lui

doûDent la chasse et en deux secondes ont rejoint leur proie.

Voici qu'un renard affolé sous la poursuite de mes chiens se jette dans Tarroyo; Brasilera et Lindo le suivent. Ils entourent la hête qui tout en nageant se défend avec rage et envoie de terribles coups de mâchoire à droite et à gauche. Mais bientôt elle est saisie à la gorg^ par Brasilera, étranglée et ramenée triomphalement sur la berge par mes deux lévriers. Je me trouve vite en possession de six renards que j 'abandonne aux oiseaux de la Pampa .

Je rentre à Ghoiquenilahué, où je passe encore quelques jours et où je mets à profit mes loisirs pour compléter mes recherches ethnographiques.

Un après-midi j'étais tranquillement assis sur le seuil de ma tente quand un vieil Indien se présenta devant moi.

« Tiens, dis-je, après l'avoir examiné, je te reconnais.

— Oui, je t'ai déjà vu aussi, me dit-il d'un air timide. C'était, si je m'en souviens, à la fête du Huecoun-Rouka.

— En effet, et je me rappelle même que tu as voulu me gratifier d'un coup de couteau.

— J'étais ivre; pardonne-moi, frère, je ne savais ce que je faisais. »

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