PLAN DE L’OUVRAGE
Les travaux de la carte de l’ile de Sardaigne que j’ai entrepris il y a plusieurs années ayant duré bien plus long-temps que je ne l’avais d’abord pensé, à cause de plusieurs circonstances indépendantes de, ma volonté, et par suite du désir que j’ai toujours eu de donner à cette carte toute la perfection possible, j’ai «■ dû retarder jusqu’à l’époque actuelle la publication de la suite de mon Voyage en Sardaigne , dont le premier volume parut en 1 826.
Au moment de remplir cet engagement, j’ai pensé que le laps de temps qui s’est écoulé depuis l’apparition de celte premièi'e partie est trop grand pour que des publications nouvelles puissent convenablement lui être rattachées. Cet inconvénient m’a paru d’autant plus grave que le volume en question traite dé la statistique d’un pays qui a éprouvé beaucoup de changements dans ces treize années , et qui se trouve , quoi qu’on en puisse dire, dans une voie de progrès incontestable.
Ces motifs m’ont engagé à m’occuper d’abord d’une réimpression du premier volume, en attendant que le travail matériel de la gravure d’un grand
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nombre de planches qui doivent accompagner les volumes suivants puisse leur permetlre de voir le jour. Des motiis que j’ai lieu de croire raisonnables m’ayant engagé à renoncer à la publication d’un volume spécialement consacré à la partie zoologiquc de ce voyage (1), cette suppression, faite uniquement dans L’intérêt de la science, sera compensée par la publication d’un volume itinéraire dont il sera fait mention ci-dessous.
Le Voyagé en Sardaigne se composera : d’un
volume de statistique proprement dite, formant la première partie. Ce volume 06t accompagné d’un atlas, grand in-4° oblong. *
2°. D’un volume intitulé Antiquités , formant la seconde partie : il sera orné de plusieurs figures insérées dans le texte, et accompagné d’un atlas de plus de trente planches à l’eau-forte, du même format que celui qui est joint au premier volume.
3°. D’un volume intitulé Géologie, formant la troisième partie. 11 aura aussi un allas composé de cartes, de coupes et de plans faits avec soin; La description géologique qui forme le sujet de ce livre sera appuyée sur une triple collection très nombreuse de roches de la Sardaigne, qu’on pourra consulter au Jardin du Roi à Paris, et aux musées royaux de Turin et de Cagliari.
( i) Ks>y& ci- a près , page iSi
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4V D’un volume intitulé Itinéraire y tonnant la quatrième partie du voyage. Ce volume est spécialement destiné à l’usage du voyageur; il indiquera toutes les productions naturelles et les choses remarquables de chaque localité, sans entrer pourtant en de grands détails sur les objets qui sont traités d’une manière spéciale dans les deux volumes antécédents , et auxquels on renverra le lecteur studieux qui désirera avoir des descriptions détaillées en fait d’antiquités ou de géologie-
Cètte quatrième partie ne sera pas accompagnée d’un atlas, mais elle sera enrichie de plusieurs gravures sur bois représentant des objets' variés qui n’ont pu trouver placé dans les publications antécédentes; jîlle paraîtra conjointement à la grande carte de l’ile, qui est en ce moment entre les mains d’habiles graveurs. Toutes ces parties , formant dans leur ensem-
ble le Voyage en Sardaigne , resteront indépendantes l’une de l’autre, et pourront être livrées séparément : leur publication s'effectuera dans l’ordre observé ci-dessus, elle aura lieu aussi promptement que les devoirs de mon état et le travail de la gravure le permettront: *
Dans la réimpression de cette première partie, j’ai eu soin d’insérer dans le texte les tableaux statistiques qui se trouvent daus l’atlas de la première édition ; ayant ainsi rendu l’allas et le texte de celle-ci plus indépendants l’un de l’autre , leur acquisition
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pourra se faire séparément à l’avantage du public ; on pourra également choisir à son gré des atlas coloriés et des atlas non coloriés , dont la différence dans les prix est assez considérable , par suite des frais de coloriage.
Cet atlas se compose de deux cartes géographiques faites arec beaucoup de soin , et de dix ptanohes de costumes mis en scène, gravées à Y acqua-tinta ; trois d’entre elles sont inédites; une quatrième, déjà publiée dans la première édition , offre des changements et des augmentations considérables. Tous les dessins de çes planches ont été confiés , avant la gravure, au pinceau d’un artiste distingué de Turin; enfin, je n’ai rien jiégligé pour que ce travail, conduit en mon absence pendant que je vaquais en Sardaigne à mes opérations géodésiques , se ressentit le moins possible de cette circonstance fâcheuse.
Quoi qu’il en soit, j’ose me flatter que ces planches à l’acqua-tinta seront bien supérieures aux lithngraphies enluminées de l’atlas de nia première édition , xjui , par suite du mauvais choix de mon ancien éditeur dans les moyens de leur exécution, me valurent des anathèmes réitérés de la part d’un voyageur moderne, peut-être un peu trop sévère à mon égard (1).
(i) Valéry. V ’oyages en Corse , à l'i'le d'Elbe et en Sardaigne, tome Iï, i83/.
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Certes, je n’af pas la prétention d’empêcher un homme qui se croit compétent en matière d’art, et qui a décidé sur bien des chefs-d'œuvre de l’Italie en ce genrç , de trouver affreuses ces mêmes ligures de mon ancien atlas , qui firent mon tourment lors de leur publication } mais je me crois en droit de repousser avec une juste fierté l’imputation que ce même voyageur me fait à' avoir choisi le côté laid du pays et des habitants. J’ose me flatter que la lecture impartiale de mon texte et l’examen de mon atlas feront justice de cette inculpation, dont l’origine m’est bien connue, et qui, je n’en doiite pas, n’a été que répétée par M. Valéry, comme elle Favaitdéjà été dans le pays par d’autres personnes.
Au l'este , je n’entends pas me défendre de l’autre reproche que me fait le même auteur, de n’étre ni artiste, ni poète. Comme j’attache bien plus de prix à la précision consciencieuse qu’à l’cfFet, j’ai exécuté autant que la chose m’â été possible, par des moyens mécaniques, tels que ceux de la caméra lucida et du (lia graphe (1), les dessins de toutes les planches qui représentent des monuments; j’aurais par conséquent bien tort de prétendre au titre d’artiste. Quant à celui de poète, j’y tiens encore moins, et je dois d’ailleurs avouer qu’entre nos deux Voyages en Sardaigne , ce n’est pas dans le mien qu’on pourra
(i) Malheureusement la belle découverte de M. Daguerre n’était pas connue.