‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 109 sur 193 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Administration religieuse.

ikiigian. Là religion, catholique , apostolique et romaine, est, • tomme sous le gouvernement espagnol , la seule permise en Sardaigne. Si l’on en croit certains auteurs , elle y fut prêchée par les apôtres* Cette opinion a été révoquée ert doute par le savant Mattel ; dans sa Sardinia sacra (1 J. s.isu. Quoi qu’il en soit, la Sardaigne se glorifie d’avoir donné naissance ou offert un asile à plusieurs saints personnages : parmi ceux qu’on révère eofnme y ayant souf» fert le martyre à diverses époques notamment sous Dio- ' \ , clétien , je nommerai les saints Gavinus, Ephysius , Antiochus ,' Luxorius, Simplicius, Saturninus. Ponltanus (2), Protus, Januarius, et les saintes. Restituta et Justa , etc. Quant à ceux de temps plus modernes, je citerai,: £usèbe, évêque de Verceil , et Lucifer , évêque de Cagliari , tous deux Sardes et contemporains. Les personnes qui connaissent les vicissitudes de l’église à l’époque .du schisme des ariens n’ignorenteertainement pas ce quiconcerné cesdeux évêques : unis entre eux par les liens de l'amitié, par une

4 (i) Mattæi, Sardinia sacra. Romæ, 1761, ch. 3, p. 4<>. Cet

ouvrage est très estimé. •• ,■ ‘ ' •

(a) Les historiens ne sont pas. d’accord sur la petite île «Jépcndapte de la Sardaigne dans laquelle fut relégué ce saint pontife: La tradition du pays désigne l’Ue de Molara vers la côte orientale, dite aufsi dans ces contrées Isolai <li Sahai :

Dfcjitizecf by .Coo^l

qup. yl. — saints. ' V *319

égale .ardeur à combattre les hérétiques, et parles persécutions qui leur. furent communes » ils finirent par se brouiller; c’est pourquoi la sainteté de Lucifer est vive- . .

tuent contestée par plusieurs auteurs •> cependant il est révéré dans la capitale de l’île, où existe une église très / ancienne bâtie en son honneur.

La' Sardaigne se vante également d’avoir donné nais- p»p« «iUm. sauce à deux papes : saint Hilaire , qui vécut ep 467 , et , • encouragea l’instruction du clergé, et saint Symmaque , , . élu on 498 . Enfin ; un grand nombre de prélats de cette île ‘ se sont distingués aux différents synodes et conciles , et particulièrement à celui de Trente. * 1

Quant aux événements relatifs à la religion chrétienne, Riritùm ™ la Sardaigné ij’offre de remarquable que la conversion d'ifdspiton et de ses Barbaricini à la foi catholique , qui eut lieu sous le pontificat de saint Grégoire , et l’enlèvement du corps de saint Augustin par les Sarrasins.

Les évijcliés furoht autrefois plus nombreux qu’ils ne le AnciepiAMM*.

sont aujourd hui , car on çn comptait vingt-trois ej trois archevêchés j ceux-ci existent encore , et les évéchés sont

au nombre de huit. (Vofez le tableau cb-après.)

. Indépendamment des titres, soit ecclésiastiques, soit Tina féodaux, provenant des abbayes, baronnies et aufros, qui |U ’' appartiennent k leurs diocèses , les archevêques et évêques de Sardaigne ont celui de conseillers du roi , de chefs de la junte dioeésaine, des monts de secqùrs et des congre- • galions des hospices de charité. Ceux de chanceliers de rfiniversibbef de gonfaloniers dç l’église romaine n'appartiennent qu’aux arclievéques de Cagiiari et de Sassari..

Ces deux prélats prennent 'également le titre de primat ^ Primant de Çorse et de Sardaigne , et l’archevêque tTOristâno y a daigoc. ahssi des prétentions. Ce titre excita jadis de vives querelles entre les deux premiers.; la contestation , portée à la • cour de Rome ,'fut décidée en faveur de l’archevêque de

320 IJVKR (V. — ADMINISTRATION.

Cagliari , si l’on en croit ses partisans, et selon les autres

elle resta indécise. Chacnn d’eux se qualifie de primat sans en'exerccr les fonctions. . v

Si jamais il prcpd envié 4 ces prélats de .renouveler la * discussion , ils devront prendre garde que l’archevêque de Pise n’en soit informé , car alors il pourrait bien les mettre d’accord en revendiquant pour lui un titre auquel il paraît avoir des droits mieux fondés. C’est l’opinion des personnes les plus instruites en matières ecclésiastiques : la' primatie fut accordée aux archevêques de Pjse ,«n 1132, par Innocent Q; elle leur fut confirmée en 1155, par Adrien , et surtout en 1198, par Innocent III'. Ils la conservèrent sans çontestatiôn jusqu’en 1241, époque à laquelle les Pisans, ayant fait prisonniers sur mer plusieurs prélats, se brouillèrent avec }a cour de Rome. L’archevêque de Cagliari est encore de droit première 1 veix du stameuto ecclésiastique. . - r

Le roi de Sardaigne., ayant succédé anx rois d’Espagne dans les privilèges apostoliques , est protecteur né de toutes les églises cathédrales ded’île, et, en cette qualité,

• »il a le droit de nommer aux sièges vacants et do proposer les. sujets au pape. Mais , d’après (es statuts du royaume , confirmés en 1795 par Araédée III, il doit le faire sur une liste de candidats que l’on appelle la rosa , et qui est présentée par l audience-royale. *

cbipitm.' Les chapitres sont au nombre de onze. Le plus'considérable est le .chapitre de Cagliari. Les chanoines ont; non seulement le privilège de la cappa magna , qui leur a été accordé depuis long-temps , maris encore celui du protono- , .. tariat apostolique. , dont ils sont redevables aux bons offices dli roi défunt. .

Nomination

nu éiécW».

Page 1