CHAPITRE VIL
Instruction.
Sons un prince éclairé , secondé par un ministre digne Progrè.. de lui (1), les progrès des Sardes dans les sciences et les lettres prouvent incontestablement que cette nation , défavorablement jugée par les Espagnols, intéressés à la déprécier, n’est pas, comme on l’a dit , incapable de s’illustrer. Mais il faut avouer, d’un autre côté , que ces progrès, si beaux et si rapides , ayant devancé la marche des autres améliorations , devaient être regardés comme des fruits prématurés.
.C’est ce que l’expérience a démontré : à peine la main souveraine , et pour ainsi dire magique , qui avait glorieusement élevé et soutenu ce fanal au milieu des ténèbres , disparupelle , que ce foyer, privé de soins et d'aliments étrangers , ne lança plus que de bien faibles lumières , et parut même s’éteindre tout-â-fait.
La jeunesse sarde , pauvre et sans appui , négligea dès Marche rfuolors l’étude des lettres et des sciences mathématiques pour ne s’occuper exclusivement que de la théologie, de la jurisprudence et de la médecine, qui seules pouvaient lui .procurer en peu de temps des moyens d’existence.
Les sciences de la théologie et du droit romain, ne pouvant agrandir leur domaine , se sont soutenues et ne se sont nullement ressenties de l’état d’isolement dans lequel l’île se trouva pendant long-temps; mais il n’en a pas été
(i) f'nyez ce qui a été dit pages 73 et 81 .
Marche
progrcaiive.
Uni vernies.
ainsi de la médecine : étrangers aux progrès rapides que cette science a faits sur le continent depuis une quarantaine d’années, les Sardes restèrent en arrière , et semblent meme avoir rétrogradé.
Enfin, une époque plus favorable a commencé, de nouvelles communications se sont établies avec le continent , et des ressources plus nombreuses ouvrent une carrière plus vaste à la jeunesse sarde.
On compto dans l’îlc deux universités, qui sont indépendantes l'une de l’autre ; elles sont établies dans les villes dfe Cagliari et de Sassari. Leur organisation n’a éprouvé depuis quelques années que de légers changements. On verra par les tableaux annexés ci-après qu’elles ne diffèrent pas essentiellement entre elles.
Les doux universités sont formées d’un corps dirigeant, dit magistrato , et du. corps enseignant. Le magistrato de Cagliari se compose de l’archevêque, qui en est le chef, avec titre de chancelier de l’université ; du régent de la R. chancellerie, de l'intendant général des finances, du syndic de première classe, de quatre membres adjoints, qui composent en outre la commission R. des études ; des préfets des cinq facultés , d’un censeur, d’un assesseur, d’un secrétaire et d’un assistant à la secrétairerie. Le magistrato de Sassari est présidé par son archevêque; il se compose du régent de la Ii. governazione , du vice-in ten-, dant général , du syndic de la ville , des préfets des cinq facultés, d’un censeur, d’un assesseur et d’un secrétaire.