‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 126 sur 193 · CU AP. IX. *- -MLLICES. V · texte numérisé non relu

CU AP. IX. *- -MLLICES. V

Le capitaine général est chargé de veilieC àTexécution * * ' dû servie» des miliciens; il reçoit directement je» ordres du vice-roi, avec lequel H correspond ; il est nommé par le Toi, ainsique l’inspecteur générai , les adjudants gé-. oéraux et les commandants des bataillons; les autres officiers sont nommés par le vice-roi. La ntfmination dés sous-officiers et soldats appartient au capitaine général-, mais la proposition en est faite par le commandant du batailloii,aVec l’intervenliôn de l’autorité judiçiaire locale çt du syndic : cette proposition est/ransmise au cîipitaine général par l’intermédiaire hiérarchique de l’adjudant < général du cap respectif et de l’inqiectenr générât.

Le choix des» miliciens doit/ tomber sur dés personnes cw. dont les bonnes qualités résultent des pièces délivrées paf l’autorité de la commune. •• •-. '•• .

Toils les sdjets Sardes dans l’île ayant attoint leur . . vingtième, année sont tenus de prêter leur .service dans . les milices de quelque grade et de quelque Condition c. *• qu’ils soiqnt : il y- a exception pour les sexagénaires, pour ceux qui ont éu des grades universitaires; les -étudiants * des universités, les chirurgiens-fratérs et pharmaciens,^ .

les artisans qui exercent un métjeri ceux qui ont un emploi public à vie , les pères dq cinq enfants-, et autres.

Les soldats n’ont d’autres signes distinctifs qu’une. éo- sipne, di»- ‘carde, qu’ils ne portent que dansics grandes occasions ; ils . sont habillés -chacun à leur manière; cependant on trouve' assez d’uniformité sous ce- rapport parmi les sojdats d’tin' même canton , tandis qu’une réunion de milices de difletentqs régions offre une bigarrure très- remarquable (1).

Lés officiersseuls ont un uniforme ldeu ,. brodé sur le coljlcl

et les parements, qui sdnt cramoisis , ainsi que Iqs- revers.

I» P! I , /pii représçitte des .prisonniers conduits par des miliciens.' . . ' .

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370 LIVUB iy., ADMINISTRATION. * *

Les miliciens sont exempts de la plupart des corvées

personnelles exigées des paysans; mais dans beaucoup de villages ils ne jouissent que très imparfaitement de cette exemption. Le seul moyen de s’affranchir des corvées et des autres charges, telles que le logement militaire, la conduite des chariots, etc., étant d’obtenir un brevet de milicien , de barracello, de ministre patrimonial ; ete.y il en résulte que le nombre de ceux qui sont exempts est quelquefois si grand dans un village que les autres sont dans l’impossibilité de supporter le poids énorme de toutes les cofvées : ainsi, quoiqu’on n'épargne point ceux que leur déuûineht met hors d’état de Se procurer l’exemption, « . v ceux-là mêmes qtii y ont droit- se voient forcés d’ajouter aux charges qu’ils ont contractées pour en jouir1 celles qu’ils espéraient éviter en se faisant nommer miliciens';» barrucelli , etc-. (1). .

s««ir». Le service des milicien* se distinguait jadis en service I iiraoni.inirr. ordinaire et extraordinaire, mais depuis quelques années ils ne sont’phis obligés à faire que des patrouilles extraordinaires lorsqu’ils en sont requis. Ces patrouilles régulières et périodiques se faisaient par la cavalerie et par l'infanterie, sur les chemins publiés et sur les territoires distants des. habitations , dans l'intérieur et antonr des villages., ‘ V« ,

Oritîqsire. Le service ordinaire des milices est requis en cas d'iri— ‘ vasiou des Barburesques ou d'autres agressions; tons les miliciens sont alors tenus de s’armer et .de marcher à ht

" (i) Ceci peut donner une idée du nombre et de la nature des clameurs que l’on entend à chaque itjstant et de toute part, en -Sardaigne, contre la Vjôtàtioo des privilèges, clameurs d’autant J>lus injustes, en général, que les circonstances qui les occasionnent ne sout souvent que reflet inévitable de- l’existence et de l'accroissement île cés montes privilèges. .

CIIAP. IX. • ■ — SKHV1CE. . '•

défense de ia patrie ; la cavalerie surtout doit être prèle à se mettre en mouvement au premier signal des gardes des tours ou d'autres personnes auxquelles la surveillance du littoral est confiée. Elle. doit s'opposer au débarquement des navires soupçonnés d'avoir la peste, et concourir avec l'infanterie à la formation d'un cordon sanitaire, si la conjoncture l’exige. ’ • *

* 'Les miliciens doivent également s’ariner et prêter mainforte à la troupe régulière pour arrêter ou poursuivre le» malfaiteurs' etles bandits ; ou les emploie ordinairement à conduire de village en village les prisonniers jusqu’au chef-lieu d’un district de la province et même à la capitale. C’est un service dont ils s’acquittent avec la plus scrupuleuse exactitude ; jamais un détenu ne s’est échappé de leurs mains après leur avoir été consigné ; circonstance d’autant plus digne de remarque que souvent les liens les plus étroits d'amitié ettle parenté les unissent les uns amf autres. .

Les chasseurs peuvent être réunis à part et former un Chacun.

corps isolé réservé pour les services led plus importants ils doivent être tirés des fapii(les lés plus nombreuses, et par conséquent de celles où ils sont moins nécessaires ; et de plus être choisis (larmi leS hommes les plus lestes , les plus hardis et les plus adroits au maniement des armçs.

Etaftt plus souvept que les antres miliciens obligés à marcher, lorsque le gouvernement a besoin de force armée , «

ils jouissent de plus d’avantages que les autres. - -• •

Depuis sa, formation , le corps des miliciens s’est dis- ScrWc» midm tingué par plusieurs faits d 'armes contre les Barharesques, notamment Ch 1 800 , sur jes rivâges de l’Ogliastra , d'où ils repoussèrent ces ennemis du nom chrétien. Toutes les milices de l’intérieur accoururent à la défense de la capitale, quand les Français l’attaquèrent en 1792. Alors, l’on remarqua parmi les rampagnàrds sardés , et princi-

p»r et» coq».

Ahiim roiln ■

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paiement parmi ceux de la Gallura , ce que peut l’enthousiasme et l'amour de la patrie à l'approche d’un danger commun : on vit les ennemis les plus irréconciliables et même des "hommes déjà, teints du sang de leurs parents respectifs sortir de leurs embusoades et de leurs retraites, •sé rapprocher, se tendre la mair> , et se jurer réconciliation , ou du moins une trêve sincère.

Toute haine et toute idée de vengeance furent suspens • «Inès : ces montagnards farouches , qu’un front ridé, des yeux étincelants et une longue barbe faisaient distinguer au milieu .des escadrons , marchaient à côté l’un de l’autre , sous la mèmeg nseignei, pour défendre cette ville dont ils avaient naguère- méconnu et bravé l'autorité , et d’où un arrêt de mort âvatt été lancé contre eux.

Les armes des miliciens sont le fusil , le spbve , la baïonnette et le couteau. Le» chasseurs étant commandés et en . • * * # »

service à cheval , doivent ftiire usage d’un sabre et d'un pistolet : tous les miliciens ne peuvent - cependant porter les armes que lorsqu’ils sont en activité de.sérvice. Dans le Campidauo d’Oristanoyet même. vers Quartu , on voit t quelquefois des miliciens apmés du beru'du, ce qui, joint à certains habillements, leurs bonnets et les peaux -de mouton., leur donne ui»é tournure qui rappelle assez lès

troupes irrégulières de la Russie (1). •

y i) M’étant trouvé en plusieurs occasiQns avec -des trfmpès njiliciennes, surtout il J’époque du voyage que lit en Sardaigne Sa Majesté; le rdi actuel, je Jil* toujours frappé des scènes qui Rie rappelaient d’une idamère singulière celles dent j’ai été bien sauvant témoin au , commencement de ma carrière militaire^ : ces scènes auraient été dignes du pinceau de M. H. Veruet; elles avaient le plus grand ràp- (>ort avec celles des Civiques. Lés longs fusils des miliciens sardes peuvent' être facilement pris pour des lances.; ta plupart ontune barbe épaisse et dcs-chevetix pend.rtits.sui les épaules; tous montent. très

rriAP. lt'.'— ARMOIH1KS. '

L’-écn de l’île de Sardaigne est actuellement \iffc croix A rr»ioi/ir> de gueules (rouge) sur un ch.tmp d’argent (blanc) vîtvcr ' ‘ q'uatretêtes de sable (noié),;ayant un bandeau blane noué autour de la tète , de manière à leur couvrir les yeux.

Ce sont là, selon quelques auteurs, les anciennes armes Uor origine, des prineçs d’Aragon, que ceux-ci avaient- quittées dès Tan 1150, ensuite du mtfriage de- Pétronille , fille de D. Ramire d’Aragon avec Rarmond-Berenger, comte de ! i

BârcPlone. Elles auront probablement passé à la Sardaigne quelque temps après, lors de la première expédition des Aràgonais dans cette île.» ” • ' • . •

Ces armoiries ont.néanmoins éprouvé, des changements- Leur ait«r»iii>D. . bien remarquables; les tètes qu’elles renferment n’étaient pas. dans leur origine telles qu'elles sont aujourd’hui^

D’abord elles étaient Manches (du couleur de' chair), et elles- .avaient une courbnne #ous laquelle on voyait un bandeau blanc , noué, silr les tempes et non sur les yeUx c’était le diadème oriental. Elles furent sans doute noircie* dans la suite par quelque mauvais peintre de bla&on qui , dans son ignorance , confondit les rois maures avec des rois nègrïs ; mais, pcndant'lout le temps de la domination espagnole- en Sardaigne , selles conservèrent leur couronne, 'et le bandeau resta sur les teropeé. Le changement qué ees pauvres fêtes subirent eh troisième lieu pro- ’vient apparemment d’une autre erreur ou d’un oubli.

hardiment de petits chevaux mal soignés -dont la tournure n’indique pas- cerfaihemrnt les bonnes qualité-s; quelquefois ces miliciens, lorsqu’ils accompagnent quelque personnage, lui donnent chemin faisant le spectacle d'une course à grande carrière à travers' les rochers , ou bien d’un défi à franchir des fossés ou des hitirs d’effclos , on à escalader One butte rocailleuse. Dans tous ces exercices on ne sait si on doit admirer davantaged’adresse.dn cavalier ou son extrême témérité. . * ' • .

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