LIVRE IV. — 1 AI>M1MSTHATJ
'(^.iàion* ra- Les ailleurs espagnols et autres écrivains qtii parlent ir"' . des anciennes armoiries d'Aragon et de scs quatre têtes on font remonter l’origine aux quatre rois maures qui . ' furent tués à la fameuse bataille d’Alcorâz (t).
• * . •• • Les Sardes, au contraire , l’attribuent à une . circon-
v stance semblable à celle que racontent les auteuês espagnols : ils disent que les quatre têtes en question indiquent
• quatre batailles qu’ils gagnèrent sur le Sarrasin Muset. A les en croire , ces têtes auraient été unies S l’étendard
• papal donné par le cardinal d’Ostie ; mais cet étendard
portant une croix rôuge en champ d’or, elle ne pouvait • pas être celle de leurs armoiries, qui , bien que ronge j était sur un champ d’argent (2). • > . • i
. Quelques autres personnes «nfip , ainsi que le peuple , auquel on fait croire tout ce qu’on veut t ne voient dèns . ces quatre têtes que la djvision de l’île en quatre judicatE ,
sans penser que chaque juge avait ses armoiries particulières. •- ’ ' ' j ■ ■.* -
F*>r|frci5e<. La Sardaigne compte trois villes. fortifiées, qui sont :
’( i ) Ici sont forgées les anciennes armoiries D’Aragon, siir traie vision- que les Espagnols escrivains disent estre apparue à plusieurs Ar ragopois durant le combat : assauoir S. George à ctieual auec va ejcti d’acier, à v ne crobede gueules, combattant pour tes Clirest ions : et qn’après la dcsfaicte des Maures furent trouuées quatre testes de princes maures. fort remarquables : à raison de quoy, disent, te roi, D. Pierre (premier du nom) prit pour armoirier d’Arragon la croix rouge en champ d’argent, auec quatre testes de Maures, dé mesrae couleur, aux quatre quarts de l’escu. En ceete journée d’Alsorzz , furent renommez. 'etc;, etc. ( Histoire finirait d’JSfpagne, par Lout’&ss MaïesseJ ubobet. Paris, pncvin. f'nyez egalement liiasc a, année lojfi; Zurita, MaiWu, toc. cil., vol. I, p. a8l-n8a.
(a)- Je dois ta plupart de ces notions à M. le chevalier D. L. Baüle .de Cagliari , savant littérateur et antiquaire distingué, dont la mort toute récente vient de m’être annoncée au moment où je reçois les épreuves dc cette feuille. 1 t • "" ■' • ... ,
• . • • CJIAP.' IX- . — FORTERESSES. • , 57.Ï
Cagtiari, AJghcro çt Caslel-Sardo^ celles d’iglésiits , liç Sassart et d'Oristano, quoique ceiqtes de murailles, ne sauraient être comprises parmi lçs placés de guerre. Les autres forts , tels que ceux de la Madaleua et de Santo- Stefano, dans l’archipel dn.q&ual de Bonifàcio , et çcux des îles de San-Pietro et de Sant-Antioco sont de peu diimportance •, les autres fortifications consistent eu tours bâties le long de 'la côte, dont la construction remonte au temps du gouvernement espagnol (1)-. .
Le nombre de ces tours est porté à 94 dans Iris anciens Toun. tableaux ; on y a , saqs aucun doaile , Compris celles dont la Construction fut décrétée, mais jamais effectuée, et plusieurs autres qui sont maintenant ruinées et abandonnées. On en. compte présepteibent 67^ dont quelques unes servent uniquement à observer ce qui se passe à la mer.
Ces dernières- ne sont occupées que par deux hommes, dont lcs fonctions se réduisent à voilier à l'arrivage des bâtiments, et à en donner ans par des signaux convenus.
Les tours de défense , qui sont en plus grand nombre , sont gardées par une escouade composée d’un chef nommé ’ alcaide et d’un ou deux canonniers de tours. Quelques unes ont en outre, des soldats d’artillerie de terre. Elles „ sont munies de canons et d’autres armes, selon que l'importance du poste paraît l’exiger. • • .
Les alcaides et les torrari (c’est ainsi que l’on nomme G»™, on. les soldats des tours) -sont chargés de la défense de la côte Ct de /tout ce qui ' concerne l’exécution du règlement « sanitaire. Ils ne doivent pas abandonner leurs totars sans permission , ni silrlouf laisser pendre en dehors l’échelle de corde avec laquelle ils descendent â terre i I i , V
. •* ‘ . 1 ■ ' îj( .
i (i) "Voyez à Part, «la tiouoeroement espagnol, liv. j", châp. 4, p. 6o, 6i.
*37.6 IIVBB. IV.*— ADMINISTRATION. * '
. ils doivent toujours, et dans tous lestas, la retirer eu 4 v- dedans, de -ira in te de surprise. **. • ' .SJ
tomâen. Ces soldats sont sous la direction d un colonel et de plusieurs officiers1 divisionnaires, chargés de la surveillance' de leurs cantons respectifs.- " •
Aiiioimsvntisn. I, administration de ces tours est confiée à un conseil
• composé de trois personnes choisies dans qhaque sta-
■ • inento , et présidé par le vice-roi , en sa qualité de capi-
taine général; celui-ci change ces administrateurs, tous
, les trois ans, et les remplace par la voie du sqrt. Les autres employés, tels que le contador, qui est une espèce de contrôleur, le clavwio ou gardien des elefs, et le . secrétaire, sont permanents-. ,• ■ V
Ht' mm Jadis les revenus de cette administration consistaient .. principalement dans le produit des droits d'exportation ■ sur les laines, les cuirs, des fromages el, autres produits •. du hélail : ceux-ci étant maintenant, perçüs par des
douanes , le gouvernement donne annuellement une Somme de. . . . . . . ... , 40,000 1, s.
• On peut- y ajouter le donalif de sca/a • ,
ÿùanlia , qui monte a 9,000
• Pins, d’autres petites rentes de l’adtni- * .
. nistraliou, <•... 1,000 . , •
Total disponible annuellement. . ; . 50,000 liv/
sardes , qui équivalent à 96,000 francs. . • ^
' v - Ces fonds sont principalement destinés à l'entretien des tours et de leurs gardiens. . ' .
Quoique dans l]état actuel des choses , et surtout depuis la paix avec les puissaiicès barharesques,, l'utilité de ces tours ne soit plus en proportion av.ee les sommés destinées A leur entretien , l’on ne sauraitnièr qu’elles n’aiént fendu dans le temps de 'très' grands services à file. * *
1rs commandants de plusieurs de ces postes sc sont
L'tiUlc.
Ciufr. JJC. — *■ OAlITÉ DES TOUHS. 87?
même distingués dans différentes occasions par dés faits
d’armes' très remarquables (1) ; au reste, on doit bien penser que sur une plage aussi inhabitée que l’est en général toute la côte de l’île-, et surtout l’orientale , l’èxistencc d’une tour . peut être très utile pour, engager un • bâtiment qui aurait besoin de secours à y aborder, ou du moins à s’approcher de terre (2). " ■ * ' V*
La force maritime , ou plutôt les bâtiments de guerre Mmat attachés au service de file de Sardaigne , sont un brick et deux lanciorii. Le premier, qui est détâché de l’escadre de (iéhes , fait tous les trois mots un voyage vers le dbnti- • • nent; il est spécialement chargé du transport du numéraire qué. la Sardaigne reçoit des états de terre ferme à ■la fin- de chaque, trimestre. Il est armé de vingt-quatre . canons-, et commandé par un lieutenant de vaisseau qui ,
(i) -,1e citerai seulement ici la belle cônduile de l’alcaide Sébastien Métis, en i8ia. Se trouvant seul arec son filaet un simple, canonnifcr ' à ta défense de la tour de S. -Jean de Salarà , sur la côte de. l’est , un détachement nombreux de Turcs vint l’attaquer par terre et par’ mer'. Pu la perte de 9qn fils, tombé mort à ses côtés, ni les blessures du jeul compagnon qui lui restât, ni celles qu'il avait reçues luiinème , rien ne put abattre (bn courage ; malgré le feu continuel de l'ennemi ,. qui tenta vainement de rompre la porte , et qui .même avait déjà réussi à y mettre le feu-, ce brave militaire soutint vigoureusement l’attaque pendant plus de dix heures, et se serait battu jusqu’à la mort, s’il n’eùt-pas été secouru par les habitants des vil^ Higcs'voisins , qui arrivèrent enfin et forcèrent les Turcs à prendre la fuite : cêux-ci perdireot beaucoup de monde -dans cette affaire,
> qui fit beaucoup d’honneur à l’alcaide Melis, et lai valut une mér daillc cn.of et une augmentation de paie. (
fa) Il serait cependant à désirer que Tautorité veiilàt Un pea sur les alcaidi et autres préposés-dé écs tours , qui sc permettent (le rançonner arbitrairement les petits bâtiments / sous le prétexte d’uu droit d’ancrage ; j'en: ai fait, moi-même l'expérience pendant mes . travaux géodésiques de la côte. . - '
Personnel*
. LIVRE IV. — AI>Ml«ISTRATI©fi\
.pendant tout le temps de son séjour dans les eaux del’îlp, • ne dépend que du vice-roi.* J: ; . <
Les lancioni .-sont deux espèces de chaloupes munies d'Une seule pièçe d'artillerie , et montées par quatorze hommes d’équipage. Ils sent spécialement chargés de la police de la cpte, et sont stationnés, celui dp* cap méridional à Cagliari ou à San-Pietro, et l’autre à la Madalena ou à Porto-Torres. •
Le personnel de la marine militaire de l’Ile forme le troisième département de la- marine de l’état ,, dont le premier est à Gênes et le second à Villefranche de Nice.
Il y a à Cagliari un commandant de la marine, et un quartier-maître caissier .: le premier est capitaine de frégate, l’autre lieutenant de vaisseau. U y a én outre dans ■. l’île un état-major des ports et des capitaines de plages.
Les ports sont divisés ert trois classes : le port de Cagliari, qui est de première classe , est sous la direction '
. d’un capitaine du port de la première classé (I), qui u sous lui deux officiers ou lieutehants du port. ...
Ceux d’Alghero ; de la Madalena, de Porto-Torres et , de Carlo-Forte , qui sont ports de deuxiêmc.classe, ont des „ . . capitaines ou des lieutenants du pp'gt de différentes caté-
. , «pries- V ... •’ : .
Les ports de troisième, classe sont Oristano , Sant-An- . ' tioco , Longo-Sardo et Terranova ^ ils ont des capitaines.
. de quatrième classe, ; ' . .
9 On trouve des capitaines de plages à Bosa, Castel-
. Sardo , Muravera , Orosei , Siniscola etTerralba.
Murine mar- * La marine htarchande propre à l’île est en ce raoment- , ci Bien peu de chose, quoiqu’elle ait augmenté- depuis
Oiticier» dfs fort» >' ,
(i) Cette place est ofccupéc dans ce moment par un olïicier
général. , V, • , . .
CIliVP. IX. — .MARINE MARCHANDE.
quelques années. Voici la note tiré des registres da consulat général pour l’année. 1838. ... ■ *. \