CHAP. K. — CHARIOTS
a^réablè, dont, le* poètes latins donnent une idée exacté
. ^ par l'expression de slridula plaustra(l).
Montesque q>er altos ,
Contenta cervicc trahunt sttideulia plauHra.
■ (Vise. , Seorg. ni, v. 536. ) •* •
v Ce chariot, d’une origine certainement antique , ^est int . très mauvais moyen de transport; on doit souhaiter que le gouvernement continue a faire exécuter les mesures ' qui. tendent à le proscrire. entièrement de L’tle, s’il ne . vent perdre le fruit des. sacrifices qu’il fait pour. l'établissement des routes. v
On attelle des hce'ufs au chariot comme à la charme Butler on n’en emploie qu’une seule paire dans la Sardaigne méridionale, où la race de ces animaux est plus belle et • mieux soignée; dans les enviroag de Sassârii ôùlçs bœufs spot petits et chétifs ,■ par. le-' peu de soin qu’on en a , on en met ordinairement deux pqiraq, et près, d’Oristano , -à cause du sol bôueux, il y en à presque toujours trois ï aussi faut-il en cet endroit des routes très larges \ et les’ accidents y sont-ils très fréquents par la difficulté de, bien conduire cet attelage, qui marche toujours en serpentant.
Les bœufs sont attelés par les cornes (2) ; le joug, appuyé sur te haut de.la.têtè , tient fortement à leur racine , par le moyen d’une longue lanière de cuir, qui fait, deux ou trois Joprs en se croisant sur lç front. Les paysans
* \\) On prétend que led jeunes paysans sardes qui veulent se marier ou donner it leurs maîtresses une preuve de leur diligence & se rendre de grand matin au travail des champs tiennent à ee que. leur chariot fasse le plus de brait possible. Aussi, lorsqa’on rencontré un de ces plaustrum très brayant , conduit par un jmnr homme, on dît en plaisantant : Voilà lin jeune homme qui veut té
(i) pi. n ,yîg. 7.
♦04 LIVRE V: AG1UCC LTliU E.
- sanies la nomment lu/a , (lu lorum latin -, il ne faut pas la confondre avec une aulro courroie qui correspond au film!»' des Gfecs , et dont nous.' avons déjà fait mention en parlant de la charrue".
Sans vouloir renouveler la discussion sur le mode le plus convènable de placer le joug (1), j’observerai qu’en tirant par les cornes, ou Si l’on "veut par. le front , les bamfsjrmploient une force bien plus considérable que s'ils tiraient autrement , parce qu’ils sont obligés de.téndre le cou ,' et de le tenir constamment dans la direction de la force . position qui doit les fatiguer bien plus que s’ils tiraient par le poitrail et s’ils avaient la tète libres
Indépendamment de cet emploi superflu- de la force, qui ne peut aVpic. lieu qu’aux dépens de celle ipie l’anima] doit employer pour tirer, il ne peut manquer de sentir de vives douleurs quand le chariot éprouve quelquc accident-, la rencontre d’une pierre, ]e choc causé par la moindre inégalité du terrain , occasionnent fine violente secousse aux parties cérébrales du bœuf. *
Il spffit d'examiîier çes malheureux animaux qui transportent l’ea'u dans les rues de Cagliari, pour se convaincre que le pavé seul de la ville leur fait ressentir, surtout lorsqu’ils moulent , des souffrances terribles-; leur tète , rudement secouée , toucherait presque à ierrd s’ils ntr faisaient un effort continuel pour la 'relever v leur respiration est précipitée, leurs yeux étiucellent^ et semblent vouloir sortir de leufs orbites; leur langue est pendante; enfin, toute leur attitude indique les tourments qu’ils endurent.
Entre les raisons alléguées pour attacher les bœufs par les" cornes , on fait surtout- valoir la nécessité do contenir plus fortement cés animaux , qui dans l’ile sont à demr-
-rr-71-.
(i) f'agin Coiumelii, lib. u.'cap. 3; M. Moïgfï, Mémoire dè t Academie des Inscription* et Betles-laltres, i8i5, vol. II, p:CGa.
Digitiz
CHAP. II. — r AMMACX ATTBLÉS. *0«
sauvages et très difficiles à dompter,, suite de l’habitude , de les tenir toujours en plein air el souvent même de les laissèr libres dans les campagnes.- . *. . * '■ •
Mais si l’on sôignait davantage cet utile animal , si on lui donnait des étables, si on le nourrissait mieux et avéc plus de régularité, feerait-il aussi intraitable? .
La manière de diriger les bortifs , attachés au chà- '««te ■>« >*• riot ou à la charrue', est également vicieuse. Le bouvier, '
armé ordinairement d’un fouet a manche, muni d,un aiguillon , se tient derrière ou à côté; il a dans les mains • les rênes, qu’on nomme ordihagus : celles-ci consistent • : en une corde dont lé bout est fixé à la corne extérieure de * -
l’animal , elle passe ensuite surde front et vient faire'de l’a’htre côté d&la'têfé un tour entier ail bas de t’orcillé, qui est par ce moyen fortement serrée toutes les fois qu’on ••
Aire la corde. 'Cette méthode , qué jé n’ai vue" pratiquée ni , décrite nulle part* doit être très dduloûrcusC pour 1 animal : aussi tes bœufs de travail ont-ils fréquemment les . oreilles toutes' déformées , de façon qu’au premier "coup ■ '
d’œil ils offrent les signes de la servitude, cbmme le chien de La Fontaine. Cet indice sèçt aussi à faire connaître la- • place qü’uu boeuf occupe au chariot , l’oreille ccorchée • étant toujours du côté du timon (1).- . ; ’ - • .
•Lè mode de labourage le plu» commun en Sardaigne de u-
est celui que l’oh nomme-à plat.. On creuse rhrement dès sillons, puisque les terrains en culture soht-en général plutôt secs- qu’humides -, pr conséquent, il n’est pas , »
nécessaire de procurer de l’écoulement aux eaufe ,* éï il - . convient même de .présenter au soleil lmijant de ees ‘contrées la moindre surface possible de terrain : or, cet avantage ne peut résifller que du labour à plat et sans sillons.
(| )rr. il, fit
*06 LlVaJB V. — AGRlCULTL'HK.
Ï1 serait à déSiref cependant que le cultivateur sarde travaillât la terre plus souvent , et qu’il la creusât plus profondément. i •
Quant aux engrais, si les avantages qu’ils procurent ne sont point encore généralement appréciés dans l’jlé, ou commence du moins à secouer graduellement les anciens préjugés à cet égard1, et à sortir de l'insouciance avec laquelle on s’en rapportait uniquement à la fertilité naturelle des terres ; le laboureur commence déjà à croire qu’il n’y va ni de son honneur ni de sa ruine s’il fume convenablement le champ qu’il veut ensemencer.
Pnùric. Excepté quelques essais faits avec beaucoup de succès par, des seigneurs du pays, oii n’a pii -encore engager les paysans à sfc procurer les moyens d’avoir des fourrages secs pour leurs bestiaux.
Les herbes qui forment lcS pâturages croissent en assez grande abondance cl1 sans aucune culture; elles1 sèchent sur pied, dès le mois de juillet , sous l’influence d’un soleil brûlant ; aussi les animaux ruminants né peuvent guère, s’en nourrir que durant cinq mois. • •
Quoique les eaux et les sources ne soient pas aussi abondantes dans les environs de Cagliarj que dans plusieurs cantons du cap septentrional ; on vient cependant d’y faire v • •• des essais de prairies cultivées qui ont obtenu le suçfcès le plus satisfaisant (1); sans doute des tentatives semblables . * donneraient des résultats encore plus avautagoux dans
fi) Feu M. lcmarquis.de Villei-mosa, président perpétuel de Société d’agriculture de Cagliari, a réussi dernièrement, par divers travaux, à>‘ réunir un conrs- d’eau assez considérable qui coule dans une de ses propriétés, cevjui lui a procuré le double avantage de dessécher complètement des terrains submergés et marécageux, et pe se procurer en alxmüance, pendant la mauvaise saison, de très bons fourrages pour les animaux de labour.