‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 138 sur 193 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Végétaux.

Froronil.

Le froment .que l’on cultive en Sardaigne est connu sou^ le non! de trigu , qui diffère fort peu. du mot latin

tnticum.

Epoque ica ttiuaillcs.

’ On en compte plüijieurs- Variétés ? qui toutes se rapportent au triticurfy ,vulgare.. Leurs différences consistent principalement dans la couleur, la forme et la longueur des épiret des barbes ; elles passent gradqellemçnt du blé , à tige creuse au blé à tige pleine,.-

Les agriculteurs sardes cûltivent certaines variétés de froment, et paraissent généralement préférer xelles qui ont la tige pleine, parce qu’ils en tirent une plus graude quantité de grain et de paille , qui fournit une nourriture excellente aux chevaux pt au bétail.

Lorsque ces variétés de froment sont semées dans un même, terrain et .souS le même climat , elles conservent constamment leurs. différences. On remacqqe surtout qqe le grain est d’.autant plus abondant en gluten qu'il croît dans des cantons plus méridionaux.

Le froment pe se sème guère qu’ep rtoverttbre et en décembre,, c’est-à-dire après que les pluies d’automne ont . amolli la terre et que l’ herbe a déjà .poussé dans les champs. Les charrues étant très défectueuses, le labourage se fait alors avec plus de facilité : l’on uc connaît pas . encore l’usage de la herse. ni des’au très instruments dont on se sêrt ailleurs pour briser les mottes de terre.

CHAI*. Hl. , LABOCKAGB. . M>9

Comme ]e labourage se fait à plat dans la plus grande LaLouragr partie de l’île, la semence tombe comme une petite pluie -, ensuite on la recouvre ordinairement avec la houe ; aussi en perd-on beaucoup , et les ehamps sont quelquefois trop clair-sejnés. ' ‘ ' N .• -V

Dans quelques endroits , on creuse des fossés pu des espèces de sillons avec la houe , et on y jette la semencé„ que l’on recouvre. Cette méthode se nomme semer le blé à sillon (arare trigu à sulcu). Mais j’en ai observé une pkis singulière .encore dans plusieurs terrains un peu hu.-inities, par exemple, près de Caputerra et d’Oristano; Elle > ' consiste à planter le blé avec une petite cheville de bois que l’on enfonce dans la terre à deux ou trois, pouces de . . profondeur, et. à une distance d’un pied de largeur, sur neuf pouces en longueur. On dépose dans ee trou trois ou quatre grains bien choisis-, et on les recouvre de terre. Çe genre de plantation donne, dit-on, itn produit ty-ès considérable ; mais comme il exige beaucoup de trayail, if ne peut être mis- en pratique que dans des champs peu éten- , dus; on l’appelle semer le blé à roccu'. *

Parmi les fléaux auxquels le blé est -sujet en Sardaigne , l’on doit compter les brouillards qui viennent asseï fréquemment vers la fin du printemps , et qui Sont souvent très froids ; mais leurs dégâts ne peuvent se comparer aui ■ ravages que causent des myriades de sauterelles, -que l’on nomme dans l’île filibricu. , 1 . •-•••* / '

Cet insecte est d’autant plus funeste que son apparition paraît se renouveler régulièrement pendant plusieurs années, .et qu’elle arrive au montant Même .où le cultivateur voit ses guérets couverts d’une moisson presque mure, lui présageant une âbbudànlé récolté.

La Sardaigne fut désolée, en 1825 , par ce fléau , qui’pai'vit' cependant n’affliger que la partie occidentale de

Fléaux tl«' grain*. '

Bal ta g*.

l 'île, tandis que celle qui regarde l’est en fut garantie. Les plus grands dégâts eureut lieu dans la Nurra , dans les environs d’Oristano, près d’Iglesias, et dans le Sulcis (1). "

La moisson ne se fait pas plus tôt en Sardaigne que dans la plupart des contrées méridionales de l’Europe , car elle ne commence guère avant la Saint-Jean (2). On * coqpe les blés assez près de terre, et on les^assemble en petites gerbes , qui , liées ensemble au nombre de>opze , en forment une grosse , nommée manna (la grande). Neuf de ces dernières composent la charge d’un cheval.

Dans la plupart des villages sardes , les aires à battre le blé sont communes. On choisit pour les établir l'endroit le plus découvert, afin de profiler de la plus légère brise pour vanner le blé ; la manière le plus généralement usitée de le battre est de le faire fouler par des bœufs ou plutôt par des juments (3). On attache plusieurs de ces animaux de front et sur une même ligne , et après avoir fixé à un (lieu enfoncé dans le milieu de l'aire , ou à un anneau , la corde qui les tient, on les fait courir en décrivant un cercle autour de-çe centre' fixe. J’ai vu. jusqu'à vingt juments attelées de front tourner ainÿi .des heures entières pendant les plus fortes chaleurs des ntois de juillet et d'août. On a soin de les faire reposer de temps en temps, et de changer l’ordre dans lequel elles sont placées rela- . tivement air pivot, afin que la fatigue soit également partagée entre elles. - . - , .

(î) /fuyez ce qui a été dit page 17g. ’ .

(a) Voyez TempéraU/rc , page lat.

(3) On se sert aussi quelquefois de péri lies, et même d’espèce de lléaax , ainsi que de grosses pierres qu’on fait traîner par dei bœufs j biais le foulagcpar le moyennes boeufs ou des chevaux est plus général.

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