‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 147 sur 193 · CI1AP. IV. LAINE. • . U · texte numérisé non relu

CI1AP. IV. LAINE. • . U

laine, elle n’est d’aucune râleur au dehors, et n’est employée que dans le pays. On en fait du furesi noir, que l’on appelle encore erbace et orbacey espèce d'étoffe gros- • siérc dont s'habillent les habitants de la campagne, et surtout les montagnards. Je ne doute pas que cette laine i\e ' soit susceptible d’être considérablement améliorée, ai l’on réforme la manière de tenir le bétail , et si l’on s’occupe de renouveler les races; mais, pour y parvenir, il faut combattre les vieux préjugés d’une population de bergers, en partie nomades et indépendants. •

La chèvre seule S’est soustraite à cette singulière loi de OUn-a. dégradation, qui semble peser sur tous les autres quadrupèdes de nie. Haute taille , belles formes, vivacité et embonpoint, tels sont les caractères qui distinguent avantageusement la chèvre de Sardaigne.- . ‘ >

Les habitants des pays montueux , et surtout les bergers, se servent du poil de ces éhèyres pour fabriquer dés étoffes. On fait une assez grande consommation de la cbair des jeunes chevreaux; mais le principal avantage qu’on relire des troupeaux de chèvres sont les peaux et les fromages. V • : •’ y

• S’il n’y a pas de données suffisantes pour entrer ici dahs quelques détails sur la fécondité des chèvres sardes êt ’ sur leurproduit annuel, il y eft a malheureusement de trop positives pour attribuer à la ttop grande multiplication de ces animaux la destruction toujours croissante des arbres

U même proportion que celui des agriculteurs tend à augmenter. Au reste, ces fromages de brebis et db chèvres sardes sont loin, d’être parfaits; on en exportait beaucoup à-Naples, où le peuple tq préférait pour saupoudrer ses macqroni , à cause de son excessive salaison ; il n’en entre plus guère dans ce pays , par suite d’un droit très.fort dont il -a .été frappé dernièrement ; ce droit équivaut main - . nant à une prohibition. ■ .

LIVHE V. — AGHKX'J.Tt'nE.

et des arbustes : il est urgent que l’on donne sur ce sujet dp nouvelles dispositions, ou du moins qu’on rappelle à l’observance des anciennes lois, qui pourvoyaient en partie à cette multiplication très nuisible des chèvres.

Le porc, -qu'on pourrait facilement confondre , en Sardaigne, avec le sanglier, dont il ne diffère que par de faibles nuances, est une des grandes richesses du pays , tant pour la consommation considérable qu’on fait de sa chair que pour la quantité qu’on en exporte.

On le divise en deux classes : le porc indompté et le \ porc dompté. Le premier est gardé dans les campagnes, on il se nourrit de racines, de grains et' de reptiles, pendant une partie de l’année ; -il s’engraisse ensuite prodigieusement, dès que le mois d’octobre lui permet de trouver .une hourriture abondante dans les forêts de chênes de l’intérieur. Rentré alors, pour ainsi dire, dans ! l’état primitif de nature, il prend noii seulement les habitudes et l’extérieur du Sanglier. , a^c lequel il se mêle • fort souvent, mais sa chair même contracte un goût qu’on chercherait en vain dans celle des porcs ëlevéfc dans l’état de domesticité continuelle. . ■ > . V*. .'

La seconde classe., qu’on nomme manalitos (1), c’està-dire domptés est élevée dans les maisons, et nourrie à peu près comme partout ailleurs ; elle devient plus grasse que la première, mais sa chair n’est pas aussi estimée, ' quoique trfs bonne.

La quantité de -porcs que. l’on consomme en Sardaigne est immense, soit qu’on les mange comme cochons de lait, soit qu’on les tue après leur entière croissance. Il s'én fait aunucllemcnt une grande exportation , surtout en Corse, mais celte exportation ne figure que faiblement dans les. registres des douanes des deux pays.

TH Mot qui s accorde avec le mot italien majaiç.

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