‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 175 sur 193 · TEMPS LIMITÉ · texte numérisé non relu

TEMPS LIMITÉ

({•'espace de temps qu’il est permis de consacrer aux travaux de Campagne en Sardaigne , où J’oji ne peut compter sur tr-ois mois entiers, y compris les journées de pluies et

placer à l’abri d« l’approche du gros" bétail , qui erre jour et nuit clans les montagnes de l’ile; mais à. peine ces mêmes. Signaux duraient-ils quelques mois, quelques jours même, lorsqu'ils se trouvaient dans la coédition opposée, à cause de l'habitude qu’ont les chevaux et les boeufs de se frotter contre les arbres ou les murailles. Quant aux chèvres, qui sont si abondantes, mon signal* en était garanti toutes -les fois que le mur qui le formait, dépassait deux mètres de hauteur, et qu’il était intact- à la base. -

Je dois dire qu’en général je n’ai jamais eu à me plaindre sous ce rapport dès gens dé la campagne ; j’ai à la vérité éprouvé des contrariétés désolantes dans ma triangulation autour de là ville de au point que les signaux (que je iaisais construire en ces lieux en maçonnerie, et même en pierre de taille) n’ont eu quelquefois que bien peu .d’hepres d’existeqec. Il m’est atriyé, d’être interrompu dans les sériqs que je prpnais'avec mon théodolite , par la disparition subite du signal sur lequel jetpointais la lunette de mou instrument,-et j’eus alors la douleur de le. voir démolir sous mes yenx sans être assez près de l’cndroii pour y aller porter remède,. mai* l’étant suÛisamment pour reconnaître les personnes parle moyen de ma lunette, et pour" me convaincre que les démolisseurs n’appjUeuaicnt pas à la Classe des campagnards. Je n’accuse personne d’un pareil procédé, qui procura peut-être Une jouissance passagère à ceux qui en furent les auteurs ou les instigateurs^ mais je dois avouer que ma patience et ma discrétion furent mises à une mdp épCouvp tant que mes travaux me retinrent autour de la ville en question. . , . ’

J’avais ordinairement soin de placer sur la cime ou Contre mes signaux une eroi x, eu bois) mais cette précaution, qui en général m’a etc très utile, n’cmpèçha pas que .mon signal de la station de M. fait solidement en maçonnerie, ne fut rasé jusqu’à la base pur Une troupe d’agriculteurs venus d’un village voisin k cet effetet conduits, m’a-t-on dit, par. un personnage dont le caractère, social devait être garant de la conservation de mon signal, par cela même que j’avais eu soin de le surmonter d'un signe référé, bien conditionné , et visible à plus de cinq cents pas de distance; mais il arriva tout le contraire, et. cela fut opéré dans l’idée que la planta.-

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494 OPÉRATIONS GÉODÉSIQÜES.

de brouillards (I), on pourra se faire une idée de la peine qu'à du coûter un Jcmhlablc travail, entrepris en 1 835 et achevé en 1838. Les résultats en sont cependant tels- que si la science est en droit d’en exiger de meilleurs, ils ne laissent pas de donner quelque confiance à tout l’ensemble de l'opération , puisque les distances , des positions et les surfaces sont suffisamment justifiées^

La base d’Oristano nous conduisit directement , par le moyen de cinq triangles, à un des grande triangles du réseau principal, T. diS.-Gïov. di Sinis, Punta-Urticu , Punta-Trebina,e\.de\a nous arrivâmes, par deux chaînes de. triangles bien distinctes , à un côté commun Pun,ta-

tion de cette croix, qui avait été improvisée, et qui par conséquent fnt jugée uné chose diabolique, un sortilège, avait provoqué la sécheresse dont venait d’être frappée la contrée en question ! !

Je le répète, je n’ai jamais eu à me plaindre sous ce rapport des nombreux pâtres oisifs qni errent dans les montagnes de la Sardaigne, ni même des bandits réputés les plus farouches et leé plus sanguinaires, dont j’allais quelquefois troubler un repos chèrement acheté sur les cimes les plus inaccessibles, devenues le palladium de leur misérable liberté; cenx-ci , au contraire, m’ont toujours bien accueilli après quelque démonstration de fuite ou de résistance de leur part, lorsque je parvenais à les convaincre de mes intentions pacifiques : ils m’ont bien souvent aidé dans la construction de mes signaux, et les ont pris sous leur protection spéciale.

(■) Il m'est arrivé de séjourner deux semaines entières è la station de l’Asinara , n’ayant d’autre abri qu’une cabane de feuillage , et attendant toujours, d’un instant à l’autre, que le brouillard me permit de pointer mon instrument sur un signal correspondant. Il n’est goère de station trigoùométriqire en Sardaigne où, après une ascension fatigante et souvent périlleuse, les contrariétés atmosphériques ne m’aient forcé de séjournât- quatre à cinq jours de suite dans la plus parfaite inaction; bien souvent, à cause de la pluie on de la neigé, je dus passer ce temps accroupi sons un rocher à portée de nron signal, forcé d’en descendre ensuite sans aucune espèce de résultat, par défaut total de provisions, pour y remonter lr lendemain avec l’espoir de imilleare fortune.

MARCUE DES TRAVAUX.

Acuzza—Torrc. di S.-Pancrazio (de Cagliari). Par le moyen de la chaîne orientale nous eûmes pour la valeur .

de ce côté 42;567", 21 , •

par l’occidentale. . 42,570'”,04 ; la semi-différence étant

de 1“,4l , nous adoptâmes un côté

moyen de 42,568“,62 , log. 4,6290895.' Ce même côté,

obtenu en partant de la petite base ;nesur®e à Cagliari , fut trouvé égal à 42, 568“, 20 ; ce qui s’accorde assez, bien avec la valeur moyenne ci-dessus, n’y ayant qu’une différence de 0“, 42. •

En poussant notre triangulation vers le nord, nous nous caiàcommui» rejoignîmes aux côtés communs de la triangulation corse guUüoi». et de la nôtre , et nous eûmes :

Côté Torre deUa Testa — Torro di S.-Manzà.

Déduit des bases corses 22,062,64

Déduit des bases sardes 22,055,69

Différence partagée 3,47

Côté Torre di Bonijacio — Torre délia Testa.

Déduit des bases corses. 16.696,79

Déduit. des hases sardes. . .' 1,6691,52

Différence partagée. % . . . . 2,63 (1)

(i) Outre la part qu’il faut faire en ces localités des effets de la réfractiou dont nous avons fait mention ci-dessus, on peut croire encore que les jsignaux ou les centres de stations placés par leu M. Tranchôt en 179a, et les miens, qui ne datent que de 1806, ne sont pas rigoureusement au même point, car -je n’ai pas trouvé de vestiges des signaux antérieurs aux miens. Je doute que M. Tranchôt soit parvenu , comme je l’ai fait,. 1 travailler sur la terrasse supérieure de la tour de la Testa , puisque je ne suis .arrivé en cet endroit qu'en faisant ouvrir une brèche à la base de cette tour, et en me hissant sur la terrasse par le moyen de cordes et de chevilles plantées dans le mur.

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