‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 28 sur 193 · VU A P. H'. — ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

VU A P. H'. — ESPAGNOLS

et génois qui voulurent Conserver leurs anciens droits sur les châteaux et les cantons qu'ils possédaient en Sardaigne reçurent de nouvelles investitures. L'oji compte parmi ceux-ci les comtes Regnier- et Bonifacc Donoralieo , les Malaspina, les Doria , etc., etc. Les juges d’Arborée devinrent marquis d'Oristano ; enfin , plusieurs sujets catalans, aragonais et sardes , reçurent des fiefs dans l’îlc en récompense de leur dévouement à la cause royale, et de services en tout genre rendus aux princes d’Aragon.

Toutefois^ ces princes n’avaient pas dans ces feudataires des hommes attachés à leur caqse et des serviteurs fidèles; l’histoire de tous les pays où le régime féodal était établi fait assez connaître que, par la nature même de ce système monstrueux , ces petits despotes , arrivés à un certain degré de puissance , étaient les ennemis nés de l’autorité royale ; il en fut de même én Sardaigne. i

Les roi6 , mécontents de ^'humeur indocile des seigneurs châtelains, se tournèrent de préférence vers les habitants des, villes, au grand préjudice de ceux de la campagne. De là naquirent de nouveaux privilèges, surtout ceS droits exclusifs et ces corporations de métiers , dont le vice est de nos jours universellement reconnu. De là encore la désertion des campagnes, que les cultivateurs se virent peu à peu forcés d'abandonner, soit pour se Soustraire aux vexations de leurs seigneurs , soit dans l’espoir de trouver dans les villes, murées'et défendues, la tranquillité dortl ils ne pouvaient jouir dans leurs champs, et les avantages que les rois s'empressaient doccorder aux bourgeois, qu’il leur convenait de s’attacher.

. Dès l’an 1326, les rois d’Aragon étabhrèntep Sardaigne un capitaine-général, puis un vice-roi., pour la gouverner, en leur nom (1). En 1354 » le roi D. Pierre vint en pdr- 1

(i) Selon Far?, cette charge date de i344, époque à laquelle eHe

me

Les rois diêrcbenf à faVoriier 1m hiMliDlidn Tilles.

sonne à Cagliari et y convoqua la première réunion des Éuis-îwcniU. états-généraux , ou des cortès , composés des trois ordres ,

' ou stamenti, du royaume. Ils se réunissaient dans la capi- • taie de l'ile, et votaient sur les dons ou subsides accordés à la couronne, en échange de différents privilèges.

Législation Quant aux lois en vigueur à oette époque, nous n’en ' connaissons aucune avant le fameux code appelé- Caria de

Logu, promulgué, en langue nationale } par Eléonore d’Arborée, en 1395.

Le roi Alphonse ordonna , en 1421 , que ce code serait mis en vigueur dans toute l’ile; mais, selon l'usage du temps, il y eut des exceptions pour les villes. Celles de Cagliari, de SaSsari (l), de Bosa, d'Algbero, d’Iglesias^ etc., en conséquence de leurs privilèges précédemment , octroyés , furent dispensées de la règle générale , et se ré- ■ / ' gicent d'après des statuts propres.- • , -• .

• . Indépendamment de la Caria de Cogu, les rois.d'Es-

*' pagne publièrent dans la suite plusieurs lois particulières

qui, n 'étant pas réunies en corps d’auvrago, étaierit mal . observées et même inconnues. à une partie de la population. Ce n'est qu'eu 1936 qu'on en forma un corps sous le -titre de régie Pragmaliche (Pragmatiques royales). En même temps , on en'raudifia et meme on en.ebangea plusieurs', relatives aux peines , principalement celles de la • Caria de Logu.

Les vice-rois, de leur côté-, publiant des décrets qui n élaipnt ordinairement valables que pendant leur administrât iou triennale , ne durent pas moins contribuer au continuel bouleversement du système judiciaire. Il est

. fuLcrréèen faveur de Philippe Selcuccs , qui mourut dans fa nrfnie - année. (Cambiaci, hb, vtr. p.’aoa.)-.

(i) ta» vitte de Siissari se "ouverria long- temps en rcpn^liqtie c'est ..la seule qui, a ma connaissance , ail existé en Sa|'4*igne.

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