IV
remarque l'institution de l’université de Cagliari.'- 1598.
Pendant te règne de Philippe IV, qui fut de quarante Phii.^ ans (1621 à 1661 ), le comte d'Harcourt , général français, s’empara d’Oristano en 1637, et dut l’abandonner bientôt après. Philippe IV institua une cour criminelle pour le royaume , à Cagliari , et promulgua le code appelé Régie Pragmatiche.
Sous le règne de Charles II , ou pôur mieux dire sous charte» ». lu régence de sa mère, lé marquis de Laconi, premier membre du stamento militare (2), et le vice-roi, marquis
de Caméras sa , furent assassinés à Cagliari en 1668. Ces fu-
deux événements , funestes résultats d une aventure galante et de la plus noire des machinations et des’ impostures , conduisirent à l’échafaud plusieurs personnes aussidistinguées par leur rang que par leurs emplois.
La guerre que la succession de ce fantôme de roi alluma Gun-r» .!«• nodans toute l’Europe s’étendit aussi Sur la Sardaigne’.
En 1708, les troupes de l’empereur, ayant débarqué à Terranova, décidèrent bientôt une grande partie des habitants de la Gallura en faveur de l’archidué Charles. Dès lors éclatèrent dans l’île les deux partis qui divisaient également les nations voisines. Celui de l’Autriche prévalut , et la ville de Cagliari tomba au pouvoir de Charles.
Les dissensions prirent alors tous les caractères d’une guerre civile : ce fut pour la Sardaigne une époque de ''’ü8 malheuèset d’atrocités, dont les suites furent très funestes à plusieurs»familles du pays. C’est principalement dans la
(1) Foycz à Part . 'tours , liv. iv, ch. 9 de te volutjie, (a) Fnyei à l’art.- Stamcnti, liv. iv, ch. 4
nuuxs iv. province de Gallura que les secousses en furent plus violentes et plus terribles. • - > •
Les Sardes du parti de l’Autriche furent, l’année suii7<*. vante , indemnisés de leurs pertes ou récompensés de leur zèle pour cette cause, par la donation des biens de leurs , antagonistes. ■ ' '
Traité Le traité d’Utrecht, en 1714, assura la possession de J maison d’Autriche. La bonne intelligence ne
dura pas long-temps; le caractère remuant du cardinal Albéronila troubla bientôt.
Pmjri. dacar- Ce ministre du roi d’Espagne trouva, dès l’an 1716, ,01 ijiS."1”1 l’occasion de déployer ses talents funestes, A peine vît-il l’empereur engagé avec les Vénitiens dans la guerre contre les Turcs que , feignant de concourir également à cette , entreprise, regardée comme sainte, l’Espagne arma une
puissante flotte, et obtint même de la cour de Rome la permission de lever de fortes contributions sur les biens du clergé. Pour mieux donner le change sur ses desseins, Albéroni ordonna à cette flotte de croiser dans les mers du Levant; elle rendit même des services essentiels à l’île de Corfou.
,7i7. L’année suivante , une seconde escadre sortie de9 ports d’Espagne paraissait également disposée à bien mériter il r.u .uacjuM- de la chrétienté , lorsque tout à coup elle reçut l’ordre de
Hic de Sardaigne «/«• « , .
tl l’en empare. s arrêter et de débarquer ses troupes en Sardaigne.
La nouvelle de l’attaque et de l’occupation soudaine de cette île frappa tout le monde d'indignation , et ne put pas même être justifiée par les plus zélés partisans de l’Es- • pagne (1).
(i) On pent lire à ce sujet U lettre fort intéressante qu’écrivit alors le marquis t.rimaldi, secrétaire d’état, aux ministres espagnols auprès des cours étrangères, insérée dans le Recueil historique des actes et négociations , mémoires et traités depuis la paix
CUAP. IV., — ESPAGNOLS.
Le marquis de Lvyde , à qui celte expédition fut confiée, rmurrr. v. surprit Cagliari presque sans défense, et enleva ainsi l'île entière à la domination de l’Autriche.
Après plusieurs contestations, la Sardaigne fut, par le l» Sartlaigne traité de Londres, en 1720, rendue à l’empereur, et le £&*ou,™ri" même joiir cédée par ce monarque à V ictùr-Amédce de Savoie , alors roi de Sicile , en échange de cette dernière île, que ce souverain avait obtenue, en 1713, par le traité d’Utrecht. .
Nous avons vu , à la fin du chapitre précédent , en quel Réflexions sur état se trouvait l’île à l’époque de la domination pisane , et combien elle eut à souffrir des guerres toujours renais- <UisDr santés dont elle fut continuellement le malheureux théâtre.
L’arrivée d,es nouveaux conquérants ne lui fut guère plus favorable. Entrés en possession de ce royaume par la voie dés armes , les rois d’Aragon ne pensèrent d’abord qu'aux moyens d’y étendre et d’y assurer leur domination. Leur premier soin fut de détruire le gouvernement des juges ; mais ils n’y purent réellement parvenir qil’après quelques années ; il en fut de cette invasion à peu près comme de celle des Romains. Los Génois, et principalement les Pisans, ainsi que jadis les Carthaginois, n’ayant cédé l’île qu’à la force , et par conséquent n’ayant pas renoncé à leurs prétentions , ne cessèrent d'y entretenir des correspondances et d’y fomenter des insurrections : c’est ce qui donna lieu à ces petites guerres partielles dans lesquelles le peuple d’un canton s'armait sous la bannière- de son châtelain ou de son juge , pour combattre son voisin et arroser souvent de son propre sang ses champs dévastés et devenus incultes; et ces combats se. livraient uniquement pour changer de fers.
d’Ut redit jusqu’au second congrès de Cambrai' (Édit. ih-8° de M. RousSet. La Haye, »778 , p. u6i.)
64 i-ivKB i. — aperçu historique.
Les rois d Aragon, de leur côté, occupés ailleurs par de plus grands intérêts , furent quelquefois forcés d'abandonner leurs lieutenants au moment où les secours devenaient le plus nécessaires pour achever une campagne ; et de là ces traités dictés par la seule nécessité , source infaillible de nouvelles ruptures; delà cette méfiance réciproque dont les tristes effets rejaillirent sur l’agriculture et le commerce.
Ces guerres continuelles, et la mauvaise administration des finances obligeant les rois d'Aragon à recourir à des emprunts qu'ils étaient dans l'impossibilité de rembourser, ils crurent remplir leurs engagements et suppléer au paiement de leurs dettes par la dispensation des grâces et des privilèges , et surtout par des exemptions^ étrange manière ,.miî$rn> ** de s acquitteren affranchissant d’une obligation commune une partie de la nation et faisant retomber la totalité du fardeau sur la masse du peuple !... La classe qui était d<jjà la plus malheureuse fut ainsi seule chargée de payer les dettes du gouvernement, et vit, par ce système désastreux , augmenter ses souffrances.
A mesure que les privilèges et les exemptions se multipliaient , les hommes qui supportaient une double charge ne virent d’autre moyen de soulagement que celui d’entrer à leur tour dans la classe des privilégiés. Telle dut être la source de cette nuée de gens titrés dont fourmille la Sardaigne : caractère qui de nos- jours fait reconnaître les pays soumis jadis à la domination aragonaisc ou espagnole; telle est enfin la principale cause de l’accablement et de la misère de la classe étrangère aux privilèges.
Hrÿtmr f«»ui. On pense bien qu’avec cet ordre de choses déplorable le régime féodal fut dans toute son activité. La cour de Baicclone et ensuite celle de Madrid n’avaient d’autres moyens de se maintenir en possession des pays' lointains que celui de s y faire des créatures. Les seigneurs pisans
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