‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 30 sur 193 · I.IVRE t. — Ai’KRf.li HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I.IVRE t. — Ai’KRf.li HISTORIQUE

supérieur. Pc là vinrent cès désordres qui eurent de si fâcheux résultats.; de là le peu de cas-que la cour de' Madrid' faisait des Sardes en général, que -les vice-rois avaient, intérêt de représenter comme des sujets turbulents et rebelles ; de là , enfin ^ cette espèce d’animosité qui exista , dèÿ ce temps, entre les indigènes et les fonctionnaires étrangers. 1 . ' ,

Si quelquefois ces viqe-rois portèrent atteinte aux lois du royaume au préjudice des insulaires , il faut convenir aussi qu’il leur arriva de' les enfreindre, du seulement de violer quelques unes de leurs formalités, dans le but d’une 'utilité réelle pour leurs administrés. Je citerai., à ce sujet , le discours que prononça , aqx cortès assemblées , le vjcei*o i Moncade , dé la part du roi Philippe 11, lorsqu'il fut question de bâtir des tours de dçfensè le long du littoral , et de pourvoir à leur entretien par un nouyel impôt (1). ■ Durant les premiers temps de la domination espagnole , la religion dominante en Sardaigne fut toujours la catholique romaine ; mais elle ne paraît y avoir été exclusive qu’à dater du règne de Ferdinand, qui, ainsi que nous l’avons dît , chassa les Juifs de la Sardaigne , comme des autres états. ' t .

Quan t à l’inquisitioh , établie réellement sous Philippe U, «He ne semble pas avoir été portée en Sardaigne au même point qu’en Espagne. J’ai lieu, de croire que non seulement il n’y eut dans l’île aucune exécution à mort , mais. que le peu de personnes qui figurèrent sur les bancs du Saint-Office y furent traduites pour des imputations étrangères aux dogmes et à la croyance : telles furent les • affaires des frères.Minuta , l’an 1 575 , et de Pierre Gdiso , baron dé Galtelli , accusés do bigamie (2)..

.(i) Voyez l’art, Tonry, Uv. tv, chap. 9 de ce volume.

‘(fl) Llohexte , J[ng. t. IV, pi 188, 4>4 et {i5, é*Üf. in-8'“

<le Paris , 1818.

langues ru iitJgt: alors.

f *' CH,\I*. IV. — ESI*A(i>l>LS. ' 09

11 ne paraît pas qu’avant l'année 1668, les Espagnols c>ra

aient tenu en garnison dans l’île des troupes de leur dlns pays ; le P. Aleo; capucin, qui a écrit l’histoire sarde de ce temps, raconte en détail l’arrivée du duc de San Germano, vice-roi espagnol, envoyé par la cour, après l’nssassinat du marquis de Camraerassa. Le portrait qu’il fait des troupes espagnoles à celte époque est peu flatteur.

Il était trop naturel qu’à la suite d’une domination qtii avait duré si long-temps, la langue' catalane et l’espagnole fussent employées dans les actes du gouvernement (i); elles devinrent aussi celles que parlèrent les classes élevées.

A l'époque de l’arrivée des Aragonais , on employait en Sardaigne deux modes de compter les années. Le càp de Cagliari, en général, suivait la coutume génoise, qui commençait a Nativüate , ou jour de la’ naissance de ici um N .-S. , tandis t)uc le cap de Sassari comptait, selon le style pisan , ab Jncarnationc , ou du jour de l’Incarnation. Une pareille différence dans un petit état causait de grands inconvénients; le roi D. Pierre, par un décret (Je 1 an 1350, ordonna à tous ses sujets sardes de se conformer à une règle générale, en adoptant la date de Not-1 : cot édit ne fut guère observé que dans la partie méridionale de I^ile, où nous avons déjà vu qu’on suivait le'style génois , tandis que dans la Sardaigne septentrionale un reste d’influence pisanc et la proximité" de l’Italie mirent des obstacles *à cette réforme. C’est ce qui donna lieu à deux

Réforme dit»

le iriode de dater

(i) Dixast, chap.dés cortè», liv. I, tit. iv, rliap. m, nous apprend que sous le gouvernement du Vice-roi Alphonse de Madrigal , il fut ordonné que toutes les lois écrites en langue étrangère (itdlicriqcj fussent traduites en catalan , etc. , etc. Le hùilateur. Carillo dit cependant qitè dans la partie septentrionale de l'ilc on ne put baunir entièrement l’italien. "

•* rJt£

.. réclamations des cortès, en 1560 et 1565 , pour que l’uni-'

' formité à cet égard fut enfin établie dans l’île (1). • in.iruct.an. Quoique les souverains de la Sardaigne , durant la pé-riode qui nous occupe, aient fondé ,-ou pour mieux dire aient permis l’établissement de deux universités (2), il»

, paraissent avoir eu pour but principal d’entretenir une ' vive rivalité entre les deux caps (3) , plutôt que de pour- ' «voir à la véritable instruction de la jeunesse sarde. •

Les Sardes, sous ht domination aragonaise et espagnole, étant souvent gpuvernés par des vice-rois plus • avides de richesses qu’occupés de leurs devoirs, et n’ayant a leur disposition que des moyens d’instruction bien insuffisants, ne purent suivre les progrès de la civilisation de l’Eùrope, et firent même des pas rétrogrades, ou du- ... .moins s’arrêtèrent; et malheur à ceux qui restent immo-

■ biles sur une route que d’autres continuent de suivre d’un pas constant et uniforme (4)1 ... • . * : •

Mm. on ii'Au- Le court espace de tenips que la maison d’Autriche . posséda ce royaume lui laissa à jaune le loisir de se reconnaître. Des projets d’amélioration fureht pourtant pré- • sentés; une carte géographique de l’ile fttt même drossée par son ordre; mais les événements politiques ne lui pér-

ir) Cossu , Nolitie stor. di Sasiari , p. i i5-i tj. ■

(1) Selon le même auteur, l’université de Cagllari fut établie d'après la demande des stamenti , dans les cortès qui eurent lieu en iéo4, et d’après une bulle du pape de l’an 1606; celle de Sassirrfut érigée par les habitants de cette ville au commencement du • xvu" siècle.

(3) Voytz ci-après, liv. iv , chap. i, lorsque je parlerai de la division dn royaume en caps.

(4) Il n’est question ici que de la nation en générai ; je me garderai bien de comprendre dans cette proscription plusieurs personnes dont la réputation est certainement bien méritée , mais qui , je dois l’avouer, ont fait exception.

CHAP. IV. AUTBICHIENS. . ■ TJ

mirent pas de pourvoir aux nombreux besoins de la population (I). Cette tâche était réservée à la maison de Savoie.

. (i)Le seul souvenir important qu’aient laissé les Autrichiens dans file, c’est l’introduction de la plabtation du tabac, en 171 4-

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