CHAPITRE V
Maison de Savoie.
victo* Vicïor-Amédék II, de Savoie, roi de Sicile , ayant ■ échangé cette île contre la Sardaigne , moins dé son gré
que par suite des circonstances de la guerre , s’occupa cependant , avec un zèle véritable , du sort de ses nou- veaux sujets. liseur envoya le baron de Saint-Remy, en qualité de vice-roi , et renonça au don que, selon les lois du royaume , les stamenti étaient tenus d’offrir au souverain à son avénefinent au trône. ,
Plusieurs ordonnances réglèrent la police intérieure et l’administration de l’île -, enfin , malgré les occupations que lui donnaient ses affaires dit Continent et' les luttes oontinuèlles qu’il eut à soutenir, tantôt contre la France, tantôt contre la maison d’Autriche, ce monarque prit d’excellentes dispositions pour améliorer le sort de la Sardaigne. , : •
Charles-Emmanuel III , son fils , lui ayant succédé en 1730>, s'intéressa vivement à la situation déplorable de la Sardaigne, et ne négligea rien pour élever ce pays au niveau de ses autres états de terre ferme. 'L 'agriculture , le commerce,' lés lettres, la tranquillité publique, l’augmentation de la population , furent les principaux objets de ses sollicitudes. La Sardaigne reçut sous le règne de ce prince une nouvelle existence, et se vit, èn fort peu données, en état d’atteindre la marche de la civilisation de l’Europe. . V ’ '
Charles, qui mourut dans un âge fort avancé, laissa la couronne à son fils aîné., Victor-Amédée III.
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La retraite du ministre qui avait tant contribué à la v^-ro» ' . gloire du régne précédent et plu* tard la révolution fran- .7‘" ■■ . ■
caise furent des événéments funestes aux progrès de la ‘Tl5- Sardaigne. Les bonnes Institutions, trop récentes encore Cira>n»unce> pour se passer de l'appui du gouvernement, dégénérèrent insensiblement. Les hommes qui ne. vivent que d’abus et de privilèges, n’étant plus tenus en respect par une force suffisante, reprirent le dessus-, enfin , il faut bien l’avouer, • • des choix peu heureux parmi les- fonctionnaires publics envoyés de Turin concoururent, avee les causes que je viens d’exposer, à changer rapidement ce pays et à lui faire prendre une marche rétrograde. La Sardaigne se Ait«p»a« trouvait en cet état lorsqu’elle fut, en lt92, menacée .59^93. d’une invasion de la part do la république française.
Occupé d’une guerre malheureuse qui lui enleva en peu de temps une partiç de son ancien héritage , le roi Victor- Amédée fut obligé de laisser aux Sardes le soin de leur propre défense. L’amiral Truguet s 'étant présenté dans la . ’ ,