Y* LIVRE
Saint-Pierre et de
Saut-Ântioco , vint tenter une des-
— cenle dans le golfe où est la capitale; mais, d’un cdté, les mauvaises dispositions et l'indiscipline des assaillants ,
. .• de l’autre, la bonne contenance des insulaires, favorisés
. • " encore par les éléments , firent avorter l’entreprise. * V
• L’amiral français, découragé par son peu de succès, et
■ voyant que personne dans l’île ne s'était déclaré en sa fa-
veur, comme on le lui avait fait espérer, renonça à la conquête de ce royaume, après une perte assez considérable en hommes et eh bâtiments. Il eut à regretter surtout le Léopard , vaisseau de quatre-vingts canons. , .'
C "«"■“"‘k dm Le roi, cohtent de la conduité- des Sardes , les engagea'
.Umrtitu. . #
à lni adresser leurs demandes sur ce qu’ils croiraient utile à leuç pays. Par suite de celte invitation , plusieurs députés, choisis parmi les membres des trois ordres du royaume, furent envoyés à Turin et chargés de solliciter différentes choses, entre autres la convocation des états-généraux (cortès). . • .
Uur ptu de Ces députés reçurent à Turin l’accueil le plus flatteur:
niçois. ' ' ... ’ . . 1 •
mais, abusés parles intrigues des ministres et par la politique du cabinet à cette époque , ils perdirent leur temps , dans la capitale^ et revinrent dans leur patrie , où ils ne rapportèrent que des promesses.
Il résulta de ce contre-temps de vives animosités, qui dégénérèrent en véritable révolte; tous les fonctionnaires publics venus de Turin, et même le vice-roi, furent expulsés. Quelques prélats furent seuls exceptés de cette proscription. Un autre vice-roi, le comte Vivalda, arriva la même année , accompagné du marquis de La Planargia, Seigneur sarde, nommé général des armes-, mais l’agitation continua : de nouveaux troubles éclatèrent le
Révolte.
paraît avoir adoptées un peu trop légèrement, sur la parole d’autrui, et qu'il nous a transmises sans doutc'de très bonne fbi.
▼IÇTpÉ* AMIJOLE III.
CHAt*. V. — MAISON DE SAYÔ1E. 75,
0 juillet 1795. La fureur populaire immola Je.marquisdé la Planargia et le chevalier Pitzolu , intendant-général du wyaume, regardés comme contraires aux désirs du peuple. • • * •
Cette conduite n’était certainement pas propre à attirer ikh^Ico du sur les Sardes la bienveillance de leurs souverains : c’êsl"14' l’*r*' • pourquoi ils expédièrent à Rome le digne et -vertueux évêque de* Cagliari (1), pour intéresser le saint-père en leur faveur, et le prier d’intercéder pour eux auprès du roi. Cette démarche réussit ; le souverain pontife accueillit . favorablement leur demande, et, ayant employé ses bons offices auprès de la cour deTurin, tout fut oublié en 1796, , 4
et les choses reprirent leur cours ordinaire. Mais on sent bien que de semblables secousses në purent qu’entraîner les plus fâcheux résultats pour cette île.. r.
Dans la même année, le roi Victor mourut, laissant • *
, * LhaTiça-Lnima-
pour successeur son fils aîqé , qui monta sur le trône sous *»uei IV. ■ le nom de Charles-Emmanuel IV, et qui ne recueillit , selon ses.expréssions , qu’une couronne d’épines. Cet évé- * ' nement fut suivi de fort près de l’invasion de ses états.du . ' continent , dont la république française s’empara. . >
Contrainte de quitter Turin , la famille royale se rendit à Livourne, où Charles-Emmanuel reçut trois députés chargés par les stamenli de' Sardaigne , non seulement de renouveler au roi et à toute sa famille leurs protestations de fidélité , d’amour et de dévouement , mais encore de les supplier de se rendre dans.l’île ,- etc. Leur mandat leur imposait de chercher le roi partoutoù il serait, de recourir au besoin à la flotte ' anglaise > qui se trouvait dans la
La coui- tpitljc Turin , 1798* .
(1) Monseigneur Mêlante de Portuia, gentilhomme piémontais, qui fut ensuite' transféré à l’évêchc de Movare, où d termina sa carrière il y a, quelques années.. .' ■ •
<*ha*lh kM MANUEL It.
76 LIVRE I. ' — APRRÇU HISTORIQUE. •
Méditerranée , et demettre la Sardaigne sous sa protection <, afin qu’elle fût conservée à la maison de Savoie.
; ' Cette dernière recommandation fut superflue, car, ayant
1 trouvé la cour à Livourne , ces députés s’y embarquè- Klk démarque • rent avec elle , sous l’escorte d’une frégate anglaise. Le ‘ cpnvoi arriva le 3 mai 1799 dans le port de Cagliari. Les Sardes accueillirent le roi et toute la famille royale avec les transports d’affection et de joie les moins équivô- , • ques. \ \
Dès les premiers jours de son arrivée., Charles-Emma- • . miel, soit pour donner aux Sardes un témoignage de son ® estime , soit pour se soulager lui-même d’une partie des
soins de son gouvernement , nomma gouverneurs des deux caps deux de ses frères. Le duc d’Aoste , Victor-Emmanuel, eut les provinces de Cagliari et de Gallura, le duc de Monfcrrat le cap et la ville de Sassari.
. Les choses restèrent sur ce pied jusqu’au moment où , instruit des avantages remportés par les arrtées austrorusses en Lombardie, le roi résolut, de retourner sur le continent ; il se fit d’abord précéder par le duc d’Aoste , » quj partit de Cagliari , le 15 août 1799, après avoir été ’ , remplacé dajié sofi gouvernement par le duc de Genevois.
Le roi ayant ensuite fixé le jour de son départ et choisi pour l’accompagner son frère le duc de Montferrat , il le fit relever dans son gouvernement de Sassari par son autre frère le comte de Maurienne.
Mbrt .in ti uc Ce voyage , qui n’eut pas des résultats bien satisfaisants, ,799-Tal commença' sous de mauvais auspices , Car le duc de Mont- ' ferrât s’étant rendu à Alghero pour y voir, à leur passage,
. . le duc et la duchesse de Chablais, y tomba malade. Il mourut le 1 2 septembre, à la fleur de son âge, et universellement regretté. Charles-Emmanuel partit de Cagliari c.iuriM-Féiii quelques semaines plus tard (le 22 septembre 1799\ lais- IXniT"WC*rm 531,1 ^ans Hic deux dp ses frères, le comte de Maurienne