‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 36 sur 193 · MAISON DE SAVOIE · texte numérisé non relu

MAISON DE SAVOIE

• - La Sardaigne , qui toujours fut regardée comme faisant I -aligne italien»* partie de l’Italie, n’avait, depuis les Pisans, aucun rapport avec cette contrée : c’est pourquoi, sous la domination de l’Aragon et de l’Espagne, les langues latine, catalane, castillane et la langue nationale étaient les seules en usage, tandis que l’italien était presque inconnu (1) ou bien oublié, si l’on en Oxcepte qoelques cantons de la •

partie septentrionale de l’ile , qui avaient conservé des rap- • * ports avec la Péninsule (2-). ta langue italienne fut remise en usage par les soins de Çharles-Emmanuel ,- et en fort peu de te m fis différents auteurs sardes publièrent des ouvrages remarquables dans cet idiome , et prouvèrent que rien n’est impossible à un gouvernement lorsqu’il veut sérieusement s’occuper de l’amélioration d’un pays, même le plus reculé sous tous les rapports. t

Les Sardes alors redevinrent Italiens, comme ils l’avaient déjà été sous les républiques de Rome , de Pise èt de Gênes, et comme ils doivent l’être en ettêt par leur position géo-

propriétés, de» réformes à faire dans la construction des chariots, et principalement dans leur» roues; des manufactures de verre, 4c papier, de drap, etc. EuGn, l’on voit que, si le temps l’eût permis, et si les événements postérieurs ne s’y fussent pas opposés, une grande partie de ce qui s’opère maintenant en Sardaigne eût* été effectuée sons ce règne justement célèbre.

(i) Le père Napoli, dans sa Nota illustrala , n° 100, cite le P. Lovera, qui , en 176a, envoyé par le roi Charles pour enseigner . la langue italienne en Sardaigne, s’étonna de ce qn’on la parlait facilement dans cette île : ce fàit ne saurait contredire mon assertion : i* Trcntc-deus ans s'étaut déjà éconlés depuis que l’ilc appartenait à un prince italien , une génération pouvait avoir appris rette langue ; a° les personnes qu’il cite étant des religieux des écoles pics , qui ont des relations avec le continent , 11c sauraient faire règle à ce stijet.

(a) f'nyez Carillo, visitaient du rovauiçc, relation imprimée en 1661.

graphique : lu belle langue de la péninsule italique fqt depuis employée dans les affaires, tandis que la catalane (I) et l'espagnole restèrent confinées dans quelques cloîtres ,

• où le gouvernement n’avait , et n'a encore de nos jours , aucun intérêt de prétendre opérer une réforme sur cet article (î). . ' ,

Événement» (u- Les changements sui-venus sous le règne de Victor- 11 vl" Amédée , et les événements que nous avons rapportés, arrêtèrent, comme on l'a vu , les progrès rapides de la Sardaigne. Les hommes qui prenaient un intérêt réel à la prospérité do cette île eurent la dçulcur de voir s 'évanouir presque entièrement le fruit de plusieurs années de sacrifices et de succès. •

L’arrivée de la famille royale et de la cour dans la capitale , événement sans exemple dans les fastes de la Sardaigne, aurait eu certainement les plus heureux résultats dans des conjonctures différentes (3). Mais les mêmes causes qui conduisirent dans file la maiàon de Savoie l'ayant privée des moyens qui étaient indispensables pour améliorer le sort des habitants, comme elle le désirait,’ les espérances que ceux-ci avaient conçues commencèrent à s’affaiblir, quand ils virent plusieurs de leurs princes moissonnés par la mort , ,et par suite les autres dégoûtés du séjour de cette contrée. ' s

eiurim-Faii’ Quand Charles-Emmanuel et le duc d’Aoste furent remTn.Xnît.bc tournés en Italie, le prince vice-roi fut obligé de pourvoir

(i) J’cxfcepte là ville d’AIghero, Colonie catalane, qui conaerve encore le langage delà mère patrie.

’ (a) F oyez ci-après, dana le livre m de ce volume, art. Langue. (3) L’impression que fit l’arrivée des souverains dans file produisit un effet tel «pic l’on vit cesser tout à coup les crimes de vengeance , et que , pendant quelque temps , il ne se commit plus aucun de ces forfaits que jusqu’alors la justice avait eu journellement à poursuivre.

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CBtf. v. — MAISON DK SAVOIE.

aux dépenses indispensables que d’uu côlé l'entretien de ses deux frères sur le continent et de l’autre les besoins de l'ile exigeaient impérieusement. Il secourut, de sa propre cassette, les indigents, les malheureux 5 il encouragea les gens de lettres , ctç. Je ferais connaître ici tous les bienfaits de son gouvernement , si une éloquente plume (1) n’eût déjà rempli celte tâche. •

Je rappellerai seulement la création de la Société sociOe Agntr», Agraire, l'établissement d’un Musée d’antiquités et d’his- “

, toire naturelle, et le projet d’une route centrale, dont une partie avait déjà été exécutée ; ce sont autant d'amé- .

lioralions émanées de ce prince qui méritent la reconnaissance des insulaires.'-? .

Si Victor-Emmanuel, revenu en Sardaigne en 1806, s'occupa moins des besoins intérieurs de l’île que de l’entretien d'une marine militaire, et de projets analogues, peut-on lui en faire un grief? Les circonstances et la pénurie du trésor ne permettaient ni entreprises ni innovations dispendieuses. Ce prince prouva bien par la suite qu’au milieu des soins que réclamaient ses états de terre ferme, rendus enfin à ses désirs, il n’oubliait pas l'ile où il avait été accueilli comme un père.

Le gouvernement de la reine dura trop peu de temps iMpacxi'U pour produire des effets "bien remarquables. Son admiuis- rt‘“' tration montra de l’énergie , mais elle fut de trop courte durée pour porter des fruits.

Le général Jaques de Villamarina , qui gouverna l’îlo Gou.ctncmmi en qualité de lieutenant du prince viçe-roi , et qui joignait YJ

à une conscience intègre un caractère ferme et sévère, t

usa d’une salutaire rigueur envers les malfaiteurs : ceux-

(1) Discours du chevalier D. Lud. Baille, secrétaire perpétuel de la Société Agraire de Cagliari , A l'avènement au trône de S. M. le roi Charles-Félix, prononcé lé i5 juillet 1821.

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88 J^VRB'I. *— APERÇU HISTORIQUE.

ci , quoique fort nombreux , disparurent presque entière- ' ment en moins de deux années, car le vice-roi voulait efficacement, et savait user de sévérité sans s’écarter des règles de la justice.

Durillon* En 1818 , la Sardaigne vit, pour la première fois, un mjnin-r r " corpsde troupes organisé, destiné à la policeet au maintien de la tranquillité publique; niais ces moschettiéri , c’est ainsi qu’on les nommait, firent bientôt place aux chasseurs royaux : ceux-ci furent organisés en 1819, à la suppression des chevau-lègers de Sardaigne , et trois années . après ils furentremplacés par des carabiniers royaux (t ).

La fin du règne de Victor-Emmanuel fut marquée en Sardaigne par la loi sur les enclos (2) , par l’abolition de la torture, et par l’envoi des ingénieurs des ponts et chaussées dans l’île pour s’occuper, du premier projet des foutes (3).

Celle qui éonduit actuellement de Cagliari à Sassarr, qu’on a nommée d’abord centrale, et qui ést appelée aujourd’hui royale , fut commencée et achevé^ sous le règne de Charles-Félix. ’ ’ • •-

sou charte*- Parmi les mesures prises par ce prince , pendant son b ’ règne, en faveur de la Sardaigne, nous citerons l’établissement des écoles normales (4) , celui de la dette publique, la promulgation d’une collection de' lois jusqu’alors éparses et la plupart inconnues, la création de nouvelles chaires dans les universités , les pensions et les encoura-

‘ (i) A ces derniers on substitua de nouveau, en i833 , les chevaù-

légcrs de Sardaigne. Mais on doit dire, en honneur de ta vérité, que les carabiniers royaux ont laissé dans toute tôle un honorable souvenir, et un effet moral que tout autre corps ne pourra jamais inspirer.

(a) t'oyez ci-après , liv v, chap. i".

(5) Voyez ci-après , liv vi ,■ chap. 5. *

(4) Voyez ci-après , article Instruction- '* 4

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