‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 55 sur 193 · CHAP. IV. VOLCANS. . 14J · texte numérisé non relu

CHAP. IV. VOLCANS. . 14J

au-dessus de Padru-Mannu , celui de Planu-c-Murtas , ceux d 'Orosèi, de Dorgali, de Barï, do Nuni, d'Escolca, de monte Arci, de la Giarra, etc. Les coulées qui sont sorties de ces cratères se sont répandues sur les terrains tertiaires qui leur sont antérieurs ; mais elles annoncent que la formation des vallées actuelles leur est postérieure : plusieurs de ces nappes se correspondent entre elles d’une manière remarquable d'un côté à l’autre d’une grande vallée , ou d’un sommet à l'autre de deux points élevés.

Il existe enfin en Sardaigne des volcans plus récents Voimu pu„ qui ont répandu leur lave dans les vallées actuelles; ils paraissent cependant antérieurs à toute donnée historique, et ils supportent des monuments réputés de la plus haute antiquité : ils ont le plus grand rapport de forme et de èoqiposition avec ceux de l’Auvergne, et se présentent, comme ces derniers, eu espèce de traînées; leurs cônes, formés en grande partie de scories noires et légères, ont souvent un air de fraîcheur qui contraste avec la date assez éloignée des éruptions de ces petites bouches ignivomes. ,

Les plus remarquables de ces cratères sont ceux de Kerémulc (1), de monte Mannu, de Ploaghe , de monte Jluiu , et de monte Austidu près de Giave , etc.

.Les substances les plus dignes de remarque parmi les produits pyrogènes sont les prismes semi-vitreux de l’île de San-Pietro, les obsidiennes, vitreuses de Sant-Antioco, celles très noires de Pau , de Siamanna et de monte Arci ; les' obsidiennes perlées de Sant-Antioco , les stilbitos de •

Pula (2), les stilbites, les analcimcs, les cliabasies et les

(i) M. le professeur Keyser, de Christiania, est le premier qui, à ma connaissance, se. soit occupé de la géologie de la Sardaigne; j'ai eu l'avantage de' l’accompagner dans la plus grande partie de son voyage, qui eut lieu pendant le printemps de l’année 1819.

(a) J’ai trouvé en cet endroit dé la stilbitc compacte, substance qui est assez rare. • .

14g LIVRE II. >— DESCRIPTION PHYSIQUE.

mésotypes de Monastir; enfin les olirines d'un vert brillant du monte Ruju, près de Giave. .Je ne parle pas des scôries légères et noires dont on se sert pour faire lesvoûtes, et qu’on a fort mal à propos nommées ponces : elles appartiennent presque toutes aux derniers volcans, et se trouvent au pied des cratères qui les ont vomies.

On trouve également de la pouzzolane dans plusieurs cantons de la contrée volcanique, presque toujours sous la nappe de hasanite, mais on n’en tire presque aucun • parti. Quant aux pierres ponces, il n’en existe dans le sol de l’île que dans quelques lufas trachytiques des environs de Marris et de Tiesi -, on en trouve cependant une grande quantité sur la plage orientale et dans celle qui est mouillée par le canal de llonifacio : aussi, je suis fort porté à croire que celles que M. Reynaud a trouvées en Corse , et dont il parle dans son intéressant Mémoire géologique sur cette île (1), proviennent , comme celles de la plage de Sardaigne , des îles de Lipari , et non du sol du pays. v.

Mitau i Les métaux de la Sardaigne sont connus depuis longtemps : la plupart des auteurs anciens et modernes qui se sont occupés de cette contrée en ont fait mention -, mais si d’un côté les traces des nombreuses excavations faites par les Romains et les Pisans donnent une idée de leurs travaux en ce genre , -d’un autre les notions qu’on a eues jusqu’ici sur le véritable état des mines de l’île laissent beaucoup à désirer.

11 en est des richesses minérales de la Sardaigne comme de celles de beaucoup d’autres pays , où l’on a souvent cru voir un métal précieux, de l’or par exemple, dans du' mira jaune, dans une pyrite de même couleur, et où une

( i )• Mémoire de In société géologique de France , vol. i.aun. |853, pagei. ■ ,

CllAP. IV. — MÉTAUX. f 4U

seule veine , un seul filon observé sur plusieurs points est indiqué plusieurs fois sous des noms différents (l)r

Les détails sommaires que je vais donner sont tirés en partie d’un rapport de M. Despines, inspecteur des mines v et des communications qu’a bien voulu me faire tout récemment M. le chevalier Mameli , ingénieur des mines de l’île de Sardaigne ; quelques autres sont le fruit de mes propres observations. >■

L’existence de l’or en Sardaigne est encore très problématique , à moine qu’on ne le reconnaisse dans quelques pyrites , dont les principales se trouvent à monte Ferru , près de la mine de fer , à Flumini-Maggîore , à Saverda dell'Olio dans l’Ogliastra, près de Villagrande , et à Scddidai , près de Talana , etc.

La plupart des mines de plomb contiennent de l’argent. Voici l’indication des principaux gîtes du minerai argentifère : * *

1*. Bar't, près du village : pyrite argentifère donnant 15 livres d’argent pour chaque quintal de minéral travaillé.

2°. Villagrande-Stmaile : indices de plomb argentifère.

3°. Nurri : sulfure de plomb-donnant 9 à 10 livres d’argent par quintal.

4°. Monte-Narba dans le Sarrabus : MM. Belly et Saint- Réal y ont trouvé de l’argent natif et de l’argent muriaté très riche. Cette mine paraît considérable : elle a 30 à GO [centimètres de puissance. Les travaux faits anciennement sont noyés et comblés-, la localité offre des eaux et des bois en abondance. . .

(i) Il arrive souvent dans les descriptions des mines d’une contrée, comme dans les relations historiques des événements militaires , où chaque parti , donnant des noms différents au même combat, multiplie les choses, quoiqu’elles soient les mêmes sous des noms divers. * .

Or.

Argent.

150 Livre h. — description physique.

5®. Monte-Ruhiu, à vingt minutes de l’église de Taiana, le lon$ du ruisseau de ce nom : on y voit un filon de pyrite argentifère très riche (f). * '

6°. Su Leonargiu , à une heure au sud de Talana : on y a trouvé du minerai de plomb très riche en argent dans une matrice de grenats et d’épidote ; mais des recherches récentes , faites dans une espèce d’excavation ancienne , n’ont fait découvrir aucune trace de filon : cette localité est encore une de celles désignées dans le pays pour avoir enrichi le vicaire Pisano et le P.' Paéifico.

7°. Su Zîppiri-de-Cardargiu ,'à une demi-heure à l’est du Leonargiu , autre localité où l’on prétend que s'enrichirent les deux individus ci-dessus : on y voit un petit filon pyriteux avec des indices de pyrites de cùivre contenant de l’argent. * • '

8°. Au monte Orcesia, lieu dit Sorbenno, à deux heures S.-O. de Taiana, filon de sulfure de plomb argpntifère âvec de la blende et de l’arsenic dans une gangue m de grenats et d’épidote. Le filon a à peu près deux mètres de puissance ; on trOqve au-dessous de cette localité l’eau et le bois en abondance.

9°. Dans les montagnes dp la Nurra , lieu dit Rocca de sa-Plata, on voit dçs indices de minerai de plomb riche en argent. . ' ’ t.

10®. A l’Argentiera, un filon de plomb très argentifère exploité par les anciens : on voit près de là , au port Saint- Nicolas, les restes d’un four où l’on traitait ce minerai.

“ 1 1®. Arbus et Guspini : filon de plomb argentifère avec de la pyrite cuivreuse , de la blende , du quartz et de la

(i) 11 y a lieu dp croire que cet endroit a été déjà exploité par plusieurs personnes , entre autres le P. Pacifico et le recteur d'il • bono , qui passent dans 111e pour avoir tiré beaucoup de richesses des substances minérales de cette contrée.

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