CHAPITRE V
'•> Règne végétal. .
La végétation change tellement en Sardaigne, selon les v<%eution. localités et les saisons , qu’elle se montre sous un aspe'ct totalement dissemblable aux voyageurs arrivant dans l’île à différentes époques de l’année, ou sur des points opposés. Il n’est donc pas possible d’en donner une idée précise sous un point de vue général ; les phénomènes et les variations qu’elle offre ne sont d’ailleurs qu’une conséquence de Ta situation géographique et de la constitution physique des divers cantons.
Mais on peut, d’après les différentes parties de l’île , Dim* «■mro., diviser la végétation en trois régions qui offrent un earactère assez constant : savoir, celle de la partie centrale et montueuse ; cçllé des côtes et de quelques régions septentrionales , et celle des côtes et des plaines méridionales. La végétation , dans la première , peut se comparer à celle de la Corse ; dans la seconde , à celle de la Provence et d’une partie de l’Italie ; et dans la troisième, à celle de l’Afrique, septentrionale. J’ajouterai à cet exposé que la végétation de la seconde région, caractérisée par la culture de l’olivier, est celle où , dans le courant de l’année, on remarque le moins de changements et de variations considérables; mais il n’en est pas ainsi des deux autres régions, qui sont alternativement riantes et tristes, avec cette différence pourtant, que lesVégions de l’intérieur, étant boisées ,;*nc présentent pas durant l’hiver cet aspcct-de nudité dont on
Hit LIVRE II. — DESCRIPTION PHYSIQUE.
«•si frappé en été dans les plaines et sur les côtes du midi de l’He : car celles-ci sont en général dénuées d arbres, et . ne produisent que des broussailles ou des herbes.
Au reste , la végétation de la Sardaigne ne peut manquer d’intéresser le naturaliste, tant par la variété des espèces que par la puissance de leur développement : c’est principalement sur les montagnes du centre qu’il pourra observer de combien la croissance des arbres et des arbrisseaux y est plus forte que dans beaucoup d’autres pays.
Distribution Le pin croît surtout dans la partie occidentale de la . plante*. Sardaigne et dans Je voisinage de l’île San-Pietro ; le châtaignier et le noyer sont cultivés de préférence dans les hautes montagnes du centre ; le cyprès cultivé est rare ; on voit beaucoup de lauriers. On rencontre fréquemment l’érable trilobé dans les forêts 5 dans quelques endroits il çst mêlé au charme. Le liège et le chêne vert sont nombreux ; le genévrier-oxycèdre (1) et le houx les égalent en grosseur ; l’if s’élève à une hauteur prodigieuse ; celle de l’arbousier est souvent de six à sept mètres; le pliillyrea laiifolia acquiert une si grande dimension qu’on peut l’employer dans les constructions ; le myrte , qu'on ne connaît que comme un arbrisseau dans des contrées plus septentrionales , est en Sardaigne d’une grosseur extraordinaire ; le poirier à feuille d’amande et surtout l’olivier sauvage couvrent des espaces immenses sur les collines , et celui-ci n’attend que la greffe pour porter d’excellents fruits ; l’alatcrne,le genêt d’Espagne , le genêt de Corse (genista corsica), le genista t'phedroïdes et le gcnisla as-
(t) Le genévrier acquiert une si grande puissance qu’il est employé en Sardaigne comme poutre daus les planchers des apparte- . ineuts. J’ai vu des planches de ce bois ayant. plus de 60 centimètres Je largeur : on “en fait de beaux meubles , très Odoriférants.
fil AP. V. — DISTRIBUTION DES PLANTES. 165
palalhoïdes sont mêlés aux, bruyères de* différentes espèces, toutes également belles, et parmi lesquelles Yenica arborea s’élance à une hauteur peu commune ; on voit dans quelques vallées arrogées par des fleuves ou des ruisseaux périodiques l'élégant genista œtnensis, avee scs magnifiques fleurs d’un jaune brillant; les cistes, les lentisques, les térebinthes, croissent sur tous les emplacements que la culture néglige. Au niveau des plaines, il n’est pas un vallon , pas un ruisseau qui ne soit ombragé par le brillant laurier-rose ; à côté de ce bel arbrisseau , et plus près des bords de la mer, on rencontre fréquemment le tamarix. C’est aussi vers lc$ côtes que le palmite ( c/tatnterops humilis ), le plus petit des palmiers, et le dattier apporté d’Afrique deviennent plus fréquents. Le cactus opuntia, originaire de l’Amérique équinoxiale, a trouvé en Sardaigne un sol et un climat si analogues à sa nature qu'il y occupe de vastes terrains , soit'poussanl spontanément, soit formant des baies. L’agavé, qui vient des mêmes climats, est bien moins commun , quoiqu'il réussisse également.
, Le figuier, le grenadier, la vigne, donnent de bons Aii.r« fa» fruits, lors même que l’homme ne les soigne pas. Le terrain et la température de la Sardaigne conviennent si bien au ci/ronnier et à l’oranger que ces deux arbres forment un objet de .culture important. On rencontre dans les vergers et les jardins l’amandier,, le cerisier, le prunier, le pommier, le poirier et autres arbres fruitiers de l’Eu-
rope tempérée; enfin , le caroubier, l’azorolier et le jujubier, qui ont besoin d’un degré de chaleur plus élevé pour que leurs fruits mûrissent bien. Aucun des végétaux qui font l'ornement utile des tables ne manque à la Sardaigne. .
Beaucoup de belles plantes sont naturelles à cette île: je me contenterai de dire qu elle a une grande diversité
l'Ianln naturelles à rue.
Flore de ■Ligne.
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d'espèces de légumineuses qui méritent de fixer l’attention : on en voit defort jolies, de superbes ombelldères, et entre autres la férule , 1 opopanax et le fenouil , de grandes molènes ( verbascum ) , qui s’élèvent sur les endroits arides ; de magnifiques digitales pourprées, qui tapissent les montagnes ; un grand nombre de malvacées , dont les fleurs agréables produisent un effet enchanteur dans les paysages; on est émerveillé, dans les lieux frais et ombragés , de la quantité d’orebidées qui étalent leurs fleurs singulières; les liliacées ne sont ni moins fréquentes , ni moins remarquables par leurs fleurs ; l'ail est très commun ; les solanées offrent plusieurs belles espèces. Parmi les plantes à fleurs composées, je citerai des centaurées, qui font l’ornement des campagnes où elles croissent; des chardons qui ont la tige remplie d’une chair si appétissante que les paysans la mangent crue, et que souvent elle forme leur nourriture.
Les bords de la mer et les terrains imprégnés d’eau salée sont couverts d’arroches-halimes, de salicornes, de soudes, de staticés et d’autres plantes qui aiment ces localités. .
Sar- Les personnes auxquelles cet aperçu des produits végétaux de la Sardaigne pourra paraître trop court en seront amplement dédommagées en consultant d'ouvrage bien remarquable de M. le chevalier Mori\, dont le se* cond volume est sur le point de paraître (1).
(1) Flora sardoa , seu historia planlarum in Sardinia et adjacentibus insulis, vel sponte nascentium, velad uli/italem, etc., etc., auctore J. Htacixtiio Mobis. Taurini, 1837. M. Moris fut envoyé en Sardaigne en 1822 eit qualité de professeur de clinique à l’université de Cagliari, et il y resta jusqu’en 1828 : à cette époque, il fut appelé à Turin , où il est actuellement directeur du jardin botanique, et professeur de botanique à l’niiivcrsité de cette ville M. Kertcro ne passa que deux ou trois mois dans lllc.
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Ayant eu l’avantage de l’accîoinjiagner dans une gTande partie de ses excursions dans l’île, y compris la première, qu’il fit avec l'infatigable et infortuné Bertero , je puis attester que mon savant et consciencieux confrère a mis autant de soin et de persévérance dans ses recherches locales qu’il en a employé depuis à eu publier les résultats; je dois à sa franche et loyale amitié les principales notions que j’ai exposées ci-dessus, ainsi que la liste des arbres et arbrisseaux de la Sardaigne, par laquelle je termine ce chapitre.
Arbres et Arbrisseaux de la Sardaigne ( I).
Acer monspessulanum Lin*.
Érable trilobé.
A lu uj glutinota Willd-
Aulne.
Anagyris J'aetida Liait.
Bols puant.-
Amelanchier vulgarir Moencn.
Amélaochier. t
• Amygdalus commuais Lin n .
Amandier commun.
* -- ■ - per sua Linn.
Pêcher commun.
Arbutus Vnedo Linn.
Fraisier en arbre.
Aruado Do aux Linn.
Roseau à quenouilles. *
■ — - Phragmites Linn.
Roseau k balais.
A triplex lialimus Linn.
Arrochc-halime.
Bcrberis atnensis Prlsl.
Epine-vinette de l'Etna.
Buplcurum fruticosum Linn-
Bupleure ligneux.
Calycoiome spinosa Lin a.
Calicotomc ou cytise épineux
vil lot a Link.
Calicotome ou cytise laineux.
* Cas tança vesca ü/feurn
Châtaignier.
Ce lits aus traits Linn.
Micocoulier.
Ceratonia siliqua Linn.
Caroubier.
Chamterops husnilis Lin N
Palmier-éventail.. «
Cutus albulus Linn.
Ciste cotonneux.
morupcliensis Linn.
Ciste de Montpellier.
salvijolius Linn.
Ciste à feuille» de sauge.
(l) L’astérisque * indique les espaces introduites dans Vile, et que. l’on v cultive , parmi lesquelles sont l’olivier sauvage , 1a viene sauvage, et le liguirt d’Inde; elles se sont propagées et disséminées comme des plantes indmtacs.
tirs
d’Inde'; elles se sont propagées et disséminées comme des plantes indigènes.
tuteurs cités. Ait.(Aiton), Ard (Arduin), Bertol. (Bertoloni), Bill. <IjI.iI lardiére } , DC. (Dé Candollc ) , Desf. ( Desfnntaincs ) , Duli
Mirh. (Khiiiarl), GauUi. (Gerrlner), lia w. ( llawortli) , llérit. (L’Héritier^, - . ( Prnwion) , Riss (Ri»so), Ros. (Rosier), Sm. (Rmilo),
l.mn. (Linnée) , Prrs.
VÛL ( Villa r»), Willd. ( Willdeoow’
. -JH
.■à éf.
Cil tus vtllosus Liiw .
* Citrui Aurantium Riu.
* — • — Biffa radia Dm.
* — — limonum Rias.
■*. medica Rias.
Colutea arborescent LlNlf.
* Corylus Avellana Lmw.
* Cornus Mas Lzkn.
; ■ — sanguinea Liitn. ♦<<
t C u pressai sémpervirens Llïtn.
Cydonia vulgaris Pzas.
Cjrthus triflçrus HtlUT.
Daphné Cnidium Liait.
Erica arbore a Link,
■ — cor s ica D. C.
s co pari a Lia*.
Euphorbia dendroides Liait.
Evonymus europatus Liaa.
* Ficus Carica Liki».
Fraxinus excclsior Liait .
— — Ornus LrvR.
Genista œtnensis D. C.
■ ■■ ■ candicans Lin N.
Hèderm Hélix Liait.
Hjrpericum hircinum LlKK.
Ilcx Aquifolium Liait.
J un ip* rus nana Willd. .
■ — Oxy cedrus Lirr.
phœnicea Lia a
\+ Jugions regia Ltaa.
tM va ter a maritima G OU A J».
Olbia Lirr.
/auras nobilis Liaa.
Loniccra impie xa Ait.