‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 67 sur 193 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Caractère phjr* siqoe.

Hommes.

Femmes.

Caractère physique et moral des Sardes.

L'espèce humaine ne semble pas avoir échappé en Sardaigne à la loi du rapetissement qui, dans cette île, pèse sur la plupart des êtres animés ; mais cette particularité, qui souffre plusieurs exceptions, est compensée par une beauté de formes et surtout par une force musculaire très remarquables.

Le Sarde est en général d’une stature médiocre -, il a le corps svelte et bien proportionné, la téille très fine , les jambes fortes et bien droites } le teint un peu bronzé, lès cheveux noirs, la physionomie spirituelle, beaucoup de vivacité et de souplesse dans les mouvements et dans les gestes. *

Ce caractère5, commun aux Sardes, des deux sexes , subit des modifications dans les diverses régions 4e l’île ; et surtout à ses deux extrémités : les habitants du cap*méridional ont le visage plus coloré et plus arrondi, et surtout les pommettes très saillantes , tahdis que ceux, des environs de Sassari ont en général la figure plus aiongée et le nez’ plus aquilin.

Les femmes sardes sont surtout remarquables par leurs grands yeux noirs et par la finesse de leur taille, avantages qui Jes dédommagent de leur teint un peu rembruni, résultat naturel du climat; elles sont formées à l’âge de quatorze à seize ans ; elles sont assez fécondes et conservent long-temps leur fraîcheur.

Il est bien rare de voir en Sardaigne des gens contre-

■DjQitiZËC

' OUA P. il. -**- CA&ACTBItE PHYSIQUE. 187

faits ; et si l'on excepte les habitants des villes, chez lesquels un genre de vie tout-à-fait différent de celui des campagnards opère un changement désavantageux , on remarque dans la figure des Sardes un air de santé qui se retrouve même chez ceux qui vivent dans les lieux réputés les plus insalubres (1). .

fi) Nous allons donner ici un aperçu des maladies principales MaUdi.v j remarquées en Sardaigne; nous t’avons extrait d’une notice insérée , dans la première édition de cet ouvrage. Ces maladies sont : , *

l'CVmtentperk •• elle se présente sous l’aspect d’une /livre intermiltcnlc , ou rémittente simple, on pernicieuse, le plus souvent sous celui d’une Jiivre continue y , ,

a*. Les inflammations Au tube intestinal , du foie et de la raie : ces maladies sont les plus communes; cependant en été, époque A *

laquelle elles sont plus fréquentes, on remarque aussi des encéphalites primitives, dues souvent à l'insolation;

3*. Le* angines, les bronchites, tes inflammations des poumons et dé la plèvre, les rhumatismes et Varlhritis ces maladies viennent en automne et en hiver, et sont causées par les changements brusques de température ;

4*. I-a dyssenterie ; elle se manifeste dans les plaines , lorsque l'humidité augmente et que les nuits. commencent à devenir plus fraîches; , - ». • . ’i .. i J f . ' .

5*. La phthisie pulmonaire u’est pas rare : clic est ordinairement causée par les maladies des voies aériennes de l’hiver;

6°. La petite ve'role et la fièvre scarlatine y ont fait des apparitions et des ravages : la vaccine, introduite depuis quelques années, contribuera progressivement A arrêter 4a première;

7°. Parmi les maladies épidémiques , le typhus contagieux üt de grands ravages en 1806 et en 1816; les épidémies de rougeole n’ont pas été observées depuis bon nombre d’anüées;. là peste u’a pas paru en Sardaigne depuis l’an i5a8, si l’on ne veut compter pour telle une maladie épidéipique quia ravagé l'île en 1708s la fièvre jaune n’y a jamais paru , quoique la chaleur , l’humidité et les émanations propres à quelques cantons semblent aussi fortes que dans certaines régions de l'Atoérique équinoxiale ; le choiera . qui vient de désoler l’Europe et la Sicile, n’a pas pénétré eu Sar-

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Faute de. notions positives ,< je ne puis donner, le moindre détail sur la longévité et sur le nombre des naissances et des décès par classes , par sexe et par âge 5 je

daigne ni en Corse; la coqueluche, n’a plus régné épidémiquement depuis 1811; quoique le croup ne soit pas rare en Sardaigne, on , ne l’a cependant jamais vu être épidémique ;

8*. Les hémorrhagies auxquelles on est le plus sujet dans toute Mie sont les hémoptysies et celles occasionnées par les hérrtorr ho irie s ; , ■ >

' 9*. Les maladies rapportées par les nosologistes adx névroses sont en général pen fréquentes en Sardaigne; on y observe rarement l'épilepsie ; c'est à la g astro-enlérite qu’il faut ordinairement rapporter la cause des apoplexies qui arrivent de temps en temps ;

10*. Le tétanos traumatique est extrêmement rare , malgré la fréquence et la Variété des blessures ; tous les professeurs de chirurgie ont fait cette observation ;

1 1°. L’ hydrophobie est également très rare, tant parmi les hommes que parmi les animaux, malgré le grand nombre de chiens eréants, les chaleurs de- l’été; et sotivent le défaut d’eau dans les plaines (*) : mais la - fréquence des maladies des viscères abdominaux donne lien bien souvent à l 'hypocondrie ;

• 11°. Les aliénations mentales : elles sont extrêmement rares en. Sardaigne ; elle» se réduisent à la mélancolie et à la manie ; doit-on attribuer l’extrême rareté de ces infirmités, dans un pays aussi méridional, à la vie champêtre, aux désirs limités1 et à 'la facilité de lés satisfaire chez la plupart des habitants?

i3°. La démence et l 'idiotisme sont également très rares : j’ai vu , «il J'i quelques années, en comp^gpie de M. le ch. Moris', un crétin dans le village à'dritzn , sa sœur, qui ne .vivait pins, l’était aussi. Arjtzo est situé dans une gorge de montagnes Semblables à celle des Alpes, où le crétinisme est commun : c’est le. pays qui fournil la neige à toute Hle. On n’a pas vu de crétins dans les autres lieux de-la Sardaigne. Il en est du goitre comme du crétinisme : ils sont tout-à-fait étrangers à ce pays; il, n’y a pas de données sur l’existence de la pelagrc ;

On aUribde à l'absence du luup dans file l’extrême rireté de l bjdropUubic. • '• ’

mam ■

€11 AP. II. ■*— CAftACTBHK PHYSIQUE. 189

jmis (lire, d'après ce que j’ai observé, que l’dn voit très fréquemment,. soit dans les villes, soit dans les campagnes, des octogénaires marchant sans l'aide d'un bâton.

r4°- La tarentule (') : lorsque quelqu’un est affecté du farentisme, l’opinion commune-est qu’on obtient la guérison de la maladie ed jouant de quelque instrument qui porte lé malade à danser jusqu’! ce que son corps soit.inondé de sueur : dans certains endroits, les paysans piqués par la tarentule (**) se font enterrer dans le fumier, et y restent pendant cinq à six heures exposés a'dx payons du soleil»! dessein d’exciter une- sueur Abondante , qui produit, selon eux, ainsi que doit faire la danse , la guérison du tarentismé ; en d’autres endroits, on a vu mettre le malade dans uu four passablement chaud. Cependant, malgré Popinion généralement répandue parmi le peuple ! ce siijet, aucun des médecins qui ont été dernièrement consultés ida pu certifier d’avoir observé l ien de ce genre ; peut-être n’cxiste-t-il pas de fait bign avéré,, et le tarentismé de Sardaigne se réduit probablement, aipsique dans la Poiiillc, i un préjugé populaire; ' ^

i5°. L 'ascite est la plus commune de? hydropisics , par suite des fréquentes inQanimations des viscères abdominaux et des vices, organiques qui en résultent;

i(j°, Lé scorbut n’est pas rare chez les pauvres mal vêtus, et habitant les lieux humides ; , ■ , •

1 y*. Les ecrouelles'sont assez communes ; . .

i8°. Le rachitis et les vices de conformation sont , comme nous Pavons dit, assez rares Un médecin digue de confiance, feu le professeur Pitalis, de Sassari, assurait que (e rachitis n’était autrefois presque pas conçu ed Sardaigne, et qu’il «l’avait observé d’enfants atteints de cetté affection /ainsi qu’un plus grand nombrede scrofuleux , que lorsque la maladie vehcYienne y fut répandue; les hernies sont rares dans les villes; elles sont plus fréquentes dan* les villages ; , , , •

in*. Les maladies de peau, parmi lesquelles la g ale et les dartres, sont assez répandues en quelques réglons ;

(*) yejei page 178. .. .... ■ ’ .

(**) La piq&re de cette araignée a lien ordinairement pendant le travail de la moiaaon, lorsque le» moiasooneurs et Icaglanenlc» ramaaamt par inadrer-

s- ia i .... 1.:. 1 ** ’ *

-tance cet animal avec leurs épis.

Digitiz

toy Cooglc

190 LIVBE in. — POPULATION.

ounctcr.' moral. Les Sardes peuvent passer pour les véritables descendants de ces insulaires qui offrirent jadis de bon gré à • Caius Gracchus ce qu’ils avaient refusé de fournir de

force au consul Oreste (1).

On peut dire aussi que l’esprit national dont furent enflammés les Arsicoras et les Hiostus (2) fait encore

, ao*. Les ophthalmies : on rencontre un assez jjrand nombre de maladies des yeux, qui Consistent pour l’ordinaire en des nphthal- Mas, de» staphyhmes et des nubecules ; les amauroses et les cataractes sont moins fréquentes : la lumière excessive, la nudité des plaines, peut-être la poussière soulevée par les spots , sont les causes plus particulières de ces affections j

at*. On voit très peü d 'anévrismes spoliants ; mais on observe fréquemment des ulcères très rebelles aux jambes, et souvent accompagnés à,' affection chronique des -viscères abdominaux ;

al*. Le squirre et ses causes sont peut-être généralement moins fréquents que sur le continent; la pourriture d’ hôpital n’a pas encôté été observée dans Pile ;

‘ aï’’". Les calculs urinaires sont très rares ; xi”. La gastro-énte’rite survient dans différentes maladies : c’est Ce qui doit rendre én Sardaigne les médecins circonspects dans le Choix des médicaments à administrer intérieurement, et qu’on emploie si avantageusement dans les pays septentrionaux ; souvent aussi c’est pay la gdstro-enteYitc que débutent la plupart des maladies indiquées ci-dessus. *' *

Des médecins qui ne sont pas étrangers aux progrès de la science ont reconnu que cette maladie est celle qui domine dans ffle, et ils proclament en mémo temps l’avantage de la méthode qui l'attaque de près : c’est celle qu’ils ont adoptée, mais généralement avec cette sage réserve qûi apprécie les faits nouveaux appuyés sur l’observatipn et sor l’expérience ; je ne parle pas de ceux qui se font une gloire bien Singulière de ne pas avoir ouvert un livre de médecine deptfis qu’ils ont pris dans- le siècle dernier, ou dans les premières, années de celni-ci , leuVs grades dans une des univer- - sites d’Italie. . • ’ „ ‘ .

(s) Voyez, page 20. , .

(0) Voy*-. page sq.

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