‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 77 sur 193 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

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Assis an jour an pied d’nn noir rocher, je vis un léger et brillant oiseau s’élancer dans (a vallée. Bientôt après il s’abattit vers l’effroyable forêt où le rapace épervier guette l’occasion favorable de s’en repaître àyec délice.

Ne t’avance pas davantage dans la forêt obscure ; arrête-toi , lui dii-je, ô beau chardonneret! Ne vois-tu pas cet oiseau de proie qpi conspire ta perte ? Cherche la plaine et la prairie, la campagne et la colline, et garde-toi, imprudent, d’habiter des lieux où tu serais dévoré. •

Réprime l’essor de ton vol rapide; fuis le bois et ses dangers; tout est à craindre pour toi près de ces oiseaux cruels et rapaces. Trop heureux de leur avoir échappé jusqu’ici , ne va pa9 plus loin; ce serait téméraire. C’est dans un lieu plus agréable qu’on aime à voir un gentil oiseau comme toi.

Va, regarde, considère cette fertile campagne; dirige ton vol vers les fleuves qni la baignent, vers le9 ruisseaux qui l’arrosent. Là, parmi ces oiseaux dont tu n’auras que du contentement, tu pourras choisir pour compagnon la fauvette (i) et le rossignol. Là, point de terreurs, point de querelles, point de serres cruelles à redouter. ’ .

Voilà ce que j’avais à te dire, ô bel oiseau ! choisis entre la plaine et la forêt : l’une est peuplée d’oiseaux perfides; les rossignols s’ébattent gaiment dans l’autre. Vole aux champs qui t’ont va naître. Les timides brebis ne fraient point avec les tigres féroces.

(i) C'eut U fauvette à tète noire, que lea Saailes désignent ton» le nom de filomela ; le tililricu est la cresserelle •'

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