s Jeux dialectes
langue par les Espagnols : tels sont , vostei, votre s«i>gneurie ; aggradèssiri, agréer ; origas, oreille ; bonus dies , bonjour ; bonus tardas , bon soir, etc. * . * »
On remarque en Sardaigne unrapprochement singulier dans la manière dont les paysans de cette île et eeux de certains cantons de la Russie tronquent les mots oui, ou non, monsieur , lorsqu’ils parlent à un supérieur : par exemple, au lieu de prononcer toute la phrase et de dire en langue sarde si, signori (oui , monsieür), les paysans disent simplement si si, prononcé comme sis. .. au lien de dire no, segnori, ils disent no si, prononce cômme nos... de. la même façon qu’un paysan russe dit : da s... pour da souda/ , haràkho s.,, pour karakho soiidar. , -,
Les cantons de Bitti et de Budusô , qui appartiennent aux montagnes où le Tirse prend sa sourcer, sont eeux dans lesquels le dialecte national paraît avoir conservé non seulement une plus grande quantité de mots-latins , mais encore des traces de l’ancienne langue des Romains, et même , dit-on , de celles ,que les insulaires parlaient avant la domination de ce peuple, / ' <*. \
On a vu plus haut que la langue sarde comprend {dusieurs dialectes , surtout ceux de Cagfiari et dü Logudofo : le premier se parle dans la partie' méridionale de l’îlo , et forme , pour ainsi dire , aprçs l'italien , la langue noblg du pays; le logudorais est le dialecte do la partie septentrionale , mais il est regardé comme le plus ancien et le plus pur.
On pourra voir la différence qui existe entre ‘ces deux dialectes en comparant l’Oraison Dominicale écrite dans chacun des deux ; jç l’ai tirée de l’ouvrage du P. Madao :
Oraison dominicale en dialecte logudorais.
« Babbu noslru , qui stas in sos chelos. Sanctificadu siat « su nomen tou. Be.n7.at a nois su regnu tou. Farta siat sa
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« voiuntade tua , comentc in Su chelu, asi in sa terra. Su « pane nostrü de ogni die donanoslu hoc , et prrdùnanos « sos pecc^idos nostros, comcnto nos. ateros perdonamus « sos inimigos nostros. Et nè nos lasses ruerc in sa tenta- « tione ; sinè liberanos de male. Amen » .
Oraison dominicale en dialecte cagliaritain.
.« Babbu nostu, qui ses in celu. Siat sanctiGcadu su
n nomini tuu. Bengiat a nos su reguu tuu. Siat facta sa « yoluntadi tua , comenti in celu, ot aici in terra. Su pani « nostu de ogni di dainos-iddu hoi , et perdonanos is pec- « cadus nostus, comenti nos aterus perdonaus a is dèpi- - « doris nostus. Et nè nos lassis arruiri in- sa tentatieni;. « sino liberanos de mali. Amen ».,
Le P. Madao , qui s’est beaucoup occupé de la langue sarde, et qui a écrit différents ouvrages sur ce sujet (1 j,.a composé plusieurs pièces de poésie dans lesquelles il n’a fait entrer que des mots communs aux langues sarde et latine. Nous en donnerons un fragment ci-après :
Voici d’abord une cjianson qui m’a été remise par. un habitant des environs d’Oliena, elle vient par conséquent de la partie centrale et montueuse de la Sardaigne.
(t,) Le Armante dei Hardi; Itipulimenlo délia lingun tarda; Visserlazione delle sarde anlichità. Dans ce dernier ouvrage, dissertation i”, page 106, cet auteur exalte la haute Antiquité de plusieurs mots de la langue sarde, avec fe même enthousiasme qu’un ancien baron allemaud aurait mis à expliquer et à défendre ses quartiers de noblesse; le P. Madao croit pouvoir reconnaître dans les articles sardes su, sa, sos et sas, qui précèdent les noms dans la langue du pays, et qui correspondent aux le , la el les des Français, les anciens pronoms de la langue romaine. licite à ce pfopos plusieurs vers d’Ennius.
LIVBE IH. — POfeBLATÏON.
Poëïie sanie.
CHANSON EN DIALEGrt SARDE.
Cando a sos pes de una roca nmbrosa • M’Jncontresi uim die appoggiadu ,
Tand’ ido una Ac chi lesta e fastosa 1 -
Su olu in una'valle hat ispiccadu. . - . * • .
Si parat poi in sa sitva orrorosa ,
De su tilibricu est preparadu ,
Ispeltende s’ allegra congiuntura Pro fagher d’issa una grata pastura.
Non pins t’ avanies in sa silvà ose ara Firma It riesi, o beila cardeglma.
Vides chi eue est fattende congiura Contra de te cussa Ae de rapina ; Ama su padru, e i sa pianura Sa fecunda campa gna, sa collina,
E non cherzas incaut’ abitare In ue podes vittima restare. 1
Non des si cussas alas libertade ;
Pro. t’ acostare a boscu, o a malesa Non podes tener n6 securitade Cum aes de rapina e de Geresa.
Ne pins t’ avanies chi est temeridade Già chi finzai cono ses illesa.
Uqa Ae che a tie delicada ln ogni logu amena est disigiada.
Bae mira, et ctsserva m sa campagna; ïspiega sas plumas a su olu',
Rivos currentes P Origan c hagnàn , De sas aes chi tue pro consola .
In ie podes tenner pro compangias.
Sa Filomeia e i su rosignolu.
Ne non ii hat terrore ne hisbiglin Ne tenct logu su rapace artigliu.
, / Eocu fatto dattegliu Ac dechida ,
Bügi sa campagna o sa foresta, .
In custas tristas aes bi annidan ;
In cudda rosignolos faghen festa.
Ola a sti campu proue scs naschida ' Et abbandona sa silva molesta.
Nomdcghen lias amonts, paurosas In mesu de sas tigres coragiosas.
. ■ P.L IFî