‹ Voyage en SardaigneChapitre 36 sur 84 · ENVOI A LA PLANCBR III · texte numérisé non relu

ENVOI A LA PLANCBR III

■ CIIAPITHK IX.

lirps .jiialprnaire. Plages sooloêe*. Brèche osscihc. Diluvinm. Conlnns littoraux.

Nolui prenons pour lype de noire grès quaternaire celuiurfioionaJuRi** qui recouvre le terrain tertiaire subapennin des, environs de Uvounir en Toscane et que l’on y exploite pour la construction, comme pierre de taille, sous le nom de Pancliina, ou plutôt sous celui de Pielra d'ÀnlignoHo, delrAntiguam et même de LaiiUgnano (I). (le grès, sur lequel les illustres Targioni Tozzetli et Savi ont commencé à appeler raltculion des géologues, a été de notre part l'objet d'une étude spéciale, que nous avons faite, nonseulement sur tout le littoral de la Sardaigne, .mais sur les bords des autres Iles voisines et même sur les côtes de la partie occidentale du bassin méditerranéen; nous l'avons aussi reconnu au-delà' du détroit, jusqu'à L'identité de composition, que présente ce grès dans idroUK toutes les nombreuses localités des bords de la mer où iii’.

nous l’avons rencontré est telle que, sans les étiquettes, il nous serait impossible de reconnaître les différents échantillons de celle roche, que nous avons supcessièement recueillis. C'est principalement pour ces motifs que nous ne pouvons pas nous associer à l'opinion des personnes qui ont considéré ce dépôt de la 'Foscane. comme purement local cl accidentel. Nous aurons occasion de

(1) Targioni Toztelli. Htinziotii tVatcum Httgqi h Toxrana^ Fi> rrnzo, 1708, (oinr II, page

Gré»

«Ir r 4mlifnano.

Obaervitiolift dr MM. 7'argiomi rl .V«W.

344 CH4P. K. — TBUAIH8 QVATBBIIAIKES.

soiiiiicllrp au lucleur, dans noire rhapilre XVII , d«*s ronsidéralions "énéralcs sur cç lorrain; c’esl pourquoi nous > nous bornerons pour le momcnl à énumérer les localités où nous l’avons rencontré el qui se Irouvenl, pour la plupart, indiquées dans la planche III de noire allas.

La coupe que représente notre figure I, planche III, est celle du terrain de l'Anlirjnano prés de Livourne; on y voit le grés quaternaire recouvrir, en couches presque horizontales, le calcaire plus ancien, redressé. Celte superposition est trés-visible près de la mer, k la hauteur de 7 à 8 mètres au-dessus du niveau de l’eau; le calcaire plus ancien y est perforé par des coquilles lilhophages el c’esl sur les roches ainsi percées que s’esl adapté le grés en question. A sa partie inférieure il renferme des galets calcaires, roulés, arrondis et même perforés, à c6lé desquels nous avons également observé des cailloux de la roche serpentineuse, qui se montre en place non loin de là, près de Monte Nero. t

D’après Targioni, ce grès se trouve à IJvourne sur le rivage de Fotso S. Giaromo, près du lazaret de I^opoldo; ses bancs s’étendent, non-seulement jusqu’à l’.t>i/i(/nnno, mais ils forment, dans la mer, des écueils interrompus, sur lesquels furent bâtis lé Fanal, la Forlezza Vervhûi el les tours de 'Porto Pisaiin el de Manorco ; c’esl la mém(‘ roche qui forme la longue traînée de la Meloria. D’après Targioni, on aurait trouvé, dans les bancs de celte Panehina, un grand bois de cerf el une dent d’éléphant, avec des moules de coquilles lurhinolées (p. 465). Le prof. Savi a également parlé de ces dépAts, dans son opuscule intitulé: Tagli gnotogici suite Atpi /IpjiMune, Pise 1832, p. 30; el plus- diffusément dans son ouvrage: Memorie jter servire allô studio délia costitusione fistra délia Toscana. Pise 1859, pages t5el$uiv. Il est possible que le fait qu’il indique d’un terrain semblable, qui se formerait de nos jours sur la plage de Torre'Nuota, soit réellement le produit de sources minérales sous-marines; mais il nous est impos-

kBNVOI \ LA PMNCliE lU. -'M:>

sibl<* d'aJincIlre une semblable orifiine pour le pires donl nous voulons parler. Comment cxpliquorail-on celle eo.nslanle uniformité de composition et de pisemenl de ce. prés sur toutes les côtes de la Méditerranée, même au-delà du détroit, si on devait voir dans la forma^ion de celte roche un pur effet des sources minérale.s?

Non loin de VAnliqnano et près de la même côte, un peu avant dans l’intérieur des terres, on trouve une petite gibbosité du terrain tertiaire, dite Moule Tigiioso (mont teigneux), ainsi nommée sans doute à cause de sa nudité et de sa scabrosilé. Ayant examiné avec soin les différentes carrières ouvertes dans ce monticule pour l’cstraction de la pierre de taille, nous avons reconnu que son noyau est formé d’un calcaire grossier blanchâtre, que nous considérons comme positivement snbapenuin. Cette roche est également perforée par des lithodomes à une altitude de 8 ou 10 mètres du niveau actuel de la mer; elle est recouverte des deux côtés, en stratilicalion discordante, par la Panchina quaternaire, qui forme le principal objet de l’exploitation de celle localité (voy. fig. 11).

Nous avons inséré dans la même planche, fîg. 111, la

P k X k X • iU Üfi»rs.¥vi H\.

vue U un phénomène, que nous avons obsené a (jènes avant les travaux actuels du chemin de fer et avant la démolition du fort do S. Giorgio. Le grès quaternaire a presque totalement disparu, mais'on vqil encore, ou du moins, on voyait, il y a peu d’années, sur la surface du calcaire du Maeiqno de la montée t\'Oregina, des trous faits par des coquilles perforantes à 45 mètres environ audessus du niveau actuel do la mer. Sur ces roches ainsi perforées se trouvaient des traces d’un dépôt arénacé, avec quelques coquilles de l’époque actuelle:

Depuis rentière confection de notre planche III, nous U«* i/onnco. avons appris par M. le comte Spada L.avini, géologue de beaucoup de mérite et bien connu, qui a passé quelque temps à Nice dans l'automne de l’apnée 1855, que la Panrinua de Livourne, ou si l’on veut, notre grès qua-

34(i c:H4r. IX. — TEatxiNs quatebuambs.

lernairo, se renconlre aussi dans les environs de la ville de Monaco pr^s de Nice. N’ajanl plus élé à temps pour placer un dessin de celle localité dans noire planche! nous n'avons pas hésité à faire nous-mêmes une course en ces conlrée.s, pour avoir une coupe de ce terrain, afin de l’insérer dans le texte de ce volume.

«nrirnn» Le üeu dool il esl question, se trouve à l'ouest du pclil islhmc qui sépare la ville de Monaco du continent, dans un lieu dit les ancietmes salines, ün y rencontre réellemenl un lambeau de grés quaternaire reposant sur la dolomie jurassique. Voici celle coupe. •

Fig. 62.

Il dolomie juniMique.; ip la même dolomie perforée par des phollades) y grès (|ualcroaire pris dans son ensemble; p puddingue grossier, à ciment du gfès quaternaire; g grès quaternaire proprement dit, employé comme pierre de taille; jc couches coqnillières du même grès, renfermant des subfoasiles de l'époque actuelle: CariUum , Trorhui , Pectnmrulus , Astrea; r terre végétale.

Carri^m. On voit, dans les moments do calme, sous les eaux de la mer, des restes de vieilles salines, maintenant submer- ' gées; nous avons cru y reconnaître des signes d'anciennes exeavations. Au reste , il existe des traces bien visibles de carrières ouvertes daps cette pierre, contre la pente de la colline, noh loin de la plage; elles annoncent deé exploitations assez récentes de ce grès, qui a élé employé comme, moellon à la bâtisse des rnrlificatinns de la ville.

MO!«Ano. H«ir.E KT PtLERME. ' .14*

En effet , lorsqu’on entre dans Monaco par la porte du Empi .i <iu ji.'. nord, c esl-à-dire, par son enceinte fortifiée, on voit que la plus grande partie des matériaux qui composent celle-ci, sont formés de ce grès, qu’il est impossible de distinguer de celui dont sont faits les remparts et les mêles de Liroumc. Cette pierre a également servi à faire les parapets de la batterie qui se trouve près du château de Monaco. sur la grande place.

La coupe, que nous figurons avec le n“ IV de la pl. III , SaiHttiorpiee représente une section que nous avons prise dans la haie de S. llo$pice près de Nice, dans une anse dite Filaoup.

On y voit d'abord différentes assises du terrain nummulitique, tordues en plusieurs sens; le banc du milieu est plus épais et plus marneux que les autres; sur ces terrains on trouve d’abord une couche de sable friable 9, qui passe supérieurement à une espèce de grès, ou de sable agiutiné par un ciment calcaire; par-dessus s’étend une surface épaisse de terre végétale. Risso (t) signale dans ces dépôts une multitude de coquilles subfossiles, entre autres les suivantes: Conwi tnedilerranens. — Cardium edule. — C. lubereulalum. — Canjopliijilia cespilosa. —

Columbella rutlica. — Turbo higosiit. — Pecltmculun pilosus et plusieurs autres restes de mollusques qui vivent dans la Méditerranée et que nous avons rencontrés dans des dépôts semblables en Sardaigne.

Tout près de Païenne vers le nord, au pied du Monte onU'rr Pellegrino, on voit des carrières ouvertes' dans le grès '*Vfj"v'“' quaternaire; la plus notable de ces excavations est celle de Nerasu, all'Acgua Santa; nous y avons observé le terrain dont il s’agit, c’est-à-dire, la Panebina de Lirourne parfaitement caractérisée, formant un^banc d’environ 3 mètres de puissance et à-peu-près borizontal ; à sa partie inférieure, ce grès enveloppe une quantité de galets ar-

(!) Hist.natur» df A’iW, lome I, pa{^e ICO.

.'VM r.H.%P. IX. — TÜMIAn» OtATlillNAIKi:.S.

rendis, formt*s de plusieurs espèces de roches, dont le plus grand nombre apparlienl au calcaire grisâtre et blanc des MohU Madonies voisins. Ces galets ont cela de remarquable qu'ils sont-, comme ceux du dépôt de l’/lnligtiano, perforés par des animaux lithophages; ce qui annonce qu'ils ont fait un certain séjour dans la mer; le grès qui forme la partie supérieure du dépôt, est fort peu fossilifère en cet endroit (voyez fig. V). rrrrsîii Irrlijîrc. Cette couche de cailloux roulés repose sur un banc de calcaire grossier jaunâtre presque horizontal qui renferme des moules de coquilles, que nous regardons comme subapennines; au-dessous de ce calcaire on voit une mince assise de 10 centimètres, uniquement formée de peignes (/'. fcahreilus); ces coquilles sont posées à leur tour sur un banc puissant de calcaire argileux jaun&lre, tout rempli de polypiers, que la décomposition de la roche a mis «n saillie sur les parois de la carrière. Ce sont surtout VEtrhara cerricornis Lamx. — E. foliacca Lk. — Relepora rêlluloia Lk. Nous y rencontrâmes également le Pectenjarobaeus, le P. jntsio, le P. varim et la Cardita peelinata. pjfir. ur. Au-dessous de ce banc fossilifère, on voit un dépôt en forme de coin allongé et étroit, que nous regardons comme un remplissage postérieur (1); tandis que, plus bas, se

(1) Ce dépôt en fonne de coin a prêt de S mètres de pniatanre ün côté du sud et il devient nul du côté opposé) les coquilles, dont il se compose, sont blanches, friables et comme calcinées, mais elles se rapportent presque toutes à des espèces virantes cl elles ressemblent d’une manière frappante aux coquilles subfossiles de la Patma près de Cagliori K’*t,dont il sera question ci-après Voici les principales especes de ces fossiles que nous y avons recueillies en I8i8 et qui furent alors déleriniocea par feu notre ami le professeur Bouelli , de regrettable mémoire: /’inna rudis, variété ayant deux rangs de grosses épines; l'individu de celle •Pinna était pétri intérieurement d'autres coquilles, qui entraient également dans la composition de ce dépôt cunéiforme; nous y avons spécialement distingué les espèces suivantes: Luciaa hetra. — l..rat~

MINOBOUE ET HAIOKQIE.

IfS (teul tli'fMlls.

trouve un autre banc, également borizontal , de près de 3 mètres de haut, très-sablonneux , qui contient des huîtres et des peignes. Parmi les huîtres, nous reconnûmes VOtlrea tdulis Lin. de grande dimension ; et parmi les peignes, le Pec/en ^acoftoeiw, > également très-large. Ce banc sablonneux repose sur un autre banc, de 2 mètres de puissance, compose d'un terrain sablonneux blanchâtre, disposé aussi horizontalemenl; nous y avons aussi reconnu l’OsIreA edttlis, variété oblongue.

Il est facile de voir que le grès (juatemaire des car- ni.iinciu.n mue rières de Nerasu repose en stratification concordante sur le terrain subapennin , mais qu’il en est nettement sépare par les cailloux roulés du calcaire crétacé; ceux-ci sont arrondis, perforés et couverts de serpules , ce qui annonce qu’un grand mouvement du sot a eu lieu entre l’époque à laquelle se formaient les derniers dépèts tertiaires et celle où la mer déposait sur ses bords le grès quaternaire.

Dans nie de Minorca, près de Ciutadela, on voit, non nc ■te Miwrra loin de la mer, le grès quaternaire, qui repose en stratification discordante sur le terrain tertiaire; on en remarque plusieurs autres lambeaux, soit sur la côte de nie, soit dans l’intérieur près de Mercadal; on le retrouve aussi en un lieu dit / Fon»W/i (I) (voy. fig. VI).

rts- VI.

hsa (yentts callosa de Lin.). — Vtnut ércutsata — Cytherta tutratina, etc. La Lucina laclra t'y trouvait en majeure (|uantitô; ce i]ui complète le rapport que nous avoua cru reconnaître au premier coup d'œil entre ce dépôt et celui à cuquillea egalement aubroaailea dea environa de la Palma , près de Caglinri, dont noua parlerons ci-après. L’élévation de cet amas de coquilles près de Paterme peut être de 8 mètres au-dessus du niveau de la mer. Noua rapportons ce dépôt à nos plaget totlevéet, postérieures au grès quaternaire.

(1) Voyez ce que nous avons dit sur ces localités, dans un travail intitulé Observaliont géolnglyues iur les deux Iles Raléarcs. .ttémoire de l’Académie des .acienecs de Turin, Tome 38, page

On et suivantes.

CliAP. II, — TKaftAINS «UATKMAIBES.

3jO

UnfOtXrt.

Sud dtf l iW.

Kij. vn.

A peine on met le pied sur l'tle de Majorca, en débarquant de Ciuladela et en arrivant près d'Aleudia, on retrouve le même grès quaternaire qu’on avait laissé dans l'autre Ile. A Alctuiia ce grés repose sur un terrain secondaire à Baculites, stratifie et tourmenté; la stratification du grès n'est ni uniforme, ni horizontale; elle varie et elle présente une inclinaison prononcée vers l'intérieur de l’ile, phénomène que nous avons observé dans d'autres dépôts semblables.

Ce terrain joue un grand rôle dans la constitution géologique de Majorer; on peut dire que toute la plaine, c'est-à-dire, toute la partie méridionale de cette Ile, en est formée. Non loin de la côte et même ■ tout-à-fait au bord de la mer du côté de Palma gk^’est, comme à Iàu tourne, un grès composé de graitil' calcaires aglulinés « par un ciment de calcaire argileux d’un blanc jaunâtre a OU rougeâtre; ce grès est pauvre en fossiles, hormis « en. certains points, où ce n'est, au contraire, qu’un « amsé fie coquilles ; mais celles-ci sont toutes analogues U à cdles que rejette la mer actuelle.

..:ui G&grès est surtout remarquable vers le SE<de Paima,

« Ml'eap Endérocat, où il forme un promontoire qui at- « tekil en quelques points plus de 10 mètres de hauteur.

U 11 se compose d'une infinité de couches minces, qui « paraissent avoir etc disloqqpes et qu'on voit aujourn d'hui dans les différentes carrières ouvertes dans, cette U roche pour l’extraction de la pierre de taille. En gé- « néral, ces couches sont inclinées, comme celles du grès ^ « d’Aleudia, dans le sens opposé à la ligne du rivage de , « la mer ; elles paraissent plonger dans l’intérieur du « pays Cl) » (voy. lig. Vil).

M. Jules Haime, qui vient de donner, dans le BuUetm

.Jby a, 0^1*.

(1) Observations géologi<|UCS sur 1rs deus îles Baléares, lac. cil., pag.58, 59.

IS MES4t>.

3il

Je la Société géologique Je France (I), une Irès-inléressaiitu notice sur l’ile de Majorque, y a aussi reconnu notre terrain quaternaire et il a recueilli tout près de Palma, dans ce dépôt, les coquilles suivantes; Stromb'u meJilerraneus Duel. — Conux tneJiUrranetu Hwass — Murex Inmeulus Lin. — Area Noi Lin. — A. barbota Lin. — Martra corallina Lin. — Venw gallina Chemn. — tCartlium rusticum Lin. ; auprès d'Arla il y a trouvé la CarJita calijculala Brug. — Chaîna gryphoiJes Lk. — Peclunculus riolacexcens Lk. • — Vermelus triqueter Bivon. Ou verra ci-après que nous rencontrâmes à-peu-prés les mêmes espèces dans notre terrain quaternaire de Sardaigne, auquel nous allons passer.

Nous avons déjà signalé ci-dessus, page 270, l’evistencc d’un grès quaternaire en un lieu dit /» .Wwaa (les tables) , situé dans la presqu’île de S. Elia, au sud-est de Cagliari (2). C’est par cette localité que nous allons commencer l’énumération des localités de la Sardaigne, où se trouve le terrain dont il s’agit. La lig. Ylli de la pl. 111 représente une section, faite du sud au nord, du terrain d’/.v Mesa.s, dont voici une autre esquisse.

Fig. 6;t.

Ouest

.*S4rÜ4tgpr.

fâ Mrsut.

Kig. Vlll.

pl terrain pliocpnefmarnes verdâtres avec des rognons rrrruginpux); P puddingue fornic de galets calcaires perrorcs cl couverts de

(I) Bullttin de Ut Société géologique de France, tome XII, page 734 el snivantes.

(9) Voyet le point marqué II dans notre carte de.« environs du' r.agliari, pl. IV. .

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FfHotxhto.

Ili)t d«'.V..^f«np/ir.

35i CHAP. I\. — TEBMAI\S «UATCHNAIIIBS. ^

>erpulp> , avpc des cotjiiiUe* u»«pij g (jrei qiialrrDiiire un pru co- <|uillicr,' g* le même près, san* foitilet; v terre \egrUle rou-^' (jeàlro à fu liai». . ,

Un voit, soit par la srclion ci-dessus, soit par la tig. VIH de la pl. 111, prise en sens perpendiculaire, la discordance de slratificalion qui esisle entre le terrain 1er- ' tiaire Pl el le dépôt quaternaire g,ÿ': celui-ci est formé d'une succession de bancs arénacés, fortemenl endurcis K /, qui, dans leur partie inférieure enveloppent, avec des cotjuillcs, des galets de roches calcaires miocènes et pliocènes du terrain de la presqu'île, qui sont perforés par des animaux lithophages et incrustés de serpules; ce qui est l'exacte répétition de ce que nous avons observé près de Païenne (vojez lig. V et page 447).

Ces galets sont, comme nous venons de le dire, accompagnés de coquilles marines, en grande partie usées et brisées, mais qui ont conservé leurs couleurs et leur nature première; ce sont tous des individus d’espèces qui vivent dans la mer actuelle, parmi lesquelles se trouvent les suivantes; Spondijlus gaederapua Lin. — Osirea praegramlis Ph. — O. plicalula Lin. — Couus méditer raneus Brug. — lÂma squamosa Lk. — Cardium edule Lin. — C. Iiiberadalum Lin. etc. // / Ins.

Au sud-est d'/.v Mesas, piqp près du promontoire de S. Klia, au-dessous de la Torre di Cala Figlura, on voit un petit isthme qui est couvert par un lambeau de grès quati-rnairc (I). Un dépôt semblable se rencontre également au bas de la pente orientale de la même pres(|u'tle de S. Elia, comme nous l'avons indiqué dans la tig. 53, page 309 ci-<lcssus (3).

Depuis h ileaaa jusqu'à Cagliari, en suivant le chemin

. f Vojei, sur noire carie ilo la |ilaucln' IV, le poinl niaïquê /. ^ ^ Voyei, sur la même carie, le point mari|iié J.

•' - * PROHOMTOIRG •> PVLA. J 353

direct de la plaine , on voit sous la terre végétale le grès quaternaire se couvrir d’une couche rougeâtre, dont il sera question ci-après. Ce n’est que dans la petite tle de S. Shiinne, au milieu du grand étang de Cagliari, que se montre de nouveau le terrain quaternaire (I); il se distingue de celui de S. Elia par le caractère plus terreux de sa pâte; on en trouve aussi des tnces sur le bord de cet étang, vers Santa Cilla et vers le pont du Fangario, ainsi que sur les parois de la route d'Iglesiax, à la sortie de Cagliari. ^

A l’extrémité occidentale du golfe de Cagliari et à '*•

l'oueat du promontoire de Pula et de l'élise de S. Effuio, de l’autre côté de la baie, on retrouve en place •

le grès quaternaire; il y forme une espèce de môle na- ^

turel, où l’on reconnaît les traces d’anciennes exploitations de cette pierre ; elle fut employée à la construction de la ville de Nora, maintenant détruite, dont l’originé remonte è l’époque phénicienne. Ce grès, malgré sa composition lâche en apparence , n’a pas moins résisté depuis des siècles à l’action des éléments destructeurs atmosphériques, puisque, non-seulement les ruines de cette ville «

et le théâtre encore debout attestent sa ténacité, mais c’est aussi sur cette pierre que furent gravées, à des époques bien lointaines, les deux inscriptions phéniciennes, que nous avons recuq^lics en ces lieux et qui sont ' ‘

reproduites dans notre atlas des antiquités de l’Ile, pl. ' . r X\\ll, lig. 1. (Voyez le texte de celte seconde partie, ^ page 34î cl suivantes) (ï). ' , *

(I) Vnyrz, tur notre carte de la pl.iocbe IV, l'ilot de l’étang marqué A' A'.

(S) In principale de cea deux inscriptions rient anez récemment d’avnir une nouvelle interprétation de la part de feu le révérend père Secclii , de la compagnie de Jésus, qdi, tout ru variant la lecture proposée jusqu'ici, confirme la très haute antiquité de ce monument précieux; "

354 CHAP. IX. — TBUAINS QUATBBNAUBS.

Son fUtnirnt. Dahs les assises inférieures de ce grès on rencontre des frapmenis de lydienne, de granité et d’autres roches, qui sont les débris des naonlagnes voisines; Il repose, autant que nous pûmes en juger, sur le Irachyle amphiboliqoe dont est formé le promontoire de Pula (voyez pour celte coupe fig. IX).,

■' Grdu A la partie orientale du rap Teulada, décrit ci-dessus, ^ trouve la Grolla del fiiscotto ; celle soi-disant , grotte est formée, tout contre la mer, par la décomposition,

"^'r *1“' ® détruit les parties inférieures d’un lambeau de grès

quaternaire, dont les parties supérieures s’avancent en X surplomb en fqfmc de toit, comme on peut le voir dans

• notre lig. X. Ce grès K i est absolument pareil à celui

décrit jusqu’ici; ses bancs sont à peu-prës horizontaux; ils reposent sur le sol silurien du cap. Celle toiture naturelle sert d’abri aux pécheurs contre la pluie et le soleil.

n«nu zari. Apcès avoif doublé le cap de Teulada , on rencontre *'■ * bientôt, vers le nord, le promontoire du Monte Zari, dont nous avons déjà fait mention page 118. A sa partie mé- ^ ridionale on voit des lambeaux de grès quaternaire, qui onttélé .fortement dérangés depuis leur déposition et qui toenl portés à une hauteur considérable , avec une forte incliniuson vers, l'est. Ces bancs occupent surtout la partie ^ de la côte comprise entre l’c,xlrémité sud du Monte Zari et le canal delà pêcherie voisine, mais sitôt que l’on s'éloigne de la côte, ce grès passe, par des nuances insensibles, à des dunes d’un sable blanc-jaunàlre , qui recouvrent de ce côté les roches anciennes. Nous retrou-

verons ailleurs cette association du grès quaternaire et des sables jaunâtres (voyez fig. XI).

ruine Vors la plaine d’Aresi, on voit succéder à ce grès un

véritable calcaire blanchâtre très-grossier, pétri de coquilles marines, qui appartiennent tontes à des espèces vivantes et qui sont peu altérées K 3. Nous pensons que * ce dépôt, ((u’on peut suivre pendant longtemps dans la

GONIIBSA. FLimiNI MA6GIOBB.

plaine, au pied oriental du Monte Zari, pourrait figurer plus convcnablemenl- avec ceux que nous signalerons ciaprès dans la plaine de Palmas, près de Cagliari. Nous pensons qu’ils datent d'une époque plus récente que celle de la fot'malion du grès quaternaire.

Dans la description que nous avons faite des terrains à Fommm

Milliolites et à Cérites de Goniiesa, nous avons parlé d'un r^.'uT^

dépôt de grès quaternaire, qui sc trouve dans un lieu ' < dit Foiilana Moritnenlu (voy. notre coupe 48, p. 348, et lA lig. XII de la pl. III). La composition de* ce grès A' 4 ne ‘ dilTèrc en rien de celle des autres grès décrits jusqu'ici ; mais ce dépôt a cela de remarquable, qu'il est formé de bancs discordants entre eux et qu'il se trouve dans l'in- • •

térieur, à une distança dë plus d’un mille de la mer actuelle ; il passe, comme le précédent, à un sablon jaunâtre, qui s'étend principalement vers le sud et qui recouvre une partie de la plaine du Suivis. On voit également ce sable à la base occidentale des monticules trachytiques qui dominent Porto Seuso. ' î *'

Cette association du sable jaunâtre avec le grès qua- As*U('istUm ternaire est un fait sur lequel nons ne pouvons pas avoir le moindre doute; on le rencontre également à b partie ' . plane et orientale de la presqu’île de S. AiUioeo et èn ^

d’autres lieux voisins. Au nord et à l'ouest de Gonnesa et ^

surtout à Porto Paglia, près de la mer, le grès quater- * nairc est de nouveau la roche dominante; mais il a été «eminé par les vagues au point de surplomber; ce, qui a été cause de la ruine d'une tour, qui fut jadis bâtie sur ce terrain.

La plus grande accumulation de sables quaternaires, pu^ fd»* .V, ytcotâ que bous ayons rencontrée en Sardaigne, c’est celle qui se trouve au débouché de la vallée de Flumini Maggiore.

Ce sont de nombreuses dunes de sable jaunâtre, qui couvrent les lianes de celle grande vallée , dirigée de l'est à l’ouest cl bordée par des monts assez élevés, appartenants tous â la formation silurienne.

JUatifiorf.

Fig. MU.

CHAP. 11. -- TBUA1K8 OVATBftNAIBES.

■^skioii» et |ièi.

Fontanaecio.

Putitioii du gril ejuaternairt'.

Fig. XIV.

Ftumemtoram.

Fl J. XV.

t.0 Schûtvone.

Fig. XVI.

Quelquefois, au-dessous de re manteau de sables mouvants, on voit percer le près quaternaire. Notre fig. Xlll indique un dépôt semblable, qui se trouve près de la chapelle de S. Aieo/o, au sud de l’embouchure <lc la rivière ; on y voit ce grès reposer directement sur le terrain silurien il est ensuite recouvert par une masse de cailloux roules, qui parait appartenir à une époque plus récente.

Nous voici arrivés au dépôt quaternaire dont il a été question dans le chapitre précèdent, pages 287 et 29t , qui joue un rôle si important dans la constitution géologique de la baie de i'onlanarcio. Nous ne saurions, au reste , rien ajouter à ce que nous avons déjà dit sur le grès dont il s’agit; nous rappellerons seulement au lecteur que ce grès est nettement distinct du terrain tertiaire: I» par sa discordance de stratification, 2” par les cailloux basaltiques qu il renferme à sa ]iartie inférieure, 3® parce que c’est le seul parmi les autres terrains de cette localité, qui ne soit pas traversé par les liions basaltiques, dont l’apparition en ces lieux est évidemment antérieure à l’époque à laquelle se déposait le grès quaternaire (voy. fig XIV).

Au nord de. f'oNidiiaccio on voit surgir au loin, près de la côte, la tour de Flumenloryiu , assise sur la roche silurienne; mais dans les anfractuosités du terrain ancien, qui supporte cette tour, on peut remarquer plusieurs petits dépôts de grès quaternaire, absolument semblables à ceux que nous avons décrits jusqu’ici; on s’est servi de ce grès k la Tmmara voisine , comme pierre à bâtir ; il y est môme employé en guise de dalles, pour paver les baraques de la pêcherie.

Près du promontoire de La Frasca, non loin d'un lieu dit Lo Schiavone, lorsqu’on arrive de la lourde Flumentorgiu, on rencontre au pied occidental du grand plateau basaltique , tout près de la mer, un lambeau de grès quaternaire analogue à celui de la Tonnara;c,c grès repose.

CAP B. MAmCO. LA bpskausa.

Fi^.XVII.

Cirrièrr»

d» S.Sai*^atorf.

comme , à Fontanaecio, sur des galets du même basalte qui recouvre le terrain tertiaire (voy. fig. XVI). • .

Notre figure XVII représente le grès quaternaire du c«p.t.y«m.. promontoire de S. Marco, auprès de- la Torre Vecchia'dl tvrr drt |t*leU s. Ctiovamii di Sinis; nous en avons déjà parlé ci-dessus page 393; voyez également la flg. ü6, page 392. Les assises inférieures du grès, dont il s’agit maintenant, sont remplies des débris de la roche basaltique, qui couronne le plateau voisin A’ 5. 6. C’est dans ce grès, dont la stratification n’est pas très régulière, qu’ont été creusés les tombeaux de l’ancienne population de Tarrhos , dans lesquels on trouve journellement une quantité d’objets égyptiens et phéniciens. Nous avons par conséquent une donnée certaine sur la haute antiquité de ces terrains.

A la base des collines du Sinis, du côté- de Cabras, se trouve une petite plaine, dont la surface est uniquement formée du terrain en question. C’est près de la chapelle de S. Salvatore que sont ouvertes les carrières de ce grès, que l’on coupe à la hache et que l’on porte comme pierre de taille dans les lieux voisins et surtout' au chef-lieu Orûitauo. Le magnifique clocher de l’église métropolitaine de cette ville archiépiscopale est uniquement formé de ce grès, dont la ressemblance avec In pierre de taille des palais et des fortifications de Lirourne est frappante.

En longeant la cèle, avant d’arriver à la ville d’.4fghero, on rencontre plusieurs autres gisements du grès quaternaire, soit en un lieu dit Lrlrrlic, soit à Im Sperama, où est une petite église de ce nom En ce dernier endroit, le grès repose sur le trachyte tufacé ancien (voy. fig. XVIII) ; il y est fortement dérangé. Entre La Speranza et Alghero, en suivant le chemin de terre, nous avons vu ce grès porté à plus de 100 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la mer; ses assises sont irrégulières, à peu près comme à la Fontaiia Morimenlu de Connesa, fig. XII.

Au sud de la ville d’ Alghero, en face du bastion def/o EiniroD» Sf)erone^ on voit le (|ualornaire reposer homonlale- r.g.xix.

Lm

Fig. XVIII.

CHAP. IL - TBMAINS «UATBBIIAIBES.

nient sur les bancs redressés du calcaire jurassique, dont nous avons fait mention ci-dessus page <20. Nous avons observé en ce point une répétition de ce qui a lieu à L'Antignano de Livourne (voy. fig. I, pl. III); c'est-à-dire que la pierre calcaire inférieure est toute perforée par des animaux lithophages à plus de 3 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer et que les galets, qui sont enveloppés dans le grès quaternaire à sa partie inférieure, sont également perforés et même couverts de serpules K 7. 8. 9; ce qui indique qu’ils ont fait un long séjour dans la mer.

roMiim. Sur ces galets perforés et arrondis on en voit d’autres qui ont été simplement roulés sur l'ancienne plage; ils sont tous enveloppés dans le grès, conjointement à des coquilles marines; celles-ci sont toutes brisées ou usées par le frottement; mais elles ont conservé leurs couleurs; le Trochus fragarioides Pbil. y est très-abondant et il est associé aux espèces suivantes : Maja squinado Lalr. — Turbo rugosus Lin. — Tritonium corrugalum Lk. — Murex pHcatus Broen. ^ Columbella rusiica Lk. — Pectunculus pUosus Lk. — Cladocora retpilosa M. Edw. (<). gth propre Lç banc fossilifère de ce dépôt devient supérieurement un grès à grains fins A' <0, qui acquiert une certaine dureté; c’est avec cette pierre que sont construites presque toutes les maisons et les murailles d'enceinte de la ville. L’église cathédrale, bâtie par les Doria dans le XII* siècle, , présente encore, à sa partie postérieure, des fenêtres en

ogive, qui ont conservé toute leur fraîcheur. Quoique ces fenêtres soient exposées depuis sept siècles à la pluie et aux agents destructeurs atmosphériques, on dirait que leurs ornements sortent des ateliers du sculpteur, par

(I) Ce sont à-peo-prèi le* mêmes espèces sigoalées par Hissa dans son terrain quaternaire. Risso, /or. rit.

ALOHBBO. MONTE EOfiUA.

l’intégrilé des feuillages cl des baguettes qui en font partie. Voici un croquis d’un fragment de ces fenêtres.

Fig. 64.

Cet exemple nous prouve que les propriétés chimiques Andcnnti de Ik mer, qui laissait ces dépôts sur tout le littoral de la Méditerranée et de ses Iles, étaient alors bien diCTérenles de celles qu’elle possède aujourd'hui et que celle action était générale et uniforme.

Ce grès s’interne dans la plaine des environs d'Alqhero MpAt <i< vers l’est; à peine on sort de la ville par la route royale '

qui conduit à la Canioniera de Scala Cavallo, on voit, sur la gauche, les parois des fossés de cette roule taillées dans le terrain quaternaire. Le grès de celle localité ne renferme pas de galets ni de coquilles; mais il* est remarquable par son mode de stratification, qui est représenté dans notre figure XX de la planche III.

Le mômrf grès forme dans le port d’Alghero l’Ilol de la «««w ongw». Maddalena; puis il se développe au pied et même sur le versant occidental du Monte Doglia, où ce dépôt arrive à plus de 1 00 mètres d’altitude. Nous l’avons principalement observé lorsque de la ville A'Alghero nous nous rendions directement à notre signal trigonométrique , placé sur la rime de cette montagne à une élévation, au-dessiis du niveau de la mer, de 435 mètres.

GBAP. U. TAMAINS ^UATUNAIERS,

L«f d» Barft.

for*o S. .Vico/d.

Fi|.XXI.

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tAtdrieur».

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Fi|.XXI1.

Porto Torres et prdi

dr Ctstet Sarde.

Fi|. XXtlI.

Un dépôt semblable existe non loin des tours de Porlieemolo et di Spagna; près de celte dernière tour, on rencontre un petit lac intérieur, dit Barcè, produit par le barrage des eaux pluviales, qui descendent de la pente méridionale du Monte Forte; ce barrage paraît être formé par les couches du grès et par les sablons quaternaires qui couvrent le sol environnant.

Mais c'est surtout après avoir doublé le cap de \’Argentiera, qu'on retrouve près de la mer le grès dont il s'agit. Le lieu où il est très-visible, c'est dans l'anse dite Porto S. Nicole de la Nurra; il y forme une falaise presque verticale, qui laisse voir les assises successives do terrain quateniaire et qui renferme des nombreux débris de roches siluriennes (voyez fig. XXI). Ce grès ne diffère de ceux décrits jusqu'ici que par la plus grande finesse de son grain; il contient des fragments de roche schisteuse K U. bis.

Plus loin, le grès quaternaire continue à se montrer assez avant dans l'intérieur do territoire de VArf/entien de la Nurra. Lorsqu’on suit le chemin qui conduit a Sassari, on ne perd ce dépôt qu'à deux milles de la côte; il conserve une épaisseur qui arrive même à 6 mètres de puissance, et il passe insensiblement, comme en d'autres points de l'Ile, à un terrain, sablonneux jaunâtre, incohérent. ^ ,

A l'Annara on voit des traces de grès qualemidre, en un lieu dit I FomelU; il y repose sur le sol granitique (voy.^^ fig. XXII). On le rencontre aussi à La Reale, qui est un autre mouillage de celle même tie; mais il manque à L'Isola Piaiia où nous avons cru d'abord qu'il devait se trouver et dont le sol fort peu élevé au-dessus du niveau actuel de la mer est uniquement schisteux ; peut-être le terrain quaternaire aurait-il été enlevé de ce point par une cause quelconque de dénudation?

Près de Porto Torres, on trouve également des traces du même grès, qui a aus.si été reconnu par M. Ed. Col-

LMOM-nSKO.

lomb (<); mais il se montre avec un plus grand- développement le long de la côte septentrionale .. avant d’arriver k Castel Sardo; en ce point, les bancs de ce grès sont fortement disloqués; ils reposent sur le tufà ponceux et sur le tracbyte ancien (vovez la coupe, figure XXIll,

pi. ni).

Près de Longon-Sardo et surtout à l'ouest de la population de Sauta Tertsa, non loin -du rivage de la mer, on rencontre un lambeau du terrain quaternaire, qui repose directement sur la roche granitique (voy. fig. XXIV); il se compose, comme dans les autres points de l'Ile, d’on grès formé de sable, agglutiné par un ciment calcaire If 1 2 ; mais, lorsqu'on parcourt les environs de ce village, la nature et la position de ces terrains donnent lieu à des observations importantes. '

En sortant de Sauta Teresa par le chemin qui conduit k la ville -de Tempio, si on laisse à gauche l'église de Sostra Signera di Ruon Cammino, on quitte bientèt le sol granitique et on voit devant soi un terrain légèrement ondulé, formé de sédiments de roches stratifiées, qu’il est impossible de séparer les uns des autres par une ligne de démarcation; mais ces sédiments ne lai.ssent pas de différer essentiellement entre eux.

Ce terrain furme un dépôt, qui en quelques points est ^ de nature calcaire et qui, en d’autres, constitue un véritable grès quaternaire, tel que celui que nous avons décrit jusqu'ici; on y rencontre d'ailleurs quelques coquilles marines A' 13 (Ostrea foliacea Broch.), et d'autres espèces. La partie inférienre du dépôt dont il s’agit, consiste en un calcaire marneux d un blanc un peu jaunâtre, qui prend toute l’apparence d’un calcaire d'eau douce; il renferme des- Hélix-, des Paduliues et même des Planarbea /t. La partie supérieure devient plus hlancbâlre.

(I) Bultrlin lit In Soriil* gMnjijut Francr, l. n, page 70

Lan^m‘Sard9.

Pif. XXIV.

T»rT»tn (tVau Jouc^.

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CHAP. IX. ~ TBIBAINS QIIATEBNAIBB8.

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plu8 tondre et tachant les doigts; elle contient en abondance de petites iJmuéc* J i.

Cette superposition du terrain d'eau douce au grès marin nous indique qu'après la déposition de ce dernier il se forma en ces lieux des flaques d'eau douce. La liaison de ces deux dépôts n'a pas eu lieu selon une ligne verticale, ni selon un même plan horizontal, mais plutôt en plusieurs points disséminés' dans le bassin en question.

L’idée que ce terrain aurait été successivement le fond de la mer et celui d’un lac d'eau douce, ou bien la supposition que le terrain d'eau douce aurait été formé pendant que la mer agiutinait les sables et les coquilles marines, n’ont semblé soutenables, ni à nous, ni à M. de' Vecchi , lorsque nous visitâmes ensemble cette localité. Ce qui nous a paru le plus probable, c’est que le terrain d’eau douce soit le produit de sources acidulées, qui auraient surgi en plusieurs endroits du terrain quaternaire, lorsque ce dernier n'avaK pas encore acquis toute sa consistance. Ces dépôts d'eau douce ont cela de remarquable, qu’ils forment de petites gibbosités audessus du niveau du- terrain arénacé marin; ce qui semble corroborer notre pensée sur l’existence des sources acidulées. On peut voir ce dépôt d'eau douce dans notre coupe générale de ces terrains, chapitre VllI, page 3ü, tig. 60 li.

Si du lieu que nous venons d'indiquer on se dirige vers la presqu’île de La Testa, on parcourt un sol ondulé, recouvert par des dunes irrégulières de sablons mouvants , sur lesquelles végètent avec peine quelques plantes rabougries; au-dessous de ces surfaces ondulées et mobiles, on voit paraître par-ci par-là des bancs plus on moins complets de calcaire arénacé, qui n’est autre chose que notre grès quaterbaire.

Nous retrouvons par conséquent, en cette région, une répétition de ce que nous avons déjà signalé plus haut.

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