L« TUT
à la partie méridionale du Monte Zarit p. 354. dans l’Ile de S. Aniioco, à Porto Scuso, à Gomiesa, ainsi que dans la vallée de Flumini Maggiore, p. 355. On rencontre également ces sablons au Capo S. Marco, à l’élang de Barcé et enfin, près de VArgenliera de la Nuira, page 360. Dans tous ces lieux, comme entre Longon-Sardo el \à Testa, on remarque un passage insensible du grès quaternaire au sable jaunâtre mouvant.
Avant d'arriver à l'isthme qui joint la presqu’île de la v^noo^crfo»# Testa au territoire de S. Teresa, on voit, au milieu des qi»i«ro>îrr. masses granitiques qui sorleml comme des Ilots de la surface ondulée des sables mouvants, un petit vallon dont les deux parois presque verticales sont coupées naturellement dans le grès formé d’une succession de bancs arénacés quaternaires, â-peu-près horizontaux , qui reposent sur le granité ; ces bancs se correspondent parfaitement d'un câté â l'autre, comme l'indique notre ligure XXV (t). Ce petit vallon est l'effet d'une dénudation, qui a eu lieu en ce point après la déposition du grès quaternaire.
. De ce point on continue à marcher sur le sable mouvant jusqu'à l’isthme, où le grès quaternaire est subordonné au terrain tertiaire; il est formé de sable fin calcaire, agiutiné par un ciment de même nature; il est absolument pareil à la PanclUna de Livourne.
Ce grès contient à sa partie inférieure une grande quantité de coquilles marines, qui ont conservé, non-seulement leurs couleurs, mais encore le gluten qui les unissait à l'animal auquel elles furent associées; mais ces coquilles sont presque toutes brisées et usées par le frol-
dr La Testa.
C*quiUp»
üjtJlili'k
(I) Nous devons rectifier une erreur involontaire, commise à la y'j
seconde ligne écrite au-dessous de la figure XXV, planche lit. Le vallon dont il s'agit, ne se trouve pas dans la presqu'île de t.n Tfsin. mais près de l'isthme, sur le sol de la Sardaigne,
Cundtttflii du |r^« f|U4lrrn«irr.
Posilien d« e«» *r^« à Lm 7v#la.
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:u*4 CHAP. IX. — TBBMIfIS fOATBtXAIBRS.
tement; elles appartiennent sans exception à des espèces actuellement viv'anles. Voici les principales de celles que nous y avons rencontrées dans un état suffisant d'intégrité pour en permettre la détermination.
Turbo riirjoaut Lin. — Conus inediterraneus Brug. — Lima squamosa Lk. — Peclunculus insubricus Brorh. -r* Spondylus qaederopiis Lin. — Venus Chione Lin. — Escliarina eyclostnma M. Edw. L’identité de ces coquilles avec celles d’/s Mesas de Cagliari [\) est frappante; ce sont aussi celles de S. Hospics de Nice, d’après Risso.
Le grès coquillier marin forme un banc de 3 ou 4 mètres ail-dessus du niveau actuel de la mer; il conserve une telle apparence de fraîcheur, qu’on le dirait un dépôt tout récent, si d’autres données et notre œil exercé ne nous engageaient pas à le regarder comme appartenant à un dépôt général , bien distinct de l’époque actuelle ; c’est ce infime grès que M. Ed. Collomb a vu de l’autre côté du détroit, à.Soti/ft Marna en Corse et près de Porto TorreSi C.i qu’il nomme granit remanié et reronsolidé (9).
Nous avons déjà dit dans le chapitre précédent, page 394, à propos du terrain tertiaire de La Testa, que le sol granitique de cette presqu'île, forme deux masses distinctes; sur une de celles-ci s’élèvent les ruines de la tour de Testa, autrement dite de Santa Reparata; sur l’autre gibbosité, qui se prolonge vers la mer, est posé le phare, qui fait face à celui du cap Pertusalo, près de Bonifaeio en Corse. C’est entre ces deux édifices, ainsi que sur les parties basses et encaissées du sol de la presqu’île, que se déposa le terrain quaternaire.
Un autre lambeau de celle nature, parfaitement caractérisé, se rencontre dans une position exceptionnelle
(1) Voyex ci-iUftsoi, p«g(» 95).
(9) Voyez le BuUctiu ée ta Société géniofi^ue dr Fruoccy t. \l ,
pagp* 68 fl 70.
LA MAAMOBATA. LA MAbBALENA.
(c’e$l-à-dire beaucoup plus dans l'intérieur de la méiue presqu’île), à une bien plus grande clévalioa que les autres. 11 est adossé à la partie du rocher qui supporte la tour en question; on le rencontre lorsqu’on se dirige vers les ruines de cet édifice par un passage unique, qu’on ne saurait décorer du nom de sentier et qui conduit à la tour, en parlant du vallon intermédiaire entre celle-ci et le phare; les matériaux de la tour sont en grande partie tirés de ce dépôt voisin.
A l’extrémité septentrionale de la Sardaigne, prés du Capo del Falcone et délia MarmnraUt, le grès quaternaire recouvre, comme à Testa', le fond de plusieurs pelils vallons creusés dans le sol graniliqne; mais il s’y interne à plus de deux milles de distance de la côte dans l'intérieur. Au reste , relativement à sa composition , il ne sc distingue pas de ceux décrits jusqu’ici (voy. lig. XXVI).
C'est à-peu-près dans ces régions que l'on commence a perdre de vue des dépôts d’un semblable terrain; à peine en avons-nous reconnu un lambeau très-superficiel dans nie de la iladdalena, où il repose aussi sur la roche granitique. Dans tout le restant de la province de Gal- /ura, nous ne l’avons plus- rencontré, quoi qu’il soit bien probable qu’il sc trouve dans quelques points maritimes de celle région, où il aurait échappé à nos -recherches.
Nous devons dire cependant qu’à partir de la Maddaleiia jusqu’à Ca<iliari, nous n’avons cru apercevoir des traces de grès quaternaire que près d'Orosei; encore ne sommes-nous pas bien certains, si celui que nous avons rencontré vers Cala lÀparotta ne doive pas être placé de préférence dans le terrain tertiaire subapennin, qui se trouve non loin de là à Orosei, comme nous l’avons dit dans le chapitre précédent.
Le seul endroit de la côte orientale où le grès quaternaire soit bien caractérisé et par lequel nous terminons rénnmération'des points de la Sardaigne, où on rencontre relte roche, c’est à la partie occidentale de l’Ile de Ta-
la A/urmomim.
tig. XXVI.
La MaddaUna.
Cù^9 ori^uUlc
ae nie.
Ta%vtmra.
Ftg. XXMI.
Fos5tilrR. Ca\ilc$ |^rror<iiilrii.
TnttU. Hiitiics
rte C ar(ka^.
366 CMKr, n. — TEM4INS 0C4TBBN4IRES.
volara, où elle repose indislinctemenl sur la doloinie crétacée, ou'sur la pegmalite qui supporte la dolomie (voy. planche III, fig. XXVII et notre fig. 39, page 212 cidessus).
Ce grès K 1 4 ressemble en tout point à tous ceux que nous venons de décrire ; à sa partie inférieure il est presque tout formé de débris de coquilles brisées, qui ont conservé leurs couleurs et le gluten qui le attachait avec l’animal auquel elles appartenaient. Cet état fragmentaire nous a empêché d’en reconnaître les espèces; ce sont surtout des Cardium, des Spondyle», des Anomies, des Ardies cl des Venus, dont les débris sont mêlés à des fragments de corail. Ce qu’il y a de notable c’est que la dolomie, sur laquelle ce grès repose en quelques joints, çsl perforée à une élévation de 10 mètres audessus du niveau de la mer, par des coquilles lithophages qui ont même laissé leurs dépouilles dans ces cavités £15; ce sont la Venerupis Irus Lin. et la Petricola Ulhophaga Bron.
De l’He de Tasolara nous passerons à la partie septentrionale de V Afrique, pour nous arrêter d’abord an fort de la Goulelte de Tunis, dont les mors d’enceinte sont formés de pierres taillées dans le grès quaternaire; on les dirait venir de Livourne, tant elles ressemblent à la Panchina. Un peu plus loin , vers l'ouest , en parcourant les ruines de Carthage, on reconnaît que ce même grès a été employé à la construction des immenses réservoirs, que. faute d'autres monuments, on fait admirer au voyageur dans cette solitude. En voyant ces constructions formées essentiellement de grès quaternaire , taillé .à la hache ou à la scie, nous nous crûmes transportés sur la côte de r.4Rlignano en Toscane, ou dans les ruines de Nora ou (le Tarrim en Sardaigne. Il devenait évident pour nous que les carrières, d'où l’on a tiré cette pierre, ne pouvaient pas être bien éloignées du lieu où elle avait été employée avec tant de profusion.
umroi i LA rLANCHB Ul.
En effet, nous n’eùmes qu’à faire quelques centaines ^,,1,,, de pas vers le cap de Cartilage, autrement dit de Sidy- Bou-Said, pour reconnaître ce grès en place; mais le lieu où il se montre avec plus d'évidence, se trouve sur le territoire de La Marsa au-dessous d'une maisonnette des Bains du Beij del Campa (t), placée tout contre le rivage (voyez notre fig. \XVIII). Le terrain stratifié dont est formée la base de la falaise, nous a,pani tertiaire et peutêtre miocène? il se présente comme un grès d'un jaunesale ferrugineux, sans fossiles. Sur ce grès on voit d'abord une quantité de blocs et de galets arrondis de celte même roebe, sur Jesquels repose le grès quaternaire, qui à sa pau'Iie inférieure enveloppe une quantité de ces débris.
Des blocs considérables du grès quaternaire, détachés de la roche en place et qui ont roulé jusqu’au bord de la mer, démontrent clairement cette agglomération ; quant à la partie supérieure du même grès, on ne saurait la distinguer de la Pancliina de Livourne, ni des grès d'Orislano et d’AIghero, en Sardaigne.
En allant par mer de Tunis à Alger, lorsqu’on sc trouve op tiatifo,,. à la hauteur du cap Matifim, on voit bien clairement une surface plane près do la mer, formée de bancs horizontaux, posés sur des roches noires, battues par les ondes; ces bancs, qui forment une espèce de plateau, à une élévation approximative de 10 à 15 mètres au-dessus du niveau de la mer, nous ont parus formés de grès quaternaire; nous les avons reproduits dans notre fig. XXIX (i).
La coupe de notre fig. XXX, qui représente celle du voie h o™».
1 • 1 l' I 1 1 -Il ■
terrain dOran, a ete prise à I ouest de la ville, par ou
(I) Devenn bey de Tunis, dcpuii que nous avons visite ces lieux, en I8.Ï3. ,
(i) Nous avons cru recoanaUrc, en passant par mer devant ce cap, que la roche qui supporte le grès quaternaire est. volcanique; et nous' l’avons indiquée comme telle dans nuire ligure WIK. l’eut-élrr avons nous été induits en erreur?
Digiliaed by C-iogU
BBHfOI A U PLAlIClie lU. ■ 369
de la Médilcrrauée' el de l'ücéan, mais pcul-élre encore dans les parties intérieures de l’Afrique.
Prés de la mer, tout contre les parois de la roche ju- sin«,. rassique, qui supporte ces sablons ou bien le grès qqa- ' '' ternaire, on voit la trace horizontale d'un grand sillon, c'est-à-dire, d’une érosion telle que nous l’avons rencontrée au cap Figari et qui forme le sujet de notre Gg. i'i, page 309 ; mais le sijion de Catalan liay offn; cette diiïérence, qu'il se trouve maintenant placé à une élévation bien supérieure à celle qu’atteignent actuellement les eaux de la mer, comme le démontre notre Gg. XXXI. •
Un sillon tout pareil est également bien visible, beau- Amtr coup plus près de la forteresse,, tout-à-fait en face delà T’erre del (Ireco, où la falaise de Cibraliar^ vers l’est se trouve à une plus grande distance de la mer. C’est en ce point qu’on voit les traces d’une grande- érosion horizontale, faite dans la roche, qui est coupée à pic; ce sillon se trouve à une élévation approximative de 10. mètres au-dessus du niveau actuel de la mer ( voyez Gg. XXXll). . .
Nous ne chercherons point ici- à vouloir tirer des inductions de ces faits; nous nous contenteroris , pour le moment, de les signaler à l’atlenlion du voyageur, mais nous ferons observer que cette élévation approximative de 4 0 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer, coïncide, soit avec le niveau auquel noos avons généralement rencontré les trous percés par les lithodouies dans les roches calcaires de la c6te de la Méditerranée , qui supportent les assises du {^ès quaternaire, soit avec l’élévation de' la base ordinaire de ce dépôt le long de tout le littoral de la môme mer. On pourrait, au reste, comparer CCS données avec celles que M. llomer de Hel cl d’autres voyageurs ont recueillies dans le Bosphore el sur le rivage de* la Mer Noire. el avec les belles observations faites en Grèce par .MM. Boblaye'ét Virlel.
I.a liguri" XXXIII représentera vue de Tarifa, prise Fif.^xijxiii.
CIIAP. II. — TBBBAINS «OATUMAUES.
de la iner; on y voit notre grès quaternaire reposer en stratification discordante sur le terrain tertiaire , quel que soit l'étage de ce dernier; mais nous avons la conviction (|ue le manteau, qui le recouvre, est quaternaire et non tertiaire supérieur, comme l’a cru M. Dufresnoy (1). • Tntr^utr. La même associatioa se rencontre sur celte côte, au XXXIV Trafalgar, où l’on voit également le grès quater-
naire parfaitement caractérisé reposer Iransgressivemenl sur le même dépôt tertiaire que nous allons bientôt retrouver à Cadix et qui est, à notre avis, un vrai terrain tertiaire supérieur.
Tour La tour de Trafalgar est bâtie sur une bulle qualer- * ‘ naire dont nous donnons une vue plus détaillée dans
notre figure XXXV; elle seveompose d’une quantité de couches de ce grès, qui sont discordantes entre elles eu slralilicalion cl qui reproduisent les mômes accidents que nous avons déjà eu occasion de signaler en plusieurs dépôts semblables, soit en Sardaigne, près de Gonnesa, lig, XII cl près d’AIghero, fig. XX, soit & Gibraltar, tig. XXXI et XXXI bis.
lori. Eu suivaul la côte jusqu’à Cadix, on rencontre bientôt Fi|. xxxvi. de,Sanc/i Pétri, fig. XXXVl; il eàl bâti sur un
sol exclusivement • quaternaire , qui présente les mômes accidents ‘de stratification que la bulle de Trafalgar; mais il est recouvert par une couche de celle môme terre ocreuse rouge, que nous avons déjà signalée à Oran et sur laquelle nous reviendrons ci-après.
Sol d< cirfijr. Le terrain de la ville de Cadix, que quelques géologues regardent comme tertiaire moyen, est évidemment pliocène pour nous, qui avons étudié ce dernier dans tout
(t) M. UurrctDoy, dans son boau travail sur les TVrraiVu (rrO'oicrs i/u midi de la France; l’arfs 1839, page 30, regarde ces couclies supérieures comme appartenantes aux tertiaires suliapcnliins; nous avons la certitude qu’elles sont quaternaires; quant au calcaire qui le supporte, nous le croyons pliocène et non miocène.
mk:«voi a la planche III. 371
le bastsin de la Méditerranée; nous n'avons aucune espèce de doute à cet égard. Nous ne* nions pas que ce terrain puisse être superposé aumiocéne, qui joue un grand rôle dans la constitution g;éologique de l'Espagne; mais nous avons l’assurance que le sol visible de la ville de Cadix appartient au terrain tertiaire .supérieur. Nous avons eu occasion de nous en convaincre,, soit en examinant les produits des sondages de diiïérents puits 'artésiens qui traversèrent, au-dessous de la ville, la marne bleue bien caractérisée par ses fossiles, soit par l'examen des diffé- • rents bancs -qui se mollirent au jour, hors de la porte de la ville sous le Bastion tkl Sur (du sud].,
C'est celle succession de bancs que représente notre Ba«tioii dft Sur ligure XXXVII; on y remarque- d'abord des marnes jau- n*. x\xvn. nàlrcs peu fossilifères; sur celles-ci reposent d’autres marnes grisâtres également pauvres en fossiles et sur ces * dernières, un calcaire marneux d'un jaune isabelle-clair, absolument semblable à celui ,de .Malle et de Sardaigne ; • . i| contient plusieurs fossiles subapennins, parmi lesquels le Prclm pusio et le P. cristalus; sur Ce calcaire on voit paraître un banc sablonneux jaunâtre, analogue à celui de f/otile .Varia de Borne cl des environs de Gir-jenli en Sicile, etc., etc.
Sur 4a pente extrême de ce terrain, fortement incliné crè>i|uairn.i.n-. vers la mer, on voit un dépôt coquillier, formé de grandes huttres (O. edulis) et sur ce banc, un grès qui renferme les mêmes huîtres mêlées â des galets arrondis de roches différentes. Ces cailloux, etrangers au sol de Cadis^, augmentent supérieurement en Vohime, en formant un puddingue àgfos éléments, dans lequel entrent toutes espèces de roches. C’est sur ce puddingne que se trouve le véritable grès quaternaire, la vraie Panchina; eufin, ce grès est recouvert, près de la mer, par une forte couche d'un dépôt terreux rouge pareil à celui que nous venons de signaler à Oran et à SanHi Pétri; nous le icirouverons aussi ailleurs,' comme il sera dit ci-après.
GHAP. iX, ^ TSaAAlfl» QVATBBAAUB».
Calcaire farincui blanc.
Le mcine prv» d'‘ Oigtiari,
G>u«td^rvliou«
Toutes les couches di^ terrain tertiaire, qui sont, visibles sous le bastion del Sur de Cadix, oITrent des anfractuosités et des crevasses, qui sont indistinctement remplies d’un dépôt farineux blanc, absolument pareil à cette poudre blanche, qnc nous avons signalée comme remplissant de haut en bas les crevasses et les tissures de la marne tertiaire aux carrières près du Fangario des enyirons de Cnj/fiar» A' 1 6 (voyez page 276 ci-dessus).
On observe cette même substance blanche pulvérulente sous le terrain diluvien de la plaine qui unit Cagliari à Monaslir. Lorsqu'on parcourt cette distance le long de la route royale, 09 voit, dans les parois de cette route, que cette substance; pulvérulente se trouve placée entre le sol tertiaire et le dépôt rougeâtre, diluvien dont nous allons bientôt nous occuper. Il est curieux de rencontrer ce même calcaire pulvérulent en deux points aussi distants ()ue Cagliari et Cadix, ayant le même gisement. •
Quoique nous ne pensions pas devoir nous livrer pour le moment à tous les raisonnements que nous suggère l'ensemble de ce que nous venons de dire sur les terrains qui nous occupent, nous rappellerons au lecteur les faits principaux que nous venons de signaler: 1*' la parfaite iilentité de composition, que ce grès quaternaire manifeste dans toutes les nombreuses localités où nous l'avons rencontré., en prenant pour type la Panelùna de Livourne; c'est ce que démontrent les échantillons qnc nous avons recueillis en plus de 30 localités différentes (1); 2° sa position tout-à-fait indépendante, puisqu'il recouvre indifféremment toute sorte de terrains, comme on peut le voir par l'ensemble de notre planche 111; 3* que les fossiles qu’il renferme, ont conservé leurs couleurs et même
(I) Ces échanlillons font partie clenoire collection,' portants les n<xSII, Il bis, 13, 13, 11, 1.5, 18, I9,SU,9I, 94;oubicn 'Mssont ■Irposes ans Mnsôrs rovanx île Turin ou. <Jr l'isc', ,
CONSIB^KATIONS GÉNAkALBS. 373
leur gluten animal et qu'ils appartiennent à la faune de l’époque actuelle; 4" l’existence des galets de roches dé différente nature, qui fomient presque constamment la base du dép6t; ce qui annonce une perturbation du sol, entre l’époque des dépôts tertiaires supérieurs et celle dé la déposition du grès quaternaire; 5° cette moyenne élé» vation de tO mètres, que conserve ce grès pftsque dans toutes les localités où il a été obsen'é ; 6“ ces trous percés à une. pareille hauteur approximative, dans les roches calcaires qui supportent le grès; 7“ cette liaison intime, qui parait exister entre les bancs du grès en question et les sables jaunâtres qui les accompagnent bien souvent ; 8° cette limite d'un à deux milles tout au plus des côtes actuelles de la mer Méditerranée , dans lesquelles èe grès est rigoureusement maintenu; 9“ cette couche do terrain roussâtre , qui recouvre le même grès en plusieurs localités et qui parait être le dernier terme d’un dépôt général; 10° en6n, la dislocation partielle que ce grès a suhie en plusieurs localités, où il a été porté à une hauteur qui dépasse les 100 mètres, par une cause qui a agi postérieurement à sa déposition. *
Lorsque du bord de la mer, à /.» Me»as, de S. Elia près de Cagliari, on suit avec attention la petite plaine tpii partage cette presqu’île en deux parties, on ne tarde pàs à reconnaître que, supérieurement au grès quaternaire, SC trouve une croûte rougeâtre argillo-calcaire , qui prend plus de développement à mesure que l’on approche de la colline de Monreale. Près de la mer, celle pâle rougeâtre enveloppe une quantité de coquilles modernes; elle forme une véritable lumachelle K M , 18(1); mais ce
(I) Noos en avnns'rencoalcé nne absolument semblable près île l’aima, dans l’îlc de Majorcà, ayânl un (çisemenl analogue; nn tkbanlillun de, celle pièce se trouve déposé au Musée Itoyal de Turin.
'' * 3:4 OH\P. IS. — TEMAINS QOATKBNAIBES
, qu'il y a de remarquable, c’est que ce même ciment perd bientôt les coquilles marines, en s'éloignant de la côte et en approchant de la colline; tout-à fait centre cette dernière, rt ne contient plus que des coquilles terrestres A' 19. Puis sur la cime du Monreale, dans les anfractuosités des deux rocbes tertiaires, ce même dépôt passe à la brèche, osseuse d(ftt nous occuperons bientôt.
Cfliniiiu.iion Cette croûte rouee&tre se trouve placée indifféremment rougriire. suf 16 terrain quaternaire ou sur la roche tertiaire des environs de Cagliari; elle y est souvent recouverte de terre végétale; on l'observe très-bien en un lieu dit h Stelladas, qui fuit partie du faubourg de la ville, dit Yillanora et qui est indiqué dans notre planche IV. On peut • aussi suivre cette couche jusqu'au sommet du Motile d«lla
Pacc, où elle a probablement été- soulevée avec les coquilles subfossiles, auxquelles nous allons passer. Enfin, cette croûte rougeâtre se retrouve partout dans cette région, où un œil exercé sait la reconnaître.
PUg« fcK|uillirrC Dans la figure XXXVIII de notre planche III, nous Hi'xxTvriû avons tâché de rendre visible le phénomène de la plage ' rnguillière soulevée ,• en offrant une vue générale de toutes les collines des environs de la ville de Cagliari, que nous avons prise d’un point élevé au-dessus du " village de Sitiai. La carte topographique de notre planche IV donne Je plan de ces mêmes localités et elle favorise l'intelFigence de la fig. XXXVIII.
puine (Commençons d'abord par le sud de la ville, à S. Barlolomeo et par les environs de l'établissement des salines de La Palma. On voit en ces lieux, sur le plan de ces salines et par conséquent à une faible élévation au-dessus du niveau de la mer et à moins d’un mètre de profondeur au-dessous de la terre végétale, un terrain blanchâtre qui renferme une prodigieuse quantité de coquilles marines, dont la modification est insignifiante A* 1 ; parmi ces ea'pèces nous y avons recueilli les suivantes, qui furent déterminées par notre savant collaborateur de Pise
Dir‘ by
rUtSK MULBVKE. ‘ Mi " ^ *
el dont les individus sont dépostis au Musée H. de retle ville. Voici la note.
Trilônium nodiferum Lk. — Murex trunculus Lin. — Sassa Vo.«ii<.. reliculala Flem. — Conus meJiterraneu» Brug. — Cerilliium ruif/aium Brug. — Luiraria rugosa Lk. ' — Solen Vagina Lin.
— Tellim planata Lin. — Maclra stultorum Lin. — Pelricola ^ fragiüs Mich. — Feniw verrucosa Lin. — V. Chime Lin. —
r. decussata Lin. — Luciua lactea Lk. — L. fragilu Phil.
— Curdium edule Lin. — C. rusUctm Chem. — C. luhereidaliim Lin. — Arra Noê Lin. — Piiina lelragona Broch.
— Spimdylus gaedero/nis Lin. — Ostrea edulis Lin. (voy. A'* t du catalogue).
Ce qu'il y a de remarquable, c'est que ce dépôt, qui pi :ig<’ se rencontre en plan horizontal, à-peu-près au niveau de la mer(t) et que l’on retrouve dans la plaine qui «épare la ville de Cagliari des villages de Quàrluccio el de Quarto, s'élève graduellement de ce côté, vers les collines voisines de la capilale de l'tle. Ce^ fait se voit d’abord dans un chemin creux, qui de l’étang de Pauli Pirri, dit de Tnramaina, conduit directement à Co^fiari en. passant devant la porte d’entrée de la Villa S. Tommaso(i) ; tout le long de ce chemin, tant qu'il se trouve encaissé, on voit dans les parois, entre là terre végétale el les bancs de. calcaire terliairé sablonneux, une couche die coquilles analogues à celles de La Palmir celte couche forme comme une traînée de ces coquilles, qui paraiésenl au jour en -saillie, surtout du côté du nord du chemin creux. En quelques points ce sont des amas de ces coquilles* rassemblées dans des espèces de poches dues aux irrégularités de la- surface du terrain sur lequel elles furent déposées, comme nous l’indiquons par les lettres ep de la ligure suivante.
(1) Voj« le» lëltre» 1, 1. 1. dé la planrhe IV (S) Voyez MS| néinp planche.
Cor|uillri.
Terre rougrAlre.
:nc * CHAP. JX. — TBaiAINK QDATRiNAlRES.
Fig. 65.
lit terrain salilonneox pliocène; cp <lép6t de coquilles inbrouilre, arec des débris de poterie grossière; vv terre végéUle.
Voici les coquilles les plus imporlanles. de ce dépAl: Murex plicatus Broch. — M. trunculus Lin. — Coma tnedilirraH^ Brug. — C. pelagiau Broch. — Cerühium vulga- (um. Brug. — Solen Vagina Lin. — Ikmax Imneulus Lin.
— Petricola lUhopliaga Bm. — Venu* decussata Lin. — V. Callina Lin. — Lucina laotea Lk. — Cardium edule Lin. (très-abondanl). — C. natiam Chem. — C. papiUotum Poli
— ylrca Noê Lin. — Peclunculus glyeimeris Lk. -r- Mytihu eâulis Lin. (Irès-ahondanl). — (hlrea edulû Lin. — O. lameiUua Broch. — Vermilia triguelra Lk. Ites Carditme et les Huilres ont conservé leurs valves réunies, ce qui éloigne toute idée que les animaux , auxquels ces coquilles ont appartenu, aient servi à la nourriture de l'homme; il en est de même de la Venus deciasata eV Axx'MyÜUu eduUs. Lorsque les .valves de cette dernière coquille sont séparées , leur nacré violacé intérieur et surtout leur grand nombre les fait reconnatire de loin; elles forment alors une espèce de longue traînée de cette couleur, qui ressort entre la terre végétale et le terrain tertiaire.
Ces coquilles K *2 sont enduites en ce lieu d'une terre ocrense rougeâtre , qui parait être la même que celle que nous avons observée au-dessus du grès quaternaire d'Is Mesas et qui est figurée v dans notre coupe Ç3, p. 351 ; ce qui semblerait annoncer que ce limon rougeâtre est postérieur au grès quaternaire et qu'il est d'origine marine. comme nous avons egalement pu- le déiluire des
HrreillB «MMflKiBii. ■
à Oran, îi Saneti Prlri et à Cadix (\). La terre rongeàtre (lu chemin creux, inar(|ué MM dans notre planche IV, a aussi pénétré dans l'intérieur des coquilles et surt()ut dans le Cardium edule et le C. rusiiaim, dont les valves sont restées réunies; on peut s’en convaincre en examinant les fossiles qui font partie de notre collection géologique, où ils portent le n“^‘2. ’
Mais le fait le plus important, qui nous reste encore Df^Kni dé* péitnif à signaler, relativement à ce singulier dépôt, c’est qu’en l’étudiant avec attention , en séparant le banc dont il s’agit (le la terre végétale et alluviale, qui le recouvre et qui renferme, comme, il est naturel, des 'restes de poterie ordinaire, soit de l'époque romaine, soit d’une date plus récente, on trouve enveloppés, au milieu 'des coquilles marines, des fragments d’une autre poterie,* qui a un aspect tout particulier A * 3; elle se présente presque toujours en pièces de 3 ou de 4 millimètres d’épaisseur, qui font voir, dans la* cassure fraîche, une zone interne terreuse et noirâtre avec des points blancs de quartz ; celte zone est flanquée de deux côtés d'un mince filet de couleur rouge-brique , à-peu-près comme nous avons .tâché dcTindiquer par la figure suivante, qui représente une (le ces pièces.
Fig. 66.
(I) Voyez ri.-(l*«iis p»pe.» .168, ,170, 371 cl Ici fifinrc» XXX, XXXVI cl XXXVII de noire planche III.