‹ Voyage en SardaigneChapitre 41 sur 84 · ORDRE SECOND · texte numérisé non relu

ORDRE SECOND

nOCIIES ÊRII'TIVES ‘

CUAIMTRE X.

Rnches gT>niliqDC!i.

Les roches graoiliques rormenl, dans l'tle de Sardaigne, une grande arête centrale fort allongée, qui se continue |lresqttc sans interruption du nord au sud, depuis l’archipel de la Maddalena, dans le canal de Bonifaeio, jusqu'à rilot dei Cavoli, près du cap de Carbonara, comme on pqut le voir dans nos figures 2 et 4 de la planche 11 * et dans la carte géologique qui est en tête de l'atlas destiné à ce volumcr. On trouve d’autres lambeaux de même nature vers l’ouest de la Sardaigne, où les roches granitiques forment un autre noyau. Visible ou latent, des groupes de monts, qui surgissent depuis les environs d’ylràiM et de Guspini, jusqu’au cap Spartwento, le plus méridional de toute l’tle.

Le granité joue; par conséquent, un rêle d’autant plus remarquable dans la constitution géologique de la Sardaigne, qu’il n’est, pour ainsi dire, que la continuation d’une arête semblable, qui traverse également la Corse

Grand noyau eranilMue de la Sardaigne.

.Son rapport avec

celui de Cor»e.

5t'» ptiiixpaui Irir».

Ftl'in» qui les lravrr$«ut.

Strurture.

i 14 VHAP. X. — ROClillS GBMITIOUB8.

dans prcs(|ue toute sa longueur (t). Le granité sarde se montre,, tantôt à nu sur des espaces immenses, comme dans toute la province de Gallura; tantôt il est recouvert d'un manteau de schistes sünriens , qni ont conservé leur nature première, ou qui sont devenus cristallins; ou bien il supporte des dépôts secondaires, tertiaires et même quaternaires; jamais nous n’avons observe cette roche reposant •sur des terrains de sédiment, ni déversée sur eux.

Les caractères minéraiogi(|ues des granités de Sardaigne se relèvent souvent par leurs cristaux de feldspath orthose, qui deviennent couleur de rose, incarnats cl rarement blancs; le quartz qui entre dans leur composition, est quelquefois d’un blanc sale et même il prend une teinte rose. Ce granité est d’ailleurs très-pauvre en mica, de façon qu’il passe fréquemment à la pegmatite: on peut même dire que c’est celle dernière variété de roche granitoïde, qui est la plus comnnine; le talc et surtout l’amphibole SC trouvent souvent répandus dans sa pâte et la roche dans ce dernier cas passe à la Syêttile ; enfin, on y rencontre de la pinitc et de la tourmaline.

Les filons , qui coupent plus généralement ces rocb(*s dans nie, sont ceux de quartz, d'eurilCi de porphyre rouge et de diorile ; nous n’avons vu le basalte en filon dans le granité que dans une seule localité. Le granité sarde présente quelquefois une apparence de stratification, mais celle structure est plutôt l’effet d’une espèce de clivage; nous croyons cependant en avoir observés de véritablement stratifiés, ou du moins c’est un granité se divisant en plaques parallèles. Quelquefois il affecte la structure prismatique irrégulière;, ailleurs il se décompose faèilemenl en boules ou en un terrain sablonneux. Tels sont à-peu-près, en Sardaigne, les caractères généraux

(I) Vnypi les ligures î et 4 de In planche II a.

BNVIKONS M CASLIABI. tlA

de celle- espèce de roche, dans laquelle on reconnaît facilement ceux du granité de la Corse et même des autres contrées du globe. ' . .

En sui^'ant la marche descriptive que nous nous som- c.ramir mes imposée dans l' indication des. autres terrains de l'Ile, prcft dr Cmfituiri ■ nous commencerons rénumeralion des granités sardes par ceux qui SC trouvent le plus à proximité, de la ville" de ( agliari. Ce sont les granités (|ui percent sous les terrains siluriens modifiés près de Cajinlerrn. On commence à les voir à un endroit dit Su Conrale. entre ce dernier village et celui dT/«. Celle roche n’oITre rien de particulier; elle .psi rougeâtre et Irès-quarlaeuse ; elle se cache souvent sous la roche silurienne, qui à son contact devient trèssiliceuse cl passe à la lydienne.

Lorsque du Concale on va vers le >ud, tout le long du x. s«rs<r. pied des 'montagnes du territoire de laputerra, on. voit le granité peréer près de Santon Barbara, à travers les schistes siluriens cl y former une espèce de banc parallèle à.la stratification de ces roches celles-ci sont fortement modifiées et sont changées en un schiste siliceux noirâtre cl en une espèce de quarlzite rubané grisâtre; bientôt le granité se perd sous' les roches paléozo'tques , pour faire, une nouvelle apparition au SO de la Villa d'Orri, où il forme une petite bulle, isolée ; il y prend l'aspect d’un filon, dirigé NE-SO el incliné -au NO.

Pour retrouver ce mémo granité, on n’a qu’à s’interner vaii.<»

1 1 11 « !• 1 > i> • » I» d« Stiàiosa

dans la Talléc dite ûe' Sa Stultosa. qui s ouvre* sur 1 autre •iJHonustMto versant de la montagne d'Orri et dont il a déjà été question, p. 30, à propos des quarlzites et des lydiennes du terrain de transition, qui s’y rencontrent el qui sont en contact avec le ^nile. Celte roche forme également la base du Monte Santa de Pula, où élle parait se lier intimement avec des bancs d’un c.alcaire cristallin grisâtre,

(|ui ont l’air d’être intercalés dans le granité; mais c’est là une apparence trompeuse, qui provient des sinuosités du sol el de la direction dans laquelle on est forcé de

4 10 CHAP. X. — aOCHitS fiSANITIOUBS.

*' ÿ;ravir la montagne. Dans celle même moplée on voit,

■ r vers la droite, le granité traversé par un grand fHon de

quartz, dirigé ii-pcu-près N 10" O - SMO" E. En général, tout le granité de celte région prend une teinte rouge; il renferine des cristaux de feldspath orlhose assez volumineux, de couleur de chair ou rose, mais il change souvent de texture et il passe à un granité, ou plutôt à une pegmaüle à petits grains; l’absence, ou -si l'on Veut, rexlrênic pauvreté du mica dans cette roche, forme son principal caractère. Le granité parait de nouveau presque sur la cime du .Voiile Sanio, où il est recouvert par un ' banc de calcaire silurien noirâtre; c’est là que se trouvent les ruines d'une chapelle dédiée k^Saint-MicM.

Mniii .1. Les montagnes qui vont de l'iila vers CIm, parmi lescl le quelles noüs citerons le mont prçsqu isolé de Su Bagadtu, sont toutes formées d'une pegmatite rougeâtre on couleur rose, à petits grains » 1. Celte roche oITre pourtant beaucoup de variations d’un point à un autre, soit' dans sa texture, qui devient quelquefois à gros grains, soit dans sa couleur; mais la masse principale est à petits grains et rougc-pàle. Prés de C/ita et surtout au cap Spar/ipenfo, sur la côte, le granité devient gris; il contient plus de mica et il passe par conséquent à un granité ordinaire, que l'on peut suivre encore jusqu’auprès de la tour de Malfalaiio; celle-ci est bâtie sur un schiste très-micacé, prenant l’apparence du gneiss. Celle localité est importante pour l’élude que l'on peut faire des différentes modificalions, que le terrain silurien a subies et qui nous semblent ducs à la' présence ou au voisinage du granité. C’est sur celle dernière roche que s’élève un ancien monument dit Casteddu de su Giganle (le château du géant], que l’on aperçoit du rivage , en se rendant du cap Sparlivento à la tour de Malfutano.

i>cm,,i<icu«rù. Lorsqu’on se dirige de Pn/o vers Teulada, après avoir laissé à gauche le chemin qui conduit à CItia, on ne quille pins pendant longtemps le granité, qni se décompose fa-

ENVIIONS OB TEVLADA.

cilcnicnt en un lerrain sablonneux ; mais quand on arrive près du misérable village de Domtu de Maria , on voit des . «

bancs. d'une roche rubanée el lourmenlëe , à eçuehes grisâtres el brunes, (|u'on prendrait au premier abord pour du calcaire; c’est une variété de quartzite, que nous avons vu former bien souvent la base du terrain silurien , lorsque ce dernier se trouve en contact, ou près du granité. Cette dernière roche -forme le sol sur lequel est biti ce village, ainsi que le terrain que l'on parcourt de Domus de Maria en se dirigeant vers Teulada. Pendant ce trajet, on -voit' le granité traversé par de grarides veines de quartz et par des filons assez puissants de porphyre eurltique rougeâtre, qui affectent spécialement la direction N 10“ O -,S tO"E.

Si maintenant; oh abandonne pour un instant ce che- MoDumrui 'min, pour prendre le sentier qui va . par le Monte .Varin d” “.

aux ruines des Noragbes, de sü Casleddu (le château) et de «I Perdaja (la pierrière), on ne quitte pas le s‘ol granitique et on voit la roche, qui sert de base à ce» -Noraghe» , prendre une structure prismatique. Nous n’oserions pas <

cependant afjirmer aujourd’hui que le rocher (que nous avons figure dans l'atlas -de notre second volume sur les Anliqiiili.i , pl. V, lig. 1,3, comme un mur vertical affectant la division prismatique) 'soit véritablement granitique,-ainsi que nous l’avons avancé; car ce dessin reluonte à l'an ^820, époque à laquelle nous nous occupions peu de géolo^e.

Les filons porphxriques; que nous avbns rencontrés en allant de Domns de. Maria à Teulada et qui font saillie dans le granité , spécialement sur les crêtes* nous engagent à pepser que le Noraghe de sà Casleddu est plutôt supporte par une pareille roche, que par le granité proprement» dit, qui SC divise rarement de cette manière; tandis que la division prismatique est plus dans la nature des roches porphyroïdes.

Kn repréhant 'maintenant le chemin qui conduit de l^■illl ciiiiniium

* , . do rlicniin

Ihmus de Maria à Teulada, nous n avons rien à noter de ar TmMn.

418 CIIAP. — >0€MES GBANmqOKS.

roniar(|uable avant d'arriver au point culminant dé cette route à peine praticable pour des cheranx sardes; mais sitiU que {'on a achevé la montée, on parcourt pendant un certain temps un sol à-peu-près horizontal, le bng de la crête de la montagne, pour passer sur' le versant opposé ; alors on marche toujours sur le point de contact de la roche sihirienne avec h; granité, de fa^jon que, par suite des sinuosités que forme naturellement le tracé du chemiu, on feule alternativement les deux roches qui forment les deux versants de. la crête en question: le granité vers l'est et les schistes siluriens vers l’ouest.

Rien n'est plus instructif, à notre avis, que celte localité pour connaître les rapports réciproques de ces deux

Irrrein «ilurien. * * » • * . »

espèces de lorrains; le quarlz devient lrès<abondant dans le granité, en n\érae temps que le quarzite forme la base du terrain silurien ; on dirait presque que les deux roches quàrtzeuses passent graduellement de l’une à l'autre ; mais-c’est peut-être là. une simple illusion produite par le mélange des matières analogues qur se rencontrent en ce point. Nous pensons toutefois que les quarizites du terrain silurien sont- des roches métamorphosées par le granité. Ce que nous avons remarqué en ce point, n’est qu'une répétition de ce que nous observâmes également dans la vallée de la SMiosa et dans les montagnes de Caputerra. Sitôt que l’on recontraerice la descente, on sé trouve en plein terrain paléozoïque jusqu’à Teulada.

Tour du Bodetto Nous passerons rapidement sur les granités de la vallée «t iseim Houa. inférieure au village de Teulada et sur le lana-

beau de cette roche qui se trouve au nord du cap de ce oo'm, puisque nous en avons déjà fait mention en parlant • des roches siluriennes modiGées qui les accompagnent; nous noterons seulement que le même granité se trouve de nouveau en place à la tour du Bodello, où est le port de Tetilada et qu'il forme également l’Ilot de Vhola Rossa, ainsi nommé à cause de sa couleur rôuge; c’est, au reste, une pegmatite plutôt qu’un vrai granité.

Coutacl du iraoite rl du

BNVMONS BB TBDLABA. 4I<)

De la Torre del Bodello, le granité continue à^e mon- Tour du Bodelto Irer, formant la plus grande partie de la côte; on le perd' cependant sous le Monte. Lapanu , qui .est calcaire; mais ce calcaire est devenu grenu et friable au contact dp granité, comme celui que nous avons signalé dans la vallée A'Oriilda, page 46. Les tours de Porloscùro et de Calapiombo sont posées sur des monts en partie schisteux et en partie granitiques, ou porphvriques.* Le granité se laisse voir encore dans la partie occidéntale du promontoire de Trulatla, du côté de terre. Dans une localité, dite Punta Àn-ti, le calcaire silurien, qui est au contact de ce granité, devient grenu et lamellaire et 'il se lie en même temps à ces mêmes' quartzites rubanés', que nous avons signalés précédemment.

-Lorsqu'en venant de Teuhida, oi) laisse le chemin qui nnvu conduit au port, pour se diriger vers le Suleù, on quKte au Sutcu. bienlAt les terrains siluriens et l'on parcourt une ^région exclusivement granitique.- Ce sont, en général," de petits monticules arrondis, qui finissent par s'eiïacer entièrement à mesure que l’on avance dans la plaine vers le NO; le granité dont il s’agit, est très- micacé; aussi il se décompose très-facilement , de façon que la route, que l’on parcourt dans cette direction, est couverte de sable grossier, formé par les éléments désagrégés de celte roche.

Celle-ci «e perd bienlèt sous le sol alluvial et st>us les schistes de la plaine d’iresi; mais non loin de la nouvelle église de S. 'Anna , vers S. Giovaupi 'Jlfaztaiiias ; le granité fait encore une apparition tnut-à-fait à côté des schistes siluriens, puis il finit par disparaître ’ totalement de la plaine du Sulcis.

.Maintenant, pour retrouver celte roche ^its ces mêmes eu.t,. wrw contrées, il faudra retourner dan* les environs de Domits de Maria, pour gravir la montagne jusqu’auprès de la Pnnla Serera; au pied oriental de celle-ci, le granfte se lie à relui de Moule Sanln et il forme la base de tout ce

CUAP. X. BO€«BS «EAIUTIQVBS.

Courst' dr Santatii d Cftputerrri.

OfuU|MP plus '«•plenlrional.

Arcntti.

groupe de monls schisteux et calcaires, parmi lesquels il ne faut pas oublier le Monte Nieddu (noir).-

Au pied, méridional de ce dernier, il existe un chemin peu fréquente pgr les chevaux, par lequel on peut se rendre directement du village de Sonladt à la ville de Cagliari, en passant par le village de Caputerra. Nous avons parcouru celle distance, de 45 kilomètres, en un seul jour, à pfed, en compagnie de M. de’.Vecchi (1); pendant 'cette longue course, nous reconnûmes ( que le granité , qui se rencontre dès que l’on sort de Sankidi vers l’est, continue' sans interruption jusqu’au village de Caputerra. Cette roche se montre dans toutes les vallées un peu profondes de tout ce groupe de montagnes et elle forme la base du Monte Arquosu et du Monte Laites qui se lient de cette manjère aux monls granitiques du Cmraie et de Caputerra.

l’our retrouver le granité dans le groupe septentrional de cette partie occidentale de la Sardaigne, il faudra également le chercher sous les terrains siluriens; à cet elTeU on devra traverser la vallée qui va d'igteeûu à .SiUqua, pour se diriger vers Domus Novae. Lorsque l'on sort de la grotte de S. Giovanni, en suivant la vallée d’Oriddn, pour sh.. porter au pied v méridional du Monte Umu, le g^nitc ne tarde pas à se. montrer, ainsi que les quartzites grisâtres, qui forment, comme nous l'avons dikpage 46, la" base du terrain silurien. ^

• Dans une région dite Arenos, où. T'bn a pratiqué quelques excavatibns pour la recherche d’un minerai de plomb, nous avons rèneontré de la pégmalite avec -de gros cristaux dc^ feldspath ortbose d’un rouge vif; cette pegmatile forme, dans la foçhe schisteuse une espèce de filon dirige N 20" O; elle est recoaverle, près du Madao de Oriddm, par ce calcaire devenu saccaroïde , grenu êl presque

(I) En 18H. •

GONNM-PANtBieA. AM08 ET CAPO PBCOBA. Hl

rriabl*‘, dont nous avons |»arlc page 4G. La n)ânni roche graniloïile se développe aussi au folio de sa Jtierln, prés du grand filon quartzeiix de Muro'Mannu -^le grand' mur) qui s'élève au-dessus du sol.. La pegmalite accompagné parloul ce filon el elle se laisse encore vôir'toul près de là , au bas' de la cime 'de 'Monte Linas , à quelques pas au-dessous du signal trigonométrique; en ce point elle se cache sous le schiste maclifèrc, qui forme le manteau supérieur .de cette montagne; mais lorsqu’on descend par la pente NE et par le sentier qui conduit à Gonnos-Fauadiga, on retrouve la roche granitique, qui constitue' exclusivement le sol de ce village Quand on est- près d’y arriver en venant de la Punla Serhareri, qui se trouve au-dessous du lieu du signal, vers le nord, on quitte le schiste maclifère fortement carburé et on fonle hientèt le granité, quf en cét endroit est gris, avec du mica’ noir. Nous avons recueilli notre échantillon « 2 prés d’Aine église dédiée à S. liarlhélemy. Près d’une autre chapelle, dite Santa Sede, la route s’encaisse, dans le même granité; il se décompose facilement en sable, et il est traversé par des veines de quartz blanc et par des filons d'une espèce: d’eurite rougeâtre; nous 'y avons aussi rencontré "un filoq de diorile. Ce même granité con-r tinuc à se montrer à la base 'des nieqls qui séparent Gonnoi-Fanmliya de Villa Cidro, grand village bâti sur une semblable roche, dont est également' formé en • grande partie le Monte Margiani. Enfin, on la rencontre partout dans le fond des vallons, jusqu’au bas' du [tassage de Gutluru e'seu, qui rondult à /toni.n.» Noraa, d’où nous avons commencé celle excursion. ' •

Si de Gonnos-Fauadiga on se dirige, au contraire, vers le nord-ouest et vers l’ouest, on ne quitte pas h» granité, ' sur lequel est bâti le village d’drfnis, où cette l'ochc fait également |)assage à une pegmalitc muge à pctiLs éléments R H ; on la revoit à plusieurs reprises sur la route de Gonno.t el d’.frfcn.», vers Flinnini Maijgiore, où elle' cesse

lie Gommot-

Àréus

Cflpo Feeom,

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CHAP. S. — «OCHES OBANITIQIJBS ,

dé se montrer, pour reparaître de nouveau au Capo P«eora, près de la mer.

On voit que la position de la roche granitique de toute cette partie de l'tle, par rapport aux autres terrains, 'n'est qu'une répétition des mêmes accidents minéralogiques, géologiques et même topographiques; c'est toujours un granité, qui passe à la pegmatite, supportant les deux grands massifs de terrain silurien , autour desquels nous avons fait vox'ager' notre lecteur,- en nous insinuant quelquefois dans le fond des vallées intérieures, où le granité, fait presque toujours son apparition.

Avant de quitter ce côté occidental de la Sardaigne ,

d« Uatdi ventre. . > * i i

S» poûtiou. nous ferons une excursion dans la mer roistne, pour y chercher un petit Ilot, presque à fleur d'eau, plat et fortement allongé, qui se trouve tout près du 40° degré de latitude, à une distance' de 3 milles et demi de la côte; on lui donne le nom (à la vérité peu poétique) d’/so/a di Mal di Ventre' il se compose d'un granité porphyrique à gros éléments , qui parait même avoir subi une. forte altération a 4. Ce curieux Ilot est légèrement ondulé; il n'êst habité que par les lapins et les goélands. Comme point géologique et trigonomélrique , ' il , oITre cependant une particularité, à cause de sa position; car il se trouve placé sur le même alignement que trois autres stations géodésiques de premier ordre de' notre triangulation, savoir, les 'signaux du Monte Arcurniu, du Monte Linan et de la Piinla Severa; nous pouvons' encore -y ajouter la cime du Monte Nieddu, qui s’élève près de cette dernière montagne dans la même .direction. Il est curieiix de voir un Ilot granitique 'surgir au loin dans la mer, sur une ligne le long de laquelle semble avoir eu lieu la principale force de soulèvement des. trois cimes les plus élevées de la partie- de l'Ile que nous venons d'explorer.

liait dri onvii. Le petit’ tlot dei Catoli est le point le plus méridional

et ât Serpenlmrm. . • » i i • •

OU le granité de Sardaigne se montre au jour, sur la cfiie orientale Celui de celle localité u’offre rien de remnr-

gênerai»-

CAV DK CAUONABA.

quable; il. esl gris&lre avec mica cl il est (orme des élémenls ordinaires qui entrent dans la composition de cette roche; il y est traverse par des veines de quartz et même par des filons d'eurile et de dioritc; il se décompose fréquemment en blocs arrondis. L’tle de Serpentara, qui se trouve .à ü milles dei Ctüio(i, au nord-çst, est égaiemenl granitique, ainsi que les pcHts Ilots qui l'entourent.

"Du cap Carbonara, qui est on facc/dci Cawli, la roche ca,, granitique continue à se montrer sur une grande échelle, formant toutes les montagnes qiii séparent la cêlc orientale du Sarabus de celle du golfe de Quarto. Ce granité est bien souvent traversé par des veines dé quartz el par des filons de porphyre et de diorile; ces filons sont visibles lorsqu’on navigue le long de ce Uttoral, qui est exclusivement granitique, depuis l’embouchure' du Flumendoia jusqu’à la tour du Morlorio, ycTi^Cagliari.

Le granité, sur lequel surgit cette dernière tour, est Tour également grisâtre; il contient du feldspath cendré, légèrement teint de rose et du mica noir a 5; on l’a.eKpIoité pour les moles et les trottoirs de la ville de Cagliari; mais cette exploitation esl à-peu-près abandonnée, quoique la bonne qualité de la pierre el la bonne position ’de la carrière, qui est sur le bord de la mer, soient des conditions très- favorables pour ' l'-activation de celte in- ,

dusirie. . r- ■

La même roche passe , dans les montagnes des Sept p»u(c Frères el de Sinoi, à une pegmalite rouge; elle y esl aussi j traversée par des filons de porphyre el de diorile. Cétle pegmalite semble en quelque sorte constituer elle-même un grand filon dans le granité, avec lequel elle se fond d’une manière insensible. Au reste, nous avons cru remarquer que. le passage du granité à la pegmalite a précisément lieu dans la partie centrale et la plus élevée de la grande arête graniliqite sarde; el que dans les parties latérales el les plus basses , c’est en général le granitique

Muni

üi*i

HuuU de Sinmi et flr Ppnori.

4ii CHAP. — K0CBH8 (1BANITI0UB8.

propreiiienl dit qui domine ; cette règle cependant souffre des exceptions.

Lorsqu’on se rend de la ville de Cagliari à la montagne des Se/il Frères, ainsi nommée à cauSo iles sept cimes dentelées qu’elle présente en la voyant de loin, si l'qii passe par Mara Calatjoiii», on rencontre la roche grani<tique à la premièré montée, près de la chapelle ‘de î>. Hasilio. Le granité y devient rouge et il (onlient des cristaux d’orthose couleur de chair, d'une certaine grosseur et nettement cristallisés ; il prend alors une structure porphyri(|ue. En montant de l'église de S. Gregorio à l’hospice des Sept Frères, qui est une espèce d'hermilage al>andonné, on ne quitte plus le grauite; celle .roche pcend parfois une teinte plus hlanche ou grisâtre et elle contient alors du mica, noir en plus grande abondance; ailleurs c'est encore une pegmalile rou^c n G. Dans les lits des deux ruisseaux^ que l'on traverse pour arriver a la cime du mont’, on renconire des blocs roulés d’une roche d’un gris bleu-foncé; à slructufe porphyrique, conlenanli des erislanx feldspalhiques blancs. Celte roche parait une variété de diorite; éUe provient probablement des KlonS qui coupent le granité; celui-ci' forme la errne des Sfj>( Frères et tout le territoire du Huddui, jusqu’auprès de l‘auli Gerrei.

Les monts qui dominent lo village de Sttiai, non loin de Cagliari, sont également granitiques à leur base; là comme ailleurs, le granité passe à la' pegmalile rouge, qui ‘se laisse voir sous les schistes siluriens, sur le chemin de S. Fantaleo à Pauli Gerrei et surtout sur les collines qui dominent le village de Donori. La' pegmalile de celle dernière localité est composée de gros, éléments et elle passe à un porphyre quarlzifère, qui renferme des cristaux dodécaèdres xle qu^lz; elle conliepl en outre du mica verdâtre, ainsi que de nombreuses lamelles de feldspath orlhose rouge-pàle a .7. Quoique cette roche ■ se prt'sente, dans, ces collines de nounri, sur un espace assez

(mitacMdb. minu. monte teempu. 415

lUentiu, NOUS somnièt< lenWs de la considérer comme, fai sanl partie d’un grand filon encaissé dans le granité. Dans ce cas, ce filon serait beaucoup plus ancien (fiie' ceux d’eurite, de porphyre rouge et de diorite, puisque ceux-ci le traversent également, comme ils coupent le granité gris; cette pegmatite cesse dé se montrer au jour sur. la ponte du MmUe Uda, qui feé trouve non loin de narrah, au-dessiis du pont de Baitgius; là, elle est recouverte à la fois par les schistes siluriens et par les marnes tertiaires.

Une pegmatite, semblable à celle du mont de Donori t Rullf çranilH|ur

*' ...1 •• III- Il d'Ortnf^fut.

forme un monticule isolé, surgissant ue la plaine de la Trexeuta près du village d' Orlaeestis ; celle butte aurait bien. peu d’importance, si elle ne se trouvait pas placée, à l’égard des roches mentionnées ci-dessus, dans un parfait allignemenl aVec elles et si elle ne s’allignâil également avec toute’ la côte granitique de la partie orientale (lu golfe de CiujHari jusqu'au cap Carbouara. On- dirait qüe celle colline granitique' d'Or/ace.w», fort peu saillante dans la plaine de' la Trrxeirta-, formait, avant l'époque des dépôts tertiaires, une 'continuation d’un long rivage graniliquo (|ui s’avancait jusqu'à ce point intérieur de l’Ile.

A l’ouest du village de iVuéri, entre celle localité et le

Guêsini, donl il sera queslidn , à cause de sa toone dr* baaallique, on voit surgir; d’une espèce de plaine, un petit chaînon sur lequel est bâtie une chapelle de .S. Àu- , ^

tomo; c’est le point où l’on a fait des fouHIes pour l’excavation d’un minerai de plomb. Ce monticule , allongé du nord au sud, est formé d’un granité syéiMlique rouge, de' très-bel aspect, associé à du porphyre également rouge.

Un autre lambeau de roche granitique isolé forme, à u^»irrrrm^„. ce qu’il parait, le noyau du Monte Trempu- au-dessus d’fsili. Ce mont, que nous convenons n’avoir, pas été bien figuré i»ar inadvertance sur notre grande carte (t), est en

(t) O inonl n>5l pus ni n*alilé ai;;n sur so ciitir, ({iii* le

CHAP. 1. — kOCHBS fiBAlIfTiQtlRg.

majeure partie Tpruié de roches schisteuses, d'urigine silurienne, qui passent aux schistes cristallins et micacés,

■ dans lest]uels la .pegmatite a fait éruption, en y pénétrant en gnise de filon ramifié (planche I, coupe 7J. Il parait même que cette roche granitique est panenue jusqu’au sommet du plateau du Mimlè Trempu, puisqu'eu’.ce lieu on. rencontre des blocs de cette substance, qui certainement n'ont pas été apportés à cette hauteur desf parties inférieures du mont. On pourrait donc croire que le véritable noyau de ce mont est formé de pegmatite , quoique l’on n’aperçoive cette roche que sur un de .ses flancs; les modifications que nous avons cru reconnaître dans les .schistes de cette localité peuvent également venir à Tappui de celte, conjecture.' ...

^craniir Dans là direction NO du Monte Trfmpu, direction qui est parallèle à celle qui joint le cap de Carbonara à la bulle .d’OWacc.vu«, ou rencontre encore un lambeau déroché granitique au milieu des terrains tertiaires et Irach'yliques, tout près du village de Nureci; c’est près de là que se trouve ce terrain de calcaire compacte que nous croyons jurassique, dont -nous avonp fait mention ci-des- • sus, page 166. Au reste, le granité rouge de .Vureci n’offre aucune particularité remarquable, sauf sa position et son ^ isolement des monts granitiques du noyau central ^ La'lrojsième localité du pays plat, où l'on voit surgir

le granité le long de la direction indiquée ci-dessus, c’est au pied oriental du Monte Gliirgliini, où la pegmatite parait •avoir modifié, comme au Monte Tl^etnpu^ les schistes siluriens. Nous nous bornerons pour le moment à faire voir . la coïncidence de ces directions, qui sont toutes à-peu-

reprc»ei)(e li grai’orc de noire carte, donl le dessin fut niai coni* pris; c'esl, au éontraife, une espece de plateau. On ne le voit sous la forme d*un mont ordinaire que lorsqu'on te re^^rde de l>as ea liant de rniiesl.

, ■ rONNI. MMTB SPADA. 437

près parallèles à la ligne des granités de l'ouest, depuis le cap Spariirento jusqu'à l'Ilot de Mal di Ventre (voyez pl. Il », .figures 3 et 4).

La côte maritime de l'Oi;<ûu<ra, qui commence près de cnniir riiot de Chirra et qui va jusqu’au pied du Monte Sanio de Raoiiéi, est essentiellement granitique,, ainsi que la grande partie de cette province. Le granité y passe par toutes les variétés que nous avons indiquées ci-dessus; à Lanusei il est grisâtre avec des cristaux de feldspath cendré et du mica noir «8; tantôt' il est d'une dureté remarquable, tantôt il se décompose facilement en sable terreux; en d'autres points il perd le mica et il passa à la pegmalite. Toutes les variétés de cette roche de VOgliatira (qu'on pourrait nommer la province granitique par excellence, si la Gallura ne lui contestait pas ce titre) sont traversées par des filons d'eurite, de porphyre rouge ou vert et de diorite^si nombreux qu'il est impossible de. les énumérer. Cette dernière roche, en’pénétrant' à. travers le granité ou la pegmatitè, leur a fait subir de curieuses modifications, dont il sera question dans le chap. suivant.

Le granité des monts qui forment la base orientale el ranni, v..vp<rf.i. septentrionale du Gennargenlu et qui lient la province (ÏOgliaslra à celle de .iVuoro, principalement par les territoires de Villa Grande et du Corr-è-hoi, est toujours de même nature A peine on a franchi le passage de ce dernier nom. on voit reparaître le granité jusqu’à Fonni, dont il constitue presque tout le territoire. Si de ce village on veut ensuite faire une course vers le. mont Gennargentu, on voit an Monte Spada le granité devenir trèàporphyrique; ses cristaux de feldspath opthose y prennent un développement considérable, ce qui constitue ua granité à gros éléments. C'est en cette Région que la même roche présente une certaine apparence de stratification, ayant une direction approximative du NE au SO, et inclinant au SE Les granités de Fonni se lient à leur tour, au nord, avec ceux de .Vimrn et à ronest,avec ceux de

ii» CITAP. X. — -■OO.RBS MANITIQDBS.

SorgoHo eide Rumchi, qui ont un rapport assez naturel avec ceux de la base orientale du Monte Gltirghhii. r.rüHiir En reprenant notre excursion de ce dernier j>oinl, uii

. I r samiigieo. l’avons laissé ci - dessus , page , nous verrons reparaître le granité près du village iVMIiU et surtout après gvoir passé celui de Samugheo, près du' Noraghr. liongA ({). Dans cette -région la roche trachytiquc cède la place au granité, comme l'indique au premier aspect le changement qui s’opère dans la forme du sol. Celui-ci devient ondulé à so'mmités arrondies, .ce qui annonce de suite un terrain diiïérenl.. La roche dominante de la contrée est un véritable granité, avec les éléments ordinaires, mais il contient parfois de l'amphibole et il pas.se alors à la syénite 6t même à une roche amphibolique etporphyrique qui s’approche du diorite. Ce diorite-des environs de Busaelii semble constituer un véritable terrain et non de simples Pilons, comme ccu\ que nous avons signalés ci-déssus. Avant d’arrivei' à ce dernier village, «n rencontre un granité grisâtre*» 9, pareil à celui de fyiniuei. • '

De Rtmrhi, iùsqu’au village de-flùfoni, la route qui

fl fitroneii. , , . . *

lio ces deux populalions (éloignées de 10 kilomètres) dans la direction de sud au nord, suit presque toujours la ligne de jonction du granité et du trachyte ancien. Les particularités que l’on remarque le long de cette route, seront spécialement indiquées dans notre^ chap. XII, relatif aux trachytes anciens; nous nous bornerons' à dire pour le moment, que le granité se montre et se. perd successivement à plusieurs reprises, surtout entre Btmachi et le viHage de Neoneti, liinsi qu’à la baée du mont de Santa ViUo$âa, qui se trouve près de ée dernier pays. orturri. xart«„o J.,ps territoifes d’.Or/weTf, de Sornmio et d'Ahara sont

(t) ('*'.yiirag/ie Hall» l'alla» ilr la secomlo parlie 'de cr

f^nijngr, planchr.VII,' fig. î, • •

ATUU.- NHORO.

4în

exclusivcmoiil graniliques, à part quelques lanibeaux de schistes moditiés, qui rappellent ceux, de la vallée de Sa Sttdiosa (1). Ce granité est Irés-p^uvrc en mica, qui est remplacée par de l'amphibole, c'est-à-dire, la roche devient syénitique. Près d’/ltsara, on voit une petite colline qui forme une arête dirigée NO-SE, dont les pentes occidentales sont granitiques, tandis que celles de l'est et du sud se composent de schistes, que nous croyons devoir rapporter au système Silurien modilit;, ou bien aux schistes que nous avons désignés sous le nom de cristallins.

Le granité d'dfzara prend quelquefois une structure Grinii<Mi.AMm. porphyrique et une teinte rouge, (fui en fait une roche remarquable ; parmi ses variétés nous en signalerons, une ,

■ dont les cristaux de feldspath allcignènt une grosseur extraordinaire. Au reste, la roche granitique arrive sans interruption jusqu’au village de Sorgpno. Si de ce point on se dirige vers Tonara, on rencontre bientôt la roche schisteuse, c'est-à-dire, les schistes talqoeux de la masse du Gennàrgentu', mais si l’on continue à marcher vers le '

nord, on ne cesse de fouler le granité qui forme toute la base de la grande masse centrale jusqu’auprès A'Ot^ lanà. , *

La même roche granitique, que nous avons Vue cons- Autres lutjlilr» tituer le territoire de Fonni, continue encore à dominer vers Mamojada et elle arrive presque sans discontinuité jusqu'à la ville de Nuoro, en se montrant à la base des monts A’OrgosoU) et A'Oliena d’un côté et de l’autre vers Sande, Orani, Oniferi et Orolelli. •

Tout lë plalëau sur lequel, est bâtie la ville de*iVuor.o, («riiiilr est encore unii|uemcnt formé de granité, qui y affecte c/i-mr una structure porphyrique aêec des cristaux de feldspath nrthose d’un rose sale; relief roche prend par la tiécom-

( I) Vo>o/ ÏO.

CBAP. X. — .aOCUBS eUXITIQVES.

position les formes les plus singulières;, des blocs paraissent'de loin comme des tètes de mort, les autres restent , on équilibre sur un pivot, ce qui les rend mourants avec facilité. Nous donnons ci-dessous le dessin d'un de ces rochers mouvants, que nous avons visité l'an 1829; on le homme dans le pays Pielra baUerina (pierre dansante).

Fig. 7».

uokiiiK! ur crue (le'bloo, quP Dous uvons mesuré avec soin, compte 14 mètres de circonférence à sa base, ■sur 2‘" 55' de hauteur; il se trouve tellement en équilibre sur le roclier qui le supporte, que la moindre impulsion donnée par la main suflit pour le mettre en mouvement. On voit alors cette grande masse osciller d'abord lentement, puis prendre un mouvement plus rapide et se balancer pendant longteinps' avant de revenir 'graduellement à son repos naturel ; mais celte mobilité doit. être aussi béphémère qu'accidentelle, car le moindre dérangement dans son pivot suffira pour faire rentrer la pierre dans son immobilité . primitive. Ce phénomène., qui n'est pas ' rare ' dans les régions granitiques, s'explique d'ailleurs facilement par l'effet de la décomposition l|ui s'opère dan» deux parties d'une même roebe, de façon que celle d'en haut est restée en parfait équilibre sur celle d'en bas. rtraiiite du ncnlr Le granité de Nuoro continue à se montrer sur une '* irès-grande échelle dans toute la province de ce nom ;

ül'OM. ■OKO.

il supporte, à t’est, le calcaire h^ppurilique du Monte Alro.'de Galleiti, lïOliena, de Dorgali 6i du Monte Santa; et près de la côte il est remplacé, ou plutôt il est recouvert, par les schistes granatifères de S. Lueia et de la'

Caletta de Paxada. Le cap ‘Commino est granitique, ainsi que la base'du Monte Jtemule; non loin de là il est traversé par un tilon bien remarquable de quartz et par d’autres liions de roche dioritique. Le granité du Monte nemule parait avoir subi un plissement dans le sens NNE-SSO, qui serait postérieur à l'àge géologique du calcaire hvppurilique; celôi-ci a également participé à la même impulsion au Monte Alvo et à Tnretara.

Le grand plateau granitique où sont les- sources dus„B rjiiwri Tirse et (|ui se rattache à la GalUira par le sol très- it'iie». montueux et rocailleux d'Alà et du Monte Nietldn (noir), se lie vers' le- NO au granité" de Buddaso/dc Patada (I) et des environs d'Osieri et vers- l’ouest, à celui qui se trouve au pied oriental du Monte Itasu de Bono, où il arrive jusqu'à la hauteur du couvent de S. François. Cette roche recueillie près du monastère, est un granité ordinaire grisâtre, contenant des cristaux exagones de mica noir; son quartz èst gri« et ses cristaux de feldspath sont petits et blancs a 10.

De Bono, le granité, continue à se montrer vers le sud onnitrdr«M<>. et il occupe une grande partie des territoires de Botidda,^‘ A' de Burgos et d’Ksporlatu. Le château de Burgos est sur cette roche, qu’on ne perd de vue que lorsqu’on arrive près d'Illorai ; là il disparaît sous les schistes maclifèrcs, pour reparaître de nouveau aux 'environs de Bnintana, village bâti sur le granité.- Enlin on le suit de ce côté jusqu’auprès du village de Silanus, où il est recouvert par le schiste maclifère, par le marbre et même

(t) Dans ce village on trouve un grand filon île fer oviiliilr inagnrtligie enclavé Hans te granité.

<lr r luttartj-

flo U Ootium.

prinriftaui

car^rt^re*.

Uf CHAP. \. — ROCH£8 «iRANITIQOES.

par le iracliylc ancien. Dans la vallée du Tirse, le granité l'orme les bords du Qeuve et il sert de base au pont qui le traverse dans cette région.

• l'ouest de la- Sardaigne, la roche granitiquë ne se montre plus qu'à l'ile de l'AsInnra, prés du mouillage.tie( Fornelli ; c'esl sur ce terrain qu'p clé- bâti * le fort non achevé du Casldlano. Ce granité varie infiniment d'un point à l'autre; il est tantôt gris, tantôt rouge, tantôt à grains fins, tantôt à gros éléments ; cette dernière variété SC rencontre spécialement dans le territoire de La Reale, où elle passe à une pegmalite accompagnée de tourmaline; elle renrenne aussi des cristaux volumineux de feldspath orthose rouge et de larges lames dé mica blanchâtre #41. Quoique les autres (Htrtics de l'^lsinara soient formées, ou <lit moins, soient recouvertes de roches schisteuses, qui liassent du schiste talqucux' au schiste micacé, on VQit paraître, à 1a hase des sehisles, des lambeaux de granité; ceci SC remarque surtout sur la côte orientale , à la tour de Cala il' Aima, comme nous l'avons indiqué dans notre, coupe de cetle lie, lig. 3, page 4C ci-dessus. ’

Le groupe par lequel noms allons compléter la série des localités de la Sardaigne , où se rencontrent les roches granitiques, est celui qui constitue la province de Gallura. Celle-ei est limitée à l'ouest, par le cours du fleuve CogliiHO», au sud par la gran(lc vallée qui va à’Oeehhi à Terranova; et partout ailleurs, par la mer, qui forme vers l'est une côte fortement découpée,. remplie de ports et de criques plus ou -moins utile» à la navigation. Cette grande masse est formée d'une seule roche granitique, qiii n’est recouverte que. par les terrains crétacés de Figari eide Tttrolara cl par les bancs tertiaires de la Tftta, sans compter les 'dépôts quaternaires, qui sont limités à la côte. ,

Le granité de la Gallura, sans trop s’éloigner de celui que nous avons rencontré dans les autres contrées de la Sardaigne, a cependant des caractères qui lui sont pour ainsi dire propres ; ses cristaux de feldspath orthpse. sont

CALLUBA.. LA TESTA.

généralcmenl plu.s volumineux cl ils prennent une teinte ' rose eu incarnat; le mica y est Irlis-rare; mais ce qui fait son principal caractère c'est que , sans (Ire réellq^ent stratifié, il offre en plusieurs endroits une fausse apparence de stratification, dnc probablement à une espèce de divage, qui affecte une direction à-peu-près constante; c'est ainsi que le granité,, qui fohne le groupe du mont lÀmbarra, semble en quelques localités' stratifié dans le sens N-S; il constitue également le sol de Temjùo. En cette ville il prend une structure porpbyroïde et il contient des cristaux de feldspath orthose d'un rose pâle ou légèrement violacé » t2 ; il est traversé en plusieurs sens par des filons , mais principalement par ceux d'une roche dioritique d'un noir verdâtre, .quelquefois prismatique, sur laquelle nous reviendrons ci-après.

La. même variété de granité forme tout l'espace corn- GraiiKf pris entre Tempio et Longon-Sardo, ainsi que la près- Lulrètu. qu'lie* de la Te$ta, où l'on voit, sur le bord de )a mer, des colonnes ébauchées jadis par les Romains <«t plus lard par les Pisans (1). La pâte de la roche ne diffère en rien de celle du granité de Tempio, seulement dans celui de la Testa le feldspath prend une teinte plus rouge ou violacée m 13. Xout au pied de la tour, en partie ruinée, dite de la. Testa et même encore di Santa Reparata, on voit un immense bloc- de ce granité détaché de la roche par la main de l’homme, qui- peut avoir 600 ■ mètres cubes. .Le clivage du granité en place de cette

(I) On Mit pmjtiTemenl , par dei doeomenta hutoriqdaa, qpc les Pisans tirèrent de la preaqn'lle de ta Testa les colonnes de granité qui ornent l’église de Ssont~Jean de Pise; il est même très-probable que celles qui se* trouvent dans le péristyle de la lioiimilr ( Pantliron) de Rome, aient une semblable origine. Nous .wons VII des pierres, arec des inscriptions romaines, encore sur placé dans celle presqu'île ( vojci seconde partie, Ântitiuilii , pape 130).

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