CHAPITRE XI
Filoni porpbyriqacs , sjônitiqucs et dioritu|ucs ; filant ëraptifs de fer.
Les roches schisteuses et granitiques (le la Sardaigne sont traversées par de . nombreux filons de matière solide et pierreuse (1 ) , dont l’importance géologique est assez grande à nos yeux pour ne .pas les passer entièrement sous silence; c’est pourquoi nous avons consacré à ces filons un chapitre à part, dans lequel nous allons rapidement passer en revue ceux qui nous paraissent les plus dignes d’être signalés.
Lorsqu'on examine avec a'tlcntion'la composition minéralogique de ces 'filons, ainsi que les rapports qu’ils ont, soit entre eux, soit avec les diCTérents terrains au milieu desquels ils se sont fait jour, on reconnaît' facilement que la nature, en injectant ces matières à travers le sol préexistant, ne s’est pas écartée de l’ordre qu’elle a suivi dans la formation des grandes masses cristallines. De même que dans ces dernières, nous voyons la syénile succéder bien souvent au granité proprement dit,letrachyte- ampbibolique paraître après le trachyte fcidspathique et être suivi des roches pyrroxéniques; nous voyons dans les filons de la: Sardaigne l’eurite et le porphyre quartzi-
Boii nicljlli(i.-rea.
Oçdrc
de coiup«isi1ion de rei fiUmt.
(1) Noos ne parlerons point des filons mélaltiquos proprement dits, «|ai n’entrent pas dans le cadre de noire travail et dont nous nous sommes bornés à indiquer qaelques-mnes do ‘leurs direclions dans le texte ou tiens le tableau i. Noos ferotis exceptiofi pour quelques filons de fer, dont te caraclère éruplif est as«ez clair.
Diilinctiuni.
rnrphjre
q«»arla4irrr* ;
«vs caracli-res.
Ui CHAP. XI. — FILOXS POBPRtBIOVB.4.
fèrc Iravfiricr d'abont le {rranile, avoc son passage au porphyre brun, qui est son Emiomorphisme naturel; bientôt après, l'amphibole paraît coilime clément accessoire dans le porphyre qui devient syénillque; puis ce même amphibole est l'élcmont principal cl alors des fdons de nature diorilique coupent cl modifient les précédents ; enfin on voit paraître les dykcs basaltiques et péridoliques.
Nous traiterons séparément d& chacune de ces différentes classes de liions, sans revenir sur ce qui a été dit page îOd cl suivantes sur les porphyres gris qui traversent et modificn\ le terrain houillcr avec lequel ils sont intimement liés; nous renvoyons, pour ce qui concerne ceux-ci, au chapitre III, que nous avons consacré aux terrains, en question.
-iiv'
Porphyre rouge quartzifrre.
Le porphyre quarliifèrc, presque toujours rouge, forme dans l'île des amas ou des filons qui Iraveêscnl' souvent les vallées et les montagnes au milieu des roches granitiques et schisteuses, pendant l’espace de plusieurs lieues. Ces porphyres quarlzifùrés sardes sont, comme ceux de France, accompagnés de quartz concrétionné, qui forme des filons de contact le long de ces lignes éruptives.; ces quartz sont quelquefois métallifires, ces mêmes filons paraissent avoir modifié les schistes' d'origine silurienne en les convertissant en jxiles grettaliques plus- ou moins compactes et grenues, liées à des pyrites ferreuses ordinaires ou magnétiques et à quelques traces de pyrites cuivreuses (I).
(1) ?io» obsrrValioB» aonl cnorirmcrs par une lettre Ircs-iotéfessante, que M. Foornet a bien nous adresser après m courte excursion en Sardaigne.
POBPHYIF. ROUGE OVARTZIFEHK. 443
Lca granités des monts des Srpl Frèrtt et de Sinai, à m.uii l’est de Cagliari, sont traversés par des filons porphyri- " ques évidemment postérieurs à la roche principale; ce sont tantôt une espèce^de pegmatite rouge à grains fins, qui passe au porphyre quartzifére ; tantôt ils consistent en un véritable porphyre rouge contenant des cristaux de feldspath blanc,' du quartz et quelquefois -de rares cristaux d’amphibole. %N{)us nous bornerons à indiquer ces deux variétés qui figurent dans notre catalogue avec les numéros t. 2; elles réunissent à-peu-près les principaux caractères des filons de celte espère.
Lorsqu’on arrive à Pauli-Gerrei, en. venant de S. Pan- Itileo, on volt tout-à-coup paraître sous la roche silurienne un porphyre rouge, qui forme le fond du ravin au-de$sôus et à côté du village; il se compose essentiellement d'une substance feldspathicpie rouge , avec des peliles vacuoles , qui conlienuenl des cristaux de feldspath blanc a* .1. i; celle roche se présente en ce lieu plutôt en guise d’un grand culot ou amas, qu’en celle d’un véritable filon;, celte' masse’ porphyrique constitue le noVau de Ja montagne, fornàée de. terrains, siluriens calcaires et schisteux, dont il a été question dans le chapitre II, page. 66.
On voit de nouveau ce porphyre rouge non loin de là, Vonv m. presque sur la sommité d’une montagne aplatie, qui domine le village de Pauli-Gerrei et de Silius; elle porto le nom de Monte Ixi. Celte roche y est accompagnée d’un grès à gros éléments , qui contient des fragments de quartz et (}c lydienne, évidemment arrachés aux roches inférieures. .Nous ne serions pas étonnés qu’on reconmU un jour dans cpllc brèche un représentant du grès rouge; nous nous bornons, faute de données,' à signaler celle roche à rallenlion des géologues qui visiteront ces lieux après nous; elle figure dans notre catalogue parmi celles d'àge incertain, qui sont hors de série, avec le
n^ Lt 2* porphyre
Le môme porphyre de Pauli-Gerrei se montre égale- n pr>. âr .»>«/,..
c:u*r. XI. — FILON» FUBraiNIOUK»
MohU HilStU*
Gril
près de SetUo,
nicnl au jour sous la roche silurienne , âii bas de la deseenle de iViirri près de l’ancien ponl sur le Flinnemhsa (1); il SC perd bientôt sous les schistes, pouf reparaître ensuite plus loin vers le nord dans la môme vallée du Flumendosa près de Seulo et de Gadoni^ où il forme le, mont de PeddurU et où il se lie au porphyre ' du Mmile- Perdedn. A l'ouest de Nurri on rencontre également un^T lambeau de. porphyre rouge associé $u granité syénitiquë dont nous avons fait mention page 425.
Dans la province orientale d’Ogliastra le porphyre rouge quartzifère forme d’abord le Monte Rasiu, entre les territoires de Chia et de Perdas de Fogu; puis au nord de ce dernier village il réparait au Monte de Niada; tandis que pluâ loin , mais toujours dans la même direction , il constitue la plus grande partie du Monte Perdedn de Seulo, dont il a été question ci-dessus. On .peut voir sur notre carte’ géologique et sur notre figure i, pl. II», ces trois localités,' «ù SC rencontre la môme roche, former entre elles une ligne à-peu-près droite, qui sert, vers l’est et vers le nord, dè limite au dépôt du terrain à anthracite de nie; tandis que les autres porphyres rouges de Paulin Gerreii du Monte Ixi, de Nurri et même de nouveaif celui du Monte Perdedn, sont aussi placés en ligne droite , à l’ouest du dépôt charbonneux; cclui-«i par le fait est entouré de porphyre rouge. Celte particularité mérite de fixer l’attention du géologue. ‘ '
Nous avons observé au pied occidental du Monte Perliedu , vers le village de Seulo , une espèce d’arkose, dont il nous fut impossible de reconnaître la véritable position géologique. Nous l’avons placée parmi les roches d'âge incertain de notre catalogue L 3. Il pourrait cependant se faire que l'on recennmssc un jour que ce grès arkose est
(I) Voyez chipitre IV, page 138, et les coopes S3, 94 de ce même chapitre.
POBPHVRES BOUGES BB L'OGLUSTB*. 445
un représentant du grès rouge en Sardaigne. Le porphyre du Monlp Perdedu de Seuh et surtout celui du Monte Pedtluris, vere le Flumendo»a, passent du porphyre rouge aû porphyre brun , avec des cristaux de feldspath orthose couleur de chair, du quartz blanc opalin.et quelques cristaux d’amphibole »* 17; ce porphyre prend l’aspect d’une roche, que nous avons observée dans les monts de l’K»tèrel, près d'Antibes, en Provence.
Le porphyre ronge quartzifère -se montre en culots et en liions dans le granité de la province de VOgliastra. En sortant de Cagliari .pour aller au cap de Carbonara, on rencontre le long de hi cèle une quantité de ces filons; on en remarque surtout un qui soft du granité près du Capo lioi\ il va NNO-SSO. Dans VOgliastra orientale .et maritime , ce même porphyre rouge occupe un espace considérable; on le voit dans les environs de Lanusei et de Bari former indifféremment des monticules coniques ou de véritables filons dykes. Lorsqu'on sort de Lanusei pour aller vers Bari, on rencontre plusieurs filons' de ce porphyre ronge quartzifère sortant du granité;. on en remarqne d’abord deux, un sur la droite du chemin, l’autre qui coupe ce même chemin et qui se dirige vers une petite montagne conique, dite Monte ^aré(l); ce monticule se- compose de la même substance dont est formé le filon, qui est également dirigé N 17" O. Sur ce même alignement, on voit surgir plus loin, vers le S£, un autre mont conique assez élevé, dit 3fonte Aslili, formé du même porphyre; c’est fort probablement la coiltinuation de la mémo roche du .Monte Taré. Nous avons encore eu occasion de passer au pied du .Monte Aslili en décembre 1853 et nous avons été confirmés dans notre opinion sur l’identité de la matière qui compose ces deux monticule» oo-
(I) Voyez ce mont indi(]nê dans notre petite carte de l’ilè, fi)| 3, planche II a.
. riLONS rOEPHTKIOUBB.
niques; niais.au Monte Asiili le porphyre s’esl. développé sur une plus grande échelle. ' -
Eaviroo.dcftiri. En longcanl la cèle depuis le pjed orienlal dn Monte Astili jusqu’au cap de Uellavista, on voit près du village de liuri, le porphyre rouge prendre les proportions de simples filons éruptifs , niais ceux-ci deviennent fort nombreux à travers’ le granité. Ces liions, dont il serait superflu de donner toutes les directions, ont en moyenée celle N 25“ ü, prise sur l'observation de 9 ûlons différents, ■ r^ilc dans la même région (I).
Scoÿti rotsi. En poursuivant son chemin dans la même direction le long de la côte, après avoir dépassé la hauteur du village de Bari et la PmUa AVra, qui est.l’exlrcmilé d'une coulée basaltique de la Ibbanianna, on trouve bientôt deux autres filons de porphyre rouge , qui courent parallèlement entre eux et qui forment dans la mer une Iratnce d’écueils dits t/li Scogli rossi ('2). Ces deux liions, dirigés N 20° O continuent à se montrer dans celle direction pendant un long espace de terrain , en faisant saillie sur le sol de la plaine et dans les autres monticules granitiques qui y surgissant.
nru.ui Nous avons lâché d'indiquer toutes ces particularités . i.Bure 1,. figure suivante, qui représente les terrains de
cette côte, depuis les Ilots ii'Ogliastra jusqu'au cap Sfera Catallo; dans cette vue se trouvent indiqués quelques-uns de ces filons de porphyre rouge; nous l’avons prise de notre signal Irigonomélriquc du .Vontç Santa de Baonei, dont il a été question dans le chapitre Y, page 191.
(t) On pput consulter, pour la direction, de ces iilona, notre U* bféau general i, qui fait partie de Tallaa foint à ce Tolume.
(9) On trouvera Tindication de cea écueils remarquables dan» notre carte (fc Tilc en deux feuilles j ils ont même été reproduite dans la carte géologique.