‹ Voyage en SardaigneChapitre 46 sur 84 · CAP DE DBLLA.VISTA · texte numérisé non relu

CAP DE DBLLA.VISTA

•. Fig. 74.

a ilols (lits Jh Oqliatlra ; b tour A’Arbatax ; c (oar et cap di Bellaviita; H tour de 5. Gcmigliiino; e Scogli rusai; f contiDuilion de» Scogli rosai dans la plaioc et à travers un inontirule granitique; g étang de Tortof;; h village de TorloFi; i village de '

Bari; j mont iiasaltique d' Ibbitmanna ; k base orientale du Monte Malili; I Punla tuni; m.tour de Bari; n cap do Sfirra (Uiralh.

Les eiiTirons du ' cap de liellantta et de la côle de r>p Santa Maria Navarese sont aussi des localités fort reinar- ' quables pour la présence des filons de porphyre rouge, mais ceyx-ci sont traversés par d’autres filons de roche dioiitique, qui y jouent un rôle important. Nous nous réservons d’en parler ci-aprés. En attendant, on peut se faire une idée de la disposition de ces filons de porphyre rouge par la vue de la figure 74 ci-dessus; un de ceux-ci traverse le granité du promontoire de Oellavista c, puis il se perd dans la mer pour reparaître dans l’Ilol principal a ; de là il se perd de nouveau dans la mer, ensuite il se montre sur le rivage près de l’église de Santa Maria JVavare.ee. Ce filon conserve une direclion à-peti-près conslanfe, dont fa moyenne serait N3"0-S5”E.

448 CIAP. U. — FIL0H8 POUBraïQOES.

Aulrn liioni L-C filûii quarlzifèrc rouge, dont il s’agit, est le dernier

d. rog««tni. jg ggijg espèce, que l’on rencontre près de la mer de re côte de la province de VOgliastra, où les granités et les schistes sont bientôt recouverts par le calcaire crétacé du Munie Santa; mais si l’on s’interne dans cette province, on voit le granité et même les schistes, traversés par d’autres filons de porphyre rouge, qui n’y sont pas moins nombreux que près de la côte.

iyir|.i.jr<-i Au-dessus du village d’Anana, vers l’ouest, près d’une chapelle rurale dont le nom nous échappe , nous avons vu un de ces filons en saillie dans de schiste et dans le granité, ayant une direction à-peu-près N 40" O;. on peut le suivre de l’œil jusqu’auprès de la mer, pendant l’espace de plusieurs kilomètres; la roche dont il se compose , est un porphyre quartzifère rouge des mieux caractérisés , avec des petits cristaux de feldspath blanc et des grains de quartz a* 6; il contient aussi des cristaux de pyrite ferrugineuse a* 6.

Sca/a itei Fratu ün en retrouve lin autre, qui sort des schistes talqueux, au bas' de la descente dite Scala dei Frati (escalier des moines), sur le chemin qui conduit de Gairo'k lanusei et qui est à peine praticable pour les chevaux sardes. filon se compqse d’une roche à base de feldspath rose avec du quartz; >I n pour espèce de salabandc une pellicule de stéatite verte a* 7; il traverse, à la fois le granité et les schistes cristallins.*Cette roche pourrait, au reste, être d'un âge différent que celle des filons décrits jusqu’ici.

i>ird Un filon de porphyre rouge, pareil à celui d’Anana, traverse aussi les roches granitiques et schisteuses du pied de la Perdaliava, ayant à-peu-près la mémo direction. On en rencontre d-’autres assez nombreux au Corr-è-boi. M. Fournel, qui a visité après nous cette dernière localité, a bien voulu nous communiquer les observations importantes (ju’il a faites sur ces poq)byres ; en voyant dans tes régions des filons métallifères accompagnés de barytüie.

GBnnftMSBITO.

de fluor el de quartz , a été conduit par ses observations à rejeter l’opinion qui attribue la formation des filons métallifères à des émanations va{ioreuses, il a cru y reconnaître, au contraire, les preuves d’éruptions métallifères, analogues à celles des porphyres rouges on bruns du voisinage. Corr-è-boi est, dit-il, une école admirable à ce sujet.

Il nous reste encore à faire mention d’un filon de porphyre rouge quartzifère , que nous avons signalé dans le chapitre I, en parlant du groupe du mont Gennargenlu; il parait au jonr à travers les schistes et il a été ensuite, non loin de là, fracturé par le porphyre syénilique du Sciusciu (tj.

En résumant ce que nous venons d’exposer sur les porphyres quartzifères proprement dits, nous rappellerons ce que nous avons exposé et ce qui a été assez récemment vérifié par le savant géologue cité ci-dessus, savoir, que les quartz concrétionnés , qui accompagnent les porphyres dont il s’agit, sont quelques fois métallifères et qu’ils sont alors associés à de la baryte sulfatée , au spath fluor et à de la galène ; nous avons reconnu un gisement analogue dans certains liions de pyrite cuivreuse, qui furent exploités dans les environs de Tertenia, province d’Ogliaslra. Ces porphyres rouges passent souvent aux por*phyres bruns, qui forment (comme nous l'avons dit cidessus en parlant de la sléatile du Chemin des Moines) des plaques appliquées au toit ou au mur des filons porphyriques. Ainsi donc, la Sardaigne est aussi remarquable pour ses phénomènes endromurphiques et exomorphiques, que plusieurs autres contrées du .continent, riches en roches porphyriques.

(I) Voyei pape 4, fig. I. • •

' .. il*

Gcnttat'gentu.

Rëtumé.

CHAP. XI. — riLONS POSPHVRIOlJBS.

Porphyres dàges incertains.

Moat de oaïuio. Nous n'oserioDs poiiil placer parmi les porphyres quartzifères, indiqués ci-dessus, ceux que nous avons rencontrés au pied septentrional de la montagne calcaire de Galtelli, où s’élèvent les ruines du château de ce nom. On voit paraître sous> la dolomie crétacée une masse de rochers de nature porphjrique, qui présente dans sa compositioji les variétés les plus remarquables. C’est d’abord un

, porphyre à base d’eurite brune , renfermant de nombreux

cristaux de feldspath orthose rouge et de quartz»* 13; cette roche passe ensuite à un porphyre rougeâtre argileux et quartzifère, qui renferme des fragments de schistes et des doubles cristaux de quartz vitreux »* 14; enfin c’est une espèce d’argilolite a* la, qu’on serait tenté de rapprocher des roches trachytiques. Nous signalons ce porphyre et ses variations à l'élude des hommes spéciaux, qui s’occupent particulièrement de la structure et des variétés de ces espèces de roches.

Son igt Nous ne saurions trop nous- prononcer sur l’âge géologique de cette masse de porphyre; à la présence de laquelle nous serions tentés d’attribuer la dolomisation des dépâts inférieurs du calcaire crétacé qui forme la montagne de GaltelU; or, comme les porphyres quartzifères, dont nous venons de faire mention précédemment, nous ont semblés postérieurs aux dépôts houilliers et antérieurs au terrain jurassique, nous ne saurions leur assimiler le porphyre du château de Galteili; celui-ci serait postérieur aux premiers dépôts crétacés qu’il aurait transformés en dolomie; peut-être l’apparition de cette roche se rapporterait-elle au mouvement du sol sarde dans la direction E40“N, qui a soulevé les calcaires crétacés du ihiite Alro et de file de Tavolara et qui pauralt avoir ridé en ce sens la grande masse granitique Corso-Sarde, comme nous le dirons ci-après chap. XVII.

by ■ v-iogli

CASTBLLO D'OBU.

Sur la rive gauche du fleuve Coghinat, à six milles de casteuo dOru. son embouchure dans la mer de Corse , s’élève un rocher escarpé, coupé à pic au -dessus du lit de ce fleuve el sur lequel on voit encore debout une tour, qui domine à la fois le cours du Coghinas et la plus grande partie de la région environnante. Ce sont les restes d’un antique château du moyen-àge, dit Casleîlo d'Oria, du nom de ses anciens fondateurs et maîtres, du temps de la domination génoise en Sardaigne. Cette tour, de forme pentagone, est la seule partie de l’ancien château encore visible de loin; elle est bâtie avec deux qualités de pierre, prises sur les lieux, qui furent employées dans la construction de l’édifice de deux manières dilférenles, selon leur nature et d’après la plus ou moins grande facilité de les travailler.

Ce mur intérieur, ou le massif, est formé de fragùients Si con»lructioQ. d’une roche porphyrique rouge, liés avec de la chaux; l’extérieur se compose xle pierres parallélogrammes taillées au cisau ou à la scie , d’une espèce de grès arkose.

La première de ces roches forme le sol sur lequel fut bâti le château; c’est une sorte de pegmatite porphyrique rouge très-quarlzeiiSe « * 16; quant au grès quartzeux passant à l’arkose, il est d’un gris jaunâtre, à grains lantèl fins, tantôt grossiers L 6.

La présence de ce grès dans cette construction nous crè. iriiaM; a d’abord intrigué, n’ayant jamais rencontré une semblable roche dans celte région presque exclusivement granitique; mais en examinant avec soin le terrain, à la descente de la butte sur laquelle fut bâti le château, nous n’avons pas tardé à reconnaître que le grès arkose, qui forme l’extérieur de la tour, fut extrait de son pied même oü cette roche se trouve en place, formant des bancs réguliers et parallèles; elle passe du grès à l’arkose el elle s’identifie en quelque sorte avec la pegmatite même.

Nous avons relevé à la Camtra lucida, en 1853, le

CHAP. XI. — FIL0K8 POKPBYBHfUBS.

diagramme suivant, pour bien indiquer le rapport que ces deux espèces de roches ont ensemble.

Fig. 7!i.

C(Utello (tOri(f.

$ .<chisles micaccs cl talqucux ; g granité de la Caliura ; p por- )ili)re rouge rjuarUirere passant à la pcgmalile ; a grès arkose so rondanl inscnsiblc4iieot avec lo pofphyre; a* autre banc de ce mêaie grès que l'on voit, au pied d'un monticnle voisin.

Aiitr<* Uëpùt «lu grt’i.

ModiGcitioni.

Pobilion

iDG4‘rtainr.

lin peu plus vers le nord, au pied septentrional du monticule du château, on voit un autre lambeau du môme grès a'; il est stratifié et incliné dans une direction opposée à celle de la roche analogue du versant occidental du mont du château.

Il parait donc que ce grès a été soulevé cl changé en arkose par l’effel de l'apparition de la matière porphyriqne ; celle-ci serait par conséquent d’un âge postérieur â la roche de sédiment, qui à son contact aurait subi une forte modification et môme une espèce de fusion.

Mais, comme nous n’avons pu recueillir aucune donnée pour connaître la véritable position de ce grès, dans l'ordre des formations des terrains de la-Sardaigne, nous nous bornerons â ce que nous venons de dire sur les roches du Castello itOria; un jour viendra peut-être, où de nouvelles recherches pourront assigner’ sa véritable place â la pcgmalitc porphyrique de cette localité ; en atti'ndant, nous la plaçons jiliilât avec les porphyres rouges

MONTB KUBiU. BUTTE -BU SCIBSCIU. 1&3

qu'avec les autres pegmalites de l'Ile, que nous croyons plus anciennes.

Celle même roche porphyrique forme un massif isolé, qui porte, non loin de là, le nom de Monte Rubin (rouge) ;• celui-ci se trouve placé entre la limite occidentale du granité de Gallura. et à l'extrémité orientale de la niasse trachylique de VAiiglona, qui commence au Monte Furradu (mont fourchu).

Nous signalerons, enfin, un autre gisement d'arkose, sur lequel nous n'avons pu faire que des obsi'rvalions hien imparfaites, n'ayant plus visité ce lieu depuis un grand nombre d'années. Celte arkoso, qui ligure dans notre catalogue avec les nV*L 4 et 5, parait avoir une espèce de liaison avec les roches Irachyliques du Camjm d'Ozieri, tout près du Normjhe di Dorghidu , dont nous avons donné un dessin dans notre alla^ des antiquités do file, pl. XilL (voyez le texte page 86 cl suivantes). Weeupés spécialement à prendre un dessin et un plan .exact de ce monument remarquable, nous m'avons pas eu le Joisir de donner une égale attention au gisement de la roche en question, dont nous nous bornâmes à recueillir les deux échantillous qui entrent dans notre collection géologique des roches de file. Ayant depuis lors découvert le gisement d'une roche analogue au Castello d'Oria, nous serions tentés de rapprocher ces, deux dépôts, sur lesquels nous appelons l'attention des géologues (|ui visiteront la Sardaigne après nous.

Porphyre .lyénitiiiue.

Parmi les dons de porphyre ou prologyne syénilique, que nous avons rencontrés dans file de Sardaigne, nous placerons en- première ligne celui qui forme la bulle de su Sciusciu, une des sommités du mont (icmiariycu/ii, dont nous avons parlé page 4. Nous avons démontre, en nous

Honte Ritfnu,

Attire

«rarkote.

nulle

ilu Schuciit.

Protu^yae

tTéllilMllte.

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