CHAP. 11. — FILONS ÉBOPTIPS DE FEE
« Le second pointemenl de fer est silué, au conlraire,
« toul-à-fail à la base do la montagne et à une distance Il horizontale d’au moins 6 à 700 inètrc.s vers l'OSO; il . « est connu spécialement sous le nom de mine' de plomb (t)^
« parce qu’on y a pratique, il y a quelques années^ des « travaux dans le but d’y chercher et d’y exploiter ce « métal, dont quelques veinules à l’état de galèoe se sont « en effet trouvées mélangées au fer, à la partie supé- • « ricure du tilon ......
Naturi- « L’ensemble de cette niasse de ter, qui est un mélange du Kiou. ^ oligiste- et d’oxydule, exerce, même à distance,
« une action assez prononcée sur l'aiguille aimantée, et «la poussière métallique, qui résulte des bris, adhère « souvent au marteau ; elle se présente' sous formes tra- •. « péennes irrégulières, quelquefois un peu prismatique:
« sa structure un peu grenue et généralement massive , « offre dans les cassures fraîches un bel éclat semi-mé- ^ . a tallique.
Ac«»tipagneni«ii « Ou pouTrait croitc au premier abord qu’elle est toutdc sreuit. „ indépendante ; mais en l’examinant avec atten-
o tion, il est ■facile de réconnaltre qu’elle est liée et d subordonnée à un immense tilon de grenat, qui en O constitue' la matrice et qui donne lieu, dans la partie « orientale de la montagne, à une série de petites col- « lines en' saillie. La présence de ce filon', qui probable- «•ment varie suivant les points ,- est assez difficile à dc- » terminer d’une manière précise, à cause dbs éboulements « de la surface; cependant je pense qu’on ne peut guère « l’estimer à moins de 15 mètres. La masse grenatifère O est d’un jaune-verdàtre à structure grenue, offrant parti ci par-là quelques cristaux d’opidote et d’idocrase. Elle a s’y présente, comme le fer, sons formes trapéennes bien
(1) Ce lieu est désigné dans l'nuvragc ilp M. Baldracco, cilc cidessus, sous le nom de Spinnrba. Voyez pages .169, 371.
PERDA8TBIIRI.
« prononcées. Les surfaces des iîssures, dans les parties « (pii avoisinent la masse ferreuse , sont souvent cou- K vertes d’un enduit ferreux et ce n’est qu’au poids, on « par les fractures, qu’on peut s'assurer que c’est bien « du grenat et non du fer, avec lequel il se mélange « d’ailleurs intimement au contact des deux substances.
« La masse de fer, qui occupe particulièrement la partie « occidentale de ce curieux et vasto' dyke grenatifère, « me parait, quand elle aura été mise à découvert par <1 des travaux convenables, être appelée à pouvoir fournir Il à l’industrie sidérurgique des minerais inépuisables d’une « grande teneur métallique. Les essais que j’ai déjà fait « faire à Paris, annoncent devoir fournir des fers et mériie « des aciers de première qualité. Ils ne la cèdent en « rien, sous ce rapport, soit aux minerais d’Espagne ou « de l’Algérie, soit à ceux de l’Ile d’Elbe.
« Ce grand dyke ferroso-grenatifère traverse de l’est à U l’ouest la partie schisteuse et sur ce point très-siliceu.se «et souvent à feuillets plissés et refoulés du terrain si- « lurien. Ces schistes n’ont pas été autrement affectés par « l’intrusion de cette masse platonique , que par la pé- ■ nétralion, vers quelques points de contact, de cristaux, « de grenat, d’épidole ou de péridot. Leur métamorphisme, « qui est général dans toute l’ile , me paraît' dû à des « causes bien antérieures et toutes différentes de celles « qui ont produit ce filon, que je crois d’apparition assez B récente. » •
Les dernières conclusions de M. Virlet sont parfaitement en harmonie avec nos propres observations. Nous avons toujours attribué le métamorphisme général des roches siluriennès de la Sardaigne à une cause très-ancienne, qui nous semble reqionter à la première apparition des roches granitiques. Nous nou's réservons de développer cette pensée dans notre dernier chapitre; quant aux effets produits sur les roches voisines par l’apparition des grands dykes ferreux de ces contrées occiden-
Iin|'<irl Jitro (le relie iiiavte de fer.
Son rapport avec ie« auirea roches.
L(rur
metariiorpliifine.
4C8 CBAP. XI. — mOWS BRUPTIFS DE FER.
talcs de rile, nous croyons reconnattre spécialement la transformation des schistes siluriens en leptynolites et en schistes maclifères; la présence >de cee derniers nous a toujours annoncé, le voisinage d’un filon de fer. Quant à la direction des filons dont il s’agit, nous nous réservons d’y revenir ci-après , car nous allons la retrouver, dans d’autres liions ferrifères de l’Ile.
Eiiviroiit Parmi les autres gisements de fer oxidulé magnétique, qui abondent dans toute cette . partie occidentale du midi de la Sardaigne , nous citerons les traces bien visibles que nous en avons reconnues, page 26, à la Cala Galeotla du promontoire de Teulada; on én rencontre un autre remarquable non loin de Terra Segada vers le Monte Ont dans la plaine, sortant des schistes siluriens; mais le plus important de ces régions ést celui que nous avons signalé, sous le nom de fer hydraté magnétique 2 dans la vallée d’Oridda, page 26.
Déiaiu Depuis Pimpression de cette page, ayant eu aussi sur pQ PiIqq Jpg détails intéressants par M. Virlet, qui a visité ces lieux, en avril 1856, nous croyons faire Une chose utile à la science en les transcrivant également ci-deSsouS, car par le moyen de cette notice on pourra reconnaître l'analogie de cette masse ferrifère avec celle de Peràaslerri, dont il a été question ci-dessus. viiuc A'oridda. «Le second gisement (dit M. Virlet) nommé Perda « JViéddtt -(pierre noire), est situé sur le sommet du Monte «iSterias(l), qui forme à-peu-près la partie centrale du U comté A'Oridda, dans un lieu désigné sous le nom de « So Corli de is Egtias (la cour des juments) territoire de « JJomusnovas. ' ' ■ . ’
Naïur» <u. 6ion. .« A la surfacc , ce gisement ne parait pas moins ridie
(1) Il ne Taul pas conrondre ce nom dvcc relui de Prrdasttrri ou Slrrias, indique préccdcmnicnt.
VALLÉtt D'oumm.
« que le précédent (1), dont il düTère, non par la qualité « du minerai, qui est, à de très-petites différences près,
« le même, mais par la nature de gangue-, qui est ici <1 de quartz d’un blanc jaunâtre souvent cristallisé.
« La direction de ce Glon , dont la puissance' est aussi <• considérable, sans être parfaitement bien assurée à la «surface, parait être cependant sensiblement la même,
« c’est-à-dire , de l’est à l'éuest. Quatre masses princi- « pales surgissent à la surface où elles ont donné lieu à « des éboulements considérables de minerai , qui s'étalent « le long des déclivités du sol , sur une étendue que l’in- « génieur M. Félix Giordano, dans son excellent rapport « spécial, n’estime pas à moins de %00 mètres carrés,
« sans compter les nombreux fragments épars , roulés ou « entraînés ap loin par les torrents.
« Ce grand dyke qqartzo-ferreux ^liffère encore sous « le rapport géologique du précédent ( celui de Perda- " « «terri) en ce qu'il perce toujours à travers un porphyre « quartzifëre passant souvent à la structure tout-à-fait « granitique, bien que parfois un peu schistoïde; d’au- « trefois présentant un mélange de parties verdâtres chlo- « riteuses, qui le font ressembler alors- à certaines dio- « rites. Tous ces caractères, avec lesquels je suis depuis « longtemps familiarisé , me portent à considérer cette > roche granitioo-porphyrique comme faisant partie des . « masses originairement sédimentaires du terrain silurien;
U qui auraient été soumises à uii métamorphisme beau- « coup plus avancé sur ce point que sur d'autres. Cgla « me parait d'autant plus probable quelles sont couron- « nées, vers la crête, par des calcaires siluriens blancs U et bleus-turquins, beaucoup plus cristallins ici qu'ail- « leurs (S). Quoiqu’il en soit , celle intéressanto roche
( I ) Baldnccor loc. cit. pag. 439.
(î) Pfut-dire devr*it-on rapporter à l’infliirnee de ce Tilon fer-
n«Klie
•no r.HAP. XI. — PILONS ékUPTIPS DE FBI.
« mérite toute i’attention du géologue et aurait besoin « d'étrc étudiée plus longtemps que je n’ai pu le faire « dans une course beaucoup trop rapide, contrariée sur- « tout par une pluie battante, et qui avait d'ailleurs un « tout autre but.
Rappori <1 L’identité des caractères minéralogiques , sauf la dif-
dfs deui filoDS. -, , ^ 1
<f ference <lcs gangues, I identrlé de direclion de ces deùx « masses métallifères de Perdu Niedda et de Perdu de su a Trouu, me font supposer qu’elles datent d’une même « époque géologique ,• qui , je le répète , est selon moi « assez récente. Elle pourrait bien se rapporter, en raison « de cette direction , au sj stème de fracture et de sou- « lèvemcpl est-ouest, que !Boblaye et moi, nous avons U depuis longtemps constaté en Jtforée (t). » , v Filon Pour compléter et pour corroborer cette opinion de
du Monte Linas. i . * , . .
M. \irlet, nous ajouterons que sur la partie septentrionale du même massif, dont la cime du Monte Imêu forme le point à la fois central et culminant (i), nous avons reconnu un gisement de fer peut-être encore plus considérable que 'celui dont il vient d'être question, offrant la même allure dans son ensemble; nous ne nous étendrons pas à le décrire et nous nous bornerons à renvoyer le lecteur à ce que nous en avons dit page 6t, en parlant du grand filon de fer oxidulé .du pied de la , ’Punla Serbaeeri, auquel nous avons donné une direction E 10*^ S - O 10° N, qui pourrait même s’approcher davantage de la direction E-0.
rik Hpus avons reconnu cette dernière direction, bien prodr noncée, dans un autre filon ferreux fort remarquable,
rirêre ce, ebangement «le la roche calcaire «levenue friable if 33, dont doua avons fait mention dans le chapitre II, page 46.
(I) Expédition scientifique en Morée, Tome II, partie géologique.
(S) Cette montagne offre les mêmes indices de masses feirifères en plusieurs autres points, soit vers Arbut, soK vers Flumini Mogqiore,
ni. " r-J by Gto'gk
MO;«ltBAl,K. PATADA. 471
que nous avons découvert au pied SE de la butte isolée du château de Monreale de Sardara. Kous en avons également fait mention dans le chapitre II, page 64.
Nous ne serions pas éloignés de croire que l'apparition Mouvrnipnt de ces masses cruptiTcs de fer, dont nous pourrions augmenter considérablement la nomenclature et qui se trouvent à la partie occidentale de la Sardaigne, puisse être rapportée entre la dernière période crétacée de l'Ile et celle du dépôt éocène, c’est-à-dire, à l'époque à laquelle nous rattachons le mouvement du sol de ^ette partie occidentale de l'Ile, dans le sens E-0, dont nous avons cru reconnaître des traces, indépendamment de la note de M. Virlet réproduite ci-dessus ; nous sommes heureux que les 'observations, que nous avons faites nous-mêmes , il .y a plusieurs années, viennent confirmer la supposition de cet illustre géologue. ; . * .
11 nous resterait à parler de plusieétrs filons de fer, auu» Gi.m> d'origine éruptive, que l'on rencontre dans les autres régions de l’Ile; nous noos borneront à rappeler ce que nous en avons dit dans la première partie de notre Voyage en Sardaigtte (édition de 1839, page. '154 et suivantes), en observant que dans ceux de la partie centrale et orientale . on retrouve le fer oxidulé magnétique, accompagné d'épidote et de grenats »*** 4. 5 , absolument comme à Perdatlerri, dont noos avons' fait -mention ci-dessus. Près dc' Talana, lieu dit Perda e Mengia, ce sont encore les mêmes substances, qui se trouvent ep contact avec un filon de fer oxidulé , ayant probablement la même orifdke éruptive. > r
Enfin, nous terminerons par le grand filon de fer qui F>i»n <ic /■»/«</«. se trouve dans le sol d’une maison du village de Patada cL dont nous avons également fait mention dans notre première partie, page 155; mais il n’est pas dirigé comme les filons de la Sardaigne occidentale ; il se compose de fer oxidulé magnétique et il perce, en guise de dyte, à travers la roche granitique.
■f.HkP. XII. — TKAOirrRIi «NCIBXS.