‹ Voyage en SardaigneChapitre 50 sur 84 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Trachyles anciens.

Derimiion eiUcndons xlésiimer sons le nom de irachvles

ancieua. ancieos une classe de roches fort répandue dans I tle de Sardaigne et qui , malgré la grande extension qu’elle y a prise, ne conserve pas moins une.uniformité frappante de composition, de structure et même de formes, 'qui s’est toujours manifestée telle à nos yeux partout où nous avons examiné ce terrain avec attention.

i.ruts riraci^ret. C’cst 611 général une roche feldspathique , qui se distingue en deux parties bien reconnaissables: une tufacée inférieure, contenant des fragments de ces mêmes trachytes qui la recouvrent; l’autre supérieure, à texture cristalline, tantôt à l'état de porphxTe trachytique, tantôt . à celui d’argilolite ; celle-ci spécialement renferme des cristaux de feldspath rhyacolUe; ceux de mica y sont rares, ceux d’amphibole et surtout de pyroxène manquent presque tout-à-fait. Cette roche passe souvent' au rétinite, au perlite et quelquefois même à la ponce. Elle fond toujours en émail' blanchâtre ; elle est souvent traversée par des vaines de jaspe, de calcédoine et de cornaline; ce qui nous a servi à la distinguer de l'autêc classe de trachyte, dont nous parlerons ci-après , dans laquelle abondent les cristaux d’amphibole et même de pyroxène; et qui est associée aux zéolites, aux stilbites et à des filons calcaires et quartzeux.

I.*ur» formfx. Rien de pareil se montre dans nos traebytes anciens, dont la masse se présente, en général, en nappes et en espèces de coulées; elle forme quelquefois des lerrasîies

iLB DR M. RIBTRO.

Blues

Ur C.trlofûrW.

successives à i^tages ; ce qui influe, considérablement sur la forme des montagnes qui én «ont composées. Cos for-» mes sont tout-à-fait différentes de celles à bulles coniques, que prennent les trachytes plus récents , auxquels nous consacrerons un cbapUre à part.

Nous -commençons la description de ces trachytes an-uc dr .V. l'ien-o. ciens par ceux de l’ile de S. Pietro, parce, que rtlcdc ce nom est exclusivement formée de terrains que nous prendrons, en quelque sorte, pour types de roches de cette espèce, qui jouent un si grtind rôle dans la constitution géologique de l'tle de -Sardaigne.

A peine On débarque à Carloforte, chef-lieu, ou pour mieux dire, .l’unique population de la petite tie de S.

Pietro (t), on At frappé de l'aspect singulier que présentent certains blocs de roche, que l’on a rangé sur le rivage et dont on a fait une espèce 'de mur à sec-, en guise d’enceinte du quai. Ces blocs attifent les regards du voyageur, même le plus étranger aux éludes géologiques, pçr leurs formes en tonnes grossières, par leur division en prismes et par la variation successive que présente la roche dont ils sont formés. C’est un porphyre Irachy tique , qui varie parallèlement de nuance et . de structure dans l’épaisseur de la masse..

Celle roche se trouve en place noti loin de là, tout- Uoclir fil placf à-fait*au pied de la colline comprise dans l'enceinte fortifiée de ' Carloforte ; en l’étudiant de haut en bas,' elle se présente d’abord comme un porphyre- Irachy tique., de couleur brun -rougeâtre et de structure grossière, arec des cristaux blancs de rhyacolite. Ce porphyre prend à sa surface une apparence de coulée , avec quelques bour-

Ml X anations.

(1) Vt^e de S. Pielro compte 98 milles gc'ograpliiques de cir> ronférener; c’ésl lo point le pins occidental dti sud de la Sardaigne. * •

474 CBAP. XII. — TKACfimS ANCIENS.

souflurcs alIoDgéfes d:\ns le sens de la penle du terrain; sa structure devient ensuite plus compacte, de façon que la roche passe à uno espèce d'argilophyrc b 1 ; elle prend alors une teinte plus brune; mais au fur et. à mesure (pi'elle passe à la partie inférieure, elle augmente de compacité, tandis que sa couleur devient toujours plus sombre, pour passer enlin, vers le bas, à une. espèce . d'obsidienne opaque, noire, toute parsemée de petits points blancs b 2. Sitèt que cette roche devient noire et que sa structure devient plus serrée, elle alTeete la division prismatique, ou pour mieux dire, elle se divise naturellement en une quantité de prismes d'environ 40 centimètres de batil sur 3 ou 4 de diamètre. Ces prismes, tous unis les uns aux autres, sont irréguliers et recouverts sur chaque face. d'une légère teinte rose, qui fait un singulier contraste avec la couleur noire de leur intérieur. En plusieurs points, sur cette couleur rose, se dessinent des yamilication^ de dendrites noires ou Tiolacécs, ducs probablement à l'inliltrulion d'une substance ferrugineuse ou manganésifère, qui a pu s’introduire dans le très-mince intervalle qui divise les prismes entre eux.

Cei prUinri ■Toute cette nappe forme une espèce de coulée, ayant lufa inch;iir|uc. un inètcc OU Un mètre et demi d épaisseur; les prismes reposent sur une espèce de tufà Irachytique. d'un gris blaiichàtre-vrolacé, de structure pulvérulente b 3. Ce tufà contient en plusieurs points des fragments anguleux de Iraèbyle .porpbyroïde, d^rétinite noir et d'autres variétés des^émes roches, dont se compose en général toute nie de S. Pielro; mais nous n'y observâmes pas de pièces de la substance noire dont sont formés les prismes. la Puai. Si du point où sont ouvertes les carrières de ces pierres, dans la partie de l'enceinte la plus septentrionale, on sort par la porte qui regarde vers le nord et si l’on suit le bord de la mer jusqu'à l'endroit dit la PuiUa, on ne voit en général que les mêmes roches tout le long du versant oriental des collines voisines, vers la côte.

Page 1