MONT M S. ANTIOCO
dont tes hobilanls„ ou plutôt dopt la classe pauvre ont fait leur demeure. Nous en donnons' ici une esquisse, qui a été faite à la hâte, en 1847, par notre compagnon de voyagé M. de’ Vecchi.
Fig. 81. • ; •
Itlll tufà Iracliytiqae blancliàtrc, pulvérulent, reiiferniant de» fragmcDtv anguleux de tracliyto porphyrique et de rélinile ; p partie inférieure de la nappe trachylique en coulée, qui, au point de contact avec le tufà, se divise en prismes et prend l'apparence d'une obsidienne; a argilolile brun-noirâtre ; Ip trachyle porphyrique rouge-brun, à vacuoles alongées, identique avec celut. de Carloforic. Ce monticule est surmonté d’un fort, maintenant abandonné, au-dessus duquel on voit les tombeaux anciens, creusés dans le tufà (I) ; la population s’étend en partie au pied de cette colline.
Âu nord du village on voit, dans le trachyte porphyrique t p, les carrières d'où les Romains ont tiré uuc immense (juanlité de blocs parallélogrammes, qui ont servi a la construction des grands cditices et des temples de l'ancienne Sulcis. Les ruines de celle ville se trouvent dans S. Anlioco même; sa fondation remonte aux Phéniciens.
Carrières
romaioes* *
(1) >'ons avons donné une coupe détaillée d’une de ces grottes dans la plaoche' WXV, fig. S, de notre atlas des Antiquités, seconde partie do ce Voyage. Voyez aussi les armurés de la planche XXXIV, Og. 2 et It, qui y fureut trouvées.
GHAP. \n. — raACHTTBS ANCIBNS.
.Scrocamunna,
Mode
ilr furiiialioii.
PotilioD 4e* HiflVrratvt lucalUès.
Non Join du pays, c’psl-à-dtrc, à une peiile heure de chemin pour aller’ à Calasetta, on rencontre une Lutte isolée, dite Serocamanna, où nous plaçâmes un signal Irigonomclrique; elle n’olTre que la répétition des roches décrites ci-dessus. A Calasetta le trachyte pnçphyrique est également prismatique à sa hase.
En examinant ces lorrains on est tenté de croire qu'une émission de matière blanchâtre pulvérulente et sans consistance a préludé à l’apparition dés roches Irachyliques, qui les recouvrent en guise de coulées; mais, si d’un c(Mé la superposition constante de ces coulées sur le lufà ne laisse aucun doute sur la priorité de ce dernier, de" l'autre- les fragments anguleux de ces mêmes Irachjies et de rélinile, que ce lufà enveloppe en abondance, nous prouvent que, lorsqu’il se formait, il était remanié et lassé, probablement dans un liquide tel que l’eau de la mer; mais avant qu’il cul pris une certaine consistance, des éjections de trachyte et de rélinile avaient déjà eu lieu. Les produits de ces premières éruptions laviqnes furent bientôt disloqués, fracturés et remaniés par une cause qui nous est inconnue, mais qui fort probablement est la même que celle qui a pulvérisé la substance cinériforme dont se compose le lufà; ce qui annoncerait un grand mouvement, soit dans les entrailles de la terre, d’où sortaient ces substances, soit dans le liquide qui les recevait à l’état de matière incohérente et fragmentaire; de façon qu'il doit s’èlre passé un certain temps avant que le lufà brecciolaire aie pu se lasser et se consolider eu assises parallèles entre elles, pour être ensuite en étal de supporter le poids de la matière Irachylique, qui s’est épanchée sur lui en guise de coulée.
Les différents genres de refroidissement que nous avons cru déduire de la présence, ou de l’absence de division prismatique à la base de celle roche cssenlieljcuieDt Irachv tique et de son passage à une es|>ècc d’obsidienne, nous portent à penser (pi’à l’épo<jur où cette • sulrstance se
CALA SAMNE. CBOTTES BEI COLOMBI. 463
répandit en guise de lave sur le luf^, il devait déjà ^ avoir eu un changement notable dans la position relative de plusieurs localités alors occupées ou abandonnées par les can» de la roer; de façon que dans les points où la pàte^ encore fluide du trachyte porphyrique s’étendit sur le tufà déjà émergé, il y aurait eu un refroidissement plus lent, qui se serait opéré à partir de la surface, pour s’étendre graduellement à la partie inférieure de la nappe ; tandis que dans les points où la coulée trachytique aurait renpontré. l’eau de la mer, recouvrant encore le tufà, le refroidissement aurait eu lieu en sens inverse et il aurait produit un retrait presque subit de la matière à son point de contact, c'est-à-dire, à la partie inférieure de la coulée; et de là ce passage graduef do la roche à uno' espèce d’obsidienne et sa division en prismes.
Toute la région de S. Autioco, comprise depuis le village de ce nom jusqu’à l’ancienne Toftara di Cala Sajme, ainsi que le centre de la presqu’île, sont uniquement formés de ces deux roches, à part quelques lambeaux de grès quaternaires et des dunes de sable jaunâtre, dont nous avons fait mention ci-dessus chap. IX, page 3â5. Â Cala Sapone on retrouve la division prismatique à la partie inférieure de la nappe trachytique, superposée au tufà; ces deux roches y sont inclinées; mais elles n'ont pas loul-à-fait la même direction que celles de S. Pieiro; à Cala Sapone ces terrains sont djügés ONO-ESE; ils inclinent de tS» au NNE. ; f
Revenons maintenant .sur nos 'et partons de nouveau .du village de S. AnÜoco,- diriger vers la
région de Perda» de Fogu, dont Q a été question dans le chap- V, page 175, Nous trouverans d’abord des collines assez élevées, formées du trachyte dont nous venons de parler; mais lorsqu’on arrive à-peu-près à la hauteur de Tisthrae, en le laissant de cèté, on voit vers la droite, à la base des collines trachytiques, lui termin qui présente tout de suite un aspect plus mamelonné et
Caia Sapone.
Grullva dêi Cotombi.
cM/ir. \ii. — TBAcarru ani^eha-
plus iQurmciilé que celui des monts contre lesquels il est adossé. C'est là que se trouvent des grottes, dites dei Colonibi \i\es pigeons), qui oïïrent un 'grand intérêt au géologue, à cause des produits variés qu'elles renferment et qui rappellent ceuTf^ de certaines localités de la Uongrie. T.rur uriftine Ces grottes semblent -avoir été creusées en grande partie par la main de l'homme; elfes ne furent probablement dans l'origine que d’anciennes carrières, d’où l’on aurait extrait le perlite, que nous avons positivement reconnu avoir été employé en guise de pouzzolane 4ans toutes les constructions romaines de l'ancienne ville de Sulcis et des lieux environnants, la décomposition atmus- {tbérique aura fait le reste ; d'ailleurs , les agents de cette nature ont beaucoup de prise sur la substance friable et saline, qui forme le ciment du conglomérat dans lequel ces grottes «ont creusées. .
Lrur (Winr Lcs grottcs, dout U s’agit, sont ou accolées on adosicur dbpuiuivii. sées les unes aux autres, sans régularité-; elles peuvent avoir de 12 à to mètres de hauteur; leurs parois s'élèvent en suqilomb très-prononcé en beaucoup de points; dans d'autres elles s’enfoncent de 20 à 30 mètres dans l'intérieur du mont; mais comme tout ce terrain est formé d'une agglomération do blocs d'un certain volume, cimentés par une substance friable, qui en se décomposant laisse ces blocs suspendus et presque entièrement. à nu, il en résulte que ces cavités sont dangereuses pour l’bomnie qui y cherche un abri contre la pluie ou le soleil; ce qui n'cmpéche pas qu’elles ne soient, pendant la chaleur. Ut demeure habituelle du gros bétail, qui, d'après l’usage du pays, erre dans les campagnes. . . ■
DifTdrriiiri Lo perlUe , dont se composent presque tous les blocs de ^Iri'iit. et les galets de ce conglomérat , présente uit. si grand . nombre de variétés qu'il est impossible de les décrire toutes. Chaque pièce offre des traces évidentes de stratilicalion, ou du moins des traces d’une coulée, qui s’est upéreo jadis .en sens horizontal, avec des vacuoles -aUm-
PEILtTK RT CIMENT ROUCBATRB.
gées dans une inônie (Kroclion. Quelques-unes de 'ces pièces passent même .“i la ponce. 11 nous « été impossible de trouver ce perlite en nappes, c’est-à-dire,* en place; mais seulement en' masses informes, souvent anguleuses en forme de bUcs de toutes les grandeurs; ce qui annonce une grande destruction et un grand désordre.
Sa couleur est ordinairement d’un gris- plombé H 21. s> couirur
' ordinaire;
22. 23, qui passe souvent au rougeâtre; quelques blocs sont formés d’une pâle homogène, d’autres, au contraire, sont évidcmmenl stratifiés et - pétris de sphérolithcs tuberciilées à leur extérieur, se montrant, par la cassure, radiées du centre à 1a circonférence b 24. 25. C'est ce même perlite avec, des sphérolilhes, qui fut l’objet d’un inU'ressanl mémoire de M. Délesse, inséré dans le Hui- If tin de la Sociétt! géologique de France (Tome IX, deuxième série, page 108 et snivanles). Il contient aussi* de petites lamelles de feldspath orthosc blanc à éclat vitreux et dos petits cristaux de mica bronzé, qui d’après la remarque de .M. Délesse, sont disposes dans le. sens de fa schistosité de la roche. '
Parmi les variétés que présente celle roche schistoïde, varwi.'» il en est une dont les couches sont si minces que -le perlite alterne avec la substance cinériforme rougeâtre plus de 15 fois dans des pièces de l’épaisseur d’un pouce b 26.
C’est spécialement dans les divisions des deux substances feuilletées que se sont développés les cristaux do mica bronzé ou brun. tombac, comme le dit M. Délesse.
Ces blocs et ces galets de perlite sont de toutes les l.ruri forniM formes et de toutes les grosseurs; ils sont tellement langés enlVc eux qu’il est diflicile d’en trouver deux à côté l’un de l’autre, dont la pâle, la structure et même la teinte, . .
soient identiques, quoiqu’ils offrent des signes évidents d'a- * voir fait partie d’une niasse homogène, qui aurait coulé ou qui aurait été <léposée dans le sens horizontal.
Le ciment qui unit tous cos blocs., est une espèce de^u suhstnnre cinériforme, d’un muge-pâle tirant sur le rose; .“éraoroiV