ISOLA PIANA
La même qualilé de ierraia constitue aussi le sol de tiola Piana. y Isola- Piana. Ce petit Ilot plat, comme Vindique son nom, dans le lun. est aussi formé d’une espèce de caulée d’une roche Irachy tique porphyroïde rougeâtre, également noire et prismatique à sa partie inférieure; elle est superposée au lufà blanchâtre pulvérulent; celui-ci contient, comme à Car~ loforte, des fragments de trachyle et de rétinite noir pointillé de blanc ; mais il qst traversé lui-même par des Glons de ce même rétinite ayant aussi des cristaux feldspalhiques blancs ; ce qui parait démontrer que ce rétinite . ainsi que les Iracbylcs porphyriques, ont paru â différentes reprises.
Ces mêmes roches sé rencontrent aussi sur la rive Origine jirnbablc voisine de la Sardaigne; à Porto Scuso et dans l'Ile de i>riimaiiquf. S. Antioco, comme nous le dirons ci-après; elle offre les mêmes passages du trachyle porphyrique supérieur, à la division prismatique. Partout ailléurs, c'est-à-dire, dans les autres localités de l’ile de S. PietrOy la roche trachytique présente un autre aspect de composition et de gisement. Ceci nous porte â croire que c'est à une cause locale que le trachyle du fort de Carloforle, ainsi que ceux de la PuiUa et de l’/so/li Piana 'doivent leur propriété de se diviser en prismes et de devenir presque vitreux à leur partie inférieure. Celle cause locale doit probablement s'expliquer par un refroidissement de la pâle en fusion, qui se serait opéré, en commençant plutôt' de bas en haut que de haut es bas; ce qui pourrait avoir eu. lieu partout où la coulée aurait dû s’étendre sur le lufà, lorsque celui-ci était en ce point recouvert par l'eau de la mer.
Ce. qui viendrait à l’appui de. celle opinion c'est que si au lieu de longer la côte orientale de l’tle de S. Pie-
Tradiyle Dou pruaiHlKiue.
iro, depuis Carloforle jusqu’à la Puiila, on part du pays,
pouç se diriger vers l’ouest, en traversant celle petite lie
par son centre, on ne voit plus le trachyle porphyrique
se diviser, comme à Carloforle, en prismes à sa partie
Gnarttia dei i/ori.
47ü CHAP. XII. — raAOHYTBS ARCIBHI8.
inréricure, ni changer de couleur, mais il prend une consistance ■ homogènë dans toute l'épaisseur de la nappe; ce qui fait croire qu’il' n’a pas subi en ce point le métne' genre de refroidissement, qui a eu lieu dans les localités indiquées ci-dessus; ou en d’autres termes, on pourrait croire que cette nappe trachylique se serait refroidie plus lentement , de la surface supérieure à l’intérieur, n’a>ant pas coule dans un point occupé par la mer, mais sur le tuRt déjà émergé.
Au centre de I tle de 5. Pielro se trouve une butte, dite la Guardia dei Mori, qui en est le point culminant, où nous plaçâmes notre signal, à mètres d’altitude; le trachjle de cette localité ne diffère en rien de celui de presque toute la Sardaigne, c’est-à-dire, il se compose de deux étages à-peu-près distincts ; l'étage inférieur est. à proprement parler, un véritable tufà blanchâtre, souvent disposé en bancs parallèles; il contient des fragments, presque tous angulaires , de roche trachylique porphyrique et de véritable Irachytè, identique avec célui de la nappe qui le recouvre. On y rencontre aussi des fragments de rétinite. L’étage supérieur est formé d’une roche plus dure, plus* homogène et plus cristalline, qui prend, en quelques endroits, la structure porphyrique -et qui passe par des nuances insensibles à celle dont il ‘a déjà été question à Carloforte. Autant l’assise inférieure \ufacéc conserve en général son caractère, autant celle de dessus varie, d'un point à Pautre, de texture et de couleur; mais on peut dire que cette roche, prise dans son ensemble , est un porphyre trachylique , passant tantôt à nn trachyte bien caractérisé, tantôt à de l’argilolite; elle contient ordinairement des cristaux de rhyacolite et elle fait un passage assez fréquent au rétinite noir. On observe aussi quelquefois, sur sa surfgce, des cellules iilongées toutes dans un sens, qui est ordinairement le «eus de la pente, ce qui lui donne alors l’aspect d’une coulée.
. ILS DB S. PIBTBO. 477
Non loin de I» Guardia dei Mort, vers l'ouesl, près d'une maison de campagne d’un M. Momjiardim , la roche Irachylique est traversée par un filon assez puissant de manganèse > qui gtt dans une gangue de quarUt b 4. Depuis que nous visitâmes cette localité en 1834, nous ignorons si ce filon a donné lieu à une exploitation que nous avons jugée peu profitable à cause de l’abondance du quartz associé au manganèse.
En poursuivant la route vers l’ouest, dans la direction du Becco, on arrive bientôt, non foin de la mer, à une localité connue dans le pays à cause du jaspe qu'on y rencontre et dont la décomposition produit des terres à couleurs, jaune et rouge b 5.'6. En effet, le jaspe s’y présente avec ces deux teintes; il est très-impur et .en espèces de couches ; ce qui porterait à croire que c’était dans l’origine une Voebe stratifiée préexistante , qui fut énsyite modifiée et enclavée dans le trachyte.
Si de ce' lieu de la côte occidentale de flic dp S. Pietro on se dirige vers lé nord , à mesure que l’on avance ver? ce point on voit le trachyte prendre une structure plus poreuse; près de l'ancienne. Tonnara di Cala. Vinagra, il devient -un véritable trachyte gris-blancbàtre ; ailleurs il est verdôtre-piUe, avec dt nombreux cristaux de feldspath blancs, qui sont chatoyants et même opalins b 7. 8.
Si, au contraire, on va vers l’extrémité sud de cette même fie, la roche y passe insensiblement à un trachyte ccndré-jaunàtre, grossièrement stratifié, qui se divise verticalement, près de la mer, en gros prismes informes, ce qui a fait donner à ce lieu le nom de Caj> des Colonnes. 11 y a effectivement des espèces de colonnes verticales, dont plusieurs sont maintenant isolées et battues par la mer. Ce ne sont, au reste, que des témoins de l’ancienne falaise -, qui probablement arrivait jusque là. C’est sur la' falaise actuelle que l’on a -établi l’exploitation de cette pierre. Nous donnons ci-après une vue de cette localité. • • •
Kilou
de niaugaoirse.
rouge el ianoe. *
Cata Kinagr^,
Les Cohmtus,
€BAF. XII. — TBACBTTBS ANGIBN8.
Qualilé de la roclic.
CaleU roulé* dei PetceUi.
^ig. 80. •
Le Irachyle y est gris-jaunâire , fl contient quelques cristaux de feldspath vitreux I» 9 j sa texture est raboteuse et sa cassure largement concoïde ou écailleuse; il est trèssonore sous le marteau,' de façon -qu’il nous a rappelé certaines variétés de la Masegna des monts Euganétns. On exploite celte pierre, pour en faire des dalles destinées au pavage des magasins et des vestibules ; on s’en sert aussi en Sardaigne pour paver lès promenades publiques et pour en faire des trottoirs; mais elle se dégrade facilement au bout de quelqnes années, si elle est exposée aux agents destructeurs atmosphériques et elle ne résiste pas longtemps au passage des chevaux et des voitures. Il parait que l’on fait dé cette roche un objet d’exportation , puisque . uous l’avons vue convertie en dalles sur le rivage de Slora, en Afrique, où ces dalles furent apportées par des barques venues do l’He de S. IHetro.
Lorsque du lieu dit les Colonnes on prend le sentier qui conduit à Carloforte, en passant par / Pescelli, on peut, en s’écartant un peu vers l’ouest à un demi mille de la côte, visiter le lieu couvert de cailloux calcaires.
- ILE BB S. riETBO. 479
donl il a été fait mention- dans le chapitre V, page 176 ci-dessus (1).
Après avoir laissés ces galets , si le géologue continue Filon de rétimt* son chemin vers Carloforte, le long do la côte, et s’il s’en ' écarte de nouveau âe quelques centaines' de pas, il arrivera à un lieu* où le terrain devient plus monlueux et tourmenté; là,. dans une espèce de ravin creusé dans le porphyre Irachytique, il pourra observer Un filon, ou si l’on veut, une veine, formée d’une roche surgissant en'saillie, qui se fait distinguer, même de loin et qui se détache de celle dans laquelle est enclavée. Ce filon se compose ■ d'un rétinite .porphyroïdn verdâtre, maculé de blanc-sale, contenant des cristaux de feldspath blanc b 1 0 ; ces taches de blanc-sale sont alongées et elles se fondent dans la pàie verdâtre; ce qui annonce un mélange confus de matières de différentes couleurs , qui parait s’être opéré pendant que cette pâte .conservait encore uné'certaine fluidité, probablement ignée? Cette roche finit par constituer un conglomérat de rétinite -perlaire, qui. contient à là fois des fragments de roche trachylique très-variés et d’assez gros cristaux de grenat rouge b tt,-
Tout nous engage à croire que ce conglomérat s'est obùdicni» opéré par la voie sèche; et? qu'il est dû à l’introduction couTcrr! du rétinite dans la masse du> trachyte. <Cc rétinite présente plusieurs variétés b 1 3 ; il passe même à une espèce d'obsidienne verdâtre , à cassure largement concoïde b t3, que nous recueillîmes à une petite distance de ce filon.
Enfin, si l'bn arrive à la plaine près ïe l’dtang, où s’é- mdiyiri lève la tour YUlorio, et avant de leab^r k Carloforte , oa voit la roebe Irachytique passer à une espace d'argilolite
(1) Nous rappellerons au lecteur ce que nous avons dit sur la modification extérieure de ces gale,ts, que nous sommes tentés d’attribuer à l'action du tracb}tte qui les supporte, lorsqu’il était encore doué d’unfe forte clralcnr.-
CHAP. Ail. — TAACHTTU ANCIENS.
CaraclftrtMi
f<iotfraux.
>ire<‘lioii ri incUoaUuo.
Ile de S. Jnticco
Traclijte dont elle te compote CD parlic.
compacte violacée, ou bien d’un gris-clair, dont il est impossible de décrire toutes les variétés b 16. 47. 18. 19. luette même roche passe insensiblement au porphyre trachy tique, prismatique à sa hase.', par lequel nous avons commencé l'indication des roches qui constituent le sol de nie de S. Pieiro.
En nous résumant, nous dirons que celte petite lie est composée uniquement de roches trachytiques, qui, en générai, se distinguent en deux qualités bien tranchées: l’inférieure, bréciforme et tufacée; la supérieure, porphyrique avec apparence de coulée. Quoiqu’à proprement parler il n’y aie de roches véritablement stratiiiées que les jaspes -de la partie occùlenlale, le trachyte de l'tlc de S. Pietru parait en quelques points incliné d’une manière assez uniforme de 25* au NNE, c’est-à-dire, que sa direction principale serait ESE-ONO,
L'ilc de S. Anlitico, un peu plus grande que la précédente (1), mais placée plus au sud, est séparée du continent sarde par un canal assez étroit, qui coupe l’isthme et sur Lequel est un pont; de fa<^on que -c’est plutôt une presqu’île qu’une véritable Ile, puisqu’elle communique par terre avec Vile de Sardaigne proprement dite; nous l’appellerons indiiïéremmenl Ile ou presqu'île.
La partie seplentrionalc.de l’tle-de SI Aiilioce et même une bonne moitié de sa surface no se composent que du trachyte observé à l’ile de S. Pieiro; ce sont les mêmes roches porphyriques brunes ou rougeâtres, prenant une texture plus compacte et plus cristalline à' leur base et se divisant également en prismes à leur point de contact avec le tufà trachytique qui le supporte. Celte dernière roche prismée est très-visible au fort qui domine le village de S. AtUioco; elle forme un monticule, qui sur son versant occidental est criblé de grottes sépulcrales romaines.
(t) .17 millet gengrapliiiturt ilc. cireonrérence. • .