‹ Voyage en SardaigneChapitre 54 sur 84 · ILE DE S. ANTIOCO · texte numérisé non relu

ILE DE S. ANTIOCO

que l'ayaiU examinée à. la grotlo qui fait face à l'csl, nous vîmes ses couches plonger de 20° vers l’ouost, tandis qu'après avoir, gravi, dans la même direction E-0, le haut de la butte qui forme le toit et le massif de ces grottes, lorsque nous pénétrâmes dans une de celles-ci qui regarde vers le couchant et qui se trouve éloignée de 200 pas de la précédente, nous vîmes les mêmes couches du lufà inférieur plonger dans le sens opposé, c'est-àdire, vers l’est, également' sous un angle de 20" à 30”; de façon que les couches du tufà Irachyliquc, inférieur au conglomérat de perlile, formeraient une espèce de V. Ce fait pourrait indiquer un affaissement local du sol préexistant lufacc, au milieu duquel aurait eu lieu l'émission de la matière du perlile et de la substance cinériforme , qui sert de ciment au conglomérat.

Fig. 82.

tiroltes dei Colombi.

Nous ferons remarquer que les conclusions de l’excelleol mémoire de M. Délessc sur ces roches des grottes dei Colombi de S. AtUioco, que nous lui avions communiquées, sont que si d’un côté les rélinilcs cl les pcrlilcs, dont il s’agit, ont inconlestablemcnl une origine ignée, il parait de l’autre que l’eau que contiennent ces roches, ne saurait être attribuée ni à une décomposition, ni à une pseudomorphose , mais qu’elle serait originaire. En parlant de la substance cinériforme qui joue un double rùle dans

Coa|ir

des çrottrs.

Orit;>De igiu^« et tqueusf de cei

roitglumérJlc.

488 CBAP. XII. — TBACams ANCIEKS.

les jolies en question, le même savant dit qu'il la regarde comme le résultat d'une altération do rélinite perlé, produite par l’action de la chaleur; mais que les sels alcalins, dont elle est imprégnée, doivent provenir de l'évaporation de l’eau de la mer.

Confiirmiiij • Celle opinion du savant français est parfaitement d'acop,nioiii. avons toujours cru reconnaître à

l'inspection des lieux et par suite de l’élude que nÿus avons faite des différentes substances qui entrent dans la composition des conglomérats, dont nous nous occupons en ce moment ; savoir, que les substances, qui forment le terrain de ces grottes, sont dues aux actions réunies du feu et de l’eau de la mer. Nous pouvons, au reste, rappeler au lecteur ce que nous avons déjà dit plus loin, sur la division prismatique de la base des nappe^ trachyliques de Carloforte et de S. Aiilioco; en faisant remarquer que la mince couche de matière rose, qui enduit les surfaces de ces prismes, semble correspondre à la substance rouge cinériforme des filets de celle couleur, qui se trouvent dans le perlile stratifié et à celle qui enveloppe les blocs des grottes dei Colonibi (voyez pour ces rapprochements les pièces b 2. 25. 26 et 27 de notre collection et du catalogue).

Autre! rochet Avant de quitter l'tle de S, Antioco, nous ne pouvons ^°".i'rntôrnû'°'nous dispenser de faire mention d’une qualité de roche.

que nous ne pûmes retrouver en place, malgré nos actives recherches sur ce sujet et dont la présence dans celte région est cependant hors de doute pour nous. Chaque fois . que nous nous sommes rendus dans le village de S. Antiœo à plusieurs années de distance (1 ), nous avons bien examiné les pierres qui forment les mors à sec des jardins et des champs, qu’on trouve au bord de la mer, en sortant du

(1) C’est-a-ilire , noo< tTonii fait au moins hnil i dix oxonritiont dan* cpito polile tic, de 18}0 à 1859.

IJ.R DR 8. Am-IOCO. OBSroiEK^R.

pays vrts le gud, el nous avons fait dans ces murs une abondante collection des pièces dont il s’agit.

C’est un véritable rétinüe, tantdt brécifomne, tantôt Roittiilf légèrement «corié, tantôt à structute lisse, tantôt à cassure concorde; sa couleur varie du rouge de brique au rouge-brun b 28. 29. 30.

Dans CCS mêmes murs nous recueillîmes également une ObaidîennR pierre, qui provenait certainement d’une localité voisine Irantparrnle. et dont nous fîmes l'échantillon de notre collection b 31 ; c’est une véritable obsidienne transparente et enfumée-, qui lire sur le noir; elle est toute remplie de petits cristaux de sphérolithes blanches , tont-à-fait semblables à celles que l’on rencontre quelquefois dans les culots des verreries. Nous ne doutons pas cependant que celte pièce, que nous avons rencontrée près de celles du rétinile rouge*, à un quart d’heure de distance des grottes dei Colotnbi, où se trouve le perlite à sphérolithes, ne soit un verre naturel; d’autant plus que celte pierre fait feu sous le briquet, ce qui la distingue de suite des verres artificiels.

Nous pensons que ces pièces isolées proviennent de quelques filons enclavés dans le Irachyte ancien des environs du village de S. Antioco el cachés maintenant par les maisons ou par la végétation.

Dans la région de Perdus de Fogu de cette même près- Qtiarli rfsinitr qu’lie de S. Anlioco, dont nous avons déjà fait mention Perdas de Fop«. dans le chap. V, page 175, on rencontre des veines dé quartz résinile blanc b 32, qui pourraient bien provenir du contact du Irachyte ancien avec le calcaire crétacé de Maladroxa; ou bien elles pourraient avoir été produites à l’époque de la formation du quartz hyalin concrétionAé. que l’on> trouve près de là; dans ce cas, il faudrait de préférence ràpporler l’origine de ce quartz à l’apparition du Irachyte amphibolique, dont il seja question dans le chapitre XIY ci-après.

Passons maintenant l’isthme qui sépare l’Ilé de S.-j4n- llr ik* Sdrdaip;iir*

1 1 O - • Il Piriftrt».

tweo de la Sardaigne , el nous retrouverons en place le

CHIP.. Ul. — TUCHTTeS «NCIBin.

MoiiU iV<irrao, Essa el iiurdeu.

IrirhytMfur.

Son Agr

trachyU; ancien, près du village de Pisituu. Cette roche V conserve tous les caractères que nous avons signalés dans les trachytes de cette catégorie des Iles de S. Pieiro et de S. Aniioeo; on la voit au nord de Pixintu, superposée au schiste silurien. Quoique le trachyte porphyrique s'y montre également, c'est le lufà trachytique qui domine en ce lieu; il constitue presque exclusivement le sol du village de Gibba, où il prend une teinte blanchâtre et un aspect pulvérulent, en conservant toutefois des signes évidents de stratification. Lorsqu'on va de Gibbtk vers Villai>eruccio, on ne voit que les deux variétés en question de la roche trachytique; elles sont superposées une à l’autre, mais le tufà bi;ecciolaire est le plus étendu; il est toujours inférieur au trachyte proprement dit.

La qualité du trachyte porphyrique, qui 'recouvre les trois monLs Narcao, Efsa et Murdeu, au nord de Villa/ieruccio, nous engage à le, placer dans la même catégorie que celui de file de S. Antioco, quoique cependant sou gisement oiïre des différences fort importantes, relativement à la position de ce dernier et à celle du terrain que nous venons de signaler à Gibba et à Pixinas.

La roche, dont il s’agit actuellement, se présente en guise de nappes, ou de coulées horizontales ou légèrement inclinées, superposées à une espèce de brecciole également trachytique, disposée en bancs réguliers, parallèles entre eux, dont la stratification concorde parfaitement avec le plan du trachyte supérieur; la brecciole à son tour repose, en stratification discordante, sur les grès et sur les puddingues, qui forment, dans les régions de Gonnesa eL de Villa 4/(usaiY/ia,.la partie supérieure du terrain éocène, comme on l'a vu ci-dessus, page 238 et suivantes. Nous avons donné dans notre planche Y, fig. 3, une vue générale de ces trois monts .réunis ensemble; nous allons maintenant reproduire séparément une coupe théorique de chacun d’eux.

Nous avons longtemps hésité sur la, classification qu’il

MOirr NABC40.

aurait été plus convenable d’adopler pour déterminer l'àge idéologique de ces trois monts et surtout l'àge d<‘ la brecciole stratifiée, qui en forme la masse principale. Nous aurions été disposés à le rapporter à l'époque de l'apparition des trachytes amphiboliques et phonolitiques.'dont nous traiterons ci-après; mais d'autres considérations et surtout la nature du tracbyte, (|ui recouvre cette breeciole et qui ne saurait se distinguer de celui des Iles de S. Pielro et de S. Anlioco, nous ont déterminé à ranger cette suite de bancs parallèles dans la catégorie des trachytes anciens^sans toutefois ptétendrc <]ue cette classification puisse être irrévocable, ni exempte d'erreur.

Le mont Narrao est, comme on le voit dans notre M..nt y„rc«®. planche V, fig. 3, le plus remarquable de ces trois plateaux voisins; il est en môme temps le plus élevé, puis- (pi'il atteint j18C mètres d'altitude; sa cime se compose d’un tracbyte porphyrique violacé, maculé de blanc b 33; il est un peu poreux, avec les vacuoles alongées dans un seul sens, ce qui lui donne le caractère d’une coulée.

Quoique la surface de ce plateau présente des dépressions notables, on peut la considérer comme plane, prise dans son ensemble. Cette nappe trachytique passe , à sa partie inférieure, à un tracbyte terreux, c’est-à-dire, à une espèce d’argilophyre, comme à S. Pielro et à S. Anlioco ; mais ici, au lieu de reposer sur le tufà cinériforme, renfermant des débris de tracbyte et de rétinite, cette nappe est, comme nous venons de le dire, superposée à des bancs bien réguliers d’un conglomérat, ou plutôt d’une brecciole composée de pièces les plus variées en narure, en formes et en dimensions. Parmi ces pièces, celles du tracbyte porphyrique sont les plus nombreuses; on y rencontre également des galets arrondis de granité, de quartz et de roches siluriennes; ceux-ci paraissent être des cailloux remaniés, provenants de la décomposition des puddingues éocènes^ sur lesquels la brecciole s'adapte en stratilicaliqn discordante, comme l’indi(iue la coupe suivante.

CHAP. III. nACHTTBA ANCIBNA.

Coupe lliéorique

(>alols onirt.

Êmi>«ion«

difTéreiitn.

Fig. »3.‘

Bfnnt Narrao

s li^rraÎD «tlurien; 9 ptiddinf^iio (|uarl7.«u\ ; b' brèche calcaire; r calcaire jaunâtre; c* caU‘«airo biUimineiix ; pg pmldinguéa et grès oocèoes(l); b brecciolc lrachvlii|iic ; T trathyto p<»cphynqoe; P roche noire péridotiquè et phonolilique ; f filon do quartz rê* sinilo blanc ()), ^ •

Ce qu'il y a de plus curieux cl qui e»l Cuit pmir èm^ harasser le géologue qui cherche à pénétrer les secrets de b nature, c'est que dans cette même hrecciole (b 34 du catalogue), outre les fragments de trachyle porphyrique pareils h celui de la nappe, qui la recouvre et qui sont les plus abondants . on rencontre aussi des pièces roulées de la roche noire péridotique et phonolitique, indiquée par la lettre p dans 1a coupe ci-dessus, roche qiio nous avons lieu de regarder comme la plus récente de tout ce groupe.

Cette particularité nous engagerait à croire que dans ce point de la Sardaigne, comme en d'autres endroits du continent et surtout dans les régions où se montrent les serp'enlines, il y a eu apparition de la même substance

Pour ce qui regarde le.< cinq lerraina ci-destua, qui apparticuiicnl à la formalion ooevoe, voyez ce qui a clé dil daiia te cliap. VI, page 937. ' *

(9) Nom nous réservons de Ir.viler de ces deiis demieré* roches dan» le eliapitre XIV. t

à différentes époques; de façon qu'il nous reste le choix, ou de regurder la brccciole du mont Narcao comme apimrtenant à la période de l’apparition en Sardaigne des Irachyles phonoliliques et amphiboliques; et alors le trachyte porphyrique, qui la recouvre en nappes parallèles à scs couches, ne serait pas de l’àge de celui de S. Pietro et de S. Antieeo; et malgré sa parfaite ressemblance avec ce dernier, il serait le fruit d'une émission différente et postérieure; ou bien, en rangeant, comme nous le faisons maintenant, le trachyte porphyrique du plateau Supérieur de cette montagne dans la catégorie de nos trachytès anciens, ainsi (]ue la brecciole b 34 qu’il recouvre, nous sommes forcés d’adraellre deux apparitions distinctes 'de la roche noire phonolilique: une qui a produit les galets, que l’on rencontre par-ci par-là, intercalés dans la brecciole avec ceux de trachyte, et l’autre qui a formé la masse de roche noire péridolique, qui a traversé de bas en haut le terrain éocène et la brecciole. ISous parlerons de celle roche dans le chapitre XIV (i).

Le plateau supérieur du mont Nareao peut avoir de G a 10 mètres de puissance vers le NO^. qui est le seul point par lequel il soit accessible; des autres côtés et surtout vers le SSE, il présente des escarpements ver-

(1) Nous avons visité au moins sis fois cette curieuse raoota(fa«, où nous avons également conduit M. de' Vecchi en lBd7 et nous noos disposions à y faire, en 1855, une dernière course, lorsque nous reçûmes de nouveaux renseignements de le part de M. Giordano, ingénieur kctuel des mines dans Pile, qui s*y est rendu à notre prière, pour dissiper nos doutes. Les coupes et les nombreux échantillons, que cet habile cl consciencieux observateur a bien voulu noos communiquer, semblent prouver que la brecciole du mont \arcao et des deux autres voisins renfeuno réellement des cailloujL do cel(/^ même roche noire, que d'autres considérations noqs engagent à regarder comme la roche soulevante et comme postérieure à la masse de ces trois monts. •

Uomie Bit a.

fil^n de torlir n>*irr.

494 ciiAP. XII. — ‘nucams ancibns.

licaux de plus de 30 nièlres de ;hauleur; tous ces esear-i pcrocnls sont ensuite découpes par de profondes crevasses verticales, qfli, de loin, donnent aux parois de cette espèce de forteresse naturelle un aspect de formes basaltiques; mais ce sont plutôt des fissures, qui se dirigent vers le centre du plateau, perpendiculairement à la surface extérieure de ce boulevard isolé, que de vraies colonnes prismatiques. Voici une vue de ce plateau, prise à vol d'oiseau, dans laquelle nous avons indiqué approximativement la direction de ces crevasses. • • ■ .

. Fig. 8i. - ^

La composition géologique du mont Essa est une répétition de celle du Narcao, c’est-à-dire, que ce mon* ticulc est essentiellement formé de brecciole trachytique à bancs parallèles, recouverte d'une nappe de trachyte porphyrique ; seulement la teinte de ce dernier est plus rouge que celle du trachyte supérieur de Narcao b 35. La diiïérencc essentielle, qui existe entre ces deux monts attigus, c’est que le plateau, qui couvre le mont Eisa, n’atteint à peine que la moitié de l’altitude de celui de Narcao et qu’au lieu d’étre horizontal comme ce dernier, il est visiblement incliné vers le SE; d’ailleurs il se développe bien davantage, tant en longueur qu’en largeur. . ' ' ^

A l’exlréniilé sepleiitrionale du mont Essa, on voit une

HOim MOUBlî. 195

espèce de ülon' composé de la même roche noire péridotique et phonolitique, que nous venons de signaler sur le versant septentrional du mont Narcao. C’est fort probablement à l'apparition de cette roche que l'on doit rapporter l'inclinaison du plateau ; eHe semble être venue au jour de bas en haut et s’étre ensuite déversée sous la nappe de trachyte' porphyrique, en pénétrant dans les bancs de la brecciole.' Nous reviendrons sur ce filon dans le chapitre \1V ; c’est pourquoi , pour ne pas anticiper, nous nous bornerons ^ donner ci-dessous une coupe théorique de cette montagne, d’après un dessin de M. Giordano, fait en 4855 et que nous substituons au nôtre.

Fig. 85.

Mont tsta.

Coupe Ibéorique.

J terrain silurien; /iff puddingnes et grès du lorrain cocène; i brecciole trachyliqne ; T lrach;te porphyrique f f rdebe boire péridotique et phonolitique.

Le Monte Murdeu, à l’est du Monte Essa, n'en est sé- uome Uunieu. paré que par le ruisseau ou torrent, qui vient des monts de Perdagius et de S. Kicolà Narcao, et qui, après avoir dépassé Yillapernccio va se jeter dans la mer sous lé nom de Rio df Palnuu. La seule différence qui existe entre le Monte Essa et le Monte Murdeu, c'est que ce dernier est moins élevé et qu’il est à-peu^près horizontal; ce qui parait devoir être attribué à l'absence de la roche noire, en filon, dont il n’y a pas de trdccs visibles. Noos donnons ci-après la coupe que M. Giordano nous a transmise' de cette montagne.

Groupr dr S. JUieM d'Jrrnat.

Sri furuitfs coniques.

496 CHAP. AH. — TKACWrTKS ANCIENS. *

Kig. 86.

Sud. • Aïoni

: .vM- : rvîS‘Æ''àlîîKK.^ *.

t temtn lilarien ) pg pnddingnes'et grôa dn tcrritB éocSae ; b bracciole ou cooglomcrat tracbylique; T traebyte porfdiyrique.

A l'ouest du mont Narcàô le conglomérat trachjliqae se montre encore sur un espace considérable ; il conserve le même caractère minéralogique, mais les formes des monticules qu’il constitue sont bien différentes ; au lieu de se présenter recouverte d’une nappe de trachyte porphyrique, cette masse forme un groupe de monticules coniques, unis entre eux à leur base et dont le plus élevé et le plus central porte le nom de S. MicMe «filrcnas. -\p sommet de ce cône on voit les ruines d’une chapelle sous l’invocation de ce saint; elle nous a servi de point trigenomélrique ; son altitude est de 509 mètres. Nous l’avons ttgurée dans notre pl. V, fig. 3.

Ces formes singulières, que nous retrouverons dans les collines de Siliqua, de SerrenU et à'Osilo, dont il sera question dans le chapitre suivant, nous avaient d'abord engagés à ranger ce groupe dans les trachytes amphiboliques et phonolitiques; mais la parfaite identité du conglomérat, qui le compose, avec celui des trois monts i\arcao, Essa et Murdeu, dont il est une continuation bien évidente, nous a décidé à lui donner place dans ce chapitre; d’autant plus que sur la cime de Saini-Michel on rencontre une. roche pyroxeuique ou plutôt une espèce de dolérite , que nous aftrons occasion de signaler au ,chèteau de Villa Massarqia. Le conglomérat dont il est question continue à se montrer dans la plaine de. Siilci$, soit

MOMTB SMAI.

(lu cdlé de ViUaperuceio, soit vers Tralalùu, soit enfin au mont SiVoi.

Cette dernière montagne , qui paraît isolée lorsqu'on la umie stm. regarde de l’est, incline insensiblement vers l’ouest et du cèté du Ftvmenlepida; quant à sa composition, nous dirons que c'est une répétition du Monte Murdeu, c'est-àdire qu’elle est recouverte par une nappe de tracbyte porphyrique, qui repose sur des assises concordantes de conglomérat trachy tique, pareil à celui du mont de Sain<- Michel; ce conglomérat est superposé à des bancs plus inclinés de marnes , de grès et de puddingues éocènes ; les uns et les autres plongent au SO; mais l'inclinaison des bancs tertiaires est plus forte que celle des assises du conglomérat trachytique et du tracbyte porphyrique qui le recouvre.

Le versant nord de cette petite colline est uniquement Sapcrpulition formé des bancs du terrain éocène, tel qu’on les rencontre an Noraghe de taSaracca, près de Gotmesa, oà ils sont également recouverts de roche tracbyticpie ; mais au Monte Sini cette superposition se montre d’une manière plus claire encore.

Fig. 87.

.»/. Strai. SuJ-ouc*t.

Coupe du mont.

pj puddingues, grès et marnes éocènes; h brecciole ou conglomérat trachytique, avec quelques galets de roche noire , semblable au basalte; T tracbyte pprpbyriqne.

Nous devons aussi la'coupe ci-dessus à M. ringénicur Giordano.qui a bien voulu, à noire invitation , faire une

;iî

Hliistacnr».

Porto Scmo.

Iformghê de M Saracca,

Capo ÀUamo; Porlo Pog^in.

Fin du f>roiipc tncbylt(|ue de CCS cuulrdrs

m CHAP. \ll. ^ TBAtSHrrf» AKGIBNS.

excursion en ces localités, où il nous fut impossible de nous rendre de nouveau nous-mêmes dernièrement, comme nous en avions le désir.

Le trachyte porphyrique du MotUe Sirai, en descendant vers l'ouest dans la plaine, se lie insensiblement à une roebe semblable, qui se trouve à Massacara près de la mer, en face des trachytes de l’Ile de S. Antioco et qui constitue également le promontoire de Pirinçianu, où U est en partie recouvert de grès et de sables quaternaires.

Il en est exactement de même du terrain de Porto Seuto, également recouvert par des dunes de sable; le trachyte de Porto Saao appartient -de préférence à l’assise tufacée inférieure; celle-ci renferme des fragments de trachyte porphyrique, avec des nodules et même des veines de rétinite noir, tout parsemé de cristaux de feldspath blanc b 36. -

En suivant le chemin, qui de Porto Scmo conduit à Gonnesa, on ne voit d’abord que des dunes de sable jaunâtre quaternaire, qui laissent par-ci par-là paraître la roche trachytique; cela a lieu tant que l’on est encore dans une espèce de plaine, au pied des collines de trachyte; mais quand celles-ci commencent à s’élever, celte dernière roche domine sans interruption jusqu’au Noraghe de sa Saracca près de Gonnesa, où nous avons déjà eu occasion de conduire notre lecteur (voyez chapitre VllI, page 249). La roche, sur laquelle repose le Noragite et dont il est formé en entier, se compose d’un trachyte porphyrique d’un gris violacé, avec des vacuoles alongées et des espèces de veines ou de taches de rétinite noir b 37. Il est superposé à une nappe plus épaisse d’un trachyte brecciforme argileux, violacé b 38, qui remplace en quelque 'sorte le tufà ; ce trachyte est en bancs ; il semble aller ENE-OSO.

t La même roche va de. Porto- Scuso jusqu’au cap Altano . et à Porto Paglia ; au-delà de ce point elle disparaît toul-

MONTE ANCI.

à-fail pour faire place à d’autres terrains; on ne la retrouve plus sur la côte occidentale qu’à quelques milles avant d’^aixiver à B«sa. Il est bon toutefois de faire observer que nous aurons occasion de sigfnaler un dépôt de tufà ponceux sur cette côte occidentale, entre le Capo AÜano et Dosa, c’est-à-dire, à la base occidentale de la crôle de XArcuentu, près de Fonlanaccio et de Flumtntorgin; mais comme ce tufà est, à notre avis, d’un âge pins récent que les trachytes anciens, nous ne nous en occuperons pas dans ce chapitre.

Pour reprendre l’étude des trachytes, nous nous Iransporterons vers la partie centrale de l’Ile, au pied occidental du Monte Arci, qui offre au géologue une grande variété de roches pyrogènes. Nous nous bornerons pour le moment à énumérer celles que nous croyons devoir rapporter aux trachytes anciens.

SL l’on veut se faire une idée exacte de la charpente sicurùoa géologique de celte montagne, le meilleur moyen est celui de la gravir dans le sens perpendiculaire au méridien, c’est-à-dire, dans le sens opposé à celui dans lequel s’est épanchée la grande masse Irachytique. Le géologue, qui se trouve déjà sur la roule royale entre Vras cl Orhtano n’a qu’à se diriger vers la petite église de Sauta Sofia, qui est au pied du mont- en question et de prendre ensuite la roule, pn plutôt le sentier, qui conduit au pied dn piton isolé dO ut Trebma. De ce pilon il sera spécialement fait mention dans notre chapitre XV destiné aux roches basaltiques.

‘ . A partir de la roule royale , à la hauteur de la Can- Aiiuvion>.

toniera di Marrubiu,' le géologue ne rencontre d’abord 'qu’un terrain d’alluvion , formé aux dépens des roches de la montagne qu’il va àtorder; c’est un mélange confus de pièces roulées de trachylè ancien, de rétinite , d’obsidienne noire, de Irachyle phonolilique , de vrai basalte et de scories basaUiques légères, rouges ou noires. Le sol de celle plaine forme, pour ainsi dire, un speeimm propre

DlüilL,.J L-, '

500 r.HAP. XII. — TBACMYTES ANCIENS.

Ciiupc tl«> U partie veridetiUle (tu Monte Àrci,

à l’étude des différentes roches, d’origine ignée, que l’on va biehtôt rencontrer en place.

Voici une coupe, simplement démonstrative, de la partie occidentale du Monte Arci, que nous avons trouvée dans nos potes et que nous aurions considérablement perfectionnée, si notre santé nous eût permis de faire une dernière exploration de ces lieux.

Fig. 88.

Trebma lada.

terrain inconnu, probablement (raebyte tufacé? p perlite gri- .âtro de teinte dsire; p' conglomérat à baac de perlite gris, avec dea nodules de perlite brun, ou eipcee d'ubsidienne b 39; ( tracbyle porphyrique gris; p" banc de perlile de teinte brune; tr trachyte' porphyrique raboteux et violacé, avec des Tcioes de rétinite b40; é basalte et dolérite ‘de la Trebina.

Mii.it. Le trachyte marqué dans notre iig. 88 par les lettres a... I. trachji.. (.Qppçj.p(,nj i’(tchanlillon b 40 de notre cata-

logue, est traversé par des veines de rétinite noir, qui se confond même avec sa pâte. Ce rétinite est exactement pareil à celui que nous avons signalé à l’tle de S. Pietro,

, dans un trachyte tout-à-fait semblable à celui dont il est maintenant question. Nous aurons occasion de parler de deux autres gisements de ces mêmes rétiniles, qui se trouvent aussi associés à des bancs du terrain de traebyte ancien, soit au M. Sanlo Phdre de Bortigali, soit à Santa yatnlia près de Sassari; ce rétinite noir, à cassure grenue, contient une quantité de cristaux feldspathiques blancs.

Ettenaion du Iracbytc.

HONTK âBCI.

C’esl la parfaite ressemblance que le Irachyte porphyrique et le rélinile du Monte Arci ont avec les roches semblables de difibrents points de l’Ile, qui nous ont engagé à les faire figurer dans ce chapitre, destiné aux traehytes anciens; quoique dans le fond la description , que nous venons d’en donner, ne soit pas tout-à-fait d'accord avec celle des Irarhytes des lies de S. Pietro et de S. diilioco, que nous avons choisi pour types des terrains de celte espèce et de celle période géologique.

Le Irachyte porphyrique avec rélinile du Motile-Atci, dont il vient d’élre question, est Irès-visible au pied occidental du pilon de la Trebitia lada ( où nous 'fdaçames notre signal trigonomélrique); il est slralifié dans une direction 0 20° S- E 20° N; mais bientôt celle roche disparaît sous la lave basaltique qui couronne fout le mont et sons la dolérite qui forme le rocher de la Trebina. On y rencontre également des scories fraîches et légères, dont nous nous occuperons' dans le chapitre XV. Néanmoins le Irachyte constitue le véritable noyau de' cette singulière montagne; car à peine on descend vers l'est, pour aller vers Mes, celle roche revient au jour à plusieurs reprises, sous les dépôts tertiaires et sous la lave tabulaire, phonolUique, ou basaltique qui la recouvre.

Le lieu le plus intéressant de la partie orientale du Monte Arci c’esl uuc région, dite dans le pays Sunnixedihi. non loin de Cmtea-i-Cetxu. Si de là on reprend la montée par un petit chemin qui conduit sur le plateau basaltique supérieur, pour se diriger de, nouveau vers le- pilon de la Trebina, on voit d'abord tout ce chemin creux recouvert de (raginenls d’obsidienne noire, de façon qu’on' croirait marcher sur les débris d’une grande fabrique de bouteilles noires. Ce qui nous fil espérer de rencontrer bientôt cette obsidienne en place.

Effectivemenl, nous crûmes la reconnaître dans cette Tricbjir iiuk. condition, en guise d’un filon qui traverse le chemin non loin de là et qui est enclavé dans une roche Iracby tique

Oliftidieniid

ttuirr.

5(M CRAP. Kll. — TBACRVTES ANCIENS.

à texture terreuse. Celle-ci est une espèce d’argilophyre rougeâtre altéré, avec des cristaux de feldspath blancs b%t. L'obsidienne est noire, très-vitreuse, à cassure largement concoïdc b 43. C'est, à ne pas en douter, la même dont les débris couvrent le sol environnant. Le tracbyle rouge, dans lequel ce filon d'obsidienne est encaissé, semble stratifié, ou du moins il parait constituer un banc incliné, dirigé à-peu-près du NNE au SSO. Comme le chemin creux en question est étroit, on ne peut suivre l'allure de ce banc au-delà de ses bords, d'autant moins que le terrain est tout couvert de broussailles et de cailloux roulés. C'est pourquoi il nous a été bien difficile de constater si l'obsidienne, qui est en place en ce lien, se trouve plutèt en guise de filon qu’en forme de banc intercalé dans le trachyle argileux; mais, comme ce dernier paraît avoir été modifié à son point de contact avec l'obsidienne, on pourrait penser que cette dernière substance est postérieure au trachyte; ce qui conduirait à l’idée d’un * filon injecté dans cette roche.

Eileiitioii Ce filon d’obsidienne s’est probablement prolongé vers d'ulifliilteDiiF, le SO, ou plutôt vers le SSO ; car c'est en suivant àpeu-près cette dernière direction que nous avons recueilli des fragments de cette substance répandus sur le sol en plus grande abondance; il pourrait se faire quon la rencontrât aussi non loin du village d’LViu, puisque, parmi les pierres roulées qu’on trotlvc sur la route royale à 'la sortie de ce pays pour aller vers Cagliari, il n’est pas rare d'en voir qui soient identiques avec l'obsidienne du Monte Arci.

Trar» D’uu'autrc côté, nous devons dire que parmi le grand nombre de cailloux roulés de cette obsidienne, que nous avons recueillis, soit sur le Monte Arci, soit à sa base, tant du côté d’Uras que vers Aies, nous en vîmes une certaine quantité qui offraient les signes évidents de stratification, car ils étaient rubanés en couches parallèles; ces couches mince» d’obsidienne sont principalement vi-

MONTE «ICI. VALLÉE DE LACONI. Wt

süiles sur la surface extérieure du caillou, où il a été dépoli parl’eiïetde la (l<-con>posilion opérée par les agents atmosphériques et par. un long séjour de la pièce dans la terre humide. 11 s’ensuit de cette obsenalion que, si nous avons des motifs pour croire que l'obsidienne noire du Mmle Arci se trouve en guise -de filon dans le trachyte ancien, nous en avons également d’autres pour l'envisager de préférence comme une roche volcanique finement stratitiée ; ce qui au reste concorderait avec l'existence des bancs de perlite gris à globules d’obsidienne b 39, que nou.s avons vus évidemment stratifiés, et en place, sur le versant occidental de celle montagne.

Nous ne reviendrons |ias sur ce que nous avons (lit ci-dessus, page t53 sur les écailles d’obsidienne noirç, rencontrées en grande quantité au Tacco-Ticci et ailleurs; nous nous bornerons à répéter que, quant à leurcompo^ sition, ces fragments ne dilTèrenl en rien de ceux qui sont si abondamment répandus sur le sol du Monte Arci.

Au bas de celle même montagne, en venant du village irt/ra-t vers Mnnjongiori , nous avons rencontré des roches siliceuses, qui pa.ssent spécialement à la calcédoine rubanée propre à faire des camées. On la trouve prineipalemcnl dans le territoire de Masulas. Knlre ce village et celui de Morgongiori, nous avons aussi recueilli un échantillon de quartz prasc verdâtre, à cassure concoïde, qui figure dans notre folleclion avec le. n° b 43.

Dans la vallée qui sépare le village de Genone de relui de Laconi, le terrain trachy tique ancien se montre de nouveau sur une assez grande échelle, avec les mêmes caractères que présentent ceux des Iles de S. Pieiro et de S. Anlioco. De -ce point nous le suivrons, presque sans interruption -du sud au nord, jusqu’au détroit de Bonifado , parallèlement au grand massif granitique de la Sardaigne, dont il longe la base occidentale.

Nous n’abuserons point de la patience du lecteur, en répétant , à propos des terrains trachytiques des environs

Ér ailles

du Tûccc-Ticci.

Cêle^Moine ri «{uarU prasr.

Vallrr

rnlrr Ijiconi et iienonr.

Leur rapport avec 1rs antres irachyles.

ClUP. XII. — TKACHVTES ANCUm.

Moule Stuou.

de LacoiU, ce que nous avons dil relativement à ceux .de S. Pielro et de S. Aniioco, avec lesquels ils ont les plus grands rapports. Nous devons cependant noter que la partie inférieure du trachyte, dont il est maintenant question, ne se divise pas en prismes, comme à Carhforle, quoiqu'elle repose également sur le tufà trachytique. Le porpiiyTC trachytique supérieur de la vallée au-dessous de Laroni est d’un gris violacé b 44; il fait un passage insensible à. des espèces d'argilolite et d’argilophyrc, tpii sont les uns rougeâtres, les autres verts. Ces mêmes roches so trouvent en contact avec les schistes siluriens, non loin du village; et c'est probablement h ce contact qu’on serait tenté de rapporter. cette pénétration de mature gypseuse dans les feuillets du schiste, ainsi que |a décomposition que cette roche présente en ces lieux , dont nous avons fait mention "dans le chapitre II, page 79 ci-dessus.

Mais la roche trachytique n’occupe pas seulement le fond de celle, vallée; puisque dans d’autres localités de celte même région elle se montre au sommet des monts formés de schiste et de calcaire silurien ; on peut s’en convaincre en allant de Laroni au AfonU Slunu voisin, point renommé dans le pays à cause de la chasse qu’on y fait au gros gibier (caceia </rom). Lorsqu’on s’y rendant de-Laconi on se dirige vers cette montagne sans passer par le fond de la vallée , on ne rencontre d’abord que des schistes accompagnés de graunacbes cl de bancs calcaires, qui ont passé h l’état cristallin, dirigés NO- SE; mais sitôt que l’on arrive sur la cime plate du Uoulr Stunu; on la voit formée par une nappe de roche Iraebytique, qui est la continuation de celle que nous avons signalée dans la vallée entre Laconi et Getioiie. Üe façon que, si l’on parcourait le Monte S<Mtmdans,le sens longitudinal, on traverserait à plusieurs reprises, tantôt le terrain silurien, tantôt le trachyte; ce qui ne veut pas dire qu’il y aie alternanre entre ces roches de nature si

•AIUHI.

différente ; c’est une simple illusion , qui disparaît bicnlAt romplèlemeut’, si l’on traverse le Stanu'dans un autre sens; nous pensons que ce mont a été ainsi soulevé à l’époque de l’apparition du tràchyle.

La même illusion, dont il vient d’être question, se J."!',;’/ reproduit dans les vallées qui se prolongent vers le village d’ytsuni; elles sont occupées à leur base par des«'«i« Iracliyles ,ct sur leurs flancs par des schistes siluriens.

La ligne de contact de ces deux qualités de rochçs étant très-tortueuse, il s’ensuit qu’on passe successivement de l’une à l’autre; ce qui leur donne d'abord cette fausse apparence d’alternance, qu’un examen plus approfondi fait disparaître complètement.

Avant, en 1847, engagé notre ami et collaborateur, M. le

• * , ^ ^ M.de Vecfhi.

capitaine Ezio de’ Vecchi, à bien étudier les rapports que les Irachytes de ces régions ont avec les roches plus anciennes, nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici un extrait des observations importantes, que ce jeune géologue a consignées dans ses notes à l’époqnei de son excursion en ces localités. t

«Cette formation (du trachvte ancien) parait composée .s» dcifripiion

* ' . des trAchylei

« de deux parues bien dislincles: I infeneure, qui consiste de celle roiilr^e. «-en une roche blanchâtre, friable et caverneuse ; l’autre U est une espèce d’argilnlite rougeâtre, souvent compacte,

« à cassure coottfKkt; la première renferme de beaux «cristaux blanp^f^ui se rapportent au rbiacolite, et -des « fragments dehischktes. Cette roche prend quelquefois «une teinte verte et elle forme une -belle variété, sa « stmclnre devient quelquefois grossièrement prismatique.

« L’autre (la nappe stipérieure) ne contient que des par- « lies blanches irrégulièrement disséminées dans la masse ;

« elle prend quelquefois l’aspect de la ponce. Pendant « longtemps (dit-il ) je fus incertain si ces deux espèces « de roches doivent être distinguées l’une de l’autre par « leur nature ou par leur origine; et j’étais presque tenté « de reconnaître dans la première un vérilable lulîi Ira-

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