CHAP, XII. — TBACHITES ANCIENS
« chyliquc; niais des passages tout-à-fait insensibles qu'une « substance fait dans l’autre et les cristaux que j'ai vus « encaissés dans ce tufà, ainsi que l'apparence éminem- « ment éruptive de ces mêmes roches, avaient fortement « affaibli mon opinion. »
Tnrhjtin Plus loiu , aprés avoir rendu compte d’une excursion faite par lui à ce château de Médusa, dont nous avons aussi fait mention chapitre il, page 80, M. de' Vecchi ajoute ; « Ayant repris ma route vers Samugheo, j’ai suivi « le trachyle pendant longtemps et je suis descendu dans «une vallée, qui n'est que le prolongement de celle qui « est dominée par le château de Médusa. Le fond et les a parois de oette vallée sont, jusqu’à une* certaine éié- «valion, formés de schistes; la roche tradiytique ne a constitue que la partie supérieure et la plus superfi- « cielle de ces parois. J’ai alors dù me convaincre de ce « dont' je m’étais déjà douté et de ce que je m'efforçais « jusqu’ici de me persuader en sens contraire, savoir, que « les trachytes se trouvent en véritables coulées qui re- « couvrent superriciellemenl les schistes; de façon qu’une « crevasse verticale d’une certaine extension , -qui s’est « opérée dans le terrain schisteux, met à découvert ce « même terrain sur lequel a coulé le trachyte. Ou ne R doit pas croire pour cela que ces dernières roches aient K coulé, en forme de laves de quelque orifice, comme « nos volcans modernes.
L<ur reuiioD « Eu paTcouranl avec attention le fond de cette même
avec In sebUte». ,, , . .. . .... , .
<t vallée, jai pu reconnaître une localité ou j ai accom- R pagné les roches trachyliques depuis les coulées qui a constituent l’aréle supérieure des parois de la vallée , «jusqu’au fond de celle-çi; do façon que j’ai pu vérifier « que cette coulée se soudait et s’amalgamait avec le filon 0 de trachyle qui coupait verticalement les schistes.
«Cette circonstance, qui, vue de près, ne fil que « m’embarrasser, devint au contraire pour moi la clef du « mystère , lorsque j’ai pu examiner ce fait d’uno certaine
BAMOGHEO.
B distance et d'une localité élevée , d'où j’ai pu embrasser U la vue générale du pays environnant; de hçon qu'il « devint évident à mes yeux <(ue la roche trachytique « est sortie des crevasses , qui sc sont ouvertes dans le « schiste silurien sur lequel elU's se sont ensuite déver- B sées. » '
Voici la section prise par M. de' Vecchi le long du torrent 4raxisi.
Fig. 89.
s ichisie silurien, ou cristallin; ( tracliyle.
Les environs de Samugheo n'ont offert, ni à M. de' Vec-suUc sm chi en 1847, ni à nous, qui les étudiâmes antérieuretnent,
■ rien de remarquable , sinon l'extrême profondeur des étroites vallées ou crevasses, qui sont ouvertes dans la roche trachytique; celle-ci, comme partout ailleurs, se compose de deux parties distinctes: l’inférieure est à l’état de tu^, qui prend une couleur blanchâtre ou verte; la supérieure est un porphyre trachytique, ou bien un argilolite rougeâtre. Voici maintenant la coupe générale de ces terrains telle que l'a prise notre collaborateur.
Fig. 90.
Samugheo. Rivière, Laeoni.
t ichisie* lilnrietw; b bardiglio, ou caickire criilalHn; tg tchislea ;;raphiliqoes ; et caleichiatet ; m calcaire magnéiien; t Irarhyle turaeê blanchâtre; (’ Irachyte porpbyriqne rougeâtre.
CHAP. Xtl. — TEAGHVTE8 ANCIENS.
Aulrcf loralil($* Tuiaiiit’ft.
RapporU db iracliyle avec le ^rjiiitr.
riilpau
trachylique
d.» Busacki.
Presque tout le territoire de Savtugheo est formé de trachjtc. On retrouve cette roche aux environs d'il/at, ainsi que dans ceux de Fordungianus et de Villanova- Truscltcddu, le long de la rive gauche du Tir$e; nous l’avons même vu faire son apparition sur la rive opposée, dans le territoire de PauUlalino; mais toujours près du neuve. En ces lieux, le trachyte finit par disparaître entièrement sous 1a lave hasallique; mais si on remonte le Tirse le long de sa rive gauche, on le revoit bientôt vers Busaciti, où il se développe sur une grande étendue.
Comme nous avions prié M. de’ Vecchi 'de porter toute son attention sur les rapports que le trachyte de Busachi et de Neoneli ont avec le granité ^'rapports qui nous avaient ■toujours féappé toutes les fois que nous avions parcouru ces contrées; et comme, nous lui avions spécialement signalé la montagne de Santa ViUoria de Nepnelit pour qu'il y ht des observations que nous n'avions pu accomplir nous-mêmes, nous reproduirons textuellement les faits iptéressants que cet habile géologue a consignes dans les notes, qu'il a bien voulq nous communiquer..
■ Après avoir laissé le granité au-dessous de Busachi, « on quitte les parois du vallon, pour arriver à une es- « pèce de plaine ou de plateau alongé, pareil à celui de a Samugheo , mais un peu plus petit ; ce plateau n'est « formé que de trachyte. Le contact entre cette dernière « roche et Je granité, que je n'ai pu voir sous le Ao- « raglie Longu de Samuglteo (1), à cause de la végétation <1 et des terrains de transport, s'est montré de. la manière « la plus claire sous Busachi, où j'ai accompagné le con- « tact des deux roches le long des parois de la vallée ; « celle-ci étant coupée presque verticalement, laisse voir
* (1) Nous avons fait memiion de ce inoDumentet çous en avons doQuê. une vue dans notre seconde partie, sur les y/Mli'yiules, planche VII, et dans le texte pa^e C5.
■118*001 ET NEONBLI.
son
« d’un même coup d'oéil les granités -cl les Irachyteé. Le « rapport entre ces deux roches est positif et de la plus « grande simplicité. Le trachyte est superposé au granité
• et il le recouvre en véritable coulée de l'épaisseur d'une « dixaine de mètres (on ce point). Entre le trachyte rou- « ge&tre et le granité se trouve intercalée une assise peu « épaisse de tràchyle blanc tufecé. Je me suis assuré de « la n\a*nière la plus exacte que cette coulée n’est que la <• continuation de celle qui constitue le plateau de Sa- « nmgheo.
« En allant de Busaehi à Nemeli, j’ai traversé* le plà- buhp enniiûiue « teau de Rusachi dans le sens NE; demi-heure après, de iracbjii'. «j’ai rencontré une butte granitique, autour de laquelle « la coulée trachytique s’arrête brusquement. La manière ■ dont ces 'roches sont disposées en cet Adroit entre « elles, aurait pu me faire penser que le granité a soulevé «et déchiré le trachyte qui lui est supérieur;, mais ce « fait aurait été d'une telle importance qu’il méritait d’ètre
« confirmé par des études plus diligentes J’ai -par
« conséquent accompagné pendant longtemps le point de « contact des deux roches, sur lesquelles je marchais al- « ternativement, à cause de la sinuosité du chemin que « je parcourais. Ce contact s’effectue de plusieurs ma- « nières différentes, qui au premier abord m’erobarras- « sèrent fortement; mais il devint constant pour moi que U le trachyte est toujours superposé au granité et qu’il « est disposé en bandes ou en espèces de plateaux; ceux-ci 0 sont très-découpés et divisés entre eux par de grandes « crevasses dirigées dans tous les sens, ce qui change- «constamment le rapport des deux roches entre elles.
« Lorsqu’on se trouve an-deSsns du village d’U/a, à Mom « moitié chemin de Rusachi à Neoneli, l’œil du géologue culte Uusttehi
• est frappé de la singulière apparence d’un monticule '*
« isolé, parfaitement conique et régulier, forpié de gra-
« nite, ou plutôt de pegmatite, autour duquel sont dis- « posées circulairement de petites collines, dont quelques-
510 CnAP. Ul. — TBACBVTB8 ANCIENS.
<f unes ont la face inlérienrc formée de granité . cl rcxlc- « Heure de trachylc , comme on le voit dans le dessin '■ ci-après.
' Fig. 94.
Noraght.
Ripporti « C’est seulement du sommet de ce singulier monticule dcs'déuZXs. « que l’on peut embrasser l’ensemble des rapports réci- « proqnes des deux roebes entre elles ; car de ce point « od peut dominer une assez grande étendue de pays, se « convaincre de la superposition du- Irachyle au granité « et voir que la disposition de celte roche en coulée est « un fait constant et général. Celle opinion est cerrobo- « rée; 4° par la forme alongée des masses Irachy tiques; « 2“ par leur- largeur considérable, relativement à leur « épaisseur cl, pour dire le mol, parleur aspect de cou- « léés ; 3° par leur structure quelquefois poreuse et rem- « plie de cellules alongées, qui vont toutes dans le sens « de l’inclinaison de la nappe (4); de façon que la roche « prend en quelques points l'apparence d’une ponce. « Toutes ces particularités sont des signes évidents que U les trachytes ont coulé à l’état pâteux de quelque orifice « et qu’ils se sont étendus comme de véritables courants;
(I) Ces linHes ainngées daos )e sens de rinclinaison de la roche d7//rt, nous nvaient déjà frappés 'dans nos précédentes courses en res liens.
MONT DK SANTA VITTOBU.
n mais un courant de matière fluide suppose nécessaire- « ment un fqnd préexistant, sur lequel celte matière aie a pu s’étendre; et ce fond, qu’aucune rérolulion posté- « rieure a pu faire disparaître , est ici évidemment le « granité. Donc les Irachytes sont ( en ces localités )>pos- « térieurs aux granités.
(I II parait par conséquent qu’originairement les assises l< mchji.
‘ ^ * J recouvrait
« Irachytiques couvraient umiormemeni et sur une grande icsr*n>t««ur une
• . ^ , nr rt griudc c»tco«ioii.
« extension de terrain le granité, comme à Monte SlUnu U et à Azmi elles recouvrent le schiste. Leur détange- ■ ment semble dû à une action plus récente, qui aurait N agi en même temps sur la roche inférieure et sur la > supérieure, en altérant la disposition absolue de l’une (I et de l’antre, sans altérer leur disposition relative. »
Voici maintenant ce qui regarde la montagne de Santa xuirei noi» Vi«orta(1], que nous avions spécialement indiquée à M. de’ Ycccbi pour l’étude des rapports qui existent entre les granités et Jes trachytes de ces contrées.
« En allant de Neoneli au mont de Santa Villoria,
« je ne vis d’abord que la répétition des faits observés a dans la course précédente ; et je pus me confirmer dans <1 les opinions que j’en avais déduites. En sortant du vil- «fage, on trouve d’abord le trachyte; mais à dix mi- « nutes de là, lorsqu’après la dernière descente oii arrive a à un petit vallon qui se trove entre le pays et- la mon- <1 tagne de Santa Vittoria, on revoit le granité, évidem- « ment recouvert par le traebyte de Neoneli, qui se pré- « sente sous l’aspect ordinaire d’un plateau très-accidenté,
« affectant également la forme de coulée; le granité con- « tique à se montrer jusqu’au- pied du mont de Sànla « Vittoria; il est un peu micacé et très-facile à se dé-
fi) I’»r uB oubli involuntairp, le nom de celle montagne ne Tut pas écrit dans notre carie géologique, mais la couleur du Iracliyle au milieu de celle du granile la fait bientôt reconnaître.
ClUP. XII. >- TXtCHlTES AKCIBKS.
Muni de SrtnU y^ittoria.
^littiires de le moDler.
« cbmpospr; lout le vallon est rempli de ces débris quart- « zeux cl fddspalbiques et de blocs granitiques arrondis « et presque sphériquc.s.
U Mais au mont de Sauta Vittoria, les choses changent « d’aspect; deux géologues qui en entreprendraient l’as- « cension, le premier par un chemin, le second par l'au- « Ire, s’en formeraient des idées bien différentes; .tette B montagne a à-peu-près la forme d’une pvTamide tron- B quée,. dont le sommet aplati et presque horizontal «si B un polygone plus alongé dans le sens N-S que dans la direction opposée.
a Si on commençait la montée par la face de la py- B xamide qui regarde le NO, on ne trouverait que du B granité jusqu’à la sommité ; et ce ne serait qu’à peu B de mètres avant d’y panenir que se montrerait le tra- B chyte, qui constitue toute la surface du plateau supé-
■ rieur. £n montant par le côté SE , on arriverait à un B résultat à-peu-près analogue; mais si l’on fait la montée B par le côté SO, on ne marche que sur le Irachytc «jusqu’au point le plus élevé; ces résultats disparates « sont les effets du rapport singulier, qui existe entre le « gisement des deux roches. Le trachyte est évidemment «sorti en fdon à travers le granité; il s’est ensuite défi versé des deux côtés de. la crevasse, de façon qu’en U regardant cette roche d’un côté, elle parait supporter fi le granité, quoique dans le fond elle lui soit supc- « heure; il est vrai qu’au mont de Santa Vittoria, ou du a moins sur son sommet, c’est la nappe trachytiqué qui U couvre le granité; mais en- d’antres points il seroble- « rait, au -contraire , que se sont des' liions de granité , fi qui auraient traversé l’autre roche ; au reste , là, comme
■ ailleurs, c’est le granité qui constitue la charpente des B vallées et colle des monts environnants, qui £ont re- B couverts d’un cliapcau trachytiqué d’une manière intera rompue. L’origine de ces chapeaux aura probablement « de l'analogie avec celle du plateau de Santa Vittoria.
'mont me SANTA VITTOIU. 513
K J'ai descendu .celte montagne par sa penle orientale;
«je n’y ai foulé que du granité. >
Voyez ci-après les rapports des trachytes de S. Ftttoria Vue el coupe avec les granités. . mônuenc.
Fig. 92.
Coupc théorique du môme mont.
Fig. 93.
Mont de S<mta yittoria.
. ?foraghe.
g granité ; I Irachyte. *
Coupe
lliduhque.
Le môme traebyle continue à se montrer depuis Neoneli Continualinn jusqu’à OUana, en passant par Nugludu, Sot^Ue él Bi- le long de la rive doni; villages qui se trouvent sur la rivo gau<d>e du il y est presque toujours en contacF avec le granité et il se trouve avec cette roche dans les mômes rapports qu’à Ne«neli. A Soradile le trachyte parait stratifie , allant dans la direction NE-SO et plongeant vers le NO. L’ancienne église épiscopale A'Ollâm est construite avec des argilolites trachyliques, les ans rouges, les autres verts, pris dés environs; mais en ce lieu ces roches sont de Pouveau, comme à Laconi, à Amni et près de Samugheo, en contact ^vec les schistes et avec les calcaires siluriens, plus souvent qu’avec les granités.
Digilized by GoogU
514 CUAP. XII. — . TBACHTTBS ANClÉkg.
On le retrouxe Ce n'est pas seulement sur la rive gauche du T’use «'«".wito!"' que se montrent les trachyles anciens, puisque nous les avons retrouvés avec tous leurs caractères sur la rivç droite de ce fleuve, à la hauteur des villages' de SedUo et de-Dualchi, où ils sont en quelques points recouverts ' par la lave basaltique.
. ..nrni>i.- C’cst également dans une semblable condition que nous "'ëartrcaM/w ' les uvons reocontrés à la base orientale du Monte Ferru, dans une grande crevasse qui s’est opérée dans la lave, en un lieu dit Parle C anales , c’est-à-dire, près A’ Auto Maggiore , de Jtorghiddo et de Ziir». A quelques pas de ce dernier village on voit une petite église fort ancienne cl très-remarquable par son architecture, toute construite de la roche trachyti<|ue locale, qui fait son apparition près de là sous la lave.
vrrsani Cnc pareil rapport entre les trachytes anciens et la Ktttutnu JttmUru. laVe basaltique plus récente se Vetrouve sur l'autre versant du Monte Ferru et même à sa base méridionale. En effet, nous reconnûmes l’existence de cette roche près de l’hermilage dit d’Ermami Matieu, au-dessous de Seneghe et de Narbolia; mais principalement au lieu de la mine de fer, dite mine de Seneghe, parce qu’elle est comprise dans le territoire de la commune de ce nom; quoique topographiquement cette mine doive appartenir à celui de Santa Catterina de Pitinnuri, c’est-à-dire, qu’elle se trôuve au pied occidental du Monte Ferru, qui probablement lire son nom de cette mine.
Mine dr fer. Cellc-ci SB montrc à découvert dans une profonde et dln.*'ûn'/ÎMh^’ étroite vallée, ou plutét dans une crevasse, dont les parois sont recouvertes par une coulée de lave , sous laquelle parait le trachyte; mais ce dernier ne semble pas se-lrouvcr en ce Heu à son état normal ; c’est plutôt une suite de bancs d’une Toche feldspathique verdâtre très-altérée, tantôt compacte, tantôt grenue b 45. 46; elle y est associée à une autre roche quartzeuse, qui pas.se à l’alunite et qui contient des traces de fer b 47. C’est 'dans cet|e substance
MONTB PBIBU.
que SC moHlrc au jour le filon de fer oli(;isle, dont l’exploitation , commencée il y a grand nombre d’années , est aujourd’hui tout-à-fait abandonnée; de façon qu’on a maintenant de la peine à reconnaître le filon, qui est accompagné d’une espèce de grés quartzeux et feldspathiquc ^ .
à ciment même de fer oligistc b 48. 49; mais ce filon n’est qu’un accident local de la roche verdâtre , dont nous trouverons plus loin l'analogue b 59 dans une montagne évidemment Irachytiquc. Cette même roche de la mine de Seneglie est pénétrée de pyrites, parmi lesquelles on en trouve une certaine quantité en gros cristaux, soit en place,, soit épars sur -le sol du vallon.
Non loin de Santa Callerina di Pilinnuri, à peu de dis-Tun inrhyiu|uilance de la mine én question, on voit la, roche trachy- de lubllincef tique percer sous le terrain tertiaire subapennin et srfus les laves qui recouvrent ce dernier; mais ce trachy te y est également altéré et infiltré de silice; rio'us recueillîmes en cet endroit des échantillons d’une pierre siliceuse rougeâtre, cariée et passant à la calcédoine stratifiée b 50 ; elle y est intercalée dans un lufà trachytique hrecciolaire blanchâtre, qui un peu plus loin prend l’aspect d’un domile.
On rencontre spécialement ce lufà passant au domile mn de cao/feH dans les environs de Cuglieri, où il est, comme à Santa Catterina, recouvert par un lambeau de terrain tertiaire, /ic.'tu!"'’ ou bien par des laves feldspathiques et basaltiques plus* récentes que le terrain subapennin. Le lien. Où l’on peut mieux étudier ce lufà blanchâtre, c’est le long du chemin creux qui, des dernières maisons de Cuglieri, conduit au château voisin, en laissant à droite le couvent des capucins. C’est un vieux château du moyen-âge tout en ruines, dit château de Honte Ferru; il es\ bâti sur une butte isolée de lave feldspathique grise, qui recouvre le tufà trachytique ancien ; celui-ci se. distingue spécialement, comme près de Santa Catterina di Pitinnuri, par les injections de la matière siliceuse, ipii finit par y
5Hi €HAr. XII. — TBAVHYTB8 ANCIBNN.
(Tonstilucr de véritables filons de calcédoine, de comaliue et de jaspe, a travers le tufà. Nous recueillîmes, près d'une grotte arlilicielle, dite Spelouea di Nonna (I), ^ies |)ieces do cornaline, .de la grosseur d'une tète humaioe. éparses sur le Sol. L'entrée de cette grotte, taillée dans le tufà, laisse voir daus ses parois verticales, l'allure de ces liions de matière siliceuse; le tufà contient, comme it l'ordinaire, des iragments de trachyte de .toute espèce.
Aiioaiion A mesure que l'on monte vers le sommet du Konie Ferru, ou plutèt que l'on pénètre dans le cœur de la ° montagne, mis à nu par les profondes crevasses d'une espèce de cratère, on voit le tufa trachytique prendre un aspect plus altéré et il passe à une roche blanche, tendre, grenue cj tachant les doigts, que nous ne saurions bien définir pour un domite -on pour un Irass bbl. Tous les grands enronccments intérieurs du Mmie Ferru, recouverts de laves feldspathiques cl basaltiques , sont creusés dans ce, tufà blanchâtre altéré, qui y est, nonseulement traversé indistinctement par les veines de jaspe et de cornaline , eomme bn le voit à Cwjlieri et h Klin- Huri, mais encore par des véritables filons de ces mêmes matières feldspathiques et basaltiques, qui odt coulé à sa surface. Nous reviendrons sur ces .liions dans le chapitre XV; mais nous noterons d’abord qu'ils traversent, conjointement au tnfh trachytique, les veines de cornaline cl .de jaspe, dont il a été question ci-dessus;, ce qui établit oeltement l'àge géologique de ces veines, comme étant d’une époque plus ancienne que celle do l’apparition, dans cette montag^ne , des laves proprement dites. * * rciKh! (n>. Au pied de Cugtieri{i], pour aller vers le village de
)a>pe>
(I) Vojci la seconde |iarlic de ce f'oyafft page 167
et pl. XVI, figiirn î 3?,
(*) Cagkrri , sans èlrt> déroré Ho litre de Ville, aat It rbef-ltou a» la province de ce noni.
r.lir.l.lBRI. B08«. 517
Stiiariolv, nous avons obseiirt' des traces d’un perlite ^ris, analogue à celui du pied occidenlaf du Monte Arri Le perlite de CmjHeri nous a sembl<“. intercala dans le tiifa tracln tique, autant que nous pûmes en juger à travers le terrain de transport et sous la lave,' qui recouvrent cette localité. Des tufàs blanchâtres avec des fragments de trachyte porphyrique, traversés également par de nombreuses veines de calcédoine, de jaspe rouge et de cornaline, se voient tout auprèa du. village de Seanu.
Celte localité pourrait être exploitée avec avantage pour la recherche de ces pierres dures. A peine on sort de Sennu pour aller vers Maromer, on voit le tufh trachylique se perdre et disparaître sous la grande nappe basaltique, qqi forme, avec le Monte di S. Antonio, lé versant. septentrional du Motde Ferru.
Lorsqu’on se rend de Cuglieri à Dosa et ({ue l'on dépassé le petit village de Moduh, la roche trachytiqiie reparaît de nouveau, soit sous le terrain tertiaire, soit sous différentes coulées de lave basaltique. La roule tracée en rampes, par laquelle on descend dans la petite plaini' oii coule le fleuve de Doua et qui conduit à la viHe de ce nom, est taillée daqs le trachyte ancien, qui à partir de ce point devient la roche dominante de toute la rive droite du fleuve. ' ’ ’
En effet, si l’on va de Rom à Alijliero, en passant, soitr'"-^"’^"^^^^"'" ]»ar .le mont dit de Taratta et par le Monte Manno, soit par S. Crûtoforo de Montreeta et ensuite par Villanorn Monteteone, on arrive jusqu'aux portes de la ville d’Afnliero^ sans avoir perdu de vue le trachyte ; il se montre ' a-peu-prés dans les mômes conditions que nous l'avons signalé partdnt ailleurs.
Entre Boea et S. Crûtoforo di Montreeta ', la partie inféricure (fe ers terrains, qui e<t également tufacé, renferme. comme j)resque partout, des fragments de trachyte porphjrique. Ce tufà est aussi traversé par une quantité de veines de jaspe et de cornaline : mais, ici le jaspe do-
&I8 »;UAP. XII. — Tl.lCHÏTE» W.IBNS.
mine. Au rcsie, la roche qui esl superposée à ce lufà, passe souvent à un argilophyre rouge&trc, disposé, comme le lufà en assises parallèles; ce qui donne à toutes ces montagnes un aspect de terrasses en escaliers. Parmi celles-ci nous citerons spécialement le mont de Taratla^ aulremenl dit de sa PiUatIa, qa\ domine la ville de Dosa au NO; il se fait remarquer de loin par sa forme singulière. dont voici un croquis. ,
■ Fig. 94.
.Muni de TartUta.
ü cime da mont de Taralta ^ b coupe du premier plan, formé d'argitoiile, Iraverfê par les filons de jaspe et de calcédoine; e ydc du, plateau de sa Zca.
plateau de sa Zea, tout près de la ville de Dosa, et un autre bien plus éloigné, dit Monte ilinerva, méritent une mention particulière, à cause des formes que prennent les montagnes traebyliques de celle partie de l'Ile. On peut dire en un, mol que. tous les monts qu’on rencontre en allant directement de Basa à Alghero, en passant par. le Monte Mannu et par Minutadas, prennent la foriqc de plateaux ou de terrasses en escaliers.. Ces terrasses sont disloquées cl isolées dans leur partie supérieure ; mais elles sont généralement réunies à leur base par le terrain* lufacé bréciforme (voyez pl.J'', coupes 2 et 3). Leurs cimes aplaties,- qui ‘sent quelquefois horizontales et souvent fort inclinées , se composent d'un porphyre Irachytique rougeâtre, ou d’un argilolite de même couleur et quelquefois verdâtre.