CHAP. XV. — ROCHES BMALTIODES
que l’on approche de deux légères proéminences, qui dépasseni la ligne horizontale du platedu. Ces deux espèces de petites huttes arrondies portent dans le pays ce même nom de Zejtara ou Cepera, que nous avons vu donner au monticule basaltique de Guspini, page 595; mais ici ce sont la Zepara Manua (la grande) et la Zpparedda (la petite). Tncn d'oristea. C'cst fort probablement des points occupés aujourd'hui par res deux gibbosités que la matière bg.saltiqoe s’est fait jour à travers le terrain inférieur, qui était déjà àrpeu-près horizontal et sur lequel elle s’est déversée. La ZeparaManna, qui naturellement est la plus. élevée, compte 593 mètres d’altitude ; nous n’y observâmes, point de dépression centrale, ni même de ces scories légères qui accompagnent souvent les anciens' orifices des roches ba- .saltiques; ce qui ne nous empêche pas de croire que c’est par- là que s’est épanchée la plus grande partie de la coulée. Près delà Zeparedda on voit uhe petite dépression qui forme le bassin ‘d’un petit étang; cette coïn- ' cidcnce de trouver une dépression à côté d’une gibbosité
pourrait faire supposer quç' le- bombement de la Zeparedda a produit cette cavité et (|ue cet accident du sol est postérieur à la coulée de la lare, qui dans l’origine s’était étendue sur un niveau -parfait. •
Bulle Au-dessus du village de Gennom, qui est placé au N-E de ce plateau, se trouve une liuttn en formc.de cône tronqué, dite Moitié iH S. Aniine (Saint-Constantin)' sur laquelle sont les restes d’un Noraghe; les murs de ce monument sont formés d’uné roche basaltique noirâtre, sur laquelle ils sont assis ; c’est Une couche en (out ( même dans son épaisseur) pareille à celle qui couvre la Giara, dans le point qui ferait face à ce plateau, et qui en est le plus rapproché. Il est impossible de ne pas considérer ce lambeau basaltique du mont de S. Aniine de Geiionr comme un reste de la môme coulée, qui forme le grand plateau voisin, dont les parties intermédiaires auront été fracturées cl enlevées. Celte cime, qui nous a
CUBA M SIHALA.
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également servi <lc pçinl tr igonomclriquc , a 153 mètres de longueur sur à-peu-près 50 de largeur; son altitude est de 887 mètres, qui est celle de la .Giara, dont le point culminant'(la Zepara' 3/anna)> a, comme nous l'avons dit, 593 mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer. Les 6 mètres qui se trouvent en plus "dans l’altitude de cette dernière gibbosité, sont précisément ceux qui forment la différence entre son somnret et le plan.de la Giara.
Voici. la coupe de ce plateau basaltique, prise du vil- coupM;<nérair lage de Mogortlla. . • ciamuctsuin.
' • • • • ’ Fig. m. •
.Vante S. Aniint. , Clara di Gesturi.'
a monUculp de 5. Anftnc de Genone; b Zaparrdda; c partie de la .Clora , qui s’avance vers Astolo ; d partie centrale de la Giara ,• e la Zepara. Vanna ( la grande Zgiora) ; f village d’.^jia<o,- tl terrain tertiaire recouvert par la lave basallique.
Au SO de la Giara di Gesturi se trouve Un autre plateau «a™ dr simaü. semblable, de moindre étendue et de moindre élévation, qu’on nomme la Giara. di Simala, à cause de sa proximité du village de ce nom. 'Elle repose également sur la marne - tertiaire et se compose d’un basalte noirâtre, exactement pareil à celui du plateau que nous venons de. quitter. Nous ne. saurions dire si celle -coulée soit sortie tout près de là, ou bien si. elle doit .être regardée comme une continuation de celle de la grande Giara, maintenant interrompue; nos observations sur celle localité ne nous ont pas fourni les données nécessaires pour résoudre celle question
De la Giara di Simala, nous reviendrons un peu au de .v«rrf«m.
StMABA.
Ül‘.)
leriiairQ ne nous a pas porniis do rester dans celle opinion.
C’esl une lave’bausallique d’un cendré, roux, conlenanl du péi^dol vert-clair 'd 1 0 ; elle esl composée de couches très-minces d’une suhsiance nrfîileuse rougeillre, qui rappelle celle' qui <livi.sc les couches de pcrlile de la prolle ilei Colombi de l’Ile de S. Anüucn (voyez jiafic 486 cidessus). Quoique celle masse soit fortement fraclurce, elle n’en garde pas moin? sa physionomie <ruiie coulée; la direction que ses couches alTeclenf davantage va du NE au SO; elles inclinent au NO.
De Sardara, en parcourant la roule royale pour, aller r.„uUcvers, le village d'Vran, on rencontre, an bout de 10 minules de chemin, une coulée basaltique , qui traverse la route en .qùesliob et qui parait venir de l’est, d’une certaine distance; elle continue ii descendre .en pente douce dans la vallée -au-dessous de la roule royale vers l'ouest. L’échantillon d‘H de celle lavç, que nous avons recueilli sur le bord orienlal de la route, esl composé d’un basalte péridotique d’un gris foncé, passant noir; il est un peu poreux et ses vacuoles sont tapissées de carbonate chlcaire. blanc, comme éclbi de la Frosca. .Elle forme une ooulée dont l’épaisseur ne dépassç pas deux mètres; aussi elle.e&l toute fracturée en pièces détachées les unes des autres, dans l’inlervallc desquelles, on voit paraître le sol marneux qui les supporte, comme nous l’avons- signalé sur la Giara di Serri. C’est fort probablement l’effet d’un refroidissement immédiat, ou bien celui d’une grande commotion, ou perturbation du sol, qui daterait d’üne époque poslérreure à l’épanchement de la lave en question. •
De ce poinl de la roule royale jusqu’à l’entrée dit vil- Antm uui.!». lage d’Urtu, on voit de semblables débris de nappes basakiqnés, tant d’un côté que de l’autre du chemin; ils paraissent en grande partie provenir des environs de Afogoro, village considérable, où l’on n’arrive qu’à travers une coulée nommée Planu de Mogoro. La coche, qui couvre celle région , a absolument les mêmes caractères que celle
CH«P. XV. — XOCIIES BASALTIQDES.
qufl préscnlc l'échantillon que nous avons recacilli sur la roule, en venant de Sardara à la Canlonikra di Mognro. •vcw«g*< d i/hu. Nous venons’ de dire que ce n’est qu’à l’entrée d'tJras que l’on cesse de rencontrer la lave basaltique dans la réfçion parcourue par la roule royale; efTecHvement, les débris do gros Noraglm, dont on voit encore les vestiges sur le grand chemin avant d’arriver à çe village, sont formés de blocs immenses d’une foche. noirâtre, péridotique, un peu poreuse', prise sur le lieu même et qui forme un reste de coulée sur laquelle fut fondé le monument. De ce point de la roule jusqu’au-delà A'Orûlam on ne parcourt qu’une plaine alluviale, recouverte de cailloux de toute espèce, y compris ceux roulés d’obsidienne noire, dont nous avons fait m'ention ci-dessus, page 499 (1). Mais si d'Uras on -quille ce village pour $c diriger directement vers celui de Morgoitgiorû, on ne fait en‘ quelque sorte que passer d’une Couîée basaltiqnc à l’autre. .’ •
s>i>pc biuitiqae C’est pendant ce trajet que npus avons vu une nappe '“dk'ïLiaroî' assez étendue, formée d’uné roche basaltique- grise, stratifiée'avec du péridol verl-clairi absolument pareille à, celle que nous avons signalée au-deSsus de Sardarà et qui est représentée dans notre collection par la pièce d 1 0. Si ces deux lambeaux ont fait partie d’une même coulée, comme nous sommes portés à le croire, on ne saurait dire si l’on doit s’étonner davantage du grand développement qu'avait pris celle nappe, ou de la grande dénudation de l’espace considérable qui sépare actuellement les deux parties qui restent encore en’ place.
/lui: si<io Dans le village d’.4/e.t la roche basaltique ne se montre "ù r!>ch" qu’en guise de filons , qui traversent la marne tertiaire
(t) Depuis quelques années ces galets d’obsiilicnno noire soûl beaucoup plus rares, par l'emploi qu’on en a Tait pour le graTolage de celle mule. ,