‹ Voyage en SuisseChapitre 140 sur 200 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Dàle. — L’hôtel des Trois-Rois. — Les habitudes d’économie. — Les millionnaires. — Le café de la place. — L’hospice des voyageurs. — Le concile de Bâle. — Æneas Sylvius. — Érasme. — Holbein. — Les monuments de Bâle. — La cathédrale. — Instruction publique. — La danse des morts. — Le Musée. — Les ruelles. — Agréable situation de Bâle. — Les environs. — Le cimetière de Saint-Louis. — Sainte-Marguerite. — Maria Stein. — Burclihardt.

La noble cité de Bàle, fondée un demi-siècle avant l’ère chrétienne par Munatius Plancus, décorée, cent cinquante ans après, par un empereur romain, du titre d 'Augusta Rauracornm , dotée, au treizième siècle, des privilèges de ville libre, et illustrée, au quinzième siècle, dans toute la chrétienté, par son fameux concile, est à présent l’une des villes de Suisse les plus méconnues; un grand nombre de touristes y passent sans daigner même s’y arrêter; d’autres, après y avoir fait une rapide promenade, comme pour l’acquit de leur conscience, inscrivent sur leur carnet quelques remarques futiles, ou acerbes, ou dédaigneuses, et s’en vont, convaincus qu’ils savent parfaitement à quoi s’en tenir sur l’aspect et le caractère de cette ville.

Mais Bàle est comme une de ces nombreuses natures humaines, mornes et froides en apparence, déplaisantes peut-être au premier abord, et dans lesquelles on découvre peu à peu, par une journa-

Page 1